‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 18 sur 114 · CONSERVATEUR , CONSERVATION · texte numérisé non relu

CONSERVATEUR , CONSERVATION

La révélation se réunit à la lumière naturelle, pour nous apprendre que Dieu conserve les créatures auxquelles il a donné l'être , et maintient l'ordre phy-

hommes n'éloit pas en état de raisonner sur l'ordre physique du monde , d'y remarquer une main attentive et bienfaisante.

Ainsi , Dieu a prévenu d'avance les hommes , encore ignorants et grossiers , contre les faux systèmes des philosophes qui ont enseigné , les uns , que Dieu est l'âme du monde , et que le monde est éternelles autres, que Dieu, après l'avoir construit , en a laissé le soin à des intelligences subalternes. Le dogme d'un seul Dieu, créateur et conservateur, est la croyance primitive; si les peuples avoient été fidèles à le garder, ils n'auroient été égarés ni par le polythéisme , ni par l'idolâtrie, ni par les prestiges de la philosophie.

Mais, dès qu'une fois cette grande vérité a été généralement méconnue , il a été besoin d'une nouvelle révélation pour en rétablir la croyance, et tel étoit le principal objet des leçons que Dieu donna aux Hébreux par Moïse. Foyez Révélation.

CONSOLATION , cérémonie des manichéens albigeois, par laquelle ils prétendoient que toutes leurs fautes étoient

sique du monde ; l'auteur du livre de la effacées ; ils la conféroient à l'article de

Sagesse lui dit : « Comment quelque » chose pourroit-elle subsister , si vous » ne le vouliez pas, ou se conserver, t> sans votre ordre? » Sap., c. 44, f. 26. Il conserve l'ordre moral entre les créatures intelligentes, par l'instinct moral qu'il leur a donné , par la conscience qui leur intime sa loi et leur fait craindre le châtiment du crime. C'est dans cette double attention que consiste la prOVideUCe*

Mais rien ne nous montre mieux l'action continuelle de Dieu dans la marche de la nature, que le pouvoir par lequel il en suspend les lois quand il lui plaît. Le monde noyé dans les eaux du déluge, le feu du ciel lancé sur Sodome, les mers divisées pour donner passage -aux Hébreux et submerger les Egyptiens , etc. : voilà les événements par lesquels Dieu a convaincu les hommes, qu'il est le seul maître, le seul conservateur de l'univers. Il falloit alors des miracles, parce que le commun des

la mort ; ils l'avoient substituée à la pénitence et au viatique. Elle consistoit à imposer les mains , à les lever sur la tête du pénitent, à y tenir le livre des Evangiles, et à réciter sept pater avec le commencement de l'Evangile selon saint Jean. C'étoit un prêtre qui en étoit le ministre; et il falloit, pour son. eflieacité , qu'il fût sans péché mortel. Ou dit que, lorsqu'ils étoient consolés, ils seroient morts au milieu des flammes sans se plaindre, et qu'ils auroient donné tout ce qu'ils possédoient pour L'être, Exemple frappant de ce que peuvent l'enthousiasme et la superstition, lorsqu'ils se sont emparés fortement des esprits.

CONSORT , société ou confrérie du tiers-ordre de saint François , établie à Milan , et composée d'hommes et de femmes, pour le soulagement des pauvres. On lui avoit confié la distribution des aumônes; elle s'en acquitta avec tant de fidélité, que Ton reconnut bientôt

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la faute que l'on avoit fa i Le en la privant de cette fonction délicate. Il fallut la médiation du pape Sixte IV pour l'engager à la reprendre : preuve qu'elle n'y avoit trouvé que des peines méritoires pour l'autre vie ; avantage que la piété solide peut aisément se procurer. Le débat le plus scandaleux qui pourroit survenir entre des chrétiens , seroit celui qui auroit pour objet l'économat du bien des pauvres; mais ceux qui ont le courage de s'en charger , sont souvent accusés très-mal à propos.

CONSTANCE. Le concile général tenu dans cette ville , fut assemblé sur la fin d'octobre, l'an 1414, et dura jusqu'au mois d'avril 1418. Un des principaux objets de cette assemblée éloit de mettrefin au schisme, qui duroit depuis l'an 1577, entre plusieurs prétendants à la papauté , et qui tous avoient des partisans. Il y en avoit encore trois pour lors, savoir, Jean XXIII, qui avoit convoqué le concile , Grégoire XII , et Benoît XIII ; ces deux derniers avoient déjà été déposés au concile de Pise , cinq ans auparavant; ils le furent de nouveau à Constance : le concile déposa aussi Jean XX3IÏ, et élut à sa place Martin V, qui fut universellement reconnu. Les autres objets étoientde condamner les erreurs de Jean Hus et de Jérôme de Prague, qui étoient les mêmes que celles de Wiclef, et de réformer l'Eglise, tant dans son chef que dans ses membres.

Le décret de ce concile, publié dans la quatrième session, est remarquable :

il porte que le concile de Constance, légitimement assemblé au nom du Saint- Esprit, faisant un concile général qui représente l'Eglise catholique militante, a reçu immédiatement de Jésus-Christ une puissance à laquelle toute personne, de quelque état et dignité qu'elle soit, même papale, est, obligée d'obéir dans ce qui regarde la foi, l'extirpation du schisme et la réformation de l'Eglise dans son chef et dans ses membres. Il ne manque rien à cette décision pour avoir une pleine autorité , puisque Martin V , élu pape au mois de novembre 1417, donna, immédiatement après son élection, une bulle par laquelle il veut que

celui qui sera suspect dans la foi, jure qu'il reçoit tous les conciles généraux, et en particulier celui de Constance (Ne VI.p.555) représentant l'Eglise universelle, et que tout ce qui a été approuvé et condamné par ce concile, soit approuvé et condamné par tous les fidèles. Par conséquent , ce pontife approuve et confirme lui-même ce qui avoit été décidé dans la quatrième session : il fit la même chose dans deux bulles contre les hussites , le 22 février 1418 ; et dans la dernière session du concile, il confirma encore expressément tout ce qui avoit été fait en pleine assemblée, conciliariter.

Ce même décret fut approuvé et confirmé de nouveau par le concile de Râle,, en 1431. C'est aussi la doctrine àlaquelle le clergé de France a toujours fait profession d'être attaché , notamment dans son assemblée de 1682.

Dans la quinzième session , le concile condamna les erreurs de Wiclef et de Jean Hus , qu'il avoit déjà proscrites dans la huitième. Comme Jean Hus ne voulut point se soumettre à cette condamnation, ni se rétracter, il fut déclaré hérétique , dégradé et livré au bras séculier qui lui fit subir le supplice du feu. Jérôme de Prague, son disciple r après s'être rétracté dans la dix -neuvième session, désavoua cette rétractation dans la vingt-unième , soutint opiniâtrement ses erreurs , et eut le même sort que son maître. „

Le concile, dans la troisième, prononça l'analhème contre ceux qui soutenoient que la communion sous une seule espèce étoit illégitime et abusive; c'étoit une des erreurs de Jean Hus.

Dans la quinzième, il déclare hérétique r scandaleuse et séditieuse la proposition de Jean Petit, docteur de Paris, qui r en 1408 , avoit soutenu publiquement qu'il est permis d'user de surprise , de trahison et de toutes sortes de moyens, pour se défaire d'un tyran , et qu'on, n'est pas obligé de lui garder la foi qu'on lui a promise. Dans les sessions , 40, 42 et 43, on fit quelques décrets pour réformer les abus introduits dans la discipline.

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Plusieurs protestants et plusieurs incrédules ont accusé le concile de Constance d'avoir violé le droit naturel et les lois de la justice et de l'humanité, en livrant Jean Hus au bras séculier pour être puni du dernier supplice, malgré le sauf-conduit qui lui avoit été donné par l'empereur ; c'est une calomnie que nous réfuterons au mot IIussites.

•> CONSTANTIN. Nous ne devrions avoir rien à dire sur cet empereur ; mais les critiques modernes se sont appliqués à le noircir, afin de rendre suspecte sa conversion au christianisme, et de décréditer les écrivains ecclésiastiques qui ont fait l'éloge de ses vertus. Basnage leur a fourni les matériaux. Histoire de V Eglise, tom. 2, pag. 1077. Mosheim n'a été guère plus équitable. Jlist.

christ., sacc. 4 , pag. 952. Un théologien doit savoir à quoi s'en tenir sur le caractère de ce prince.

I. On lui reproche les meurtres de Licinius son beau-frère , assassiné malgré la foi des traités; de Licinien son neveu, massacré à l'âge de douze ans ; de Maximien son beau-père, égorgé par son ordre à Marseille ; de son propre (lis Crispus , prince de grande espérance , •injustement mis à mort, après lui avoir vu gagner des batailles ; de l'impératrice Fausta son épouse, étouffée dans un bain. On insiste sur la cruauté avec laquelle il fit dévorer par des botes féroces, dans les jeux du cirque, tous les chefs des Francs avec les prisonniers qu'il avoit faits dans une expédition sur le Rhin : on ajoute que tous ces crimes exécrables flétriront à jamais sa mémoire.

S'ils éloient tous vrais, il seroit étonnant que Julien, qui ne ménage pas Constantin dans la Satire des Césars, n'en eût rien dit, pendant qu'il trailoit de monstres les deux compétiteurs de Constantin ; que Zozime , historien païen , très-indisposé contre lui, ne lui eût pas reproché ces crimes ; que Libanius et Praxagore, autres païens zélés, eussent osé faire un éloge complet des vertus de Constantin, lorsqu'il n'existoit plus , et que l'on pouvoit flétrir im-

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punément sa mémoire. Mais les païens contemporains ont été moins injustes que les philosophes du dix - huitième siècle ; les premiers l'ont adoré comme un dieu après sa mort ; les seconds veulent le faire détester comme un scélérat.

Pour juger Constantin sans partialité, il faut consulter Tillemont ; il n'a supprimé aucun des reproches qui ont été faits à ce prince : il y oppose non le témoignage des auteurs chrétiens , mais celui des historiens païens, d'Aurélius Viclor, d'Eutrope, d'Ammien Marcellin, de Libanius, de Julien : la plupart ont écrit après la mort de Constantin, et après l'extinction de sa famille ; ils n'avoient aucun intérêtde déguiser la vérité.

Il est faux que Constantin ait fait assassiner Licinius malgré la foi des traités. Trois fois Licinius avoit armé contre lui , avoit été vaincu en bataille rangée, et avoit été pardonné. Après avoir solennellement renoncé à l'empire, devenu simple particulier, il cabaloit encore ; il violoit donc les traités , il ne fut donc pas mis à mort contre la foi des traités : la mort d'un sujet rebelle , ordonnée par un empereur despote , après trois pardons accordés , ne fut jamais un assassinat.

Constantin n'est point l'auteur du meurtre déjeune Licinien, aucunécrivain n'a osé l'en accuser ; et il n'y en a aucune preuve.

Maximien, son beau-père, avoit attenté à sa vie, c'étoit d'ailleurs un monstre couvert de crimes; après avoir renoncé à l'empire , il vouloit s'en emparer de nouveau et l'arracher à son gendre; il fui réduit à s'égorger lui-même. Se défaire d'un compétiteur injuste, ou plutôt d'un assassin, pour prévenir de nouvelles guerres civiles , est-ce un crime"?

Nous avouons le meurtre injuste de Crispus. Sa belle-mère Fausta Taccusoit d'avoir attenté à sa pudeur-, Constantin, trop crédule, eut tort de ne pas mieux vérifier ce crime prétendu ; mais lorsque, persuadé de rinnocence de son lils, Constantin punit la calomnie de Fausta, nous soutenons qu'il lit un acte de juslice. Aucun écrivain chrétien n'a cherché

h justifier ni à pallier le meurtre de « que son règne fut paisible et heureux. Crispus. Mais les motifs de politique ne dérogent

Quant à la cruauté exercée contre les j en rien aux preuves que ce prince put chefs des Francs et contre les prison- acquérir d'ailleurs de la divinité du niers , il faut se souvenir que depuis j christianisme.

longtemps la coutume des Romains étoit j Constantin a raconté lui-même, qu'ade faire contre les Barbares la guerre j vant de livrer bataille à son compétisans quartier : qu'après la victoire rem- j teur Maxence, il avoit vu, après midi , portée sur Maxence, Constantin avoit ( dans le ciel et au-dessus du soleil, une racheté à prix d'argent la vie des pri- ! croix lumineuse avec ces mots : Sois sonniers ; qu'il avoit placé dans FIllyrie j vainqueur par ce signe ; que les soldats et dans la Thrace trois cent mille Sar- j qui l'accompagnoient en avoient été témates, chassés de leur pays par d'autres ; moins. Il ajoutoit que la nuit suivante Barbares ; ce n'étoit donc pas un monstre ; Jésus-Christ lui étoit apparu, et lui avoit altéré de sang humain. Ses prédéces- \ ordonné de faire faire une enseigne miseurs avoient, pendant trois cents ans, ! litaire, ornée du signe qu'il avoit vu. fait dévorer par les bêtes, dans le cirque, ; Constantin la fit exécuter en effet ; c'est les chrétiens qui n'étoient ni des Francs, ; ce qui fut nommé le labarum. Après sa ni des Sarmates, mais des Romains; et victoire , ce prince fit placer à Rome sa les censeurs de Constantin l'ont trouvé statue, tenant à la main une lance en bon. S forme de croix, avec cette inscription :

Par la vertu de ce signe, fai délivre

II. Ses accusateurs ont cherché à rendre suspects les motifs et les causes de sa conversion au christianisme ; les uns

votre ville du joug de la tyrannie, etc. Eusèbe , dans la Fie de Constantin,

ont dit , sur la foi de Zozime , historien liv. 1 , c. 28 et suiv., assure qu'il tenoit païen très-prévenu contre ce prince , : ce fait de la propre bouche de cet emqu'il se fit chrétien , parce que les pon- ' pereur, qui le lui avoit attesté avec sertifes du paganisme l'assurèrent que leur ment, et dit qu'il avoit vu plus d'une fois religion n'avoit point d'expiations assez ! le labarum. Il en parle encore dans le puissantes, pour expier les crimes qu'il panégyrique de ce prince, prononcé en avoit commis. Cette absurdité est assez i sa présence , la trentième année de son réfutée par les éloges que lui ont pro- j règne , ou l'an 335. Orat. de laud. digues d'autres auteurs païens, et par le \ Constant., c. 6 et 9. Constantin luiculte idolâtre qui lui a été rendu par les j même semble y faire allusion dans son païens après sa mort. Eutrope , 1. 10. • discours à l'assemblée des saints. Orat. D'autres empereurs, plus coupables que j ad Sanct. cœtum, c. 26, lorsqu'il dit lui, n'avoientpas cru avoir besoin d'ex- I que ses exploits militaires ont commencé piation, et l'on sait d'ailleurs si les pon- ; par une inspiration de Dieu, tifes du paganisme étoient des censeurs j Lactance , auteur contemporain, Lib. fort rigides à l'égard des empereurs. Les , de Mort, persec, c. 4i, dit seulement autres disent que Constantin se fitchré- ! que Constantin fut averti en songe de tien par politique, parce qu'il vit que les ' faire graver sur les boucliers de ses solchrétiens étoient déjà nombreux et puis- ; dats le signe céleste de Dieu, avant de sants , qu'il pouvoit compter sur leur i commencer le combat, et qu'il fit en fidélité, que leur religion étoit plus ca- l effet marquer sur les boucliers le signe pabie que le paganisme de contenir les j de Jésus -Christ. Socrate , Sozomène , peuples dans l'obéissance. Soit pour un j Philostorge , Théodoret , Oplalianus , moment. 11 en résulte déjà que Con- j Porphyre, dans un poème à la louange stavlin fut plus sage et meilleur politique ! de Constantin, deux orateurs païens que ses prédécesseurs, qu'il rendit au ! dans les panégyriques de ce prince, le christianisme plus de justice que ne lui j poète Prudence et d'autres , confirment en rendent les incrédules , et que par la narration d'Eusêbe. l'événement il ne fut pas trompé , puis- | Jusqu'au seizième siècle, aucun écri-

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vain ne Favoit attaquée; mais, comme les protestants ont vu qu'elle pouvoit servir à autoriser le culte de la croix , plusieurs d'entre eux ont entrepris de lui ôter toute croyance. Ils ont dit que tous les témoignages que l'on produit en faveur de ce miracle , se réduisent, dans le fond , à celui de Constantin; que ce fut, de sa part, une ruse militaire pour animer ses soldats au combat. Chaussepié , dans le Supplément au Dictionnaire de Bayle t a rassemblé toutes les objections et les conjectures de ces critiques. Mosheim a fait de même. Ifist.

Christ, saec. 4 , p. 978. Les incrédules modernes en ont triomphé , et l'on n'a pas manqué de mettre un long extrait de cette dissertation dans l'ancienne Encyclopédie , au mot vision de Constantin.

En 1774, M. l'abbé Duvoisin leur a opposé une dissertation plus exacte et plus solide ; il a rapporté les preuves et les témoignages que nous venons d'indiquer, il en a fait sentir la force , et a répondu à toutes les objections ; l'on peut consulter cet ouvrage. On y verra , dans tout son jour, la témérité avec laquelle les protestants ont travaillé à jeter du doute sur les faits de F Histoire ecclésiastique , qui paroissentles mieux constatés, et les armes qu'ils ont fournies aux incrédules pour attaquer tous les faits favorables au christianisme.

' Ncus nous bornons à remarquer que l'on suspecte , sans aucune raison , la probité de Constantin. 1° A-t-on prouvé que Dieu n'a pas pu ou n'a pas dû faire un miracle pour convertir cet empereur, et pour préparer ainsi le triomphe du christianisme? 2° Il faut supposer que tous les soldats de son armée étoient chrétiens , ce qui ne peut pas être, puisqu'alors ce prince n'avoit pas encore professé la religion chrétienne ; des soldats païens ne pouvoient avoir aucun respect ni aucune confiance au nom ni au signe de Jésus-Christ; il éloit à craindre au contraire que ce signe, délesté par les païens , ne les fit déserter et passer du côté de Maxence. 5° Après la victoire une fois remportée sur Maxence , quel intérêt pouvoit avoir Constantin à faire

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j attester par ses enseignes, par sa statue,

; et par d'autres monuments, l'imposture

! qu'il avoit forgée pour inspirer du cou-

! rage à ses soldats? 4° Il en avoit encore

: moins à répéter cette fable à Eusèbe

j douze ou quinze ans après, à l'attester

1 par serment, à dire que le prodige avoit

j été vu par les soldats qui l'accompa-

gnoient pour lors. Si celan'éloit pas vrai,

les païens, surtout les soldats, ont dû se

moquer de la fourberie de l'empereur

et de ses prétendus monuments , et

s'obstiner davantage dans la profession

du paganisme. D'un côté, l'on attribue à

ce prince une politique très-rusée , de

; l'autre une imprudence inconcevable.

j 5° La vision de Constantin n'est pas ,

dans le fond, une preuve fort nécessaire

au christianisme ; il peut aisément s'en

passer; nous ne voyons pas que ceux

! qui la rapportent en tirent aucune con-

| séquence ni aucun avantage. Ils ont

j donc eu moins d'intérêt à l'accréditer ,

' que les protestants et ies incrédules n'en

I ont à la suspecter. Foyez encore ries

| des Pères et des Martyrs , t. 8 , p. 488

\ et suiv.

III. Les accusateurs modernes de Constantin lui refusent la qualité de sage ! législateur, parce qu'il accorda des im- , munîtes aux clercs , et donna lieu d'en < augmenter le nombre; parce qu'il donna ■ aux évêques de grands privilèges , en 1 particulier celui d'affranchir les esclaves ; parce qu'il favorisa le célibat , en abo- : lissant la loi Papia Poppœa , qui pri- ; voit les célibataires des successions col- ' latérales.

Quand Constantin auroit eu tort en • tout cela , ce qui n'est pas , auroit-il déî truit par là le bien qu'ont dû produire ' plus de quarante lois fort sages , qu'il a l faites sur divers objets de police? Files ' sont dans le Code Théodosien ;T'û\emont les a rapportées ; mais, par un trait d'équité exemplaire, nos critiques les passent sous silence : il seroit trop long d'en faire le détail et d'en montrer les heureux effets. Foycz le Traité de la vraie religion , tom. 1 1 , c. 10 , art. 1 , g. !>.

Mais Constantin étoit meilleur politique que ceux qui osent le blâmer. Il accorda aux médecins et aux professeurs

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de belles-lettres les mômes immunités qu'aux clercs; nous espérons qu'on ne lui en saura pas mauvais gré; mais, loin d'augmenter le nombre des clercs, il ordonna que l'on ne feroit point de clercs qu'à la place de ceux qui seroient morts, et que Ton préféreroit ceux qui n'étoient pas riches. Sous la république romaine , les pontifes avoient eu de plus grands privilèges que n'en eurent jamais les évêques ; on ne conçoit pas comment des philosophes osent faire un crime à cet empereur d'avoir facilité l'affranchissement des esclaves, lorsque l'empire étoit dépeuplé par les guerres civiles et étrangères qui avoient précédé. C'est pour le repeupler qu'il accorda des terres à trois cent mille Sarmales , chassés de leur pays par d'autres Barbares. La loi Papia Poppœa étoit injuste et absurde, parce qu'elle punissoit les innocents aussi bien que les coupables ; elle n'avoit produit d'ailleurs aucun effet; il est faux, qu'après son abolition , le célibat soit devenu plus commun qu'il n'éloit auparavant.

Enfin , l'on a écrit et répété que Constantin employa la violence et les supplices pour exterminer le paganisme, et mettre la religion chrétienne à sa place; c'est une calomnie que nous réfuterons au mot Empereur.

CONSTANTINOPLE. Outre les conciles particuliers qui ont été tenus dans cette ville , ii y en a quatre qui sont regardés comme généraux ou œcuméniques. Le premier fut convoqué, l'an 581 , par ordre de l'empereur Théodose , et composé d'environ cent cinquante évêques Orientaux , dont un grand nombre étoit reeommandable par leur capacité et par leurs vertus. Après avoir placé un évéque légitime sur le siège de celte ville , qui <Hoit occupé par un intrus , le concile condamna de nouveau les ariens et les «unomiens ; il proscrivit les erreurs de Macédonius,qui nioit la divinité du Saint- Esprit , et celles d'Apollinaire , qui altaquoient la vérité de l'incarnation. Conséquemment il décida que le Saint-Esprit est consubslantiel au Père et au Fils, que ces trois Personnes ont une seule et viiéme divinité ; ii confirma le symbole

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de Nicée , et il y lit quelques additions relatives aux nouvelles erreurs ; enfin , il dressa quelques canons de discipline. L'année suivante , le pape Damase , et dans la suite, les évêques d'Occident, acceptèrent les décisions de ce concile ; c'est ce qui lui a donné l'autorité d'un concile général.

Le deuxième , qui est aussi nommé le cinquième général , fut convoqué par l'empereur Juslinien, l'an 555 , sous les yeux du pape Vigile , qui ne voulut cependant pas y assister ; il s'y trouva au moins cent cinquante évêques presque tous Orientaux. Le motif de la convocation étoit de condamner les trois chapitres. L'on entendoit sous ce nom , 1° les écrits de Théodore de Mopsucstc ; 2° ceux que Théodorct, évoque de Cyr, avoit composés pour réfuter les analhématismes dressés par saint Cyrille d'Alexandrie contre Nestorius ; 5° une lettre qu'Ibas, évêque d'Edessc ,- avoit écrite à un Persan nommé Maris. Plusieurs évêques , aussi bien que l'empereur , jugeoient qu'il étoit nécessaire de condamner ces ouvrages, parce que lesnesloriens s'en servoient pour autoriser leurs erreurs , et prétendoient que ces mêmes écrits avoient été approuvés par le concile de Chalcédoine , ce qui étoit faux. Les eutychiens , de leur côté , demandoient la condamnation de ces écrits, pour fermer la bouche aux nestoriens ; Théodore de Césarée , qui étoit du parti des eutychiens acéphales , avoit assuré l'empereur que, sous cette condition, ses adhérents se réconcilierofcnt volontiers à l'Eglise.

D'autre part, parmi les catholiques même , surtout parmi les Occidentaux , plusieurs désapprouvoient la condamnation que Justinien, de sa propre autorité , avoit faite des trois chapitres ; les uns , parce qu'ils étoient persuadés que ces écrits étoient orthodoxes , et que les nestoriens avoient tort de s'en prévaloir ; les autres , parce qu'ils croyoient que ces ouvrages avoient été approuvés en effet par le concile de Chalcédoine , et que la demande des eutychiens n'étoit qu'un piège imaginé pour affoiblir l'autorité de ce concile; d'autres enfin

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parce qu'il leur paroissoit indécent de faire le procès aux morts, et de flétrir la mémoire de trois évêques décédés dans la communion de l'Eglise.

Tel étoit le sentiment du pape Vigile.

Appelé à Constantinople , l'an 546, par Justinien , et tourmenté par cet empereur , il consentit enfin , après deux ans de résistance , et après avoir consulté un synode de 70 évêques, à condamner les trois chapitres ; il le fit par un écrit public, qui fut nommé Judicatum ou Constitutum, mais qui portoit la clause, sans préjudice du concile de Chalcédoine. Cette complaisance ne laissa pas de brouiller le pape avec les évêques d'Afrique et d'Italie. Vainement Justinien employa la violence pour obtenir de lui une condamnation pure et simple,

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Vigile demanda la convocation d'un concile général, et l'obtint. En attendant , il retira son Judicatum et la signature des évêques qui y avoient souscrit , et défendit , sous peine d'excommunication , de rien écrire pour ou contre les trois chapitres avant la décision du concile.

Lorsqu'il fut assemblé , Vigile refusa l'y assister, parce qu'il n'y avoit qu'un très -petit nombre d'évêques occidentaux, et parce qu'il prévit que les suffrages n'y seroient pas libres. Le concile ayant condamné absolument les trois chapitres, et prononcé l'anathème contre les auteurs , il n'est pas certain que Vigile y ait souscrit ; plusieurs prétendent qu'il ne l'a jamais fait, d'autres ont produit un Constiiutum de ce pape, de l'an 554, dans lequel il déclare, qu'après avoir mieux examiné les écrits dont il est question, il les a jugés condamnables. Cette pièce est rapportée dans les nouvelles collections de Baluze.

Celte condamnation causa un schisme parmi les évêques occidentaux, toujours persuadés que les trois chapitres avoient été approuvés par le concile de Chalcédoine. La division parmi eux ne finit que plus d'un siècle après ; elle dura aussi longtemps parmi les Orientaux , dont les uns tenoient pour le nestorianisme, les autres pour les erreurs d'Eutyehès, les autres enfin pour la

doctrine catholique, établie par le concile de Chalcédoine.

Toute la question se réduit donc à savoir si les trois chapitres avoient été approuvés par le concile de Chalcédoine : or, il n'en est rien. 1° L'on ne voit rien dans les actes de ce concile, ni dans les écrivains contemporains, d'où l'on puisse conclure qu'il y fut question des ouvrages de Théodore de Mopsueste.

Cet évêque étoit mort en 424 , avant que Nestorius, son disciple, eût publié ses erreurs. En renouvelant la condamnation de Nestorius, le concile de Chalcédoine étoit censé avoir proscrit , plutôt qu'approuvé , les écrits dans lesquels cet hérésiarque avoit puisé sa doctrine. 2° Théodoret et Ibas assistoient à ce concile ; on ne pouvoit pas douter de leur croyance personnelle , puisque l'un et l'autre souscrivirent , sans hésiter, à la condamnation de Nestorius. S'il y avoit des choses répréhensibles dans leurs écrits, le concile étoit convaincu qu'ils avoient changé de sentiment. Il n'eut donc pas tort de les reconnoitre pour orthodoxes; et de les rétablir dans leurs sièges , d'où ils avoient été chassés, deux ans auparavant, par Dioscore et par le faux concile d'Ephèse, auquel il présidoit. On savoit d'ailleurs que Théodoret avoit abandonné absolument le parti de Nestorius , et s'étoit réconcilié sincèrement avec saint Cyrille ; il avoit donc suffisamment désavoué ce qu'il avoit écrit auparavant contre ce saint docteur. Quelle nécessité pouvoit-il y avoir d'examiner ses écrits? Ibas étoit présent pour rendre raison de ce qu'il avoit dit dans sa lettre à Maris , elle ne faisoit pas encore du bruit pour lors. Le concile jugea de rorlhodoxic personnelle de ces deux évêques, sans rien statuer sur leurs écrits. 5° L'imposture des nestoriens, qui publioient que ces écrits avoient été approuvés par ce concile, ne prouvoitdoncrien;la prévention de ceux qui les en croyoient sur leur parole, étoit mal fondée , et l'artifice des eutychiens , qui se flattoient de détruire l'autorité du concile de Chalcédoine, en les faisant condamner, n'étoit qu'une vaine imagination. Ils réussirent à augmenter

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la division et à troubler l'Eglise , et il ne s'ensuit rien. 4° Pour que le concile de Constantinople ait eu le droit de condamner les trois chapitres, il sufïisoit que les expressions, renfermées dans ces écrits, ne fussent pas assez claires ni assez exactes, et qu'elles donnassent lieu aux nestoriens d'autoriser leurs erreurs. Les auteurs avoient pu les employer innocemment avant les condamnations réitérées de Nestorius; mais on devoit les proscrire depuis que l'Eglise avoit formellement expliqué sa croyance.

Si ce concile alla trop loin, en flétrissant la mémoire des auteurs , cet excès de sévérité ne fait rien à la foi.

Basnage, qui a fait une longue histoire du cinquième concile général , et qui l'a remplie d'invectives, auroit dû faire ces réflexions. Ilist. de l'Eglise, 1. 10, c. 6. Il s'obstine à supposer que le concile de Chalcédoine avoi t approuvé les trois chapitres; que les condamner à Constantinople, c'étoit réformer le jugement et les décrets de Chalcédoine , et donner atteinte à l'autorité la plus vénérable qui fût connue ; que ce concile avoit décidé Que la lettre d'Ibas étoit orthodoxe , § 4 et 22 : c'est une fausseté. Il reconnoit lui-même que l'on n'avoit parlé de Théodore de Mopsueste à Chalcédoine , qu'en traitant de l'affaire d'Ibas , d'où il conclut que sa personne ni ses écrits ne pouvoient pas y avoir été condamnés ; mais , par la même raison, ils ne pouvoient pas non plus y avoir été approuvés. L'affaire d'Ibas n'étoit pas l'examen de sa lettre à Maris , mais de ses sentiments actuels ou personnels.

Après avoir peint, de la manière la plus odieuse, la foiblesse, les incertitudes, les changements de conduite du pape Vigile , il est forcé de convenir que le jugement de ce pontife , après la décision du concile de Constantinople , étoit sage, qu'il distinguoit judicieusement le droit d'avec le fait. D'un côté, if eensuroit les erreurs de Théodore de Mopsueste sur les extraits de ses livres qu'on lui avoit fournis ; de l'autre, il ne vouloit pas que l'on condamnât sa personne ; parce qu'il étoit mort dans ia paix de l'Eglise aussi-bien qu'lbas cl

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Théodoret, $ il. Les Pères de Constantinople auroient sans doute fait de même , s'ils n'avoient pas été poussés par les clameurs des eutychiens et par l'entêtement de Justinien. C'est leur rigueur, dans la condamnation des personnes, qui révolta principalement les Occidentaux ; mais , encore une fois , ce procédé ne tient en rien à la question du droit, qui étoit de savoir si les écrits en eux-mêmes étoient censurables: or, nous soutenons qu'ils l'étoient, que la condamnation de ces écrits n'est pas injuste , quoi qu'en dise Basnage, § 8.

De là même il résulte que l'on ne doit pas donner une entière croyance à tout ce qui a été écrit de part et d'autre, surtout par les Africains; ils jugeoient de la conduite du pape Vigile et du concile de Constantinople selon leur prévention ; ils n'étoient pas fort en état de peser la valeur des expressions grecques renfermées dans les trois chapitres. Ce concile n'a été général ou œcuménique, ni dans sa convocation, ni dans sa tenue , ni dans sa conclusion ; les suffrages n'y étoient pas libres, il n'est censé général que par l'acceptation universelle que l'Eglise en a faite dans la suite. Basnage en conclut trèsmai à propos que ceux qui le rejetoient, ne croyoient pas à l'infaillibilité des -conciles œcuméniques ; g 22 ; les Occidentaux ne le regardoient pas comme tel.

Le troisième des conciles de Constantinople, placés parmi les conciles généraux , fut tenu l'an 680 , sous le règne de l'empereur Constantin Pogonat, et sous le pontificat du pape Agathon; c'est le sixième œcuménique. Il fut composé d'environ cent soixante évêques , et assemblé pour condamner l'erreur des monothélites, qui étoient un rejeton de l'eutychianisme. Eutychès avoit prétendu que , dans Jésus-Christ, la divinité et l'humanité étoient tellement unies et confondues, qu'elles ne faisoient plus qu'une seule nature. Les monothélites soutenoient qu'il n'y avoit en Jésus-Christ qu'une seule volonté et une seule opération. Le concile au contraire ,- après avoir déclaré qu'il adhéroit aux décréta des cinq conciles généraux précédents,

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décida qu'il y avoiten Jésus-Christ deux natures distinctes et complètes, revêtues chacune de leurs facultés et de leurs opérations propres , par conséquent , deux volontés et deux opérations, l'une divine et l'autre humaine. Parmi les fauteurs du monothélisme qu'il condamna, il nomma le pape Honorius, parce que, dans une lettre écrite à Sergius , patriarche de Constantinople , auteur et défenseur du monothélisme, ce pape semble avoir enseigné la même erreur.

Voyez Monothélisme.

On regarde ordinairement comme une suite de ce concile celui qui fut tenu au même lieu douze ans après , en 692, et qui fut nommé le concile in Trullo , parce qu'il fut assemblé, comme le précédent, dans une salle du palais impérial, couverte d'un dôme; on l'a encore appelé Quinisexte , parce qu'il avoit pour objet de régler la discipline , sur laquelle le cinquième et le sixième conciles n'avoient rien statué , et qu'il renouvela les décrets de ces deux assemblées. Justinien II étoit pour lors empereur, et Sergius Ier remplissoit le siège de Rome. Deux cent onze évêques y assistèrent et y firent 102 canons de discipline , qui ont été constamment suivis depuis ce temps-là dans l'Eglise grecque; mais tous ces décrets ne furent pas adoptés par les papes ni par l'Eglise latine , parce qu'il y en avoit plusieurs qui n'étoienl pas conformes à la discipline établie en Occident.

Le huitième concile général assemblé aussi à Constantinople, l'an 809, sous le pape Adrien II et l'empereur Basile , fut composé de 102 évêques. On s'étoit proposé d'y réparer les maux qa'avoit causés l'intrusion de Photius dans le siège de Constantinople , et les suites du schisme qu'il avoit établi entre l'Eglise grecque et l'Eglise romaine. On y dressa vingt-sept canons de discipline , et on y renouvela la condamnation des erreurs qui avoient été proscrites par les conciles précédents.

Diy ans après , Photius étant parvenu a se faire rétablir sur le siège de Constav.lhwple, après la mort du patriarche Ignace , trouva le moyen de rassembler

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près de quatre cents évêques, et de faire annuler tout ce qui avoit été fait contre lui ; il donna à ce faux synode le nom de huitième concile général, et il a été regardé comme tel par les Grecs, depuis qu'ils ont consommé leur schisme avec l'Eglise latine. Voyez Grecs.

CONSTITUTION , décret du souverain pontife en matière de doctrine. Ce nom a été principalement donné en France à la fameuse bulle du pape Clément XI, du mois de septembre 1713, qui commence par ces mots : Unigenitus Dei Filius , et qui condamne cent dix propositions, tirées du livre du père Quesnel, intitulé : Le Nouveau Testament, avec des réflexions morales, etc. Voyez Unigenitus.

Constitutions Apostoliques ; c'est un recueil de règlements attribués aux apôtres , que l'on suppose avoir été fait par saint Clément , et qui portent son nom. Elles sont divisées en huit livres % qui contiennent un grand nombre de préceptes touchant les devoirs des chrétiens, parti julièrement touchant les cérémonies et la discipline de l'Eglise.

Presque tous les savants conviennent qu'elles sont supposées, et prouvent qu'elles sont bien postérieures au temps des apôtres; elles n'ont commencé à paroître qu'au quatrième ou an cinquième siècle , par conséquent saint Clément n'en est pas l'auteur.

Whiston n'a pas craint de se déclarer contre ce sentiment universel ; il a employé beaucoup de raisonnements et d'érudition pour prouver que les Constitutions apostoliques sont un ouvrage sacré, dicté par les apôtres dans leurs assemblées, mises par écrit par saint Clément. Il veut les faire regarder comme un supplément du nouveau Testament, comme l'exposé fidèle de la foi chrétienne et du gouvernement de l'Eglise. Voy. son Essai sur les Constitutions apostoliques , et sa Préface historique. Comme cet auteur tenoil pour l'arianisme ou le socinianisme, il n'est pas étonnant qu'il se soit prévenu en faveur d'un ouvrage dans lequel il trouvoit plusieurs passages qui lui paroissoient conformes à son opinion.

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Mais c'est juslement ce qui rend ce monument très-suspect. En effet , ces constitutions prétendues apostoliques sentent, dans plusieurs endroits , l'arianisme, renferment des anachronismes et des opinions singulières sur plusieurs points de la religion.

L'on ne peut cependant pas nier que ce recueil ne contienne plusieurs morceaux, soit des anciennes liturgies, soit des règles de discipline observées dans les temps apostoliques. Ainsi en ont jugé non-seulement les critiques catholiques, mais Grabe, Hirks, Bévéridge et quelques autres protestants modérés. L'on convient assez généralement que les cinquante canons des Apôtres, qui font partie de ces Constitutions , sont au moins du troisième siècle, et antérieurs au concile de Nicée. Vouez les Pères apost., t. 1 , p. 190 et suiv.

Mosheim , dans ses Dissert, sur l'Histoire ecclés., tom. 1 , p. 411, juge que les Constitutions Apostoliques ont été écrites au troisième siècle; tom. 2, page 165, il dit qu'elles l'étoient déjà au second.

Le père Le Brun , Explic. des Cérémonies de la Messe, t. 5, p. 19 et suiv., pense qu'elles ne l'ont pas été avant la lin du quatrième. Il y a un moyen de concilier ces deux opinions ; c'est que les premiers livres de ce recueil peuvent avoir été faits longtemps avant ies derniers , surtout avant le huitième, qui renferme la liturgie. Le concile in Trullo, tenu au septième siècle, dit positivement, can. 2, que cet ouvrage a été altéré par les hérétiques ; de là les vestiges d'arianisme qui s'y trouvent.

* CONSTITUTIONNELS , CONSTITU- TION CIVILE du clergé de France. On a appelé Constitutionnels les évêques et les prêtres tant séculiers que réguliers qui acceptèrent la Constitution civile du clergé de France, décrétée par Y Assemblée nationale, et ceux qui furent ensuite ordonnés prêtres et évêques, en vertu de celte même Constitution. Les vrais auteurs en furent quelques jansénistes parlementaires qui appartenoient à cette Assemblée , et qui profitèrent de son ardeur inconsidérée d'innovation

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pour faire triompher et mettre en pratique ce qu'ils appeloient le droit primitif, les anciens canons et les libertés de l'Eglise gallicane.

Parmi les évêques titulaires , quatre seulement s'y soumirent : ce furent Tarchevêque de Sens , et les évêques d'Autun , d'Orléans et de Viviers. Les cenl vingt-sept autres refusèrent non-seulement de l'embrasser , mais la condamnèrent dans un grand nombre d'écrits , comme attentatoire aux droits et à l'autorité de l'Eglise , comme entachée de schisme et d'hérésie. Le pape Pie VI , après un examen long et patient, après avoir consulté les cardinaux et les théologiens les plus savants , et demandé aux évêques de France eux - mêmes leurs observations et leur avis sur les moyens les plus propres et les plus sages à employer pour arrêter le mal dans sa source , porta son jugement dans deux brefs , l'un du 10 mars 179L et l'autre du 13 avril , même année , qu'il adressa | aux archevêques et aux évêques de l'Assemblée , et à tout le clergé de France. Dans le premier, celui du 10 mars , il déclare et prouve que cette Constitution est en opposition manifeste avec les i principes de la foi catholique , avec les | lois générales de la discipline ecclésias- I tique , avec l'enseignement des saints I Pères et les définitions des conciles gé- | néraux, avec les maximes reçues et pra- ! tiquées en France par les deux puis- ! sances. D'où il s'ensuivoitque sous pluj sieurs rapports elle ne faisoit que re- | nouveler des erreurs déjà condamnées par l'Eglise , dans les hérésiarques des derniers temps. Dans le second bref, celui du 13 avril , le souverain pontife prononce la peine de suspense contre ceux qui ayant prêté le serment à la Constitution, ne l'auront pas rétracté dans quarante jours , à compter de la date du bref, et par suite déclare atteints d'irrégularité ceux qui , passé cette époque, exerceroient quelques fonctions de leur ordre. De plus il déclare : 1° illégitimes, sacrilèges et lout-à-fait milles, les élections des nouveaux évêques; 2° illégitimes , sacrilèges et faites contre les saints canons , les consécrations

de ces mômes évoques; et 5° par une conséquence nécessaire , entièrement nulle leur juridiction sur les diocèses pour lesquels ils ont été ordonnés.

Les mêmes qualifications sont appliquées à tous les actes exercés par ces évêques , et les mômes peines , la suspense et V irrégularité , prononcées contre tous les évoques, curés et prêtres qui auront été ordonnés, qui auront accepté un titre, diocèse ou paroisse, et qui auront exercé une fonction sacrée de l'ordre épiscopal ou sacerdotal, en vertu de la Constitution.

Ajoutons, pour terminer ce qui regarde la partie historique de cette affaire , que lors du Concordat conclu entre le gouvernement françois et le saint Siège en 1 801 , le pape exigea de la part des évoques constitutionnels nommés à des sièges par le Ier Consul , adhésion et soumission aux jugements du saint Siège et de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, sur les affaires ecclésiastiques de France. De plus , par amour de la paix et pour rétablir plus facilement l'unité dans le clergé qui avoit été si profondément divisé , le légat du pape, muni de pleins pouvoirs , régla la conduite que les évêques eux - mêmes auroient à tenir envers les prêtres constitutionnels qui voudraient se réconcilier avec V E g lise. Il décida qu'on exigeroit seulement d'eux une déclaration écrite d'adhésion au concordat, et de communion avec Vévëque envoyé pour le saint Siège, mais à la condition qu'ils meltroient ordre à leur conscience en se faisant relever des censures et des irrégularités qu'ils avoient encourues. L'exécution de celte condition fut abandonnée à la sincérité et à la bonne foi de chacun.

Voyons maintenant les points dans lesquels la Constitution civile du clergé se trouvoit manifestement erronée et 6chismalique.

i° Llle créoit, pour toute la Franco, ii ne circonscription entièrement nouvelle d'archevêchés et d'évêchés, de manière à ce qu'il y en eût un par département , ni plus ni moins : c'est-à-dire qu'elle en détruisoif plusieurs d'anciens, qu'elle

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