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que ces faits capitaux sont incontesta- j sur lesquels les évangélistes n'ont pu se blés, que nous importe qu'ils aient été | tromper ni tromper les autres. Ils les bien ou mal écrits par cinquante auteurs j ont publiés sur le lieu sur lequel ces bons ou mauvais, dès qu'il y en a quatre faits se sont passés, dans le temps même qui les ont rendus avec toute la bonne j où on les suppose arrivés, à des hommes foi, toute l'exactitude, toute l'uniformité ; qui étoient à portée d'en découvrir cerque l'on peut désirer ? j lainement la vérité ou la fausseté, et
Encore une fois , les apocryphes ne j qui , loin d'avoir aucun intérêt de les sont pas nommés faux Evangiles, parce ] croire , étoient au contraire intéressés à que tout y est faux et fabuleux , mais j les contester.
parce qu'ils portent faussement le nom 5° L'effet qu'ils ont opéré. Dès le mod'un apôtre ou d'un disciple du Sauveur, j ment que les faits de l'Evangile ont parce qu'il y a des faits faux ou incer- été annoncés , il s'est formé dans les tains, mêlés avec les faits vrais etincon- j villes de Jérusalem , d'Antioche et d'Atcstables, et parce que la plupart renfer-j lexandrie, des Eglises chrétiennes qui moient une doctrine fausse. De même ! en ont fait l'objet de leur foi , et les ont qu'ils ne sont pas plus anciens que la j insérés dans leur symbole de croyance, secte pour laquelle ils ont été faits, aussi j Les Juifs détestoient les païens , et en ne lui ont -ils pas survécu. Toutes ces étoient méprisés : comment les uns et fausses pièces sont tombées dans le mé- les autres ont-ils pu consentir à fraterpris , pendant que les vrais Evangiles j niser, à former une même société reliont continué à être respectés comme des gieuse, s'ils n'y ont pas été engagés ouvrages partis de la main des apôtres, par l'évidence des preuves du christia-
Evangile, histoire évangélique. La I nisme? Une heureuse révolution s'est divinité du christianisme est fondée sur faite dans leurs mœurs; Dieu s'est- il la vérité des faits rapportés dans cette servi de fables et d'impostures pour
histoire ; nous sommes donc obligés d'alléguer les motifs pour lesquels nous y ajoutons foi.
4° Le caractère des historiens. Deux d'entre eux, saint Matthieu et saint Jean, se donnent pour témoins oculaires de ce qu'ils rapportent; les deux autres en paroissent également instruits. Aucun motif n'a pu les engager à écrire que la vérité des faits qu'ils rapportent; ces faits n'ont jamais pu paroître indiffé-
sanctifier les hommes?
4° En publiant les faits évangéliqnes r les apôtres en établissent des monuments : le dimanche, les fêtes, la liturgie,, les sacrements, le signe de la croix, etc., nous rappellent les miracles, les souffrances , la mort , la résurrection de Jésus-Christ ; la lecture de l' Evangile qui les rapporte fait partie du culte divin. Des hommes placés sur le lieu où ces faits sont arrivés , à portée de les
rents à personne. On n'auroit pas pu les vérifier, ont-ils pu se résoudre à mentir
inventer impunément; il falloit même du courage pour les publier, quoique certains et incontestables , puisque les Juifs et ensuite les païens ont persécuté, dès l'origine, les disciples de Jésus- Christ. Ces historiens , loin de donner aucun signe de fourberie, de malignité, d'ambition , de ressentiment, d'enthousiasme ou de démence , montrent au contraire la candeur , la simplicité , ia droiture, le respect pour Dieu, la charité pour leurs semblables. Quel motif de récusation peut-on fournir contre eux?
2° La nature des faits. Ce sont des événements sensibles, publics. éclatants.
continuellement à eux-mêmes sans aucun motif?
5° Plusieurs faits de l'histoire évangélique sont rapportés par des auteurs juifs ou païens, ennemis du christianisme ; le dénombrement de la Judée, par Josèphe et par Julien ; le massacre des innocents , par Macrobe ; l'adoration des mages, par Chalcidius, philosophe platonicien ; la fuite de Jésus en Egypte, par Celse ; la prédication , les vertus , la mort de saint Jean -Baptiste, par Josèphe ; les miracles de Jésus-Christ , par les Juifs, par Celse, par Julien, par Porphyre , par Iliéroclès; sa mort et la
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propagation rapide du christianisme, par Tacite ; sa résurrection , par Josèphc et par les Juifs ; le courage des martyrs, par Celse, par Julien, par Libanius, l'innocence des mœurs des chrétiens , par Pline , par Lucien , par Julien , etc. Tous ces faits se tiennent et sont l'abrégé de l'histoire évangélique.
6° Les plus anciens hérétiques , Simon le Magicien, Cérinthe, Ebion, Ménandre , Saturnin , Basilide , les valcntiniens , cinq ou six sectes de gnosliques, Cerdon , Marcion, etc., intéressés par système à nier les faits rapportés par les évangélistes , n'ont cependant pas osé les contester directement ; ils ont avoué que tout cela s'éloit passé en apparence , mais non en réalité ; parce que, selon leur opinion, le Fils de Dieu n'a pu avoir que les apparences de l'humanité, n'a pu naître, souffrir, mourir, ressusciter, monter au ciel, qu'en apparence. Us ne nient point que les apô-
Quelques déistes ont objecté qu'il faut être bien crédule pour ajouter foi à l'histoire d'une religion, d'une secte ou d'un parti , lorsqu'on ne peut pas la confronter avec d'autres histoires ; si le temps, disent-ils, nous avoit conservé les preuves pour et contre le christianisme , nous serions sans doute fort embarrassés pour savoir auquel de ces monuments contradictoires il faut s'en rapporter.
Mais ces critiques soupçonneux affectent ici une ignorance qui ne leur fait pas honneur; il est faux que les faits évangéliques ne soient attesté ou avoués que par des témoins d'un seul parti.
Nous venons de faire voir que les faits principaux et décisifs, qui prouvent invinciblement la divinité de notre religion, sont avoués par des Juifs et par des païens ; leurs aveux sont consignés , ou dans ceux de leurs ouvrages qui subsistent encore, ou dans les écrits des 1res et les disciples de Jésus-Christ n'aient ; Pères qui les ont réfutés. Celse, en écrivu tous ces faits, et n'en déposent sur ! vant contre le christianisme , avoit sous
Je témoignage de leurs yeux.
7W .1 y a eu des apostats dès le commencement du christianisme; les apôtres s'en plaignent, Pline en est témoin ; aucun de ces transfuges n'a révélé aux Juifs ni aux païens l'imposture de l'histoire évangélique. Ils avoient quitté notre religion par foiblesse , ils lui rendoient encore justice après leur désertion.
Si l'histoire de Jésus-Christ est vraie, -la révolution qu'elle a causée dans le monde n'a rien d'étonnant, c'est l'effet
les yeux nos Evangiles , il en suit la narration ; et la manière dont il en attaque les faits , démontre qu'il n'y avoit aucun monument à leur opposer. Ces mêmes faits sont rapportés ou supposés dans les Evangiles des hérétiques, qui étoient engagés par intérêt de système à les contester et à les nier. Nous avons donc, pour en établir la certitude, toutes les espèces de monuments que l'on peut exiger. Au troisième siècle, les manichéens ont osé soutenir que les Evangiles avoient été écrits par des faus-
qui a dû s'ensuivre; si elle est fausse, j saircs ; s'il y avoit eu des monuments un esprit de vertige a saisi tout à coup une bonne partie du genre humain ; et cet accès de démence dure encore depuis dix-sept siècles, malgré les soins que se sont donnés pour le guérir les incrédules de tous les âges.
Il est bon d'observer qu'aucune de ces preuves n'est applicable aux faits sur lesquels se fondent les fausses religions : celle de Zoroastre, celle de Mahomet, celie des Indiens. Quant aux différentes sectes d'hérésies, elles s'appuient sur des raisonnements et non sur des faits.
positifs pour le prouver, sans doute ces hérétiques les auroient cités : cependant ils n'allèguent que des raisonnements et des impossibilités prétendues. Foy. les livres de saint Augustin contre Fauslc.
Les écrivains de l'Eglise romaine, dit un déiste anglois, se $ont attachés à montrer que le texte des livres saints ne suffit pas pour établir notre foi, et il est à craindre qu'ils n'y aient réussi; ceux de la religion réformée ont prouve de leur côté l'insuffisance et la caducité de la tradition; ils ont donc porlé de concert la cognée à la racine du chris-
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tianisme; il ne reste plus rien à quoi l'on puisse se fier. Donc , de deux choses l'une : ou cette religion dans son origine n'a pas été instituée de Dieu , ou Dieu a très-mal pourvu aux moyens de la conserver.
Sophisme grossier. 1° Peut -on raisonner ainsi ? l'Ecriture seule , ou la tradition seule, ne suffît pas pour rendre notre croyance certaine ; donc l'Ecriture et la tradition réunies , éclaircies et fortifiées l'une par l'autre, ne suffisent pas non plus. 2° Autre chose est de prouver un corps de doctrine, et autre chose de constater des faits ; jamais les catholiques n'ont été assez insensés pour soutenir que l'histoire écrite ne
rapporte Yhistoire évangélique. 2° Peuton comparer le degré de capacité et d'érudition des écrivains juifs ou mahotans, avec celle des Pères de l'Eglise? A peine les premiers ont-ils eu quelque teinture d'histoire et de philosophie ; les seconds étoient les hommes les plus savants de leur siècle, ils connoissoient très-bien les autres religions , ils étoient en état de les comparer au christianisme. 3° Les docteurs juifs et les musulmans n'ont jamais eu à lutter contre des adversaires aussi aguerris que les hérétiques contre lesquels les Pères de l'Eglise ont été obligés de combattre; lorsque les premiers ont été attaqués par des auteurs chrétiens, ils se sont fort suffit pas pour certifier des faits, et nous j mal tirés de la dispute. 4° Les rabbins ne connoissons aucun protestant qui ait j n'ont jamais fait beaucoup de proséprétendu que la tradition ne sert à rien j lytes; les mahométans n'en ont fait que pour en établir la croyance. Or , c'est j par la violence : c'est par l'instruction sur des faits que porte la divinité du | et par la persuasion que les docteurs christianisme , et ces faits sont prouvés j chrétiens ont étendu et perpétué notre tout à la fois par l'histoire écrite et par j religion. 5° Nous ne connoissons point la tradition, par les divers écrits des d'auteurs juifs ni musulmans qui aient apôtres, et par la prédication publique, j répandu leur sang pour attester la véuniforme, conslanle de ceux qui leur j rite de leur croyance, au lieu que dans ont succédé, p&a le culte extérieur de j les trois premiers siècles de l'Eglise, l'Eglise , qui rappelle continuellement j plusieurs Pères ont souffert la mort ces faits, et en perpétue le souvenir, j pour Y Evangile.
Pour prouver la vérité de Yhistoire évangélique, Lardner , savant anglois , a rassemblé dans un ouvrage le témoignage qu'ont rendu à Y Evangile les Pères de l'Eglise, et les écrivains ecclésiastiques depuis les apôtres jusqu'au quatorzième siècle, au nombre de 150, et même les hérétiques qui ont fait profession de ne respecter aucune autorité. Y a-t-il sous le ciel un autre livre de religion , en faveur duquel on puisse citer une semblable multitude degarants aussi éclairés et aussi instruits?
On objectera peut-être le nombre de
On répliquera sans doute que les lumières, les talents, le mérite personnel de ceux qui professent une religion ne prouvent rien en sa faveur , puisque de très-grands hommes ont suivi des religions absurdes. Ce principe en général est faux , et nous avons prouvé le contraire au mot Christianisme.
Evangile, doctrine de Jésus-Christ.
Quant on dit que les apôtres ont prêché Y Evangile, qu'ils l'ont établi aux dépens de leur vie , que les peuples ont embrassé Y Evangile , etc., on entend non-seulement les faits consignés dans
ceux qui ont écrit en faveur du judaïsme Y Evangile , mais la doctrine de Jésus-
ct du mahométisme; mais faisons attention aux différences qui les distinguent. \° Ces derniers étoient nés dans la religion qu'ils défendoient ; au contraire, les plus anciens sectateurs de YEvangile avoient été élevés dans le judaïsme ou dans le paganisme , et ils avoient été convertis par l'évidence des faits que
Christ, les dogmes et la morale qu'il a ordonné aux apôtres d'enseigner. Nous avons envisagé cette doctrine en ellemême, aux mots Dogmes, Mystère, Morale.
Mais il y a une réflexion essentielle à faire. Quelque sainte , quelque sublime qu'ait pu èlrc cette doctrine, jamcJs les
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apôtres ne seroicnt venus à bout de la persuader et de l'établir, si les faits rapportés dans V Evangile n'avoicnt pas été d'une certitude et d'une notoriété incontestable. Ce n'est point par des raisonnements que les apôtres ont prouvé la doctrine qu'ils prêchoient, mais par des faits ; saint Paul le déclare, /. Cor., c. 2 : ces faits mêmes faisoicnt partie de la doctrine, ils sont articulés dans le symbole. Pour être chrétien , il falloit commencer par en être convaincu. Ce n'est donc pas la doctrine qui a fait croire les faits ; ce sont au contraire les faits qui ont prouvé et persuadé la doctrine : voilà ce que les incrédules ne veulent pas entendre.
On peut goûter et adopter des opinions et des systèmes par prévention , par singularité de caractère , par affection pour celui qui les propose, par antipathie contre ceux qui les combattent, par intérêt, par vanité, etc. Un esprit préoccupé d'une doctrine quelconque admet aisément tous les faits qui la favorisent ; nous le voyons même chez les incrédules. Mais quel motif a pu disposer des Juifs et des païens à croire d'abord des faits contraires à loules leurs idées , qui les forçoientde changer de croyance et de mœurs, qui les exposoient aux persécutions et à la mort? Voilà le caractère singulier du christianisme, auquel les incrédules n'ont jamais voulu faire attention.
Au mot Doctrine chrétienne , nous avons fait voir la manière dont il faut s'y prendre pour en connoitre la vérité cl la divinité, et en quoi consiste l'examen que l'on doit en faire.
Evakgile de la messe. Ce sont plusieurs versets tirés du livre des Evangiles, et relatifs à l'office du jour, que le prêtre lit , et que le diacre chante dans les messes hautes , souvent sur l'ambon ou le jubé , afin que le peuple l'entende.
Dans les messes solennelles , le diacre porte le livre des Evangiles en cérémonie, accompagné de l'encens et de cierges allumés, le chœur se lève par respect; le diacre encense le livre avant de lire Y évangile du jour, etc. El ces cérémonies sont à peu près les mêmes
dans les différentes Eglises orientales.
L'usage de l'Eglise catholique est que l'on se tienne debout pendant ce tempslà , que l'on fasse le signe de la croix sur le front, sur la bouche, sur le cœur, lorsque V évangile commence, que l'on récite ou que l'on chante ensuite le Credo ou la profession de foi. On prétend qu'autrefois l'empereur ôtoit son diadème par respect lorsqu'on lisoit IVvangile , et l'ordre romain vouloit qu3 les clercs ôtassent les couronnes qu'il» portoient pendant le saint sacrifice.
Après Yévangile, le célébrant baise le livre par respect. Dans plusieurs églises , aux jours solennels , le diacre porte ce livre à baiser à tout le clergé , en disant : Ce sont, les paroles saintes, et chacun répond : Je le crois de cœur et le confesse de bouche.
Par ces différentes cérémonies , dont le sens est aisé à saisir , l'Eglise fait profession de croire que Y Evangile est la parole de Dieu et la règle de sa foi. En vain les protestants loi reprochent de ne pas respecter ce saint livre, et de lui préférer l'autorité des nommes.
Jamais un catholique n'a cru qu'il fût permis à personne de s'écarter de la doctrine que ce livre enseigne, ni de l'entendre comme il lui plait. En soutenant que le sens du texte doit être déterminé par la tradition constante et universelle, l'Eglise témoigne un respect plus sincère pour la parole de Dieu, que les protestants qui la livrent à l'interprétation arbitraire des particuliers les plus ignorants.
Au mot EriTRE , nous avons remarqué que dans les sectes de chrétiens séparés de l'Eglise romaine depuis plus de douze cents ans, l'on ne lit point IVvavgile en langue vulgaire, comme le veulent les protestants, mais en grec, en syriaque ou en cophtc, tout comme nous le lisons en latin. Ainsi c'est mal à propos que les hétérodoxes nous reprochent cet usage comme un abus, l/instruclion des pasteurs, qui se fait dans les paroisses après Yévangile , est destinée à expliquer au peuple ce <pfil ne comprendroil pas s'il lisoit lui-même ['évangile*
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EVE. Voyez Adam.
ÉVÊCIIÉ, siège d'un évêque, étendue de sa juridiction. Il paroît que l'intention des apôtres n'étoit pas que les évéchés fussent trop étendus. Saint Paul écrit à Tite : Je vous ai laissé en Crète, afin I que vous établissiez des prêtres dans j ics villes, chap. 1, f. 5. On sait que, j dans l'origine, le nom de prêtre a souvent désigné les évêques. En effet, dès les premiers siècles , on voit des évêques placés dans toutes les villes qui j renfcrmoient , soit dans leur enceinte, 1 soit dans leur dépendance , un assez ! grand nombre de peuple pour former \ une Eglise et occuper un clergé. Il fut j décidé, par plusieurs conciles, que l'on n'en mettroit point dans les petites villes ni dans les villages, afin de ne pas avilir leur dignité, et qu'il n'y en auroit pas deux dans une môme ville, quelque peuplée qu'elle fût. Cependant l'on fut quelquefois obligé de se départir de cette sage discipline, pour des raisons particulières.
Si l'on veut savoir le nom de tous les
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» dans les villes, comme je vous l'ai » prescrit. » Tit., c. 1 , $. 5.
Dès l'origine , ils ont été appelés apôtres , successeurs des apôtres, princes du peuple , présidents , princes des prêtres, pontifes, grands prêtres, papes ou pères, patriarches, vicaires de Jésus- Christ , anges de l'Eglise , etc.
De ces passages il résulte que , par l'institution de Jésus-Christ , les évêques sont les successeurs des apôtres, les premiers pasteurs de l'Eglise; qu'ils ont hérité des pouvoirs, des fonctions, des privilèges du corps apostolique ; qu'ils possèdent la plénitude du sacerdoce ; que , de droit divin , ils ont un degré de prééminence et d'autorité sur les simples prêtres. Ainsi l'a décidé le concile de Trente , sess. 25, can. 6 et 7.
Ce point de dogme et de discipline a été savamment traité , soit par les théologiens catholiques, soit par les anglicans, contre les prétentions des calvinistes, surtout par Bévéridge, par Péarson et par Bingham. Ils ont prouvé, par les lettres de saint Ignace , par les ca-
évêchés du monde chrétien , il faut con- j nons apostoliques, rédigés sur la fin
sulter Fabricius, Salutaris lux Evangelii,ctc. Voyez Bingham, Iiv. 2, c. 12, tome 1<r, p. 4 72.
ÉVÈQUE, pasteur d'une Eglise chrétienne. (Ne XLVI, p. 641.) Ce nom vient du grec k-it^xëisoç , surveillant inspecteur. Saint Pierre a donné ce titre à Jésus-Christ; il le nomme le pasteur et V évèque de nos âmes, /. Pétri, c. 2, f, 25. La fonction d'apôtre est désignée sous le nom (Yépiscopat, dans les Actes,
du second siècle, par les Pères de ce même siècle et des suivants , que dès le temps des apôtres , les évêques ont été distingués des simples prêtres, revêtus d'une autorité supérieure et d'oi caractère particulier; que cette institution de Jésus-Christ a été constamment observée , et n'a souffert aucune interruption. Voyez les Observations de Bévéridge, sur les canons apostoliques. Vindiciœ Ignat., de Péarson. PP. Apost., lom.2 ;
c. 1, f. 20. C'est dans ce sens que saint j Bingham , Orig. ccclés., Iiv. 2, c. 1 , etc.
Paul dit à Timothée , que celui qui aspire à l'épiscopal désire un grand travail : conséquemment il exige de lui les plus grandes vertus, /. Tint., c. 5, f. 1. Il dit aux anciens des Eglises d'Ephèse et de Milet : a Veillez sur vous-mêmes , » et sur tout le troupeau duquel le > Saint-Esprit vous a établis évêques, » ou surveillants, pour gouverner l'Eglise de Dieu, qu'il s'est acquise par
Ce dernier a fait voir que , dès l'origine, les prêtres éloient subordonnés aux évêques dans l'administration des sacrements et dans la prédication de l'Evangile ; que le pouvoir de conférer les ordres étoit réservé aux évêques seuls , que les prêtres étoient assujettis à leur rendre compte de leur conduite et des fonctions de leur ministère. Voyez aussi Drouin , de Re sacram. , tome 8, p. 692.
* son sang. » Act., c. 20, f. 28. II écrit ] (Ne XLVII , p. 642. )
Cette supériorité des évêques étoit d'ailleurs sufiisamment attestée par la
à Tite : « Je vous ai laissé en Crète pour » réformer ce qui est encore défectueux, » et établir des prêtres ou des anciens
forme de la liturgie ; c'éloit toujours IV*
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véque qui , environné de son clergé , présidoit à la cérémonie , et qui en étoit le ministre principal ; il étoit assis sur lin trône, pendant que les prêtres occupoient des sièges plus bas , et ce plan du culte divin est tracé dans l'Apocalypse , ch. 4 et suiv. Voyez Liturgie. Dans les premiers siècles , l'eucharistie n'étoit jamais consacrée par un prêtre , lorsque Y évêque étoit présent.
Le Clerc, dans son Hist. ecclés., an. 68, n. 6 , 7 , 8 , avoue que , dès le commencement du second siècle, il y a eu un
EVL évêques sont revêtus , consiste , comme celle des apôtres , à rendre témoignage de ce qui a toujours été cru et enseigné dans la société des fidèles confiée à leurs soins ; qu'ils ne sont point les arbitres, mais les gardiens du dépôt de la foi ; que c'est à eux de juger si telle ou telle doctrine est conforme ou contraire à l'enseignement par lequel ils ont été euxmêmes instruits, et qu'ils sont chargés de perpétuer. Lorsqu'ils rendent ce témoignage uniforme, soit dans un concile où ils se trouvent rassemblés, suit
évêque préposé à chaque Eglise ; mais t chacun dans leur diocèse, il est impos-
nous ne savons pas , dit-il , en quoi consistoit son autorité. Il n'en est rien dit dans les écrits du nouveau Testament; Jésus-Christ n'y a prescrit aucune forme de gouvernement, à laquelle on fût obligé de se conformer sous peine de damnation. Ce critique a sans doute
sible, même humainementparlant, qu'ils se trompent, puisqu'ils déposent d'un fait public, sensible, éclatant, sur lequel il y a autant de témoins qu'il y a de fidèles dans le monde chrétien.
Mais lorsque nous faisons attention que leur mission et leur caractère vien-
fermé les yeux sur ce que saint Paul ; nent de Jésus-Christ, que ce divin Maître prescrit à ïite et à Timothée , et sur le ' leur a promis son assistance , pour leur degré d'autorité qu'il leur attribue ; cet \ aider à remplir cette fonction d'enseiapôtre a-t-il mal suivi les intentions de j gner , nous sentons qu'il se joint à l'in- Jésus-Christ? Lorsque Le Clerc ajoute j faillibilité humaine de leur témoignage que dans la suite on fut obligé, à cause I une infaillibilité divine, et que Jésnsdu nombre des Eglises et de la multi- ; Christ remplit la promesse qu'il leur a tude des fidèles, d'établir , pour Je bon i faite.
ordre , une discipline qu'il ne faut pas mépriser, il fait évidemment le procès aux prétendus réformateurs. Non-seulement ils ont méprisé cette ancienne discipline , mais ils l'ont renversée partout où ils ont été les maîtres.
Des divers passages que nous citons
Outre ce témoignage, c'est aux évêques qu'il appartient de censurer les erreurs contraires à la doctrine chrétienne : censure par laquelle ils exercent leur fonction déjuges , de pasteurs et de docteurs des fidèles.
5° Nous soutenons que la doctrine y
dans cet article , nous concluons , 1° que i ainsi attestée et fixée par les pasteurs de les paroles adressées par Jésus-Christ à I l'Eglise , est véritablement catholique ses apôtres: « Enseignez toutes les na- j ou universelle , la même dans toute
» tions Je suis avec vous jusqu'à la |
» consommation des siècles , » regar-
dent de même les évêques successeurs des apôtres. Si la mission divine de ceuxci n'avoit pas dû passer à leurs succes-
PEglise de Dieu; qu'elle est une, par conséquent immuable; qu'elle est certainement apostolique , ou telle que les apôtres l'ont enseignée , puisque aucun évêque ne peut se croire autorisé à en
seurs, il auroit été impossible que la { enseigner une nouvelle. Nous ajoutons
doctrine de Jésus-Christ se perpétuât dans tous les siècles ; elle auroit été continuellement en danger de périr par la témérité des hérétiques , qui ont fait les plus grands efforts pour y substituer la leur , et souvent ont réussi à pervertir un grand nombre de fidèles.
2° Que la fonction d'enseigner dont les
que le simple fidèle, dirigé par cet enseignement , a une certitude invincible de la vérité et de la divinité de sa croyance. Il est impossible qu'une doctrine ainsi gardée et confrontée par des milliers de surveillants , tous également oblieés , par serment et par état, de la conserver pure , soit changée ou altérée.
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<4° Nous concluons enfin que cette méthode de l'Eglise catholique, et qui n'est suivie que par elle seule, de prendre pour règle de sa foi le témoignage constant et uniforme des pasteurs de l'Eglise , soit rassemblés , soit dispersés , est la seule méthode qui puisse donner au simple fidèle une certitude infaillible de la divinité de sa croyance.
Il est étonnant que les théologiens anglois , qui ont soutenu avec tant de force et de succès l'institution divine des évêques, la prééminence de leur carac-
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par les fidèles. Ephes., c. 4, f. 11. Il dit à Timothée : Enseignez , commandez , reprenez, conjurez, réprimandez, ne recevez point d'accusation que sur la déposition de deux ou trois témoins, etc. Voilà une autorité très-marquée. Il dit à Tite : « Je vous ai laissé en Crète , afin » que vous réformiez ce qui est défec- » tueux , et que vous établissiez des » prêtres dans les villes, » c. 1 , f. 5. « Enseignez , exhortez et reprenez avec » toute autorité , et que personne ne » vous méprise. » De quel front les pro-
tère, la sainteté de leur mission et de testants osent-ils traiter d'usurpation et
leurs fonctions, n'en aient pas tiré les conséquences qui s'ensuivent naturellement en faveur de la certitude de l'enseignement catholique : conséquences qui nous paroissent former une démonstration complète.
Une autre erreur des protestants est de soutenir que , dans l'origine , les évêques n'avoient aucune autorité sur leur troupeau , qu'ils ne pou voient rien décider, rien ordonner dans le gouvernement de l'Eglise , sans prendre l'avis des anciens et le suffrage du peuple ; qu'eux-mêmes se regardoient comme de simples députés , représentants ou mandataires des fidèles.
Ce n'est certainement pas ainsi qu'ils sont désignés dans les passages de l'Ecriture sainte que nous avons cités , et ce n'est point là l'idée que saint Ignace, disciple des apôtres ,* avoit du caractère épiscopal. Jésus-Christ avoit dit à ses apôtres, Malth., c. 19, f. 28 : « Au » temps de la régénération ou du renou- » vellement de toutes choses , lorsque » le Fils de l'homme sera placé sur le » trône de sa majesté , vous serez assis » vous-mêmes sur douze sièges , pour » juger les douze tribus d'Israël. » Or, si cette autorité de juges étoit nécessaire aux apôtres pour gouverner l'Eglise, elle ne l'éloit pas moins aux pasteurs qui dévoient leur succéder; les apôtres l'avoient reçue, non des fidèles, mais de Jésus-Christ : donc leurs successeurs la tiennent de la même main. Aussi saint Paul dit que c'est Dieu qui a établi dans l'Eglise les apôtres , les pasteurs et les docteurs : ils n'ont donc pas été établis
de tyrannie l'autorité que les évêques se sont attribuée sur leur troupeau ?
Les anglicans soutiennent , aussi bien que nous , qu'il y a eu des évêques établis par les apôtres ; les presbytériens ou calvinistes prétendent que l'épiscopat n'a commencé que dans le siècle suivant. Mosheim reproche aux luthériens d'adopter trop aveuglément les opinions et les préjugés de ces derniers; il prouve, par les Epîtres de saint Paul et par l'Apocalypse , qu'il y a certainement eu des évêques du temps même des apôtres , mais que dans l'origine, ils n'avoient ni les droits ni les pouvoirs qu'ils se sont arrogés dans la suite ; enfin il est forcé de convenir que , quand même les apôtres ne les auroient pas établis , on auroit été obligé d'en venir là lorsque les Eglises sont devenues nombreuses , et ont formé une société très -étendue.
Inst. hist. christ., 2e part., c. 2, g 13 et 14. Que s'ensuit-il de là ? Que nos divers adversaires ne voient jamais dans l'Ecriture sainte que ce qui favorise les intérêts de leur secte.
C'est principalement à saint Cyprien que Mosheim attribue l'augmentation du pouvoir des évêques , Hist. christ., saec. 3 , § 2-4. A l'article de ce saint évêque , nous réfutons cette accusation.
Quelle influence pouvoit avoir, dans l'Eglise orientale , l'exemple d'un évêque de Carthage qui y étoit à peine connu?
La bizarrerie de ces censeurs se montre ici comme partout ailleurs : pour prouver que le souverain pontife n'a aucune juridiction sur les autres évêques , ils urélendent que , dans les premiers
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sïècles , aucun évêque n'étoit soumis à la juridiction d'aucun de ses collègues ; que chacun d'eux avoit l'autorité d'établir , pour son Eglise, telle forme de culte et telle discipline qu'il jugeoit à propos. Ainsi, pour priver le pape de toute autorité , ils attribuent aux évêques une entière indépendance : hors de là , ils les remettent sous la tutelle du peuple. Est-ce ainsi que se sont conduits les patriarches de la réforme ? Luther à Wirtemberg , et Calvin à Genève, s'attribuèrent, non-seulement plus d'autorité que n'en eut jamais aucun évêque , mais plus que les papes n'en ont jamais exercé. Sans doute ils étoient poussés par l'Esprit de Dieu, au lieu que les successeurs des apôtres n'ont agi que par ambition. C'est ce que Basnage, Mosheim et d'autres voudroienl nous persuader.
Parmi les théologiens catholiques , on convient généralement qu'en vertu du caractère épiscopal , tous \cs évoques ont une égale puissance d'ordre. C'est dans ce sens que saint Cyprien a dit, Z. de Unitate Eccles., qu'il n'y a qu'un épiscopat, et qu'il est solidairement possédé par chacun des évêques en particulier.
Mais les scolasliques disputent sur la question de savoir si l'ordination épiscopale est un sacrement distingué du simple sacerdoce , ou si c'est une cérémonie destinée seulement à étendre les pouvoirs du sacerdoce. Le premier de ces sentiments est le plus probable et le plus suivi. En effet, saint Paul enseigne que l'imposition des mains donne la grâce , et tout le monde convient que ce Jt, dans l'ordination d'un évêque , lui donne des pouvoirs qu'il n'avoit pas en qualité de simple prêtre. Or , une cérémonie qui ne scroit pas un sacrement , ne pourroit avoir celte vertu.
Une autre question, sur laquelle on dispute encore , est de savoir quelle est précisément la matière et la forme de l'ordination épiscopale. Comme dans le sacre des évêques il se fait plusieurs cérémonies, savoir, l'imposition des mains, une onction sur la tête et sur les mains , l'imposition du livre des Evangiles sur le cou et sur les épaules de l'élu , l'action de lui donner ce livre, la
crosse et l'anneau ; l'on demande si toutes ces cérémonies sont la matière essentielle de cette ordination. Le sentiment commun est que l'imposition des mains est le seul rit essentiel , parce que l'Ecriture en parle comme du signe sensible qui confère la grâce ; et c'est ainsi que l'ont toujours envisagée les Pères , les conciles, les théologiens des Eglises grecque et latine. Conséqucmment , la forme de ce sacrement consiste dans ces paroles : Recevez le Saint-Esprit , qui accompagnent l'imposition des mains.
Il est prouvé, d'une manière incontestable, que les sociétés de chrétiens orientaux , séparés de l'Eglise romaine depuis plus de douze cents ans , ont conservé le rit essentiel de l'ordination des évêques y et leur succession depuis l'époque de leur schisme. Aucune de ces sectes hétérodoxes n'a jamais cru que l'on pût former une Eglise sans évêque , ou qu'un homme pût exercer les fonctions de pasteur , sans avoir reçu l'ordination , ou qu'il pût être ordonné évêque par de simples prêtres , encore moins par des laïques. Sur tous ces points , les protestants se sont écartés de la croyance et de la pratique de toutes les Eglises chrétiennes. Perpét. de la Foi, tom. 5, 1. 5,c. 10,pag.387.
Suivant les anciens canons, il falloit au moins trois évêques pour en ordonner un ; plusieurs conciles l'avoient ainsi réglé; cependant l'on voit, dans l'Histoire ecclésiastique, plusieurs exemples tf évêques qui n'avoient été ordonnés que par un seul , et dont l'ordination ne fut pas regardée comme nulle , mais seulement comme illégitime. Bingham, Orig.
ecclés.,1 2,c. 44,§4et5,
On demande , en troisième lieu , si un laïque , ou un clerc qui n'est pas prêtre, peut être ordonné évêque, et si cette ordination seroit valide. Tous les théologiens conviennent qu'elle seroit illégitime , et contraire aux canons , qui ont ordonné qu'un clerc ne pût monter à l'épiscopat que par degrés, et en recevant les ordres inférieurs ; ainsi l'a réglé le concile de Sardique, l'an 547, can. 10.
D'ailleurs il appartient aux seuls évêques d'ordonner des prêtres , de leur
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conférer le pouvoir de consacrer l'eucharistie, et de remettre les péchés; comment communiqueroient-ils ce double pouvoir, s'ils ne l'avoient pas reçu formellement eux-mêmes? Or , l'ordination épiscopale ne fait aucune mention de ce double pouvoir. A la vérité, Bingham, ibid., liv. 2, c. 10, § 5 et suiv., rapporte plusieurs exemples iïévêques , et même de saints personnages , qui paroissent n'avoir été que diacres ou simples laïques , lorsqu'ils furent élevés à Pépiscopat ; mais si l'on ne peut pas prouver que tous reçurent l'ordination sacerdotale avant d'être sacrés évêques , on ne peut pas prouver non plus qu'ils ne l'ont pas reçue. Ce n'est donc ici qu'une preuve négative qui ne peut prévaloir à des titres et à des monuments positifs. Or, il y en a du contraire.
Le concile de Sardique , dans sa lettre synodale , déclara nulle l'ordination épiscopale d'un certain Ischyras , parce qu'il n'étoitpas prêtre. Thtfodoret, Ilist. ecclés., liv. 2 , c. 8. Saint Athanase , ApoL 2 , parle d'une décision semblable , faite dans un concile de Jérusalem. Le concile de Chalcédoine regarda
et le pape saint Léon approuva la lettre que les évêques d'Egypte adressèrent à ce sujet à l'empereur Léon. Aussi , en 1617, la faculté de théologie de Paris condamna l'opinion contraire , enseignée par Marc-Antoine de Dominis.
Souvent l'on n'a pas pris le vrai sens de ce qui s'est appelé ordinatio per sal-
mière est un préliminaire absolument nécessaire à la seconde.
Si l'on ne peut pas taxer d'erreur le sentiment contraire , parce que l'Eglise n'a point décidé formellement la question, il doit du moins être regardé comme téméraire. Mais Bingham et les autres anglicans ont eu intérêt à le soutenir, parce que, depuis leur schisme avec l'Eglise romaine , il paroît que l'on n'a fait aucun scrupule, parmi eux , d'élever à l'épiscopat de simples laïques.
Les ennemis du clergé ont souvent déclamé contre l'autorité civile dont les évêques ont été revêtus; s'ils s'étoient donné la peine de remonter à l'origine, ils auroient été forcés de reconnoître qu'elle n'avoit rien d'odieux ni d'illégitime. Déjà , sous le règne des empereurs romains dans les Gaules , les évêques avoient beaucoup d'autorité dans les affaires civiles, non comme pasteurs , mais comme principaux citoyens , et ils furent censés tels, dès qu'ils possédèrent de grands domaines. Par la même raison , ils furent investis du titre de défenseurs des cités , chargés de soutenir les intérêts du peuple auprès des
comme nulle l'ordination de Timolhée magistrats, des grands et du souverain. Elure , faux patriarche d'Alexandrie , Lorsque les élections avoient lieu , le
peuple préféroit pour l'épiscopat ceux qui, par leur naissance, leurs talents, leur crédit, étoient le plus en état de défendre ses droits et d'appuyer ses demandes. Lorsque les souverains disposèrent des évêchés, ils donnèrent aussi la préférence aux grands et aux nobles pour remplir ces places importantes, il
tum : ce n'est point l'omission d'un ] étoit donc impossible que, malgré toutes ordre inférieur, mais le passage rapide i les révolutions, les évêques ne fussent
et sans interstice d'un ordre à un autre. Ainsi , le pape Nicolas Ier a dit de Photius , qu'il lut fait évêque per saltum , parce qu'il reçut , en six jours successivement, les ordres inférieurs à l'épi- ! scopat. Quoique les historiens disent de plusieurs cardinaux diacres , qu'ils ont été élevés à la dignité de souverain pontife , sans faire mention de leur ordination sacerdotale, il ne s'ensuit pas de là qu'ils ne l'aient pas reçue. Quand on compare l'ordination des prêtres avec celle des évêques , on voit que la pre-
pas toujours des personnages importants dans l'ordre civil.
A l'époque de l'irruption des Barbares dans les Gaules, les peuples furent obligés d'obéir à de nouveaux maîtres; il fallut choisir entre la domination d'un prince idolâtre , et celle des Goths ou des Bourguignons , qui étoient ariens : les évêques, qui espérèrent plus de douceur sous la première que sous les autres , favorisèrent les conquêtes de Clovis. Celui-ci étoit trop bon politique pour ne pas conserver aux évêques une
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autorité qui tournoit à son avantage , et qui lui éloit nécessaire pour affermir sa domination. Ce motif, joint au respect qu'inspire toujours la vertu, maintint le crédit des évêques ; leur influence dans les affaires augmenta plutôt que de diminuer sous la première race de nos rois.
Sous la seconde , lorsque le gouvernement féodal prit naissance , les évoques , comme les autres grands vassaux de la couronne, possédèrent leurs domaines à titre de fief, et jouirent de tous les droits de la féodalité : or , l'un de ces droits étoit de rendre la justice aux vassaux qui en dépendoient. Charlemagne ne trouva rien de vicieux dans cet ordre de choses , puisqu'il n'y changea rien. Il vivoit encore Tan 813, lorsque le sixième concile d'Arles fut tenu ; on y lit, can. 17 : « Que les évêques » se souviennent qu'ils sont chargés du » soin des peuples et des pauvres , pour » les protéger et les défendre. Si donc » ils voient les magistrats et les grands » opprimer les misérables, qu'ils les y> avertissent charitablement ; et si ces » avis sont méprisés , qu ils en portent » des plaintes au roi, afin qu'il réprime, » par l'autorité souveraine, ceux qui » n'ont point eu d'égards aux remon- » trances de leur pasteur. » Dans la môme année , un concile de Tours et un de Chàlons-sur-Saône ont tenu le même langage.
A la décadence de la maison carlovingienne , les grands du royaume se rendirent indépendants : les évêques firent de même ; si ce fut un crime , il leur fut commun avec tous les nobles. Mais lorsque nos rois ont commencé à recouvrer leur autorité, les évêques y ont contribué beaucoup, en armant les communes, et en les faisant combattre sous les drapeaux du roi. De là le nouveau degré de considération qu'ils se sont acquis , et qu'ils ont conservé jusqu'à nos jours. Dans quelque époque qu'on l'envisage , nous ne voyons pas en quoi il a pu être désavantageux aux peuples.
On sait quels sont les moyens dont s'est servi la Providence divine , pour former, au quatrième siècle, la multi-
tude de grands évêques dont les talents, les vertus , les travaux , les ouvrages , ont fait tant d'honneur à l'Eglise. Le christianisme venoit d'essuyer la persécution des empereurs, les assauts des hérétiques, les attaques des philosophes. De même , l'Eglise gallicane n'a jamais jeté un plus grand éclat , par le mérite de ses pasteurs , que dans le siècle passé , immédiatement après les ravages du calvinisme. Le danger réveille les sentinelles d'Israël; c'est dans les combats que se forment les héros. 11 est donc à présumer que la guerre, déclarée à la religion par les incrédules modernes, produira le même effet que dans les siècles précédents , fera sentir aux premiers pasteurs ce qu'ils peuvent et ce qu'ils doivent.
ÉVIDENCE. Ce terme est propre à la métaphysique ; mais l'abus continuel qu'en font les incrédules, oblige un théologien à fixer clairement l'idée que l'on doit y alftacher.
Dans le sens rigoureux et philosophique, Yévidence est la liaison de deux ou de plusieurs idées clairement aperçues ; il est évident, par exemple, que le tout est plus grand que la partie : dès que nous concevons les idées de tout , de partie et de grandeur, il nous est impossible de ne pas acquiescer à la proposition énoncée. Cette évidence, que l'on nomme intrinsèque , n'a lieu que dans les axiomes des mathématiques, et dans un petit nombre de principes métaphysiques; ces principes ou axiomes sont d'une vérité éternelle et nécessaire, le contraire renferme contradiction; mais s'ils sont fort utiles dans les sciences, ils ne sont pas d'un grand usage dans la vie. (Ne XLVlII,p. C46.)
Dans un sens moins rigoureux et plus ordinaire , Yévidence se prend pour toute espèce de certitude absolue, qui ne laisse aucun lieu à un doute raisonnable. Ainsi , nous disons qu'il nouï est évident que nous sommes actifs et libres ; parce que nous le sentons, et qu'il nous est impossible de résister à l'attestation du sentiment intérieur. Nous disons qu'il y a évidemment des corps, parce que nous ne pouvons , sans absur-
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-dite, contredire le témoignage de nos sens qui en déposent. Nous n'hésitons pas d'affirmer que l'existence de Rome est un fait évident , parce que nous n'avons aucun motif raisonnable de révoquer en doute un fait aussi universellement attesté. Dans tous ces cas, la certitude est entière, mais Vévidence est seulement extrinsèque ; ces trois propositions, V homme est libre, les corps existent, il y a une ville de Rome , ne sont point composées de termes ou d'idées dont la liaison soit nécessaire et évidente par elle-même: cette liaison n'est que contingente. Dans le premier cas, elle nous est connue par le sentiment intérieur ou par la conscience; dans le second , par la déposition de nos sens; dans le troisième, par le témoignage des hommes.
Nous nous servons même du terme <¥ évidence y pour exprimer les vérités diclées par le sens commun ; ainsi , lorsqu'un incrédule pose pour principe qu'un philosophe ne doit croire que ce qui lui est évidemment démontré, nous lui répondons que le contraire est évident , puisque le sens commun détermine tous les hommes à croire sans hésiter tout ce qui leur est attesté par le sentiment intérieur, par la déposition de leurs sens , ou par des témoignages irrécusables. On appelle évidence, ou certitude métaphysique , celle qui vient du sentiment intérieur , tout comme celle qui se tire de la liaison de nos idées; évidence physique, celle qui résulte de l'expérience ou de la déposition constante de nos sens; évidence morale, celle qui porte sur le témoignage de nos semblables.
Les dogmes de foi ou mystères ne peuvent avoir une évidence intrinsèque, puisqu'ils passent notre intelligence ; nous les croyons cependant, parce que Dieu les a révélés , et parce que le fait de cette révélation est poussé à un degré de certitude morale, qui doit prévaloir à toutes les difficultés que la raison humaine peut y opposer ; celles-ci ne viennent que de notre ignorance , et des comparaisons fausses que nous faisons entre ces mystères et les idées que nous avons des choses naturelles.
Un incrédule affirme que le mystère de la sainte Trinité est évidemment faux, parce qu'il compare la nature et les Personnes divines avec la nature et la personne humaine , les seules dont il ait connoissance ; il en conclut que trois Personnes divines sont nécessairement trois natures, comme trois hommes sont trois natures humaines. Mais cette comparaison est-elle juste? Par la même raison, un aveugle-né doit juger que les phénomènes des couleurs et de la lumière, un miroir, une perspective, un tableau , sont des choses impossibles, parce qu'il n'en peut juger que par les idées qui lui viennent par le tact: comparaison qui doit nécessairement le jeter dans l'erreur.
Si les dogmes de foi étoient d'une évidence intrinsèque, il n'y auroit plus aucun mérite à les croire. Voy. Mystères.
ÉVOCATION , formule de prière ou de conjuration , par laquelle les païens invitaient les dieux protecteurs d'une nation ou d'une ville ennemie b l'abandonner, à venir habiter parmi eux , en promettant de leur ériger des temples et des autels. Celte cérémonie païenne appartient plutôt à l'histoire ancienne qu'à la théologie ; aussi n'en parlonsnous que pour faire une ou deux remarques.
i° Elle démontre que la religion païenne n'étoit qu'un commerce mercenaire entre les dieux prétendus et les hommes , qui dégradoit absolument la Divinité. De même que les païens n'honoroient leurs dieux que par intérêt, pour en obtenir des bienfaits temporels , et non des vertus, ils supposoient aussi que ces dieux faisoient du bien aux hommes , non par estime de leurs vertus morales , mais pour payer l'encens et les hommages qu'on leur offroit; comme si le culte qui leur étoit rendu avoit pu contribuer à leur bonheur. La vraie religion donne aux hommes de meilleures leçons : elle leur apprend que Dieu souverainement heureux et puissant , n'a besoin ni de nos adorations , ni de nos sacrifices; que s'il exige notre culte, ce n'est pas par besoin, mais afin de nous rendre meilleurs, et d'avoir lieu
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de récompenser nos vertus par un bonheur éternel. Elle nous enseigne que l'encens , les prières, les victimes , tous les actes extérieurs de religion , ne peuvent plaire à Dieu , qu'autant qu'ils partent d'un cœur pur , exempt de tout désir criminel ; que la prière qui est la plus agréable à ses yeux est de lui demander qu'il nous rende vertueux et saints par sa grâce. Telles sont les vérités que les anciens justes ont comprises , que les prophètes ont souvent répétées aux Juifs, que Jésus-Christ et les apôtres nous ont enseignées encore plus clairement.
2° V évocation des dieux tu tel aires d'une ville, et les promesses dont on Taccompagnoit, prouvent encore que, suivant la croyance des païens , les dieux habitoient réellement et en personne dans les temples et dans les simulacres qu'on leur avoit érigés ; c'est en-
saints de venir y résider. Les protestants, qui ont trouvé bon de nous attribuer les mêmes idées qu'avoient les païens , nous ont supposés trop stupides. Ployez Paganisme.
Evocation des mânes ou des âmes de»
morts. Voyez Nécromancie.