‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 296 sur 400 · GS · texte numérisé non relu

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qui les contiennent. Nous omettons 108 écrits qui lui ont été attribués à tort. Sur leur authenticité voir t. x, p. 20-30.

/. ouvrages théo-logiques. — 1° Commentant in quatuor libros Sententiarum Pétri Lombardi, t. i-iv. — Cet ouvrage, dont l'authenticité n'est nullement douteuse, a été composé lorsque Bonaventure enseignait à Paris, en 1248. Peut-être cependant l'avait-il déjà commencé en 1215. Cf. t. I, p. lvi ; t. x, p. 44. La date à laquelle il a été terminé est inconnue. Cependant il n'y a pas à douter que le saint docteur l'acheva avant son élévation au généralat, 1257.

i. Division et objet. — Bonaventure a suivi la division de Pierre Lombard. Il partage le 1er livre en quatre parties principales. La Ire traite de frui et uti (dist. 1, II); la IIe, de la connaissance de Dieu (dist. III- VII); la IIIe, des propriétés et des conditions essentielles de la Trinité et de l'unité (dist. VIH-XXXIV); la IVe, de la science, de la puissance et de la volonté de Dieu. Dans le IIe livre, à propos de la création et de la chute des anges et des hommes, il discute plusieurs questions de la grâce, de la conscience et des péchés. Dans le IIIe, il s'occupe de l'union des natures en Jésus (dist. I-XI), de la manière selon laquelle Jésus s'est conformé à nos infirmités (dist. XII-XVIII). de la manière par laquelle il nous a sauvés de la mort (dist. XIX-XXII), et il ajoute une quatrième partie sur les vertus (dist. XXIII-XL), qui a surtout mérité les éloges des théologiens. A la fin de ce livre il discute longuement la question de la causalité des sacrements qu'il avait déjà exposée dans le IVe livre. Hsec positio in quarto Ubro diffusius est explicata, t. ni, p. 895. Ce fait nous autorise à supposer que Bonaventure n'a pas trouvé sur cette question une solution qui l'ait satisfait de tous points. Nous observons ici qu'on aurait tort de croire, avec quelques auteurs, que Bonaventure considère les sacrements seulement comme conditions sine qua non de la production de la grâce et qu'il ne leur accorde aucune causalité. Tout en excluant la causalité physique quoad factum, il défend la causalité morale. Cf. Dominique Facin de Bieno, Dissertatio de studio Bonaventuriano, Quaracchi, 1902, p. 36-57. Le IVe livre, probablement écrit avant le IIIe et peut-être même le premier de tous, contient le traité des sacrements, et à partir de la dist. XLIII jusqu'à la dist. L, le traité des fins dernières. Dans ce livre, le moins parfait, Bonaventure suit plus servilement Alexandre de Halès que dans les autres. De là l'imperfection de ses opinions sur l'institution des sacrements et sur l'efficacité du sacrement de la pénitence. Cf. t. x, p. 9.

2. Méthode. — Bonaventure propose dans son commentaire le texte du maître (textus magistri). Puis il expose la division du texte (divisio textus) et les questions à traiter (tractatio qusestionum). Après cela, il divise sa doctrine en articles, subdivisés en questions. La dernière question de chaque distinction est toujours suivie de quelques doutes sur le texte de Pierre Lombard (dubia circa litteram magistri). Dans chaque question Bonaventure indique les preuves de sa doctrine (fundamenta) qui précèdent ou suivent les arguments de l'opinion contraire (argumenta in opposi/um); il propose sa conclusion et fait suivre la solution des difficultés (solutio oppositorum).

3. Valeur. — Parmi les ouvrages scolastiques de Bonaventure, le commentaire sur les livres des Sentences occupe la première place. Tout ce que le saint a écrit plus tard se rapporte en grande partie à ce commentaire comme à sa source principale et à son solide fondement. C'est dans ce commentaire qu'il a expliqué les questions philosophiques et théologiques agitées de son temps, avec tant d'abondance et de profondeur que les écrivains postérieurs n'ont qu'une voix pour louer et exalter cette œuvre magistrale. Plusieurs l'ont affirmé :

ce travail d'un jeune homme de 27 ans pâlit à peine devant la splendide et gigantesque Somme théologiqae de saint Thomas, qui est l'œuvre de toute une vie.

Il est vrai, on trouve dans ce commentaire quelques opinions qui n'ont plus cours aujourd'hui; mais ces opinions ne sont pas singulières. Elles étaient communes à cette époque.

Bonaventure, comme il le professe lui-même, In IV Sent., 1. II, prreloc, a suivi généralement son maître Alexandre de Halès. Cependant il ne le reproduit pas avic servilité; sadoctrine est plus complète, plusclaire, plus exacte; il surpasse son maître tant par le style que par la sublimité des idées. On a prétendu parfois que Bonaventure avait copié quelques questions des œuvres d'Alexandre de Halès. Est-il vrai qu'on puisse l'accuser de plagiat? Certainement non. La Summa de virtutibus, qu'on a attribuée autrefois à Alexandre, a pu donner occasion à l'erreur. Si cet ouvrage était authentique, Bonaventure aurait copié à peu près tout le traité des vertus théologiques dans le IIIe livre des Sentences. Mais la Summa de virtutibus n'est pas d'Alexandre, elle est d'un auteur postérieur qui a utilisé des ouvrages de saint Bonaventure. Cf. t. i, col. 774.

Cependant dans l'ouvrage authentique d'Alexandre c'est-à-dire dans la Somme théologique, on trouve des passages qui ont une conformité parfaite avec les œuvres de Bonaventure. Par exemple la question sur la connaissance de Dieu est reproduite, à part quelques variantes, dans laSomm-e d'Alexandre, part. II, q. xcir, m. il, a. 4, et dans le commentaire de Bonaventure. In IV Sent., 1. II, dist., XXIII, a. 2, q. m. Même pour ces questions, nous n'hésitons pas à affirmer qu'elles ont été interpolées dans la Somme d'Alexandre. C'est un fait constaté que cette Somme a été complétée par Guillaume de Méliton et d'autres frères mineurs. Cf. t. i, col. 775. Nous croyons cependant que dans l'article Alexandre de Halès. loc. cit., M. Vacant est inexact, lorsqu'il affirme que les dernières éditions de cette Somme, celles de 1575 et de 1622, « reproduisent le travail d'Alexandre tel qu'il est sorti de ses mains. » Tout en admettant qu'on n'a pas réimprimé intégralement dans ces éditions le complément rédigé par Guillaume de Méliton, nous pouvons soutenir que quelques parties y ont été reproduites. Il existe, en effet, une interpolation certaine dans la Somme d'Alexandre, édit. de 1575, part. IV, q. xxx, xxxi. Ces questions sur la pauvreté sont copiées littéralement d'un écrit authentique de Bonaventure, De perfectione evangelica, q. n, a. 1, 2. Dans ces passages, Bonaventure réfute les accusations du traité De periculis novissimorum temporum de Guillaume de Saint-Amour, publié en 1255. Cette réfutation ne peut pas assurément être attribuée à Alexandre, mort en 1245. Cf. S. Bonaventurse Opéra, t. v, p. au. Cet exemple d'une interpolation démontrée nous autorise à en admettre d'autres. En lisant la question sur la connaissance de Dieu, on remarque facilement que le style et surtout la conclusion plus longue sont de Bonaventure et non d'Alexandre qui régulièrement expose les conclusions en peu de mots. Nous espérons que la nouvelle édition critique de la Somme d'Alexandre que préparent les Pères du collège de Saint-Bonaventure à Quaracchi, apportera des lumières nouvelles sur l'authenticité de ses écrits.

Plusieurs auteurs ont expliqué les commentaires de saint Bonaventure sur les Sentences. On en trouve la nomenclature dans S. Bonaventurse. Opéra omnia, t. i, p. lxiv-lxxiii. Pour les 28 éditions de cet ouvrage, voir aussi loc. cit., p. lxxiii sq.

2° Questiones disputâtes, t. v, p. 1-198. — Cet ouvrage contient septquestions De scientiaChristi, t. v, p. 1-43; huit De mysterio Trinitatis, p. 44-115; et quatre De perfectione evangelica, à savoir sur l'humilité, la pauvreté, la continence et l'obéissance, p. 117-198.

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Ces questions avaient été laissées dans l'oubli il y a trois siècles. Seule la question sur la pauvreté avait été imprimée séparément, et encore ses éditions étaient très imparfaites. C'est le P. Fidèle de Fanna qui les a arrachées à cet abandon assez difficile à expliquer. Cet écrit, en effet, ne manque pas d'importance; il mérite d'être rangé parmi les ouvrages principaux de saint Bonaventure. D'ailleurs son authenticité n'est pas douteuse ; les critères intrinsèques suffiraient à eux seuls à la prouver. La doctrine, la méthode, le style, tout témoigne manifestement que ces questions sont sorties des mains du docteur séraphique, ce qui d'ailleurs est confirmé par des preuves extrinsèques. L'authenticité des questions De scientia Christi et De mysterio Trinitatis se prouve suffisamment par un manuscrit de la bibliothèque Vaticane, n. 612, qui date du XIIIe siècle, et par le témoignage de Pierre-Jean Olivi, f 1298, contemporain de saint Bonaventure. Cf. S. Bonaventurse Opéra, t. v, p. iv sq. Les témoignages en faveur de l'authenticité des questions De perfectione evangelica ne sont pas moins évidents. En eflet, l'authenticité de la question sur la pauvreté a été reconnue par tous les critiques, Icc. cit., p. vi, et puisqu'elle fait partie d'un ouvrage dont toutes les questions sont connexes, on doit l'attribuer tout entier à Bonaventure, loc. cit., p. xiv.

Cette question sur la pauvreté est la réfutation du livre de Guillaume de Saint-Amour, De periculis novissimorum temporum. Par la Replicatio adversus objecliones postea factas, ajoutée à cette question, t. v, p. 149, nous savons que Bonaventure a réfuté cet ouvrage dans ses cours, et que Guillaume de Saint-Amour fit plusieurs objections contre sa doctrine, recueillie d'une manière insuffisante par les écoliers. C'est alors que Bonaventure rédigea le texte de cette question en ajoutant la réfutation des objections. Cf. t. v, p. VI sq. Ces objections autrefois inconnues ont été imprimées, t. v, p. vm-x. Pour leur réfutation, cf. t. v, p. x sq., p. 149 sq. Il est probable que cet ouvrage de Bonaventure a été consulté à Anagnia où Alexandre IV fit examiner le livre de Guillaume de Saint-Amour en 1256. Cf. t. v, p. vin.

Deux de ces Quœstiones disputatœ, en raison du caractère original qu'elles présentent, méritent une mention spéciale. La première est celle De mysterio Trinitatis. Elle est traitée suivant une méthode particulière. En effet, Bonaventure démontre dans les deux premiers articles, Deuni esse, esse verum indubitabile, et Deuni esse trinum, esse verum credibile. Puis dans sept questions, il prouve autant d'attributs de Dieu et démontre que ces attributs se concilient avec la Trinité, (juod possunl stare cum Trinilale. La seconde est celle dans laquelle il traite de l'obéissance due au souverain pontife, De perfectione evangelica, q. IV, a. 3. Elle est remarquable à cause de la solidité des arguments par lesquels Bonaventure prouve, mieux que ne l'ont fait les autres scolastiques, les prérogatives et surtout l'infaillibilité du pape.

3° Breviloquium, t. V, p. 11)9-291. — Cet ouvrage, après une introduction qui traite de l'Écriture sainte et de la manière de l'expliquer, comprend sept parties : De Trinilale Dei ; De creatura ntundi ; De corruptela peccati; De incarnatione Verbi; De gralia Spiritus Sancli; De medicina sacramentali ; De statu finalis judicii ; ce n'est qu'une somme condensée de son commentaire sur le livre des Sentences.

4° Itinerarium mentis in Deum, t. v, p. 293-313. — Cet ouvrage, qui a été écrit pour promouvoir la dévotion et la contemplation (prolog., n. 4) et qui part des créatures pour s'élever jusqu'au créateur, peut être considéré comme une œuvre mystique, Cependant, dans la nouvelle édition, il a été rangé- à bon droit parmi les écrits scolastiques, parce que les sujets à considérer sont

empruntés à la science philosophique et théologique, t. v, p. 314. Il est indispensable pour étudier la philosophie de saint Bonaventure. Aussi M. Amédée de Margerie, après avoir prouvé par des extraits de Y Itinerarium mentis in Deum que Bonaventure se place au premier rang des philosophes par sa profonde et complète démonstration de l'existence de Dieu (cf. Essai sur la philosophie de saint Bonaventure, Paris, 1855, p. 86- 115), appelle-t-il cet ouvrage « une des plus belles consécrations, que la philosophie ait fait à Dieu de toutes les facultés humaines ». Op. cit., p. 118. Cet écrivain reconnaît cependant que ce livre « contient, à côté de la partie philosophique consacrée à démontrer rationnellement l'existence de Dieu, une partie théologique, qui a pour objet le mystère de la sainte Trinité, et qu'aux trois modes de connaissance par lesquels s'exerce la raison naturelle, notre auteur en ajoute trois autres qui peuvent être considérés comme les mêmes facultés éclairées par la foi ». Op. cit., p. 95, note 2.

Bonaventure divise l'ouvrage en sept chapitres : De gradibus ascensionis in Deuni et de speculatione ipsius per vestigia ejus in universo; De speculatione Dei ix vestigiis suis in hoc sensibili mundo ; De speculatione Dei per suant imaginent naturalibus potenliis insignitam; De speculatione Dei in sua intagine donis gratuitis reformata ; De speculatione divinœ unilatis per ejus nomen primarium , quod est esse; De speculatione beatissimœ Trinitatis in ejus nomine quod est bonum ; De excessu mentali et mystico in quo reçûtes datur intellectui, affectu in Deum per excessum totaliter transeuute.

5° De reductione artium ad theologiam , t. v, p. 319- 325. — Le titre de cet ouvrage n'est pas ancien et ne s'applique pas bien au sujet traité. Dans lés manuscrits on trouve les titres : Sermo fratris Bonaventure; Sertuo fralris Bonaventure de opère superiori ; Sermo bonus et utilis; Sermo Bonaventure de septem artibus mechanicis; Tractalus de divisione scientiarum ; Liber... de ortu scientiarum. Sabaralea, Supplementum, p. I i(>, col. 2, fait cette remarque : Posset vel débet appellari de illuminationibus, agit enint de sex illuminations bus hujus vitse. Cf. 5. Bonaventurse Opéra, t. v, p. xxxm. En effet, Bonaventure, dans cet opuscule, divise les sciences d'après les six lumières de cette vie, à savoir : de lumine sacrse Scripturx ; de lumine cognitionis sen~ sitivse; de lumine artis mechaniese ; de lumine philosophise rationalis ; de lumine pliilosophiee naluralis; de lumine philosophiez moralis, qui sont suivies de illumiuatione glorise, t. v, p. 321 sq.

6° Collationes in flexaemeron àive illuminationes Ecclesise, t. v, p. 327-449. — Le titre n'est pas de saint Bonaventure. Aussi il est différent dans les manuscrits et les éditions : Illuminationes Bonaventure de operibus vu tlierum ; Lumitiaria Ecclesise sive illuminationes sive de quinque visionibus; Illuminationes Ecclesise in Hexaemeron. Sixte de Sienne, Bibliotheci sancta, Naples, 1742, t. i, p. 346, dit qu'on l'appelle De luminaribus Ecclesise, sive de illuminationibus, sive (!<• quinque visionibus, <jitia in eo potissintum exponuntur quinque illse visioncs Dei comprehensse in ea sententia Moysi : Vidit Deus quod esset bonum, etc., quinquies ('.') in jirincipio Geneseos repelila.

L'intention de saint Bonaventure n'était pas cependant d'expliquer le premier chapitre de la Genèse. Par allusion à ce chapitre, il se proposait d'expliquer septem gradatim ascendentes illuminationes. qu'il appelle visioncs; mais avant qu'il eût achevé la cinquième vision, le travail fut interrompu par l'élévation de l'auteur an cardinalat.

L'ouvrage se compose de 23 sermons ou plutôt conférences scientifico-réligieuses, dans lesquelles Bonaventure enseigne à ses auditeurs les vérités les plus sublimes de la théologie spéculative et mystique, en vue

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de les prémunir contre les erreurs des maîtres es arts de Paris. Ceux-ci, en effet, soutenaient plusieurs thèses condamnées à maintes reprises par l'évèque et l'université de Paris. Cf. Denifle, Chartularium univ. Paris., t. I, p. 170 sq., 486, 543, 556.

L'authenticité des Collationes in H exaemeron , affirmée par plusieurs témoignages, cf. t. v, p. xxxvn, a été révoquée en doute par Casimir Oudin, Sbaralea et les éditeurs vénitiens. Leurs arguments sont tutiles. Toutefois le style et la forme de cet ouvrage, comme des deux suivants sont moins soignés. Ces imperfections s'expliquent par le fait que ces écrits n'ont pas été publiés par Bonavenlure lui-même, mais par ses auditeurs. Loc. cit., p. xxxvi.

7° Collationes de septem donis Spiritus Sancti, t. v, p. 455-503. — L'ouvrage est distinct d'un autre qui porte le même titre, et qui a été publié dans les éditions précédentes. Ce dernier doit être attribué à un frère mineur, nommé Rodolphe de Bibraco (Biberach), qui écrivit au milieu du xive siècle. Cf. t. v, p. xl. L'ouvrage authentique de Bonaventure, imprimé intégralement pour la première fois, avait été déjà publié par Bonelli, Supplementum, t. m, p. 418 sq. Cf. t. v, p. xl. Il contient neuf conférences et il est antérieur au suivant. Cf. t. v, p. xxxvi.

8° Collationes de decem prseceptis, t. v, p. 505-532. — L'écrit authentique de saint Bonaventure comprend sept conférences, mais Benoît Bonelli, Supplementum, t. m, p. 344 sq., l'a publié sous la forme d'un traité, divisé en douze chapitres, qui n'est qu'un extrait de l'ouvrage entier. Cf. t. v, p. xlii.

9° Sermones selecti de rébus tlieologicis, t. v, p. 532- 579. — Ces sermons, au nombre de quatre, suivis d'un traité De plantatione paradisi, ont été rangés parmi les ouvrages théologiques dans la nouvelle édition, parce qu'ils contiennent une abondante doctrine théologique, aussi bien que les Collaliuncs, indiquées plus haut, ou parce qu'ils sont en connexion avec les écrits théologiques de l'auteur. Cf. t. v, p. xlv.

/;. écrits exégétiques. — 1° Commentarius in librum Ecclesiastes, t. vi, p. 1-103. — 2° Commentarius in librum Sapientiœ, t. vi, p. 105-235. Sur l'authenticité de ce livre, qui probablement ne nous est pas parvenu dans son intégrité, cf. t. VI, p. xvm-xxi. — 3° Commentarius in Evangelium Joannis, t. vi, p. 237-532. Ce commentaire a été attribué assez souvent à Nicolas Gorran, qui était supérieur du couvent des prêcheurs à Paris avant 1280. Celui-ci cependant n'en est pas l'auteur ; il a seulement interpolé l'ouvrage de saint Bonaventure, et a donné ainsi occasion à l'accusation portée contre ce dernier d'insister trop sur le sens mystique. Cf. t. VI, p. xwi.

4° Collationes in Evangelium Joannis, t. vi, p. 533- 634. — Ces conférences doivent être distinguées de celles qui ont été imprimées dans l'édition Vaticane, dont l'auteur est Jean Gualensis, des frères mineurs. L'ouvrage authentique a été retrouvé par le P. Fidèle de Fanna, cl. t. vi. p. xxv: il contient 79 conférences ou sc/iemata sermonum sur les textes choisis du quatrième Évangile. Saint Bonaventure l'a probablement composé pour son propre usage. Quoique ce ne soit pas à proprement parler un écrit exégétique, il a été rangé dans cette classe d'ouvrages en raison de sa connexion avec le commentaire sur l'Évangile de saint Jean.

5° Commentarius in Evangelium S. Lucas, t. vu, p. 1-604. — Ce commentaire diffère des trois premiers qui ont été exposés devant des écoliers et qui contiennent de nombreuses questions théologiques et exégétiques. Celui-ci, au contraire, composé principalement pour l'utilité des prédicateurs, traite moins les questions exégétiques, et jamais sous la iorme scolastique. Au témoignage de Salimbene, Chronica, Parme, 1857, p. 129, saint Bonaventure commença l'explication de

DICT. DE THÉÛL. CATHOL.

saint Luc en 1248. Cependant la supériorité de l'ouvrage et la méthode suivant laquelle il est composé nous autorisent à supposer qu'à cette époque l'auteur ne l'a pas composé dans la forme actuelle et qu'il l'a achevé après ses autres écrits. L'observation faite au sujet de ce dernier commentaire, à savoir qu'il a été rédigé pour l'utilité des prédicateurs, s'applique aussi, en quelque manière, aux autres commentaires de saint Bonaventure. Dans tous il s'est proposé de préparer ses auditeurs à la prédication. Au reste, comme tous les commentateurs de son époque, il n'aborde guère de questions nouvelles. Il reproduit les expositions des Pères.

Les sources utilisées par lui sont principalement, avec les gloses, les ouvrages de saint Ambroise, de saint Jean Chrysostome, de saint Jérùme, de saint Augustin, de saint Grégoire, de Bède, de Hugues de Saint-Victor et de saint Bernard. Dans son commentaire sur saint Jean il cite souvent un Victor, qui est probablement Victor, évoque de Capoue. Cf. t. vi, p. 216, note 7; p. 275, note 11. A l'exemple des autres scolastiques, il a multiplié les divisions et subdivisions dans les Livres saints. Aussi, dans la nouvelle édition, on a joint à chaque livre une table destinée à aider la mémoire et à faciliter l'intelligence des commentaires.

Plusieurs auteurs ont reproché à saint Bonaventure de s'arrêter trop longuement à la recherche et à l'exposition des sens mystiques de l'Écriture. Si le reproche est fondé, le saint docteur a donc oublié le principe qu'il avait énoncé dans le Breviloquium, prolog., § 6, lorsqu'il dit : Qui littaram S. Scripturae spemit ad spirituales ejus intelligentias nunquam assurget... Altendat autem exposilor quod non ubique requirenda est allegoria, née omnia sunt myslice exponenda, etc. Aussi le reproche n'est pas mérité. Quiconque lira les commentaires authentiques du saint reconnaîtra que Bonaventure explique surtout la lettre. L'exposition mystique n'occupe qu'une place secondaire dans ses œuvres.

///. ÉCRITS ASCÉTIQUES OU MYSTIQUES. — 1° De tri-

plici via, t. vm, p. 3-18. —Cet ouvrage, qu'on peut appeler une véritable somme mystique, a été intitulé : Parvum bonum; Itinerarium mentis in seipsum; Fons vitas ; Regimen conscienliae ; Incentivum amoris ; Mystica theologia ; Stimulus conscientise ; Stimulus amoris; Trinarius ou Ternarius de vit.a conlemplativa. Le titre d'Incendium amoris, donné par les éditions précédentes, a été introduit par un prologue apocryphe. Cf. t. vm, p. ix. Puisque saint Bonaventure y enseigne comment par la triple voie de la méditation, de l'oraison et de la contemplation l'âme peut arriver à la véritable sagesse ou à l'union avec Dieu par l'amour, le titre à préférer est celui de De triplici via. Le nombre des manuscrits conservés (299), cf. t. vm, p. x-xxv, celui des éditions et les versions en plusieurs langues montrent suffisamment l'estime singulière dans laquelle on a tenu cet écrit. Les éditions précédentes contenaient des interpolations imprimées séparément dans la nouvelle édition, t. vm, p. 18.

2» Soliloquium, appelé aussi Imago vitœ, Libelhis de quatuor exercitiis, ou Meditationes, t. vm, p. 28-67. — Saint Bonaventure a imité le Soliloque de Hugues de Saint-Victor. L'âme interroge et l'homme intérieur répond en citant les textes des saints Pères. Les sujets traités sont les effets du péché, l'instabilité des biens de ce monde, la nécesssité inévitable de la mort, la sévérité du jugement, les tourments de l'enfer et la félicité des joies célestes.

3° Lignum vitss, t. vm, p. 68-86. — Cet écrit qui, dans les manuscrits, porte encore les titres : Arbor crucis ; Tractatus de arbore crucis: Arbor vit an ; Fasciculus nnjrr/iœ ; Contemplatio de passione Domini, etc., contient 48 méditations sur la vie et la mort de Jésus. 11 a.

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eu plusieurs commentateurs qui l'ont remanié. Cf. t. vin, p. XXXIX sq.

4° De quinque feslivitatibus pueri Jesu, t. VIII, p. 88- 95. — A cause des interpolations qu'on y a faites, ce! opuscule a été jugé apocryphe par Ouclin, Sbaralea et autres. Cf. t. vin, p. xlix. Suint Bonaventure y enseigne comment l'âme peut concevoir, mettre au inonde, appeler du nom de Jésus, rechercher et adorer avec les mages, et offrir spirituellement le Fils de Dieu.

5° Tractatus de pricparationc ad missam, t. vin, p. 99-106. — 6° De perfectionne vitse ad sorores, ibid., p. 107-127. — 7° De regimine animée, ibid., p. 128-130.

— 8° De sex alis seraphim, ibid., p. 131-151. Ce dernier livre est destiné à l'usage des supérieurs, dont les principales vertus : le zèle de la justice, la piété, la patience, une vie exemplaire, une discrétion avisée et la dévotion envers Dieu, sont représentées par les ailes des séraphins. — 9° Officium de passione Domina, t. vm, p. 152-158, intitulé aussi Officium de cruce ou Cursus de passione Domini. — 10° Vitis mystica, t. vm, p. 159-189, imprimé plusieurs fois parmi les œuvres de saint Bernard. Il contient des interpolations assez longues publiées séparément, ibid., p. 189-229. Saint Bonaventure y applique à Jésus les propriétés, la culture et les fruits de la vigne matérielle.

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