‹ Dictionnaire de théologie catholiqueChapitre 88 sur 400 · V. INCORPORATION A JÉSUS-CHRIST ET A L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

V. INCORPORATION A JÉSUS-CHRIST ET A L'ÉGLISE

1° Incorporation à Jésus-Christ. — La vie surnaturelle qui est produite en nous par la grâce de la régénération baptismale, est elle-même inséparable de notre incorporation à Jésus-Christ. En effet, dit saint Thomas, la vie n'existe que chez les membres unis à la tête, d'où ils reçoivent le sens et le mouvement : Vita non est nisi membrorum capiti unitorum. Sum. theol., IIIa, q. lxix, a. 5. Il faut donc que le baptême, qui nous donne une nouvelle vie, nous incorpore à Jésus-Christ comme ses membres. Ce raisonnement du docteur angélique, ou d'autres semblables, se retrouvent chez un grand nombre de scolastiques. Le concile de Florence rappelle luimême cette vérité dans son décret aux Arméniens. Vitœ spiritualis janua est [baplismus]; per ipsum enim membra Christi... efficimur. Denzinger, Enchiridion, n. 591. Le catéchisme du concile de Trente signale aussi cet effet du baptême. Part. II, n. 52. Au fond, celte incorporation à Jésus-Christ n'est pas autre chose qu'un aspect particulier de notre adoption divine. Voir Adoption surnaturelle, t. i, col. 425 sq. Voir aussi Grâce sanctifiante, Justification.

2° Incorporation à l'Église. — C'est la conséquencenécessaire de notre incorporation à Jésus-Christ. Les anciens scolastiques se contentent de dire à ce sujet, avec et après les Pères, que le baptême est « la porte des sacrements », janua sacramentorum. C'est déclarer, au fond, que le baptême nous fait entrer dans l'Église, et nous incorpore à elle de quelque manière. Le concile de Florence enseigne expressément cette doctrine, quand il dit : Primum omnium sacramentorum locumtenet sanctum baptisma, quod vitse spiritualis janua' est : per ipsum enim membra Christi, Ac DE CORPORE: efficimur ecclesi.e. Denzinger, Enchiridion, n. 591.. Les théologiens qui ont suivi le concile de Trente, obligés d'étudier plus à fond les droits et les pouvoirs de la véritable Église, ont été amenés peu à peu à mellre cette vérité en relief. Les théologiens contemporains, surtout, insistent volontiers sur ce point, et montrent que l'Église catholique, disposant seule des sacrements comme d'un bien authentique, peut revendiquer, comme lui appartenant en quelque manière, tous ceux qui reçoivent le baptême. Dans une lettre célèbre adressée à l'empereur Guillaume Ier le 7 août 1873, le pape Pie IX affirmait hautement cette vérité. « Quiconque a été baptise, disait-il, appartient en quelque sorte et en quelque mesure au pape. » L. Billot, De sacramentis Ecclesiœt.

BAPTÊME DANS L'ÉGLISE LATINE DEPUIS LE VIIIe SIÈCLE

Rome, 1896, t. I, p. 2i3 sq. En effet, marqués par le caractère baptismal à l'effigie du Christ, tous les chrétiens font nécessairement partie de la société des baptisés, c'est-à-dire de la véritable Église. Ils relèvent donc de sa juridiction, soit comme membres de fait et de droit, s'ils sont catholiques, soit comme membres de droit seulement, s'ils sont hérétiques et schismatiques. En leur donnant le caractère baptismal, Jésus-Christ lui-même les a inscrits d'oflice et pour toujours à son service.

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