‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 10 sur 114 · COA · texte numérisé non relu

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se relâchèrent, parce qu'ils négligèrent ce qui leur avoit été prescrit par saint Odon. Saint Bernard rétablit ces mêmes pratiques parmi les religieux de son ordre, et ce fut avec le même fruit.

Lorsque les clunistes voulurent blâmer les observances trop rigoureuses de Cîteaux , saint Bernard en fit l'apologie , et leur reprocha leur relâchement. Pierre le Vénérable, pour lors abbé de Cluni, entreprit, de son côté, de justifier ses religieux , et écrivit à saint Bernard avec beaucoup de modération ; mais il sentit si bien le tort des clunistes , qu'il fit luimême des règlements pour se rapprocher de ceux de Cîteaux. Fleury, Hist, ecclés., 1. 67 , § 48; 1. 68 , g 81.

Mosheim en impose encore , lorsqu'il représente cette dispute comme une espèce de guerre scandaleuse , qui eut des suites funestes , et qui causa des troubles dans plusieurs parties de l'Europe ; ce fut une simple guerre de plume, et rien de plus modéré que les écrits de part et d'autre. Mosheim , Hist. ecclés., du dixième siècle, 2e part., c. 2, § 11 ; du douzième siècle , 2e part., c. 2, g 17.

COACTIF, revêtu du pouvoir de contraindre ou de se faire obéir par force. Les lois du souverain ont par elles-mêmes la force coactive, parce qu'il peut infliger des peines afïlictives à ceux qui les violent. Les lois de l'Eglise n'ont par elles-mêmes que la force directive, puisque l'Eglise ne peut infliger que des peines spirituelles; ses lois n'ont force coactive que quand elles ont été autorisées par le souverain , et sont devenues lois de l'état. Elles n'en obligent pas moins les fidèles , sous peine de péché , puisque , selon la sentence prononcée par Jésus-Christ même, celui qui n'écoute pas l'Eglise doit être regardé comme un païen et un publicain. Matth., c. 13,^.17.

COACTION, violence faite à la volonté , et qui lui ôte la liberté d'agir ou de résister ; conséquemment lorsque la coaction a lieu , il n'y a plus de mérite ni démérite , ni crime ni vertu dans l'action de celui qui est ainsi forcé. Entre la nécessité et la coaction, il y a celle différence, que la première vient d'un

principe intérieur à celui qui agit, et que la seconde vient d'un principe extérieur. Un homme qui a jeûné pendant longtemps , éprouve , par nécessité , lafaim ou le désir de manger ; celui auquel on met par violence des aliments dan?

la bouche , souffre coaction de manger. L'une et l'autre privent l'homme du pouvoir de choisir , par conséquent delà liberté ; quoiqu'un insensé ou un frénétique ne soient pas poussés par un principe extérieur , mais par la disposition intérieure de leurs organes , à faire certaines actions , ils ne sont pas censés plus libres en les faisant, que s'ils avoient été conduits et poussés malgré eux par un homme plus fort qu'eux.

Lorsque Jansénius a enseigné que pour mériter ou démériter, dans l'état de nature tombée, il n'est pas besoin d'être exempt de nécessité , mais seulement de coaction, c'est-à-dire, de ne pas éprouver de violence de la part de quelqu'un , il a contredit également la saine théologie et le bon sens , et il a fait une injure sanglante à saint Augustin , en lui attribuant cette doctrine absurde.

Voyez Liberté.

CbCGËIENS , sectateurs de Jean Cox ou Coccéius , né à Brème en 1603 , professeur de théologie à Leyde , et qui fit grand bruit en Hollande. Entêté du figurisme le plus outré, il regardoit toute l'histoire de l'ancien Testament comme le tableau de celle de Jésus-Christ et de l'Eglise chrétienne ; il prétendoit que toutes les prophéties regardoient directement et littéralement Jésus -Christ, que tous les événements qui doivent arriver dans l'Eglise jusqu'à la fin des siècles , sont figurés et désignés plus ou moins clairement dans l'histoire sainte et dans les prophètes. On a dit de lui qu'il trouvoit Jésus-Christ partout dans l'ancien Testament, au lieu que Grotius ne l'y voyoit nulle part.

Selon son opinion, avant la fin du monde il doit y avoir sur la terre un règne de Jésus-Christ qui détruira celui de l'antechrist , et sous lequel les Juifs et toutes les nations se convertiront. Il rapportoit toutes les Ecritures à ces deux règnes prétendus, et en faisoit \m

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