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CLINIQUES. On donnoit autrefois co nom à ceux qui avoient été baptisés dans leur lit pendant une maladie ; il vient du grec xJt'v»? , lit.
Dans les premiers siècles de l'Eglise, plusieurs différoient ainsi leur baptême jusqu'à l'article de la mort, quelquefois par humilité , souvent par libertinage et pour pécher avec plus de liberté. On re* gardoit, avecraison, ces chrétiens comme foibles dans la foi et dans la vertu. Les Pères de l'Eglise s'élevèrent contre cet abus ; le concile de Néocésarée , can. 12, déclare les cliniques irréguliers pour les ordres sacrés , à moins qu'ils ne soient d'ailleurs d'un mérite distingué, et qu'on ne trouve pas d'autres ministres ; on craignoit que quelque motif suspect ne les eût engagés à recevoir le haptème. Le pape saint Corneille, dans une lettre rapportée par Eusèbe , dit que le peuple s'opposa à l'ordination de Novatien , parce qu'il avoit été baptisé dans son lit étant malade. Les cliniques étoient aussi appelés grabataires , pour la même raison. Saint Cyprien, Épist. 76, ad Magnum , soutient cependant que ceux qui sont ainsi baptisés , ne reçoivent pas moins de grâces que les autres, pourvu néanmoins qu'ils y apportent les mêmes dispositions. Mais on ne les élevoit pas aux ordres sacrés , dès que l'on soupçonnoit qu'il y avoit eu de la négligence de leur part. Il paroît que la maladie étoit le seul cas où il fût permis de baptiser par aspersion. Bingham , l. 11 , c. 11 , tom. 4 , p. 555.
CLOCHES, bénédiction des cloches.
L'Eglise veut que tout ce qui a quelque rapport au culte de Dieu soit consacré par des cérémonies ; conséquemment elle bénit les cloches nouvelles : comme les cloches sont présentées à l'Eglise , ainsi que les enfants nouveau-nés, qu'on leur donne un parrain et une marraine, et qu'on leur impose des noms , l'on a appelé baptême cette bénédiction.
Alcuin , disciple de Bède et précepteur de Charlemagne, parle de cet usage comme antérieur à l'an 770 ; la forme en est prescrite dans le pontifical romain et dans les rituels. Après plusieurs prières, le prêtre dit : Que celte cloche soit sanc-
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tifiée et consacrée , au nom du Père, et
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Dans son érection , cette abbaye fut
du Fils, et du Saint-Esprit; il prie en- mise sous la protection immédiate du core, il lave la cloche en dedans et en saint siège , avec défense expresse à tous dehors avec de Peau bénite , il fait sept j séculiers ou ecclésiastiques de troubler croix dessus avec l'huile sainte, et quatre j les moines dans leurs privilèges , etsuren dedans avec le saint-chrême; il l'en- j tout dans l'élection de leur abbé. Ils précense et il la nomme. On peut voir cette ; tendirent, par cette raison, être exempts cérémonie plus en détail dans les céré- j delajuridictiondel'évêque,cequidonna monies religieuses de l'abbé Banier. j lieu à d'autres abbés de former la même CLOITRE, en général, signifie un mo- ? prétention. Cette contestation a été jugée nastère de personnes religieuses de l'un depuis quelques années en faveur de ou de l'autre sexe , et quelquefois il se i l'évêque de Màcon. prend pour la vie monastique ; on dit j La congrégation de Cluni est regardans ce sens que l'on peut faire son salut : dée comme la plus ancienne de toutes
dans le cloître plus aisément que dans le monde.
La plupart des cloîtres ont été autrefois non-seulement des maisons de piété, mais aussi des écoles où Ton enseignoit les langues et les arts libéraux, négligés partout ailleurs. Bède. Hist., liv. 3, chap. 3, nous apprend qu'Oswald , roi d'Angleterre, donna plusieurs terres aux cloîtres , afin que la jeunesse y fût bien élevée. La richesse des monastères n'a donc pas une source aussi odieuse que
celles qui sont unies en France sous un [ seul chef, et qui ne composent qu'un ; corps de plusieurs monastères unis sous la même règle. Elle a donné à l'Eglise plusieurs personnages recommandables par leur savoir et par leurs vertus. Dom Martin Marrier a fait imprimer à Paris , | en 1614, la Bibliothèque des écrivains ' de cette congrégation , en i vol. infolio. Cette abbaye fut pillée et la bibliothèque brûlée par les calvinistes en 1 562. Mosheim a remarqué que l'on parle
les critiques modernes voudroient le per- improprement , quand on dit Yordre de suader. Les cloîtres de Saint-Denis en '■ Cluni, puisque cette abbaye et ses dé- France, de Saint-Gall en Suisse, et une ! pendances ne sont pas d'un ordre difféinfinité d'autres, dans lesquels les en- j rent de celui des autres bénédictins ; on fants des rois avoient été élevés, furent j doit dire la congrégation de Cluni, non-seulement dotés richement par ce ! comme la congrégation de Saint-Maur, motif, mais encore décorés de plusieurs I de Saint -Vanne, etc. Mais cet auteur privilèges, principalement du droit d'à- ne fait pas une réflexion fort judicieuse, sile. Ils servoient aussi de prison , sur- | lorsqu'il dit que saint Odon , successeur
tout aux princes, soit révoltés, soit malheureux , exclus ou déposés du trône.
L'histoire byzantine , et celle de France en fournissent de fréquents exemples.
CLOTURE DES RELIGIEUSES. Voy.
Religieuses.
CLUNI, célèbre abbaye située en Bourgogne , dans le Maçonnais ; c'est le chef-lieu d'une congrégation de bénédictins , qui en portent le nom.
Cette abbaye fut fondée sour la règle de saint Benoît , l'an 910, parRernon, abbé de Gigny , sous la protection et par les libéralités de Guillaume Ior , duc d'Aquitaine et famte d'Auvergne. Quelques auteurs modernes ont voulu faire remonter sa fondation à l'an 826 ; mais leur opinion est dénuée de preuves solides.
de l'abbé Bernon , premier fondateur, obligea non-seulement les moines à observer leur règle , mais qu'il y ajouta quantité de rites et de cérémonies, qui , bien qu'inutiles, malgré leur apparence de sainteté, ne laissoient pas d'être sévères et incommodes. Il prouve lui-même que ces pratiques n'étoient pas inutiles, puisqu'il dit que cette règle de discipline combla de gloire saint Odon , qu'elle fut adoptée par tous les couvents de l'Europe , que par ce moyen l'ordre de Cluni parvint au degré d'éminence et d'autorité , d'opulence et de dignité dont il jouit pendant ce siècle et le suivant.
Une autre preuve de leur utilité , que Mosheim fournit lui-même, c'est que dans le douzième siècle les moines de Cluni