‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 103 sur 114 · VII. De la communion eucharistique · texte numérisé non relu

VII. De la communion eucharistique

On conçoit d'abord que la manière différente d'envisager V eucharistie, doit mettre une grande différence entre la communion des catholiques et celle des protestants. Ceux-ci, persuadés que Y eucharistie n'est que la figure du corps et du sang de Jésus-Christ, croient aussi que la communion ne produit aucun autre effet que d'exciter la foi , qui , selon leur système , opère la rémission des péchés et la justification; qu'ainsi celte action n'exige point d'autre disposition de la part du chrétien , qu'une foi ferme et vive. Un catholique, au contraire, convaincu que par la communion il reçoit réellement la substance du corps et du sang de Jésus-Christ, en conclut que, pour y participer, il doit être en état de grâce; que, s'il étoit coupable de péché mortel, il mangeroit et boiroit sa condamnation, selon l'expression de saint Paul , /. Cor., c. 11 , f. 29 ; mais qu'en recevant cette nourriture divine avec des sentiments de foi, d'humilité, de pénitence, de confiance et de reconnoissance envers Jésus-Christ, elle produira en lui une augmentation de grâce, et sera pour lui un gage de la résurrection future et d'une immortalité glorieuse.

C'est ce qu'a promis Jésus -Christ, lorsqu'il a dit : « Celui qui mange ma » chair et boit mon sang demeure en » moi et moi en lui; il a la.vie éternelle, » et je le ressusciterai au dernier jour. » Joan., c. 6 , $. 55 et 57. Conséquemment le concile de Trente a prononcé l'anathème contre quiconque enseigne que le fruit principal de Y eucharistie est la rémission des péchés, et qu'elle ne produit point d'autre effet ; que la seule disposition nécessaire pour la recevoir est la foi. Sess. 15, can. 5 et 11.

Dans ce même chapitre, Jésus-Christ ajoute , fm 54: « Si vous ne mangez la » chair du Kils de l'homme et ne buvez » son sang , vous n'aurez pas la vie en » vous. » On ne peut pas douter que par ces paroles le Sauveur n'ait imposé aux chrétiens l'obligation de recevoir l'eu-

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charistie ; et c'est pour cela que le concile a décidé que tout fidèle , parvenu à l'âge de discrétion , est obligé de communier au moins une fois l'an , et surtout à Pâques , comme l'avoit déjà or-

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mumon, ou que Julien, élevé dcns le christianisme, n'avoit aucune connoissance de ce dogme? Au premier siècle, saint Ignace ; au second , saint Justin et saint Irénée ; au troisième , Tertullien ,

donné le concile général de Latran , i Origène , saint Cyprien , l'avoient en-

Tan 1215.

Mais s'il étoit vrai que tout l'effet de Yeucharistie consiste à exciter la foi , on ne voit pas pourquoi il seroit nécessaire de la recevoir. La lecture de l'Ecriture sainte, un tableau historique de la passion du Sauveur , un discours pathétique sur ce sujet, etc., sont pour le

seigné assez clairement, pour qu'aucun chrétien, médiocrement instruit , ne pût l'ignorer. Le silence des autres ennemis du christianisme ne prouve donc pas plus que celui de Julien.

2° L'on a prouvé, contre Claude, quo pendant les premiers siècles l'on a caché soigneusement aux païens nos saints

moins aussi capables de réveiller la foi \ mystères , et qu'en général les païens , que la communion , qui chez les pro- | même ceux qui ont écrit contre le christcstants n'est pas fort différente d'un jtianisme, en étoient très-mal instruits, repas ordinaire, et n'exige pas beaucoup j Perpétuité de la Foi , tome 3, 1. 7, c. 2.

de préparation. Elle peut être tout au plus un symbole de fraternité et d'union mutuelle entre les chrétiens; mais selon la doctrine de saint Paul , c'est une union avec Jésus-Christ , et il le déclare luimême , puisque par la communion il demeure en nous et nous en lui ; ce terme a donc chez nous une toute autre énergie que chez les protestants.

Pour réfuter l'idée que nous en avons, Daillé observe que , si les premiers chrétiens avoient eu la même croyance que nous, il seroit fort étonnant que les

5° II est très-probable que c'est une connoissance confuse du mystère de r 'eucharistie, qui donna lieu aux païens de publier que les chrétiens égorgeoient et mangeoient un enfant dans leurs assemblées ; et c'est pour réfuter cette calomnie , que saint Justin exposa clairement notre croyance sur ce point dans sa première apologie.

4° Si l'on n'avoit pas cru pour lors la présence réelle, saint Justin auroit dissipé bien plus aisément le soupçon des païens , en disant que Yeucharistie païens, qui ont écrit contre le christia- \ étoit une simple ligure du corps et du nisme pendant les trois premiers siècles, ! sang de Jésus-Christ ; au contraire , il n'eussent pas reproché aux chrétiens, j déclare que c'est véritablement ce corps comme font aujourd'hui les mahomé- j et ce sang même.

tans et les infidèles , qu'ils mangeoient ] leur Dieu. Cette accusation, selon lui, étoit plus naturelle , et devoit plutôt venir à l'esprit des païens, que tant d'autres qu'ils ont faites contre notre religion. Claude a insisté aussi sur cette objection.

4° Ces auteurs ne se sont pas souvenus que Julien fit son ouvrage contre le christianisme au milieu du quatrième siècle ; cependant on n'y trouve pas le reproche que Daillé juge si naturel , et sur lequel le silence des païens lui paroît si étonnant. Osera- 1- il soutenir qu'à cette époque on n'enseignoit pas encore la présence réelle de Jésus-Christ dans Yeucharistie, et la réception réelle de son corps et de son sang dans la com-

En insistant sur ce reproche , en exagérant la démence des catholiques qui adorent ce qu'ils mangent , et qui digèrent ce qu'ils adorent, Daillé a montré plus de malice et d'impiété que les philosophes païens ; c'est lui qui a fourni aux incrédules les blasphèmes qu'ils ont vomis contre Yeucharistie; ils n'ont fait que répéter ses invectives.

Nous convenons que si la foi des catholiques étoit plus vive, et leur conduite mieux d'accord avec leur foi, la participation à la sainte eucharistie produiroit sur eux de plus grands effets. Mais les protestants oseroient-ils soutenir que sur ce point ils sont moins coupables que nous , et que leur prétendue réforme a sanctifié leurs mœurs? Ils seroienî

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contredits par les fondateurs môme de leur secte.

Cet article est déjà trop long pour y

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patriarches ; c'étoit l'opinion des anciens Pères. Ils ajoutoient que Jésus-Christ n'a voit eu aucune propriété des corps ,

ajouter ce qui regarde la communion j puisqu'il marcha sur les eaux ; il passa sous les deux espèces , la communion j au milieu de ceux qui vouloient le préfréquente, la communion pascale, la > cipiler ; il disparut aux .yeux des deux communion spirituelle ; on la trouvera j disciples d'Emmaus; il entra dans la sous le mot Communion. [chambre où étoient ses disciples, les

VIJI. Il nous paroît nécessaire de ré- j portes étant fermées; il n'avoit donc pondre à une objection que nous n'a- [ que les apparences d'un corps. Dans la vous encore vu résolue par aucun théo- suite , les catholiques se sont servis de logien, du moins sous la tournure que 'ces mêmes faits pour prouver que le lui adonnée Beausobre; il l'a regardée (corps de Jésus -Christ peut être dans comme invincible, sans doute , puisqu'il V eucharistie sans avoir aucune des pro-

l'a répétée dans trois ou quatre endroits de son Histoire du manichéisme , t. i , p. 581 ; lom. 2, p. 558, 545, etc. Bas-

priétés corporelles ; ils ont donc raisonné comme les docôtes.

Qu'opposoient les Pères à ces héré-

nage en a aussi fait usage, mais avec tiques? Un de leurs arguments est que, moins d'adresse, Histoire de V Eglise , j si Jésus-Christ n'avoit pas eu un corps livre 15, chap. 5 , § 4 et 5. Beausobre \ réel et véritable, nous ne recevrions pas prétend que notre croyance , touchant j dans Y eucharistie son corps et son sang. la présence réelle de Jésus-Christ dans i A quoi pensoient les Pères? Ils conlir- V eucharistie et la transsubstantiation, moient l'objection des docètes au lieu de autorise l'erreur des anciens hérétiques, | la résoudre ; ils prouvoient un mystère nommés docètes ou phantasiastes , qui . par un autre plus révoltant ; l'on peut soulenoient que le Fils de Dieu n'a eu j dire qu'ils se jetoient dans le feu pour qu'une chair apparente, erreur renou- ' éviter la fumée.

velée dans la suite par les manichéens. La seule manière dont on puisse le> Il soutient que ces sectaires alléguoient ' excuser est de réduire leur argumenta en leur faveur les mêmes preuves sur j celui-ci : Si Jésus-Christ n'avoit pas eu lesquelles nous nous fondons ; que si ! un véritable corps , nous ne pourrions ces preuves sont solides , les Pères , qui ; en recevoir la figure ou l'image dans ont réfuté ces hérétiques , ont très-mal j Y eucharistie, parce qu'il ne peut y avoir raisonné. Cela mérite une discussion, j une figure ou une image de ce qui n'est C'est des docètes que parloit saint ' pas réel. C'est ainsi que l'ont entendu ïgnacc, martyr, vers l'an 107, dans sa S Terlullien , livre 4 , contra Marcion., Lettre aux Smyrniens , n. 7, lorsqu'il | c. 40, et l'auteur des Dialogues contre dit : « Ils s'abstiennent de Yeucharistie ; les marcionites, sect. 4, dans Origène,

t. 1 , pag. 855. C'est donc encore ainsi qu'il faut entendre le passage de saint

Ignace.

» et de la prière , parce qu'ils ne recon- » noissent pas que Yeucharistie est la » chair de Noire-Seigneur Jésus-Christ,

j» qui a souffert pour nos péchés, et que | Réponse. N'est - ce pas plutôt Beau- » Dieu le Père a ressuscité par sa bonté; sobre qui se jette dans le feu pour évi- » ceux donc qui rejettent ce don de Dieu, ter la fumée , et qui fournit des armes » se privent de la vie par leur résis- contre lui?

>• tance. » On sait que ce passage donne | 1° Il ne croit pas sans doute, comme beaucoup d'humeur aux protestants; Iles docètes, que Jésus - Christ n'a ci Beausobre a cherché un moyen d'en j qu'une chair apparente; il est dom éluder la force. j oblige de répondre, aussi bien que nous,

Les docètes, dit-il , pour prouver que i aux passages de l'Ecriture dont ces hèle Fils de Dieu n'avoit qu'un corps ap- rétiques se prévaloient, et à l'argument parent, se prévaloient de ce qu'avant j qu'ils en tiraient. S'il avoit daigné y son incarnation il éloit apparu déjà aux I donner une réponse , clic nous auroit

argument

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servi à résoudre le même tourné contre la réalité de la chair de Jésus - Christ dans Y eucharistie. Il auroit dit, sans doute, qu'un corps ne cesse pas d'être réel , quoiqu'il ne conserve pas toutes ses propriétés sensibles, parce que l'essence du corps et ses propriétés sensibles ne sont pas la même chose ; qu'ainsi, dans les cas dont l'Evangile fait mention , Jésus-Christ avoit un vrai corps, quoique, par miracle , il le dépouillât des propriétés corporelles.

Beausobre devoit prouver que Jésus- Christ ne peut pas faire la même chose

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style brusque et souvent irrégulier de Tertullien : ce Père dit , liv. 4 , contra Marcion., c. 40 : « Jésus-Christ lémoi- » gna un grand désir de faire la pâque, » qui étoit la sienne. Il prit le pain, il le » distribua à ses disciples , il en fit son » propre corps , en disant, ceci est mon » corps , c'est-à-dire la figure de mon » corps. Or, ce n'auroit pas été une fi- » gure , s'il n'avoit pas eu un vrai corps; » une chose sans consistance , un fan- » tome, n'est point susceptible de figure; » ou , s'il a fait du pain son corps, sans » avoir un vrai corps , il a dû livrer ce

dans V eucharistie. Les Pères n'avoient } » pain pour nous ; il falloit , pour rendre

pas plus à redouter son argument que celui des docètes.

2° Si ces saints docteurs n'ont pas cru

» vrai ce que dit Marcion , que le pain » fût crucifié. » Là-dessus les protestants triomphent et soutiennent que Tertul-

la présence réelle de Jésus- Christ dans j lien a pensé comme eux.

Y eucharistie , il faut qu'en raisonnant contre les docètes ils aient été à peu près stupides, puisqu'ils n'ont vu aucune des conséquences que l'on pouvoit tirer contre eux. A la vérité , ils ont prouvé un mystère et un miracle par un autre; mais nous ne comprenons pas en quoi ils sont blâmables. Basnage, de son côté, se prévaut de ce que les Pères n'ont pas prouvé, contre les ariens, la divinité de Jésus-Christ par le dogme de la présence réelle, et de ce qu'ils n'ont pas fondé un mystère sur un autre. Ilist.

de VEglise,\. 14, c. 1 ,§6.

5° Beausobre leur fait une nouvelle injure, en supposant qu'ils ont pensé que l'on ne peut pas faire une figure ou une image de ce qui a paru à tous les sens. Quand Jésus -Christ n'auroit eu qu'un corps apparent , qui l'empêchoit d'instituer une représentation mystique de ce corps que l'on avoit vu et touché, qui étoit sensible et palpable ? Beausobre lui-même observe qu'il y avoit des docètes ou phantasiastes qui célébroient une eucharistie ; sans doute ils n'y admetloient pas un corps de Jésus-Christ réel et véritable , puisqu'ils n'en reconnoissoient point de tel : donc ils pensoient* comme les protestants , que c'étoit une simple figure ; mais les Pères n'étoient pas de ce sentiment, et nous allons voir qu'Us raisonnoient mieux.

4° Notre censeur des Pères abuse du

Nous ne citerons pas les autres passages dans lesquels ce Père professe ouvertement le dogme de la présence réelle; nous nous bornons à celui-ci.

Nous soutenons qu'il doit être ainsi traduit : o Jésus-Christ fit du pain son pro- » pre corps , en disant : ceci , c'est-à- » dire la figure de mon corps , est mon » corps. » En voici les preuves. 1° Cette transposition de mots est familière à Tertullien ; dans ce même livre, c. 11 , il dit : Couvrirai en parabole ma bouche, c'est -à- dire similitude ; le sens est : f ouvrirai en parabole, c'est-à-dire en similitude, ma bouche. L. contra Prax., c. 29 : Le Christ est mort, c'est-à-dire, oint; il est évident qu'il faut lire : le Christ , c'est-à-dire Voint, est mort.

2° De quelque manière qu'on l'entende, il faut toujours admettre une transposition ; selon le sens même des protestants , Tertullien devoit dire : Jésus- Christ prit le pain , il en fit son propre corps , c'est - à - dire la figure de son corps, en disant, ceci est mon corps.

Comment en auroit - il fait son propre corps, en disant, ceci est la figure de mon corps ? 3° Dans ce même sens, Tertullien déraisonneroit encore en disant que le pain a dû être livré et crucifié pour nous; car enfin c'est le corps réel de Jésus-Christ , et non sa figure, qui a dû être crucifié pour nous. 4° Il n'est pas vrai que , par les paroles de Jésus-

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Christ , îe pain soit devenu la figure de son corps plus qu'il ne l'étoit auparavant , puisque ces paroles n'ont rien changé dans la configuration extérieure du pain. Après la prononciation de ces paroles , le pain n'a pas eu plus de ressemblance avec le corps de Jésus-Christ qu'auparavant. Mais si Jésus - Christ a mis son corps au lieu de la substance du pain , dès ce moment ce qui paroît du pain est devenu le signe du corps de Jésds-Christ, comme notre corps est le signe de notre âme , lorsqu'elle y est. Alors on peut dire avec Tertullien et les autres Pères , que Jésus-Christ a fait du pain son propre corps, et qu'il en a fait aussi le signe ou la figure de son corps. 5° L'on doit aussi soutenir comme eux, que si Jésus-Christ n'a pas un vrai corps,

posé aux sens , il a usé de magie ; que si nous ne pouvions pas nous fier à nos sens, toute la religion chrétienne seroit renversée. S. Auq., contra Faust., 1. 29, n. 2, etc. C'est encore l'argument que les protestants font aux transsubstantiateurs, qui croient que la substance du pain n'est plus dans V eucharistie , quoique tous nos sens nous attestent qu'elle y est.

Réponse : Commençons par remarquer les contradictions bizarres de Beausobre , qui tantôt accuse les Pères de n'être jamais d'accord avec euxmêmes, et tantôt suppose qu'ils ont toujours raisonné conséquemment ; qui se récrie lorsque l'on attribue des erreurs aux hérétiques par voie de conséquence , et qui ne cesse d'en attribuer

Veucharistie ne peut pas en être la fi- aux Pères par la même voie ; qui a yure , puisqu'en effet le pain ne peut i même voulu persuader que saint Gré-

représenter le corps de Jésus - Christ qu'autant que ce corps y est réellement

goire de Nazianze , et saint Augustin , ont favorisé l'erreur de ceux qui ad-

et substantiellement. Les protestants se i mettoient un Dieu corporel. Vouez

trompent lorsqu'ils soutiennent que si le corps de Jésus - Christ est présent , Veucharistie ne peut plus en être la figure. C'est tout le contraire.

Ce ne sont donc pas les Pères qui raisonnent mal, c'est Beausobre et ceux qui pensent cemmelui. Mais ce critique fait encore d'autres objections.

Pour prouver , dit-il , que Dieu n'est pas corporel, saint Grégoire de Nazianze,

Esprit.

Mais il est aisé de les justifier sur tous les chefs. 1° Il n'est pas vrai que dans Veucharistie le corps de Jésus -Christ pénètre un autre corps , qu'il pénètre le pain , puisque le pain n'y est plus; cette objection n'est bonne que contre les impanateurs et les ubiquitaircs. D'ailleurs les Pères ont pensé, d'après l'Evangile, que le corps de Jésus - Christ ressuscité

Orat. 3i , et saint Augustin , L. contra j pénétrera la pierre de son tombeau , et

Epist. fund., c. 6 , soutiennent qu'un corps ne peut pas pénétrer un autre corps ; que deux parties ne peuvent être à la fois dans un même lieu , qui n'a que l'étendue d'une seule. Il faut cependant que cela se fasse, si Jésus - Christ est réellement dans Veucharistie. De

les portes de la chambre dans laquelle ses disciples étoient rassemblés ; ils ont cru qu'en naissant il étoit sorti du sein de la sainte Vierge , sans blesser sa virginité , et Beausobre le leur a reproché comme une absurdité. Ils ne sont ce-

, pendant pas tombés en contradiction , même saint Augustin, lib. 20. contra j lorsqu'ils ont soutenu qu'un corps ne Faust., 11, soutient que Jésus-Christ, ! peut pas naturellement pénétrer un selon la présence corporelle, ne peut ] autre corps, puisque, dans les cas dont pas être tout à la fois sur la croix, dans j nous venons de parler , c'étoit un mile soleil et dans la lune , comme le vou- • racle. Mais si un Dieu, corporel de sa

loient les manichéens. Or, suivant la croyance des catholiques, Jésus-Christ, selon laprésence corporelle , est tout à la fois dans une infinité de lieux. Les Pères ont prouvé, contre tous les phan-

nature, pénétroit tous les autres corps, comme fentendoient les manichéens, ce ne seroit plus un miracle , ce seroit l'état constant de la nature.

2° De même les manichéens ne pré-

tasiastes , que si Jésus -Christ en a im- > tendoient pas que Jésus-Christ avoit été

EUG

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