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tholiques romains, ceux qui meurent; fices, selon Basnage, étoîent les obla-
font souvent des legs à l'Eglise , à charge que l'on dira pour eux tant de messes, et que Ton fera commémoration d'eux dans les prières.
Commémoration se dit encore , dans la récitation du bréviaire , de la mémoire que l'on fait d'un saint, ou de la férié, par une antienne, un verset et une oraison , à laudes et aux vêpres
tions que l'on présentoit à l'autel , et on les faisoit pour attester que l'on conscrvoit avec les martyrs l'union , qui est appelée dans le symbole la communion des saints. Ces oblations n'étoient point faites aux martyrs, mais à Diev pour les martyrs.
Dans tous les éloges qu'en ont faits les auteurs des trois premiers siècles , et par une collecte , une secrète et une ! nous ne trouvons aucune prière ni aucun post-communion à la messe. vestige d'invocation adressée aux mar-
La commémoration des morts est une ] tyrs. L'Eglise de Smyrne dit : Nous aifête qui se célèbre le second jour de \ mons les martyrs, mais nous n'adonovembre, en mémoire de tous les fidèles j rons que Jésus-Christ. Eusèbe, liv. 4, trépassés; elle fut instituée dans le on- j c. 45. Enfin aucun des auteurs païens, zième siècle par saint Odilon , abbé de S qui ont écrit contre le christianisme, n'a
Cl uni. A l'article Morts , nous prouverons l'antiquité de l'usage établi dans l'Eglise chrétienne de prier pour les morts , les conséquences qui en résultent à l'avantage de la société , l'injustice des plaintes que les protestants ont faites contre cet acte de charité.
Dès les premiers siècles de l'Eglise, l'usage s'établit de faire , dans les assemblées chrétiennes , la commémoration
des martyrs, le jour anniversaire de leur Jésus-Christ et les apôtres avoient com-
mort; la question est de savoir quelle étoit l'intention des fidèles dans cette
reproché aux chrétiens d'adorer , d'invoquer, ni de prier les martyrs. De toutes ces preuves , les protestants concluent que le culte des martyrs n'a commencé qu'au quatrième siècle.
Quand cela seroit vrai, nous présumerions encore qu'au quatrième siècle l'on savoit, pour le moins aussi-bien qu'au seizième, ce qui étoit conforme ou opposé à l'esprit du christianisme , ce que
mandé, conseillé, permis ou défendu ; qu'à cette époque Jésus-Christ n'a pas
pratique ; nous disons que c'est un té- permis sans doute que son Eglise, qui moignage du culte rendu aux martyrs; | jusqu'alors avoit témoigné la plus grande les protestants soutiennent qu'il n'y a horreur de l'idolâtrie , s'en rendît tout dans cette coutume aucune marque ni à coup universellement coupable. Mais aucune preuve de culte. Basnage , qui a nous avons de plus fortes preuves qu'une traité exprès cette question , Hist. de simple présomption.
V Eglise, liv. 18, c. 7, § 3 et suiv., prétend que l'on agissoit ainsi , 1 ° afin d'honorer la mémoire de ceux qui avoient
1° Nous demandons quelle différence il faut mettre entre honneur et culte, entre culte religieux et honneur rendu
combattu pour Jésus-Christ ; ainsi s'ex- par motif de religion; lorsque les pro-
primoit l'Eglise de Smyrne en parlant du martyre de saint Polycarpe. 2° Afin que les fidèles fussent encouragés par cet exemple à souffrir pour leur foi.
5° Dans les Constitutions apostoliques , 1. 8 , c. 13 , il est dit : Faisons mémoire des martyrs , afin que nous soyons trouvés dignes de participer à leurs combats. 4° Saint Cyprien, Epist. 12 cl 59, dit : Nous offrons des sacrifices pour les martyrs toutes les fois que nous célébrons la commémoration anniversaire de leur passion. Ces sacri-
testants auront satisfait à cette question, nous parviendrons peut-être à nous accorder, ou du moins à nous entendre sur le reste. L'honneur rendu aux martyrs n'étoit certainement inspiré par aucun motif humain , par aucun intérêt temporel, par aucune considération puisée dans la nature; il étoit donc suggéré par la foi et par la religion.
2° Nous voudrions savoir en quoi consiste la communion des saints, que Ton vouloit entretenir avec les martyrs; selon l'idée que nous en donnent les apôtres,
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c'est la participation ou la communication mutuelle de prières , de bonnes œuvres , de secours , d'assistance , de bienfaits spirituels et temporels. Rom., c.i^,f.i^;Galat., c.G.f. Q;Hebr., e. 13 , f. 46 ; /. Pétri, c. 4 , f. 8. A quoi seréduiroit cette communication avec les martyrs après leur mort , s'ils ne pouvoient ni prier , ni intercéder pour nous , ni nous secourir en aucune manière ; et de quoi nous serviroit-elle ? Basnage ne s'explique pas là-dessus.
5° Nous disons , aussi-bien que l'Eglise de Smyrne , que nous adorons Jésus- Christ seul , dès que l'on entend par adoration le culte divin et suprême, et que nous aimons les martyrs ; pourquoi les aimerions-nous, s'ils ne nous aimoient pas eux-mêmes? Selon saint Paul , la charité doit être mutuelle , et cette charité ne meurt jamais ; elle subsiste donc dans le.» martyrs : s'ils nous aiment , ils s'intéressent à notre salut, ils le désirent , ils le demandent à Dieu, et sans cela nous n'aurions aucun motif de les aimer.
4° Saint Cyprien ne parle pas seulement d'oblations ou d'offrandes, mais de sacrifices pour la commémoration
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autres saints; cette expression, sur laquelle les protestants ont tant glosé, ne signifie rien de plus que ce qu'a vu Basnage lui-même dans la pratique de l'Eglise primitive.
5° Est-il vrai qu'il n'y a dans les monuments des trois premiers siècles , aucun vestige d'invocation des martyrs?
Si l'on croyoit à leur intercession , comme nous venons de le prouver , l'invocation s'ensuit évidemment. Saint Cyprien conjure des martyrs de se souvenir de lui , lorsque le Seigneur aura commencé à honorer leur martyre.
L. de lande Martyrii; à la fin , il fait la même prière à des vierges , L. de habit u Virgin. C'étoit les invoquer du moins d'avance ; nous apporterons d'autres preuves ailleurs. Ployez Saints.
COMMENCEMENT. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
Gen., c. 1, ^. 1. Au, commencement étoil le Verbe , il étoit en Dieu , et il étoit Dieu. Joan., c. 4, f. 4. La comparaison de ces deux passages a donné lieu aux interprètes de faire plusieurs remarques importantes , et aux hérétiques d'imaginer plusieurs manières d'en pervertir le sens. Dans le premier , Moïse des martyrs, oblationes et sacrifteia. ! enseigne que le monde a commencé,
Ey. 57, olim 12. Dans les Const. apost., 1. 8, c. 12, on lit: «Nous vous offrons en- » core , Seigneur, pour tous les saints,... > apôtres , martyrs, confesseurs , etc. » Est-il question là de l'eucharistie après la consécration ? Basnage n'avoit garde de le remarquer. Ces oblations, dit-il, se faisoient à Dieu pour les martyrs, ou afin qu'ils obtinssent quelque nouveau degré de gloire, ou pour marquer que l'Eglise entretenoit communion avec eux. Nous soutenons que c'étoit pour l'un et l'autre. On demandoit donc ainsi un nouveau degré de gloire pour les martyrs : or , c'en est un de pouvoir contribuer par leurs prières au salut de leurs frères; on demandoit à Dieu la communion avec eux ; et, encore une fois , celte communion auroitété nulle, si les martyrs ne pouvoient pas intercéder pour nous. C'est ce que fait encore l'Eglise , lorsqu'elle offre le saint sacrifice à Y honneur des martvrs et des
qu'il n'est pas éternel, que c'est Dieu qui l'a créé ou l'a tiré du néant , qu'avant ce moment rien n'existoit que Dieu et l'éternité. Ensuite il nous apprend que Dieu a donné l'être à toutes choses par une simple parole, par un acte de sa volonté, qu'il n'y avoit par conséquent point de matière préexistante, de laquelle Dieu ait eu besoin pour en former le monde. Il dit : Que la lumière soit, et la lumière fut, ainsi du reste. Deux grandes vérités que les philosophes ont ignorées , qu'ils ont même combattues , puisque les uns ont admis l'éternité de la matière , les autres l'éternité du monde : erreurs qui en ont fait naître une infinité d'autres. Les sociniens ont fait de vains efforts pour soutenir que les paroles de Moïse ne prouvoient pas le dogme de la création d'une manière incontestable. Voy . Crkatiox.
Dans le second passage , saint Jean
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déclare que quand Dieu a créé le monde, le Verbe divin étoit déjà, qu'il étoit en Dieu , et qu'il étoit Dieu ; que c'étoit par conséquent une Personne subsistante et distinguée de Dieu le Père ; ce Verbe n'a donc point eu de commencement, il est co-éternel à Dieu. Par là l'évangéiiste réfutoit Cérintfie et d'autres hérétiques qui nioient l'éternité et la divinité du Verbe. Voyez Verbe.
Les sociniens se sont encore tournés de toutes manières pour altérer le sens de ces paroles ; ils ont dit que saint Jean vouloit seulement donner à entendre que Dieu a créé le Verbe avant les autres- créatures. En cela ils ont contredit Moïse , qui enseigne que les premières choses auxquelles Dieu a donné l'être sont le ciel et la terre; cela ne seroit pas vrai, si Dieu avoit créé le Verbe auparavant. Ils ont contredit saint Jean lui-même , qui ajoute que par le Verbe toutes choses ont été faites , et que rien de ce qui a été fait ne l'a été sans lui ; certainement le Verbe ne s'est pas fait lui - même. D'autres ont prétendu que saint Jean ne parloit point du cornmencement de toutes choses, mais du commencement de la loi de grâce , qui a été comme une nouvelle création ; Jésus-Christ , en effet , l'appelle la régénération, ou le renouvellement de toutes
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Jean : De toute éternité étoit le Verbe, il étoit en Dieu, et il étoit Dieu, n'en allèrent pas le sens , puisqu'avant la naissance du monde rien n'existoit que Dieu et l'éternité.
Une autre imagination fausse des sociniens, est de soutenir que ces paroles, toutes choses ont été faites par lui, signifient seulement que Jésus-Christ a renouvelé toutes choses. Peuvent -ils citer, dans toute l'Ecriture sainte, un seul passage dans lequel faire signifie renouveler ? Saint Jean dit , f. 9 et 10 : Le Verbe étoit la lumière.... il étoit dans le monde , le monde a été fait par lui , et le monde ne Va pas connu. Certainement le Verbe n'a pas renouvelé le monde , lorsque le monde ne le connoissoit pas.
On ne peut pas approuver non plus l'interprétation du père Hardouin qui , en réfutant très-bien les sociniens , les favorise cependant , en disant que par le monde on doit entendre le peuple juif. Peut-on soutenir qu'avant la naissance de Jésus-Christ, le Verbe n'existoit, n'opéroit et n'éclairoit personne que chez le peuple juif? Ce n'est pas ainsi que l'ont entendu les Pères de l'Eglise , qui ont soutenu que , depuis la création jusqu'à nous , tout ce que les hommes en général ont reçu de grâces et de lumières , leur
choses. Matl., c. 19 , f. 28. Mais pour a été donné par le Verbe divin.
quelles raisons les sociniens veulent-ils donner au mot commencement, dans saint Jean , un autre sens que celui qu'il a dans le premier verset de la Genèse? L'évangéliste fait assez comprendre qu'il parle , aussi-bien que Moïse , du commencement de l'univers, puisqu'il ajoute que toutes choses ont été faites par le Verbe, etc. Il a donc voulu nous apprendre que ce Verbe a créé le monde.
Le psalmiste a dit de même , que Dieu a fait les deux par sa parole ou par son Verbe , et leur armée par le souffle de sa bouche, ou par son esprit; telle est l'énergie du texte hébreu. Ps. 32; Ilebr., 53, j. 6. Aussi plusieurs interprètes ont vu dans ce passage les trois Personnes de la Sainte Trinité, Dieu, son Verbe et son Esprit. Ceux donc qui , dans leurs versions , font dire à saint
La seule manière de prendre le vrai sens de l'Ecriture sainte , est de nous en tenir à la tradition , à l'explication et au sentiment des Pères de l'Eglise , surtout des plus anciens. Saint Ignace , disciple de saint Jean l'évangéliste , étoit sans doute bien instruit de la doctrine de son maître : or , il enseigne , de la manière la plus positive , que le Verbe divin n'a point eu de commencement, qu'il est par conséquent co-éternel à Dieu. Epist. ad Magnes., n° 8. Il dit que Jésus-Christ est le Fils de Dieu et son Verbe éternel, qui n'est point né du silence : Verbum ipsius œternum non à silentio progrediens. Voy. Verbe.
COMMENTAIRES, COMMENTA- TEURS ; interprétation des livres saints, auteurs qui les ont expliqués. Des livres qui existent , les uns depuis dix- huit
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que ces auteurs soient inintelligibles; cependant il n'y a pas longtemps que l'on a commencé ce genre de travail, au lieu que l'on s'est exercé sur l'Ecriture sainte dans tous les siècles.
Les ordonnances de nos rois ne sont pas sans doute un chaos d'obscurité ; cependant à quelle multitude de commentaires n'ont-elles pas donné lieu !
Mais la nécessité de ces commentaires ne prouve que trop le besoin dans lequel sont les simples fidèles, d'une autre règle de foi que l'Ecriture sainte pour fonder et diriger leur croyance. On ne conçoit pas comment les réformateurs qui ont posé pour principe que l'Ecriture sainte est la seule règle de
siècles , les autres depuis quatre mille ans , qui sont écrits dans des langues mortes , qui peignent des mœurs et des usages très-différents des nôtres, qui contiennent une doctrine qui vingt sortes d'hérétiques ont tâché de corrompre , ne peuvent être aussi aisés à entendre que des livres modernes. Il faut donc , pour les expliquer, des hommes qui aient étudié les langues , l'histoire , les mœurs antiques, la géographie, l'histoire naturelle, etc., qui aient rapproché et comparé les passages, qui aient consulté la tradition ; et toutes ces connoissances ne sont pas aisées à rassembler. Les commentateurs les plus estimés sont ceux qui les ont possédées au plus haut degré , qui se sont le plus attachés à foi , ont osé entreprendre de l'expliquer
eux-mêmes. Si elle est claire , qu'a-t-elle besoin d'explication ? Si les fidèles sont en droit de n'avoir aucun égard à cette explication même, à quoi peut-elle servir? Et il faut remarquer que les pas-
développer le sens littéral et naturel des auteurs sacrés. La multitude de leurs commentaires est immense; on peut s'en convaincre par l'ouvrage du père Le Long , intitulé Bibliotheca sacra.
Les uns ont travaillé sur toute i'E- j sages sur lesquels les protestants ont triture sainte, les autres sur certains j fondé leur nouvelle croyance et leur livres en particulier ; quelques-uns se j séparation d'avec l'Eglise romaine, sont sont bornés à discuter un seul fait de I justement ceux qui leur ont paru avoir l'Ecriture sainte , ou un passage qui pa- [ le plus de besoin d'explication. D'où il roissoit plus obscur que les autres. Plusieurs l'ont fait pour établir et appuyer les dogmes de la foi catholique, les hétérodoxes pour étayer leurs opinions particulières et leurs erreurs.
A la vue de cette multitude de volumes , les incrédules ont dit que l'Ecriture sainte est donc un livre indéchiffrable , puisqu'il a fallu tant de travaux pour en montrer le sens. Ils n'ont pas fait attention que les commentateurs ont écrit les uns en Italie , les autres en Espagne , ceux-ci en France , ceux-là en Allemagne ou en Angleterre, dans différents siècles , et dans les diverses communions chrétiennes, chez les Juifs même ; fort souvent tous disent la même chose , ils ne sont divisés que sur le sens d'un petit nombre de passages ; leur concert , sur tout le reste , démontre la vérité du sens que tous ont également apciçu.
Quelle multitude de commentaires n a-t-on pas fait sur les poètes grecs et latins! Cela ne prouve pas, sans doute,
résulte que leur foi est fondée non sur le texte, mais sur l'explication qu'ils en donnent , ou sur le sens qu'ils lui attribuent. A moins que leur explication ne soit infaillible , il est fort dangereux que leur foi ne soit une erreur, de même que leur méthode est une contradiction.
Les protestants ont le plus grand intérêt à décrier les explications de l'Ecriture sainte, données par Tes Pères de [ l'Eglise et par les interprètes de tous les siècles , afin de persuader que ces livres divins n'ont été bien entendus que depuis que les réformateurs et leurs disciples nous en ont donné l'intelligence ; aussi n'y ont-ils pas manqué : il n'est pas possible de parler des commentateurs , en général , avec plus de mépris que l'a fait Mosheim dans son Histoirt ecclésiastique , et dans ses Instructions sur l'histoire chrétienne du premier siècle.
Dès celte époque , à commencer par saint Barnabe , il leur reproche d'avoir suivi la mauvaise méthode des Juifs,
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d'avoir négligé le sens littéral des livres saints , de l'avoir défiguré par des explications mystiques et allégoriques. A ce défaut essentiel, ceux du second siècle ont ajouté un respect superstitieux pour la version des Septante. Au troisième , Origène , malgré ses travaux immenses sur le texte de l'Ecriture sainte , a communiqué aux écrivains de son temps , et à ceux qui ont suivi , le goût frivole pour les allégories. Au quatrième, saint Jérôme , malgré les soins qu'il s'étoit donné pour apprendre l'hébreu, n'a pas été exempt de ce vice, non plus que saint Augustin. Selon lui , ce Père a trèsmal réussi , lorsqu'il a voulu donner des règles pour l'intelligence du texte sacré. Au cinquième , il ne fait grâce qu'aux commentaires de Théodoret sur le nouveau Testament, à ceux de saint Isidore de Damiette , qui a un peu moins donné que les autres dans le mauvais goût régnant , et à ceux de Théodore de Mopsueste , conservés par les nestoriens.
Depuis le sixième siècle , les interprètes se sont presque bornés à nous donnerdes chaînes des Pères, catenœ Patrum, et ont ainsi perpétué le vice né dès le premier siècle , jusqu'à la naissance de la réforme.
Voilà donc, depuis la mort des apôtres, et pendant un espace de quinze cents ans, l'Eglise chrétienne privée de la véritable intelligence de l'Ecriture , qui cependant , selon le sentiment des protestants , devoit être l'unique règle de sa croyance. En lui donnant des pasteurs et des docteurs, les apôtres ont oublié de leur prescrire la manière dont il falloit expliquer ce livre divin; le Saint-Esprit , qui avoit d'abord prodigué le don des langues aux premiers fidèles, n'a pas trouvé bon de l'accorder à ceux qui en avoient le plus besoin, à ceux qui dévoient prêcher au peuple la pure parole de Dieu; les apôtres, qui en avoient reçu la plénitude, ne se sont pas donné la peine de faire une version plus exacte et plus correcte que celle des Septante.
Ils ont fait bien pis : ils ont mis euxmêmes cette version fautive à la main des fidèles, qui étoient incapables d'en
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défauts, et ce sont eux
connoître les qui ont donné aux Pères de l'Eglise l'exemple des explications allégoriques de l'Ecriture sainte ; la preuve en subsiste dans l'Evangile et dans les lettres de saint Paul. Aussi , les incrédules ont eu grand soin d'appliquer aux apôtres et aux évangélistes le reproche que les protestants font aux anciens commentateurs. Mosheim et ses pareils ont-ils pu l'ignorer ?
Ces deux considérations suffisent déjà pour justifier les anciens Pères ; mais sr nous examinons leur conduite en ellemême , les trouverons - nous aussi coupables qu'on le prétend ? Est-il vrai que les commentateurs modernes, protestants ou autres , aient enfanté de si grandes merveilles en prenant une route tout opposée? Ceci mérite un moment de réflexion.
Les Pères ont cherché dans l'Ecriture sainte des leçons propres à sanctifier les mœurs , et non des connoissances capables de flatter l'orgueil et la curiosité ; ils ont pensé que ce livre divin nous a été donné pour nous inspirer des vertus, plutôt que pour nous enrichir d'une vaste érudition. Leurs commentaires sont sans doute moins savants que ceux des modernes , mais ils sont plus édifiants et plus chrétiens ; s'ils ne rendent pas la lettre beaucoup plus claire , ils tendent plus directement à nous en faire prendre l'esprit, qui vaut beaucoup mieux. Ils ont fait grand usage des explications allégoriques, parce que c'étoit le goût de leur siècle ; ils étoient forcés de s'y conformer. Vouez Allégorie.
Qu'ont fait les interprètes protestants et sociniens ? Ils ont traité les écrits des auteurs sacrés comme on a traité ceux d'Homère, d'Aristote , de Pline, et des auteurs profanes ; il n'y a pas plus de piété dans leurs notes sur les uns que sur les autres.
Mosheim lui-même a fait une longue dissertation contre les interprètes qui ont rempli les commentaires d'explications, d'allusions, de comparaisons et d'observations tirées des auteurs profanes. Syntag., Dissert, ad sanctiores Disciplin. pertin., pag. 106.