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tableau d'imagination. Il eut plusieurs sectateurs , et l'on prétend qu'il y en a encore un bon nombre en Hollande.
Voët et Desmarets écrivirent contre lui avec beaucoup de chaleur; mais nous ne voyons pas en quoi il péchoit contre les principes de la réforme. Dès que tout particulier est en droit de croire et de professer tout ce qu'il voit ou croit voir dans l'Ecriture, le plus grand visionnaire n'a pas plus de tort que le théologien le plus sage ; personne n'a le droit de censurer sa doctrine. Voy. Commentaire.
CO-ÉGALITÉ, égalité parfaite entre des personnes de môme nature. L'Eglise a décidé contre les ariens que, dans la Sainte Trinité, le Fils et le Saint-Esprit sont deux Personnes co-égales au Père.
S'il y avoit entre elles de l'inégalité , on ne pourroit plus attribuer la divinité à celle qui seroit inférieure à l'autre.
CQELICOLES , adorateurs du ciel ou des astres, hérétiques qui, vers l'an 408, furent condamnés par des rescrils particuliers de l'empereur Honorius , et mis au nombre des païens. Comme dans le code théodosien ils sont placés sous le même titre que les Juifs , on croit que par cœlicoles on a voulu désigner des apostats qui avoient renoncé au christianisme pour retourner au judaïsme, mais qui ne vouloient pas être regardés comme Juifs , parce que ce nom leur paroissoit odieux. Ils n'étoient pas soumis au pontife des Juifs ni au sanhédrin ; mais ils avoient des supérieurs qu'ils nommoienl majeurs ou anciens ; et l'on ne sait pas précisément quelles étoient leurs erreurs.
Il est constant que les païens ont aussi nommé les Juifs cœlicoles; Juvénal a dit d'eux :
Nil prœler nubcs et cœli nomen adorant.
Cclsc , dans Origène , liv. 1 , n° 26 , leur reproche d'adorer les anges : il le répète, liv. 5 , n° G. L'auteur de la prédication de saint Pierre, cité par Origène, tom. 45 , in Joan., n° 17 , et par saint Clément d'Aleiandrie , Strom., liv. 6, ch. 5, forme, contre les Juifs , la même accusation ; et par les anges , ces au- |
teurs ont entendu les génies ou intelligences dont on croyoit les astres animés. On a prouvé ce fait par un passage de Maimonides. Voyez la Note de Spencer sur Orig., contre Celse , liv. 1 , n° 26.
Il est vrai que plus d'une fois les Juifs ont rendu aux astres ou à X armée des deux un culte superstitieux ; les prophètes le leur ont reproché , IV. Reg., c. 17 , f. 16 ; c. 21 , f, 3, 5 , etc. C'étoit l'idolâtrie la plus commune parmi les Orientaux.
Saint Jérôme , consulté par Algasie sur le passage de saint Paul aux Colossiens , ch. 2, f. 18, « que personne ne » vous séduise en affectant de paroître » humble par un culte superstitieux des » anges, » répond que l'apôtre veut parler de l'ancienne erreur des Juifs, que les prophètes avoient condamnée.
Ce Père a donc pensé que par les anges saint Paul entendoit les esprits moteurs du ciel et des astres , auxquels les Juifs , comme les païens , avoient rendu leur culte. Episl. 151 , n. 10. Cod. Teod., lib. 12 , tit. 6 , de Judœis et cœlicolis.
CO-ÉTEKN1TÉ , terme usité parmi les théologiens pour exprimer que les trois Personnes divines sont également éternelles. Les sociniens, non plus que les ariens , ne veulent pas reconnoître que le Fils de Dieu soit co-étenœl au Père ; mais l'Eglise l'a décidé en disant qu'il lui est con substantiel ; et c'est ainsi qu'elle entend les paroles de saint Jean : Au commencement le Verbe étoit en Dieu et il étoit Dieu.
Pour en détourner le sens, les sociniens supposent que l'âme de Jésus-Christ a été créée avant tous les autres êtres, et que Dieu lui a donné le pouvoir de les tirer du néant. Dans cette hypothèse , comment Dieu a-t-il pu dire : « C'est moi » seul qui ai étendu les cieux et affermi » la terre, personne netoit avec moi ? p Isa'i., chap. H, jr. 24; Job, chap. 9, f, 8. Selon les sociniens, l'âme de Jésus-Christ, qui est une Personne, étoit avec Dieu.
CO-ÉVÈQUE, évêque employé par un autre à satisfaire pour lui aux fonctions épiscopales : on le nomme aussi suffragaiit. Il y a de ces évoques en France et en Allemagne , surtout chez les élec-