‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 12 sur 114 · COEU · texte numérisé non relu

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tcurs ecclésiastiques. Ils sont différents des coadjuteurs , en ce que ceux-ci sont distingués pour succéder à l'évêque titulaire. Il ne faut pas les confondre non plus avec les chorévêques; la plupart de ces derniers n'avoient pas reçu l'ordination épiscopale, ils étoient simples prêtres. Voy. Chorévêques.

CŒUR, se prend, dans l'Ecriture sainte, 1° pour l'intérieur ou le lieu le plus profond ; ainsi il est dit , Ps. 46 , ^.5, que les montagnes seront transportées dans le cœur de la mer ; Malt., c. 12, f. 40 , que le Fils de l'homme demeurera trois jours et trois nuits dans le cœur de la terre.

2° Pour les pensées intérieures , les désirs et les affections de l'homme. Dans ce sens , Dieu sonde les cœurs et les reins, Ps. l,f. 10: connoît les pensées et les affections les plus secrètes. Où est votre trésor , là est votre cœur, Matt., c. 6 , j. 1 : là sont toutes vos affections.

C'est dans le même sens que l'Ecriture attribue à Dieu un cœur et des entrailles. Gen., c. 6 , $. 6, il est dit que Dieu fut affligé dans son cœur, pour exprimer une grande indignation. Jerem., c. 49 , f. 5 : Cela n'est point entré dans mon cœur, c'est-à-dire , je ne l'ai point voulu ni ordonné. Il est dit de David , /. Beg., c. 15 , f. 14 : Le Seigneur s'est choisi un homme selon son cœur; plusieurs critiques ont demandé comment un roi coupable d'adultère et d'homicide pouvoit être selon le cœur de Dieu ; mais alors David n'avoit encore commis aucun crime; les paroles citées signifient seulement : le Seigneur s'est choisi un homme tel qu'il lui plaît , et pour lequel il a de l'affection.

3° Le cœur désigne quelquefois les réflexions ou la sagesse ; dans les Proverbes, c. 28, f. 28, un homme sans cœur est un insensé ; se fier à son cœur, c'est se fier à sa propre sagesse.

4° Il signifie aussi, comme enfrançois, le courage et la valeur , Veut., c. 26 , f. 8 , etc.

5° Dans le sens le plus ordinaire , il exprime la volonté , les désirs, les résolutions ; ainsi Dieu change nos cœurs par sa grâce , lorsqu'il nous fait vouloir

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ce que nous ne voulions pas , quelquefois même le contraire de ce que nous avions résolu.

COLARBASIENS , sectateurs de Colarbase, hérétique du second siècle de l'Eglise , et qui étoit disciple de Valentinien. Aux dogmes et aux rêveries de son maître , il avoit ajouté que la génération et la vie des hommes dépendoient des sept planètes ; que toute la perfection et la plénitude de la vérité étoit dans l'alphabet grec , puisque Jésus- Christ étoit nommé alpha et oméga.

Philastre et Baronius ont confondu Colarbase avec un autre hérétique nommé Bassus ; mais saint Augustin , ïhéodoret et d'autres les distinguent. Saint Irénée et Tertullien ont aussi parlé de Colarbase et de ses disciples , comme d'une branche des valentiniens. Voyez Marcosiexs.

COLÈRE, passion que Jésus- Christ s'est particulièrement appliqué à réprimer : toutes ses maximes respirent la douceur , la charité , la patience.

» Heureux , dit-il , les pacifiques, ils se- » ront appelés les enfants de Dieu. Heu- » reux les hommes doux et débonnaires, » ils seront les maîtres sur la terre. » Soyez miséricordieux comme votre » Père céleste. Apprenez de moi que je » suis doux et humble de cœur , et vous » trouverez le repos de vos âmes , etc. »

La plupart des anciens philosophes ont autorisé la colère et la vengeance , ont regardé la douceur comme une foiblesse. Quelques- uns plus sensés ont compris que la colère est toujours injuste, que l'homme irrité veut le mal d'autrui , et non son propre bien ; que la vertu , qui est la force de l'âme , consiste principalement à nous vaincre nous-mêmes , et à réprimer les mouvements impétueux qui troublent notre âme. Plusieurs stoïciens ont débité sur ce sujet de très-belles maximes. Il est certain que de toutes les passions , la colère est la plus capable de déranger l'économie animale; souvent on a vu des personnes d'un caractère violent expirer par un transport de colère.

La raison devroit donc suffire pour nous en préserver; mais comme le rc-

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marque très- bien un philosophe moderne , pour vaincre une passion , pour le vouloir même , il faut que l'âme raisonne, qu'elle examine, qu'elle pèse les raisons d'agir et de se retenir : or , les arguments de la raison se succèdent

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COLÉTANS, franciscains» , ainsi appelés de la B. Colette Boilet de Corbic , dont ils embrassèrent la réforme au commencement du quinzième siècle. Ils conservèrent ce nom jusqu'à la réunion qui se fit de toutes les réformes de

avec lenteur, les impulsions du senti- l'ordre de saint François, en vertu d'une ment au contraire sont rapides, et elles bulle de Léon X , en 1517. Par la même ont déjà emporté l'homme avant qu'il raison, les religieuses colétines repriait délibéré sur ce qu'il auroit dû faire, rent le nom général (Vobservaniines ou Dans les passions tumultueuses , la rai- | de clarisses. son se tait ; elle laisse l'homme sans COLLATINES. t'oyez Oblates. défense au milieu du danger, et ne lui COLLECTE , dans la messe de l'Eglise fournit des armes que lorsqu'il n'en a romaine , et dans la liturgie anglicane ,

plus besoin ; elle ne revient à nous que pour nous accabler de honte et de re-

signifie une prière ou oraison convenable à l'office du jour , et que le prêtre

mords après notre défaite. La religion récite avant l'épître. En général , toutes seule peut donc nous soutenir pendant j les oraisons de chaque office peuvent le combat, ou nous consoler de notre j être appelées collectes, parce que le foiblesse par l'espérance du pardon, j prêtre y parle toujours au nom de toute Voyez Passion.

Colère de Dieu. « La colère de Dieu, » dit saint Augustin , n'est rien autre » chose que la justice par laquelle il » punit ïe crime : ce n'est point en Dieu » une passion ou un trouble de l'âme » comme la colère de l'homme, mais » une perfection que l'Ecriture exprime » en disant : Pour vous, Seigneur tout- » puissant, vous jugez avec une tran- j bable que ces deux papes, dans leurs

l'assemblée, dont il résume les sentiments et les désirs par le mot oremus, prions ; c'est la remarque du pape Innocent III, et parce que, dans plusieurs auteurs anciens, l'assemblée même des fidèles est appelée collectes»

Quelques-uns attribuent l'origine de ces oraisons aux papes Gélase et saint Grégoire le Grand ; mais il est très-pro-

» quillité parfaite, » lib. 13 , de Trinit., c. 16. a Toute punition , dit-il encore, » est nommée colère de Dieu; mais » ordinairement Dieu punit pour cor- » rigcr, quelquefois pour damner. Selon » l'Ecriture , il châtie tout enfant qu'il » aime; mais il punira pour damner,

Sacramentaires , n'ont fait que rassembler et mettre en ordre les prières qui étoient déjà en usage avant eux , et en ont ajouté pour les nouveaux offices.

Claude Despense , docteur de la faculté de Paris, a fait un traité particulier des collectes, où il parle de leur .origine, de

» lorsqu'il aura mis les impies à sa | leur antiquité , de leurs auteurs, etc.

» gauche, et qu'il leur dira : Allez , maud dits , au feu éternel. » Serm. 2, in Ps. 58 , n° 6. « Tout ce que nous souffrons » en ce monde est un châtiment de Dieu • qui veut nous corriger, pour ne pas » nous damner à la fin. » Serm. 22 , c. 5, n° 5 ; Serm. 471 , de Verbis Jyostoli , n° 5 ; Enar. in Ps. 102 , n° 17 et 20, etc. Ce que nous appelons colère de Dieu dans cette vie , est donc souvent un effet de miséricorde. Laclance , qui a fait un traité de la colère de Dieu, se borne à prouver , contre Epicure , que Dieu récompense la vertu et punit le crime.

Voyez Justice de Dieu.

Le P. Lebrun , Eœplic. des Cérém., tom. 1 , p. 192 , a fait voir que ces collectes ou prières communes , qui se font par le prêtre au nom de toute Rassemblée, sont de la plus haute antiquité , et datent du temps des apôtres. L'esprit du christianisme veut que les désirs, les prières , les bonnes œuvres , soient communes entre les fidèles, et c'est en cela que consiste la communion des saints. Ces prières n'ont pas été mises d'abord par écrit, les prêtres se lestransmettoient par tradition ; mais elles ont toujours exprimé la foi , les espérances, les sentiments communs des fidèles :

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c'est la voix de l'Eglise entière qui s'exprime par la bouche de ses ministres.

On peut donc y puiser avec une entière certitude sa croyance et sa doctrine.

Collecte signifie aussi les quêtes que l'on faisoit dans la primitive Eglise, pour soulager les pauvres d'une autre ville ou d'une autre province ; il en est fait mention dans les Actes et dans les Epîtres des apôtres.

COLLEGE. On a quelquefois donné et nom à l'assemblée des apôtres , et l'on a dit le collège apostolique; par analogie , on a nommé sacré collège le corps des cardinaux de l'Eglise romaine , formé de soixante-douze membres, par allusion aux soixante -douze disciples du Sauveur.

COLLÉGIALE, église desservie par des chanoines séculiers ou réguliers. Dans les villes où il n'y avoit point d'évêque, le désir de voir célébrer l'office divin avec la même pompe que dans les cathédrales, fit établir des églises collégiales, des chapitres de chanoines qui fraterniser avec eux.

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fois l'an , de toute la Hollande à Rinsbourg , village situé à deux lieues de Leyde, où ils font la communion. Ils n'ont point de ministre particulier pour la donner ; mais celui qui se met le premier à la table la donne, et l'on y reçoit indifféremment tout le monde , sans examiner de quelle religion il est. Ils donnent le baptême en plongeant tout le corps dans l'eau.

A proprement parler, ces collégiens sont les seuls qui suivent dans la pratique les principes de la réforme , selon lesquels chaque particulier est seul arbitre de sa croyance , du culte qu'il veut rendre à Dieu , et de la discipline qu'il veut suivre. A la vérité leur communion ne met entre eux qu'une union très -légère et purement extérieure. Ce n'est plus là l'unanimité de croyance et de sentiment que saint Paul recommandoit aux fidèles, Philipp., c. 1 , f. 27; c. 2, #. 2, etc. Les Juifs et les païens , sans blesser leur conscience, pourroient

vécurent en commun et sous une règle comme ceux des églises cathédrales. Un monument de cette ancienne discipline sont les cloîtres qui accompagnent ordinairement ces églises. Lorsque le relâchement de la vie canoniale se fut introduit dans quelques cathédrales, les évêques choisirent ceux d'entre les chanoines qui étoient les plus réguliers, en formèrent des détachements, établirent ainsi des collégiales dans leur ville épiscopale. Insensiblement la vie commune a cessé dans les églises collégiales aussi bien que dans les cathé-

COLLUTHIENS, hérétiques du quatrième siècle , sectateurs de Coiluthus , prêtre d'Alexandrie. Ce prêtre, scandalisé de la condescendance que saint Alexandre , patriarche de cette ville , eut dans les commencements pour Arius , dans l'espérance de le ramener par la douceur , fit schisme , tint des assemblées séparées, osa même ordonner des prêtres, sous prétexte que ce pouvoir lui étoit nécessaire pour s'opposer avec succès aux progrès del'arianisme. Bientôt il ajouta l'erreur au schisme; il enseigna que Dieu n'a point créé les mé-

drales ; c'est ce qui a fait naître les con- 1 chants , et n'est pas l'auteur des maux

grégations des chanoines réguliers qui ont continué à vivre en commun.

COLLÉGIENS, nom d'une secte formée des arminiens et des anabaptistes en Hollande. Ils s'assemblent en particulier tous les premiers dimanches de chaque mois , et chacun a dans ces assemblées la liberté de parler, d'expliquer l'Ecriture sainte , de prier et de chanter.

Tous ces collégiens sont sociniens ou ariens; ils ne communient point dans leur collège, mais ils s'assemblent, deux

qui nous affligent. Osius le fit condamner dans un concile qu'il convoqua à Alexandrie en 519.

COLLYRIDIENS, anciens hérétiques , qui rendoient à la sainte Vierge un culte outré et superstitieux. Saint Epiphane , qui en fait mention, dit que les femmes d'Arabie , entêtées du collyridianisme , s'assembloient un jour de l'année pour rendre à la Vierge un culte insensé, qui consistoit principalement dans l'offrande d'un gâteau, qu'elles mangeoient ensuite à son honneur. Leur nom vient du

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mot grec collyre, petit pain ou gâteau. » les saints l'amour que Dieu a eu pour

Suivant le récit de ce Père , Hœres.

79, ces femmes adoroient la sainte Vierge comme une divinité , et lui rendoient le même culte qu'à Dieu , puisqu'il conclut ses réflexions par dire, qu'il faut adorer le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mais qu'il ne faut pas adorer Marie, qu'il faut seulement Yhonorer.

Basnage, Histoire de l'Eglise, 1. 20 , c. 2, § 4 et suiv., a disserté beaucoup sur cette hérésie ; de la manière dont

eux , les grâces dont il les a comblés, le bonheur éternel auquel il les a élevés, le pouvoir d'intercession qu'il a daigné leur accorder ; c'est par ce motif que nous honorons leurs images et leurs reliques. Quand on dit que nous les adorons, si par là l'on entend que nous nous inclinons , que nous nous mettons à genoux , que nous nous prosternons pour témoigner notre respect , nous ne disputerons pas sur le terme, puisque nous

saint Epiphane l'a réfutée, il conclut que, ! faisons la même chose à l'égard des per-

suivant le sentiment de ce Père , on ne doit rendre à Marie aucun culte religieux ; il argumente , à son ordinaire ,

sonnes vivantes , mais par un motif différent. Si l'on en conclut , comme Basnage et les autres protestants , que nous

sur l'équivoque du terme adorer et ado- leur témoignons le même respect qu'à

ration. Nous avons remarqué , et il en

convient lui-môme , que dans l'origine, suprême qui n'est dû qu'à lui seul, nous

adorer a simplement signifié sa luer, faire la révérence ou se prosterner , témoigner du respect par un signe extérieur; conséquemment les auteurs sacrés l'ont

Dieu , et que nous leur rendons le culte

répondrons que cette imputation est un trait de mauvaise foi et de malignité.

Parce que des femmes et des ignorants stupides ont souvent péché par excès

employé à l'égard de Dieu , des anges et j dans cette dévotion, parce que des écrides personnes vivantes. A l'égard de j vains mal instruits, et qui ne pesoient Dieu , il signifie le culte suprême et in- j pas la valeur des termes , se sont mal

communicable ; à l'égard des anges , un culte religieux , inférieur et subordonné; à l'égard des hommes, un culte purement civil. Il en est de même du mot culte, qui , dans le sens primitif, ne signifie rien autre chose que respect, honneur, révérence, vénération. Le culte est ou religieux , ou purement civil, se-

expliqués sur ce sujet , il ne s'ensuit rien contre la croyance et contre la doctrine de l'Eglise catholique , ni contre les pratiques qu'elle approuve ; elle n'est pas obligée d'entretenir des professeurs de grammaire pour démêler les équivoques,, les sophismes et les calomnies toujours renaissantes des protestants. Cent fois

Ion l'objet auquel il s'adresse, et selon ; on les a réfutés , et cent fois ils les re-

le motif par lequel il est rendu, royez Culte.

commencent, parce que cest un prétexte pour en imposer aux simples et

Lorsque les Pères de l'Eglise et les nourrir leur entêtement. Voyez Culte^

écrivains ecclésiastiques ont entendu par adoration le culte suprême, ils ont dit,

Marie , Saints , Images , etc.

Si les femmes de l'Arabie n'avoient

comme saint Epiphane , qu'il faut ado- j offert des gâteaux à la sainte Vierge que rer Dieu seul , et qu'il faut seulement j pour la supplier de remercier Dieu de honorer les saints ; nous le disons de j la nourriture qu'il daigne accorder aux

même et dans le même sens. Mais nous soutenons que Vhonneur que nous rendons aux anges, aux saints, aux images, aux reliques , est un culte, puisque honneur et culte sont synonymes ; nous ajoutons que c'est un culte religieux , parce que nous le leur rendons par un motif de religion , par le motif du respect que nous avons pour Dieu lui-même.

Nous respectons et nous honorons dans

hommes, cette pratique auroit été trèsinnocente ; par là ces femmes n'auroient reconnu dans Marie qu'un pouvoir d'intercession. Si elles les lui oiïroient dans la persuasion que c'éloit la mère de Dieu elle-même qui leur accordoit cette nourriture par son propre pouvoir, et dans l'intention de lui en demander la continuation , c'éloit alors un culte superstitieux , et qui lenoit de l'idolâtrie ; il vc-

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noitdu même motif par lequel les païens iaisoicnt des offrandes à leurs dieux.

l'oyez Idolâtrie.

COLOMB ( saint). Il y a eu autrefois dans les îles Britanniques une congrégation de chanoines réguliers de ce nom, (\u\ étoitfort étendue, et qui étoit composée de cent monastères. Elle avoil été établie par saint Colomb , Colm , ou Colmkille , Iriandois de nation , qui vivoit dans le sixième siècle , et qu'on appelle aussi saint Colomban; mais il ne faut pas le confondre avec un autre saint Colomban, son compatriote et son contemporain, fondateur et premier abbé du monastère de Luxeuii en Franche- Comté. On voit encore une règle en vers, qu'on croit avoir été dictée par saint Colomb à ses chanoines ou moines; elle est en ancienne langue irlandoise , et •elle a été tirée des règles des anciens moines de l'Orient. Voyez Fie des Pères €t des Martyrs , t. S, p. 208.

COLORITES , congrégation d'Augustins, ainsi appelée de Colorito , petite montagne voisine du viilage de Morano, dans le diocèse de Cassano, et dans la Calabre citérieure. Ce fut dans une cabane proche d'une église dédiée à la sainte Vierge sur cette montagne , que se retira, en 1550, Bernard de Rogliano, et qu'il commença l'institution de la congrégation des Colorites.

COLOSSIENS. La lettre de saint Paul ?îux Colossiens leur fut écrite de Rome fan 62, lorsque l'apôtre y étoit dans les chaînes. Pour préserver ces nouveaux lidèles de toute tentation de retourner au judaïsme ou au paganisme , saint Paul leur donne la plus haute idée de Jésus-Christ, du bienfait de la rédemption, de la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la foi, et les leçons de conduite les plus sages.

On remarque beaucoup de ressemblance entre cette épître et celle que saint Paul écrivit en même temps aux Ephésiens ; l'apôtre, dans plusieurs passages de l'une et de l'autre , emploie les mêmes expressions.

Les protestants ont beaucoup insisté sur le f. 18 du chapitre 2, où saint Paul dit : a Que personne ne vous séduise par

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»unc affectation d'humilité, et par le » culte des anges, marchant dans une » voie qu'il ne connoît pas , et enflé d'un » orgueil vain et charnel. » Ils en ont conclu que saint Paul réprouve toute espèce de culte rendu aux anges. De même, f. 20 et 21 , il blâme les abstinences que certains docteurs vouloient prescrire aux Colossiens ; mais si on veut lire attentivement tout ce qui précède et ce qui suit, on verra que l'unique dessein de saint Paul est de détourner les Colossiens des pratiques du judaïsme, auxquels de faux apôtres avoient voulu les assujettir. Or , au mot Coelicoles , nous avons vu que les Juifs ont été accusés d'adorer les anges, c'està-dire , les intelligences ou génies dont on croyoit les astres animés ; culte nonseulement superstitieux , mais idolâtrique , formellement défendu par la loi de Moïse , et encore plu? contraire à la doctrine de Jésus-Christ ; c'est pour cela que l'apôtre ajoute que ces gens-là ne demeuroient point attachés à ce divin Sauveur , qui est le chef de l'Eglise et la source de toutes les grâces. Mais ne peut-on pas honorer et invoquer les anges dont il est fait mention dans l'Ecriture sainte , parce qu'ils sont les ministres et les ambassadeurs dont Dieu s'est servi pour annoncer aux hommes les mystères de Jésus-Christ ? Ce divin Sauveur lui-même, après son ascension dans le ciel , a envoyé ces esprits bienheureux pour délivrer saint Pierre de ses liens, pour révéler à saint Jean les destinées de l'Eglise, etc.; les honorer, ce n'est donc pas se détacher de Jésus- Christ, puisqu'on ne leur attribue d'autre pouvoir que d'exécuter ses volontés sur la terre. Voy. Ange.

Ce n'est pas non plus ressusciter le judaïsme que de pratiquer des abstinences , non par le même motif que les Juifs , mais pour accomplir le précepte que saint Paul impose aux Colossiens 3 dans cette même lettre , c. 5 , f. 5 , de mortifier les désirs déréglés de la chair, au nombre desquels on doit certainement mettre la gourmandise. Foy. Abstinence.

COLYBES , nom que les Grecs , dans

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leur liturgie , ont donné à une offrande de froment et de légumes cuits , qu'ils font à l'honneur des saints, et en mémoire des morts ; Balsamon , le père Goar et Léon Allatius ont écrit sur cette matière.

Les Grecs font bouillir une certaine quantité de froment et la mettent en petits monceaux sur une assiette , ils y

chain comme nous-mêmes. C'est le sommaire de la morale chrétienne, aussibien que celle des Juifs ; il n'a pas été inconnu aux patriarches , puisque c'est la loi naturelle : on le trouve tout entier dans le livre de Job , et il vient de la révélation primitive que Dieu avoit donnée à nos premiers parents.

Quoique cette loi n'ordonne rien qui

ajoutent des poids piles , des noix ha- j ne soit prescrit par la loi naturelle et chées et des pépins de raisin, ils divisent j conforme à la droite raison, aucun le tout en plusieurs compartiments se- | peuple n'a parfaitement connu cette parés par des feuilles de persil , et c'est , morale que par la révélation. Les phià cette composition qu'ils donnent le : losophes même , avec toute leur saga-

nom de xoloGcc.

Ils ont, pour la bénédiction des colybes une formule particulière , dans laquelle ils font des vœux pour que Dieu bénisse ces fruits et ceux qui en mangeront, parce qu'ils sont offerts à sa gloire en mémoire de tel saint et de quelques fidèles décédés. Balsamon attribue à saint Athanase l'institution de

cité, ont été dans l'erreur sur plusieurs articles essentiels ; la plupart ont approuvé la vengeance , le mensonge , le meurtre des enfants , la prostitution ; ils ont méconnu le droit des gens , etc. Ployez Morale.

Dieu, sans déroger à sa sagesse, à sa bonté , à sa justice , a pu faire aux hommes d'autres commandements, leur

cette cérémonie; mais le Synaxaire, j donner des lois positives, auxquelles ils qui est une vie des saints en abrégé, en • sont obligés de se conformer lorsqu'ils fixe l'origine au temps de Julien l'a- j les connoissent. Voyez Lois divlnes popostât ; il dit que ce prince ayant fait i sitives.

profaner le pain et les autres denrées qui se vendoient au marché de Constan-

COMMAKDEMENTS DE L'EGLISE, lois que

les pasteurs de l'Eglise ont faites en dif-

tinople au commencement du carême , j férents temps , pour établir l'ordre et par le sang des viandes immolées, le j l'uniformité, soit dans le culte divin, soit patriarche Eudoxe ordonna aux chré- [ dans les mœurs. Sanctifier les fêtes, astiens de ne manger que des colybes, ou ! sister à la messe , observer l'abstinence du froment cuit; et que c'est en mé- ! et le jeûne à certains jours, respecter moire de cet événement qu'on a cou- les censures ecclésiastiques , etc., sont

tume de bénir et de distribuer les colybes aux fidèles , le premier samedi de carême.

On peut consulter un petit Traité des colybes , écrit par Gabriel de Philadelphie, pour répondre aux imputations de quelques écrivains de l'Eglise latine , qui désapprouvoient cet usage : traité que M. Simon a fait imprimer à Paris , en grec et en latin avec des remarques.

COMMANDEMENTS DE DIEU. On donne principalement ce nom aux dix préceptes que Dieu lit graver par Moïse sur des tables de pierre, comme le fond et le sommaire de la morale. Voyez Diîcalogue. Jésus-Christ a observé dans l'Evangile qu'ils se réduisent à deux , à aimer Dieu sur toutes choses , et le pro-

des devoirs que l'Eglise a été en droit d'imposer aux fidèles, et auxquels ils sont obligés en conscience de satisfaire.

Au mot Lois ecclésiastiques , nous prouverons que l'Eglise a reçu de Jésus- Christ le pouvoir de faire des lois , que cette autorité lui étoit nécessaire, qu'elle en a fait usage depuis les apôtres jusqu'à nous , qu'il n'en résulte aucun inconvénient à l'autorité des souverains , ni au gouvernement civil des états ; les clameurs de ses ennemis contre les lois de discipline établies par l'Eglise, sont frivoles et injustes.

COMMEMORATION, COMMÉMO- RAI SON, souvenir que l'on a de quelqu'un , prière ou cérémonie destinée à en rappeler la mémoire. Parmi les ca-

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