‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 105 sur 114 · EUN · texte numérisé non relu

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en 16i3; leur principal établissement est à Paris.

EUDOXIENS, secte d'ariens , qui avoit pour chef Eudoxe , patriarche d'Antiodie , ensuite de Constantinople , où il soutint de tout son pouvoir cette hérésie , sous les règnes de Constance et de Valons. Les cudoxiens enseignoient , comme les détiens et les eunomiens , que le Fils de Dieu avoit été créé de rien , qu'il avoit une volonté différente de celle de son Père.

EULOGIE. Voyez Pain bëmt.

EUNOMIENS, branche des ariens, dont le chef étoit Eunome , évèque de Cysique. Sacré vers l'an 560, il fut chassé de son siège pour ses erreurs ; les ariens

est formé de eivq* £yec; , garder le lit, ou l'intérieur d'un appartement ; c'étoit dans l'origine le titre de tous les officiers de la chambre du roi. Dans la suite des temps, la corruption des mœurs qui se glissa chez les Orientaux, la pluralité des femmes, et la jalousie des maris, poussèrent les grands à faire mutiler des hommes pour le service intérieur de leur palais; alors le terme d'eunuque change de signification. Nous voyons , dans le livre de la Genèse, que le maître de la milice , le panelier et l'échanson du roi d'Egypte sont nommés eunuques ou saris de Pharaon ; cependant le premier étoit marié , preuve qu'il n'étoit point question là des eunuques de la

tentèrent de le placer sur celui de Sa- ! seconde espèce. De même, lorsqu'il est

mosate ; il fut rétabli dans le sien par l'empereur Valons. Après la mort de celui-ci , Eunome fut exilé de nouveau , et mourut en Cappadoce.

Il soutenoit qu'il connoissoit Dieu aussi parfaitement que Dieu se connoît lui-même ; que le Fils de Dieu n'étoit pas véritablement Dieu, et ne s'étoit uni à l'humanité que par sa vertu et ses opérations ; que la foi seule peut sauver, malgré les plus grands crimes et même l'impénitence. Il rebaptisoit tous ceux qui avoient été baptisés au nom de la sainte Trinité; il rejetoit la triple immersion du baptême, le culte des martyrs et rhonneur rendu aux reliques des saints. Les eunomiens furent aussi appelés troglodytes. Voyez Ariens.

parlé dans l'Ecriture des eunuques des rois de Juda, /. Reg., cap. 8, f. 13, etc., on ne peut pas prouver que c'étoient des hommes mutilés. Moïse avoit noté d'infamie ces derniers, Veut., c. 23, f. 1 ; il ne les nomme point saris mais phlsouah; et comme les Juifs en avoient une espèce d'horreur , il n'est pas probable qu'ils aient jamais eu la cruauté d'en faire.

On ne sait pas même si les eunuques de la cour d'Assyrie, dont il est fait mention dans le livre d'Esther et ailleurs, étoient des hommes privés de la virilité. La première fois qu'il est parlé des saris dans ce dernier sens, est dans Isaie , c. 56, f. Set 4. On ne sait pas non plus si Ycunuque de la reine Can-

EUNOMIO-EUPSYCIIIENS , brandie j dace , qui fut baptisé par saint Philippe,

des eunomiens, qui se séparèrent de leurs confrères au sujet de la connoissance ou de la science de Jésus-Christ. Ils soutinrent que ce divin Sauveur connoissoit le jour et l'heure du jugement dernier : vérité que les eunomiens ne vouloient pas admettre. Sozomène , liv. 7 , ch. 17, appelle leur chef Eutyche et non pas Eusyche, comme fait Nicéphore, liv. 12 , ch. 50.

EUNUQUE. Les différentes significations de ce terme ont donné lieu à de fausses critiques de quelques passages de l'Ecriture sainte. Favorin, qui a fait un dictionnaire grec au second siècle de noire ère, observe que le mot ivwxof

Ad., c. 8, f. 27, étoit de ce nombre.

Jésus-Christ a pris le terme (X eunuque dans un sens beaucoup plus favorable, lorsqu'il a dit qu'il y a des eunuques qui ont renoncé au mariage pour le royaume des cieux. Voyez Cëliijat.

Eunuques , hérétiques malfaiteurs , qui non -seulement se mutiloient euxmêmes et ceux qui embrassoient leurs sentiments, mais encore tous ceux qui tomboient entre leurs mains. Voyez Valésiens.

EUSÈBE, évoque de Césarée en Palestine, mort l'an 558, étoit partisan secret de l'arianisme ; mais il a utilement servi l'Eglise par des ouvrages

immortels. L'un est la Préparation et la Démonlration évangcliques, en deux volumes in-folio ;Ie second est V Histoire ecclésiastique, depuis Jésus-Christ jusqu'à Tan 524, auquel Constantin se trouva seul maître de l'empire; le troisième est son livre Contre Hiéroclès.

sert. 47. D. de Monlfaucon , dans l'édition du Commentaire iï Eusèbe sur les psaumes, et d'un ouvrage de Photius, n'en a pas jugé plus favorablement.

D'autre part , Mosheim , dans son Jlist. ecclés. quatrième siècle, 2.° partie, c. 2. 9, réclame contre leur jugement. Tout

Dans les quinze livres de la Prépa- j ce que ces auteurs prouvent, dit-il, est

ration évangélique , Eusèbe s'attache à prouver l'absurdité du paganisme, la fausseté des opinions des philosophes, la vérité des dogmes enseignés dans l'Ecriture sainte; il rassemble les passages des auteurs profanes, qui ont rapport à ce livre divin , et qui peuvent servir à en confirmer l'histoire et la doctrine.

Des vingt livres de la Démonstration évangélique , il n'en reste que dix; Eu-

qa'Eusèbe soutenoit qu'il y avoit une certaine disparité et une subordination entre les trois Personnes divines. Quand même ç'auroit été son opinion , il ne s'ensuivroit pas qu'il fût arien , à moins que l'on ne prenne ce mol dans un sens impropre et trop étendu. D. Ceillier, dans son Histoire des auteurs ecclésiastiques , penche aussi à justifier Eusèbe , sinon de toute erreur, du moins

sèbe y prouve la vérité et la divinité du j de celle d'Arius. christianisme par les prophéties de l'an- j En effet, l'on trouve dans ses écrits cien Testament. j plusieurs passages qui prouvent la di-

Son Histoire ecclésiastique est d'au- j vinité du Fils de Dieu et sa consubstantant plus précieuse, qu'il avoit lu les | tialilé avec le Père; s'il y en a aussi auteurs originaux , les ouvrages des an- ; d'autres qui paroissent établir le conciens Pères qui n'existent plus, il les j traire, il faut en conclure qu'Eusèbe a cite avec exactitude, il en conserve les j voulu tenir une espèce de milieu entre propres termes. L'édition qu'en avoit j l'hérésie d'Arius et le dogme de la con-

donnée M. de Valois , en grec et en latin, avec des notes savantes, a été imprimée

substantialilé décidé dans le concile de

Nicée, et qu'il étoit probablement dans à Cambridge en 1720, avec de nouvelles j la même opinion que les semi-ariens notes de divers auteurs. Celte histoire, j mitigés. Voyez Semi-ariens.

Il y acu deux autres évêques de même

nom , qu'il ne faut pas confondre avec

jointe à celles de Socrate , de Sozomène, de Théodoret, d'Evagre, de Philostorge,

de Théodore le lecteur, forment un re- celui-ci; Eusèbe de Nicomédie, chef de cueil de trois volumes in-folio. l'une des factions de l'arianisme, dont

Eusèbe est encore auteur d'une Fie j nous allons parler; et Eusèbe de Samode Constantin , d'une Chronique, d'un sale, zélé défenseur de l'orthodoxie Commentaire sur les psaumes et sur '. contre les ariens. Isa'ie , et de quelques autres ouvrages j EUSÉBIENS. C'est un des noms que

qui ne subsistent plus.

Cave, dans son Histoire des écrivains ecclésiastiques , et dans une dissertation ajoutée à la (in ; Henri de Valois , dans la notice qu'il a donnée de la vie et des écrits tf Eusèbe , placée à la tête de son Histoire ecclésiastique , ont fait ce qu'ils ont pu pour justifier ce savant évêque contre l'accusation d'arianisme. Le Clerc , au contraire , a travaillé à la continuer , dans une lettre que l'on a placée à la suite de son Art critique , t. 5. Le père Alexandre a été de même avis.

Ilist. eccl. y JYov. Test., saec. 4, dis-

l'on donna aux ariens, à cause d'Eusèbe de Nicomédie, l'un de leurs principaux chefs. Cet évèque , contre la défense des canons, passa successivement du siège de Béryte à celui de Nicomédie , et ensuite à celui de Constantinople; de tout temps il avoit été lié d'amitié et de sentiments avec Arius , et il y a lieu de penser que celui-ci étoit plutôt son disciple que son maître. Aussi Eusèbe n'omit rien pour justifier Arius , pour le faire recevoir à la communion des autres évêques , pour faire adopter sa doctrine, et il prit hautement sa défense

dans le concile de Nicée. Forcé de souscrire à la condamnation de l'hérésie, par la crainte d'être déposé, il n'y demeura pas moins attaché : il se déclara si hautement protecteur des ariens, que Constantin le relégua dans les Gaules, et fit mettre un autre évêque à sa place; mais trois ans après il le rappela , le rétablit dans son siège, et lui rendit sa confiance.

Eusèbe eut assez de crédit pour faire recevoir Arius à la communion de l'Eglise dans un concile de Jérusalem ; il fut le persécuteur de saint Athanase et de tous les évêques orthodoxes ; il conserva son ascendant sur l'esprit de Constantin , qui dans ses derniers moments reçut le baptême de sa main. Sous le règne de Constance , qui se laissa séduire par les ariens, Eusèbe devint encore plus puissant , et trouva le moyen de se placer sur le siège de Constanlinople, en faisant déposer dans un conciliabule le saint homme Paul, qui en étoit le possesseur légitime. Enfin , après avoir cabale dans plusieurs conciles, après avoir dressé trois ou quatre confessions de foi aussi captieuses les unes que les autres , il mourut , et laissa sa mémoire en exécration à toute l'Eglise. Tillemont, tome 6 , Hist. de Varianisme.

EUSTATHIENS, catholiques d'Antioche , attachés à saint Eustathe , leur évêque légitime, dépossédé parles ariens, et qui refusèrent d'en recevoir un autre ; ils tinrent même des assemblées particulières, et ne voulurent pas communiquer avec Paulin , que la faction arienne avoit substitué à saint Eustathe, vers l'an 550.

Vingt ans après , Léontius de Phrygie, surnommé l'eunuque , aussi arien et successeur de Paulin , souhaita que les eustalhiens fissent le service dans son Eglise ; ils y consentirent. Ils instituèrent à cette occasion la psalmodie à deux chœurs, et la doxologie Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, etc., à la fin des psaumes , comme une profession de foi contre l'arianisme.

Cependant plusieurs catholiques furent scandalisés de celte conduite , se séparèrent, tinrent des assemblées par-

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ticulières, et formèrent ainsi le schisme d'Antioche ; mais ils se réunirent sous saint Flavien Tan 581 , et sous Alexandre, l'un de ses successeurs , en 482 ; Théodoret a rapporte les circonstances de cette réunion.

Eustatiiiens, hérétiques du quatrième siècle , sectateurs d'un moine nommé Eustathe, follement entêté de son état, et qui condamnoit tous les autres états de la vie. Socrate , Sozomène et M. de Fleury le confondent avec Eustathe, évêque de Sébaste; mais il n'est pas certain que ce soit le même.

Dans le concile de Gangres en Paphlagonie , tenu entre l'an 525 et l'an 541 , Eustathe et ses sectateurs sont accusés, 1° de condamner le mariage et de séparer les femmes d'avec .eurs maris; 2° de quitter les assemblées publiques de l'Eglise pour en tenir de particulières ; 5° de se réserver à eux seuls les oblations ; 4° de séparer les serviteurs d'avec leurs maîtres, et les enfants d'avec leurs parents , sous prétexte de leur faire mener une vie plus austère ; 5° de permettre aux femmes de s'habiller en hommes; 6° de mépriser les jeûnes de l'Eglise -et d'en pratiquer d'autres à leur fantaisie, même le jour de dimanche ; 7° de défendre en tout temps l'usage de la viande ; 8° de rejeter les oblations des prêtres mariés ; 9° de blâmer les chapelles bâties à l'honneur des martyrs, leurs tombeaux, les assemblées pieuses qu'y tenoient les fidèles; 10° de soutenir qu'on ne peut être sauvé sans renoncer à tous ses biens. Le concile fit, contre toutes ces erreurs et tous ces abus , vingt canons qui ont été insérés dans le recueil des canons de l'Eglise universelle. Vupin , quatrième siècle, t. 9, pag. 85, etc.; Fleury, t. L 1. 17, tit. 55.

EUTHANASIE, mort heureuse do ceux qui passent sans douleur, sans crainte et sans regret , de cette vie à l'autre, ou qui meurent en état de grâce.

EUTYCHIENS, hérétiques du cinquième siècle, sectateurs â'Eutychès, abbé d'un monastère de Constantinople, qui n'admettoit qu'une seule nature en Jésus- Christ. L'aversion de ce moiue

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pour le nestorianisme le précipita dans l'excès opposé; dans la crainte d'admettre deux personnes en Jésus-Christ, il ne voulut y admettre qu'une seule nature composée de la divinité et de l'humanité. On croit qu'il tomba dans cette erreur en prenant de travers quelques passages de saint Cyrille d'Alexandrie.

ïl soutint d'abord que le Verbe , en descendant du ciel, étoit revêtu d'un corps qui n'avoit fait que passer par celui de la sainte Vierge comme par un canal; erreur qui approchoit de celle d'Apollinaire. Eutychès la rétracta dans un synode de Constantinople ; mais il ne voulut pas convenir que le corps de Jésus-Christ fût de même substance que les nôtres ; il n'attribuoit par conséquent au Fils de Dieu qu'un corps fantastique, comme les valentiniens et les marcionites ; il fut condamné , l'an 448, par le patriarche Flavien. Très- inconstant dans ses opinions , il semble quelquefois admettre en Jésus-Christ deux natures, même avant l'incarnation, et supposer que l'âme de Jésus-Christ avoit été unie à la Divinité avant de s'incarner ; mais il refusa toujours d'y reconnoître deux natures après l'incarnation; il prétendit que la nature humaine avoit été comme absorbée par la Divinité , de même qu'une goutte de miel, tombée dans la mer , ne périroit pas , mais seroit engloutie. C'est ce qui a fait donner à ses partisans le nom de monophy sites , défenseurs d'une seule nature.

Malgré sa condamnation, Eutychès trouva des défenseurs. Soutenu du crédit de Chrysaphe, premier eunuque du palais impérial, de Dioscore, patriarche d'Alexandrie, son ami, d'un archimandrite syrien, nommé Barsumas, il fit «convoquer en 449 un concile à Ephèse , qui n'est connu dans l'histoire que sous le nom de brigandage , à cause des violences et du désordre qui y régnèrent ; Eutychès y fut absous : le patriarche Flavien, qui l'avoit condamné à Constantinople , y fut tellement maltraité, que peu de temps après il mourut de ses blessures. Mais la doctrine d'Eulychès fut examinée et condamnée de nouveau

l'an 451 , au concile de Chalcédoine, composé de cinq à six cents évoques. Les légats du pape saint Léon y soutinren que ce n'étoit pas assez de définir qu'il y a deux natures en Jésus -Christ; ils firent ajouter , sans être changées , confondues ni divisées.

Celle décision solenne1 '?. n'arrêta pas les progrès de l'eutychianisme. Quelques évêques égyptiens, qui y avoient assisté, publièrent à leur retour que saint Cyrille y avoit été condamné et Nestorius absous ; il en résulta du désordre. Plusieurs , par attachement à la doctrine de saint Cyrille, refusèrent de se soumettre aux décrets du concile de Chalcédoine , faussement persuadés que ces décrets y étoient opposés.

Les moines de la Palestine , attachés à Eutychès , leur confrère , soutinrent que sa doctrine étoit orthodoxe, rendirent odieux, par des impostures, le concile de Chalcédoine. Dioscore, homme ambitieux et violent, souleva toute l'Egypte ; le peuple d'Alexandrie , toujours séditieux, se révolta, il fallut des troupes pour faire cesser le désordre. Parmi les empereurs , qui se succédèrent rapidement , les uns furent favorables aux eutychiens , les autres s'attachèrent à les réprimer, et soutinrent les orthodoxes; l'empire fut en proie aux disputes , aux animosités , aux violences réciproques.

Nous en verrons ci-après les suites ; mais il faut examiner auparavant Yeutychianisme en lui-même.

La Croze , Basnage et d'autres protestants , toujours portés à justifier tous les hérétiques , à condamner les Pères et les conciles , se sont efforcés de persuader que le nestorianisme etTeutychianisme si opposés en apparence, n'étoient des hérésies que de nom ; que les partisans de l'une et de l'autre , non plus que les orthodoxes , ne s'entendoient pas ; que le concile de Chalcédoine et ses adhérents avoient troublé l'univers pour une dispute de mots. Ce reproche est-il bien fondé ?

1° S'il étoit vrai, comme le vouloit Nestorius , qu'il faut admettre deux personnes en Jésus-Christ, il n'y a plus d'union substantielle entre la nature di-

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