‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 110 sur 114 · EZE · texte numérisé non relu

EZE

Il n'est pas besoin de réflexions pro- j les nôtres. Chez un peuple dont les fondes pour comprendre qu'il est conve- j mœurs sont simples et pures , le langage nable de procurer à un chrétien mourant j est moins chûlié que chez les autres.

toutes les consolations possibles, de ra-

ragc , sa patience ; tel est le but de Vex-

Lorsqu'il y a peu de communication

nimer sa foi, son espérance, son cou- entre ies deux sexes, les hommes par-

lent entre eux plus librement qu'ailleurs.

trême-onction. C'est en même temps Les enfants et les personnes innocentej pour un pasteur une occasion favorable j parlent de tout sans rougir : elles ne pour procurer de l'assistance et des se- j pensent pas que l'on puisse en tirer de cours temporels aux pauvres. Ceux qui mauvaises conséquences. C'est le désir ont ôté ce sacrement du rituel ne pa- j coupable de faire entendre des obscéroisscnt pas avoir été animés par des nités, qui engage les impudiques à se sentiments fort charitables. Voy. Ago- servir d'expressions détournées, atinde nie , Agonisants. révolter moins ; ainsi plus les mœurs

ÉZËCI1IEL, qui voit Dieu , nom de ] sont dépravées, plus le langage devient

l'un des grands prophètes : il étoit fils de Bus et de race sacerdotale. 11 fut transféré à Babylone par Nabuchodonosor, avec le roi Jéchonias, l'an du monde oiOo. Pendant sa captivité , Dieu lui accorda le don de prophétie pour consoler ses frères ; il étoit âgé de trente ans , et il continua ce ministère pendant vingt ans.

Ses prophéties sont fort obscures, surtout au commencement et à la fin. Après avoir décrit sa vocation , il peint la prise de Jérusalem avec toutes les circonstances horribles qui l'accompagnèrent, la captivité des dix tribus , celle de Juda, et toutes les rigueurs de la vengeance que le Seigneur devoit exercer contre son

tivilé , le rétablissement de Jérusalem , du temple, de la république juive, figure du règne du Messie, de la vocation des gentils , de l'établissement de l'Eglise.

Les incrédules se sont récriés sur plusieurs expressions qui se trouvent dans ce prophète. Chapitre 16 et 23, il peint ridolàlrie de Jérusalem et de Samarie sous l'image de deux prostituées, dont la lubricité scandaleuse est représentée avec des expressions que nos mœurs ne peuvent supporter.

On a fait observer à ceux qui ont af-

« fecté d'en relever l'indécence , qu'il ne

faut pas juger des mœurs anciennes par

mesuré et chaste en apparence. Celui des Hébreux , qui est très-naïf et très-libre , loin de prouver la corruption de leurs mœurs, démontre précisément le contraire. Dans la suite des siècles , les Juifs comprirent que les tableaux tracés par Ezéchiel , pouvoient être dangereux pour la jeunesse ; ils ne permettoient à personne de lire ce prophète avant l'âge de trente ans.

Les mêmes critiques , par pure malignité, ont soutenu que , dans le chap. i, Dieu avoit commandé à Ezéchiel de manger des excréments humains. C'est une imposture. Pour représenter, d'une manière frappante , la misère à laquelle les Hébreux seroient réduits pendant

peuple. Dieu lui fit voir ensuite des ob- leur captivité dans l'Assyrie , Dieu orjets plus consolants , le retour de la cap- donne au prophète de faire cuire du pain

sous la cendre de fiente des animaux, et prédit que les Juifs seront forcés à manger du pain cuit de cette manière.

On sait que dans plusieurs contrées de l'Orient, où le bois est très-rare, les pauvres sont obligés de cuire leurs aliments avec la fiente des animaux séchée au soleil , et que cette manière de les apprêter leur donne un fort mauvais goût. Pour persuader et pour émouvoir un peuple aussi intraitable que les Juifs, ilfalloitmettreles objets sous leurs yeux; c'est ce que fait Ezéchiel : il n'y a dans sa conduite rien d'indécent ni d'incroyable.

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