‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 4 sur 114 · C CIE · texte numérisé non relu

C CIE

lumière de la grâce ; que nous devons être nous - mêmes , par nos bonnes œuvres , une lumière capable d'éclairer et d'édifier nos frères. Matth., c. S, y. 16.

Dom Claude de Vert, dans son Explication des cérémonies de l'Eglise , avoii avancé que dans l'origine on n'allumoit des cierges que par nécessité , parce que les offices de la nuitdemandoient ce secours , et que l'on n'a commencé qu'après le neuvième siècle à donner des raisons morales et mystiques de cet usage. M. Languet, en réfutant cet auteur , a prouvé, par des monuments du troisième et du quatrième siècle, que dès les commencements de l'Eglise on a fait usage des cierges dans l'office divin, par des raisons morales et mystiques , pour rendre honneur à Dieu, pour témoigner que Jésus - Christ est , selon l'expression de saint Jean , la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde ; pour faire souvenir les fidèles de la parole de ce divin maître, qui a dit à ses disciples : Fous êtes la lumière du monde ; ceignez vos reins, et tenez à la main des lampes allumées , etc. C'est pour cela que l'on mettoit à la main des nouveaux baptisés un cierge allumé , en leur répétant cette leçon, et que l'on allumoit des cierges pour lire l'Evangile à la messe. Ainsi le concile de Trente n'a pas eu tort de regarder cet usage comme venant d'une tradition apostolique, sess. 22, c. 5. Par conséquent les protestants ont eu tort de le supprimer et de l'envisager comme un rit superstitieux.

Au commencement du cinquième siècle , l'hérétique Vigilance objectoit , comme eux , que c'éloit une pratique empruntée des païens, qui faisoient brûler des lampes et des cierges devant les statues de leurs dieux. Saint Jérôme leur répond que le culte rendu par les païens à leurs idoles étoit détestable, parce qu'il s'adressoit à des objets imaginaires et indignes de vénération ; que celui des chrétiens , adressé à Dieu et aux martyrs, est louable, parce que ce sont des êtres réels et très - dignes de nos respects. Marie , sœur de Lazare, eut - elle tort de répandre des parfums pour faire.

CIE

honneur à Jésus -Christ , parce que les païens en répandoient aussi dans leurs temples? Il réprimanda ses disciples lorsqu'ils voulurent le trouver mauvais et blâmer la sainte prodigalité de cette femme. Nous serons obligé de répéter vingt fois que s'il falloit nous abstenir de toutes les pratiques dont les païens ont abusé , il faudroit supprimer toute espèce de culte extérieur. Les abus subsistoient déjà chez les nations idolâtres, lorsque Dieu prescrivit aux Hébreux le culte qu'ils dévoient lui rendre ; il voulut cependant qu'ils fissent à son honneur plusieurs choses que les païens faisoient pour leurs dieux. Voyez Cérémonie, Culte extérieur.

Le concile d'Elvire, tenu vers l'an 500, can. 34 , défend d'allumer pendant le jour des cierges sur les cimetières , parce que } dit-il, il ne faut pas inquiéter les esprits des saints. L'on a donné différentes explications de ce canon ; il nous paroît faire allusion au reproche que fit Samuel à Saûl , lorsque celui -ci le fit évoquer par la pythonisse d'Endor : Pourquoi avez- vous troublé mon repos , en me faisant sortir du tombeau ? Quare inquietasti me ut suscitarer?

I. Reg., c. 28 , f. 15. Ainsi le concile condamnoit la superstition de ceux qui allumoient des cierges sur les cimetières, dans l'intention d'évoquer les morts :

c'était un reste de paganisme.

De nos jours , on a poussé l'ineptie jusqu'à supputer combien coûte chaque année le luminaire des églises ; on en a porté la dépense à quatre millions pour le royaume, et l'on a conclu gravement à supprimer les cierges. Les raisons sur lesquelles on a fondé la nécessité de cette réforme , ne tendent pas à moins qu'au retranchement de toute cérémonie qui peut être dispendieuse. A cela nous répondons , que les leçons de vertu valent mieux que l'argent ; que ceux qui ne donnent rien à Dieu , ne sont pas fort enclins à donner aux pauvres ; que ce n'est point à des philosophes sans religion qu'il appartient de prescrire ce que l'on doit faire par religion. Nous ne supputons point ce qu'il en coûte chaque année pour l'illumination des spectacles

* CLE

et des écoles du vice ; ils peuvent se dispenser aussi de calculer les dépenses du culte divin. Malheur à toute nation chez laquelle on compte ce qu'il en coûte pour honorer Dieu et pour être homme de bien. Voyez Yancien S acr ameutai re , lre part., p. 52 et 747.

Mais , puisqu'enfin il faut des raisons de politique et de finance pour satisfaire nos censeurs , nous disons que la consommation qui se fait dans les églises n'est pas moins utile au commerce que celle qui se fait dans les maisons des particuliers.

Cierge pascal. Dans l'Eglise romaine, c'est un gros cierge auquel un diacre attache cinq grains d'encens en forme de croix , et il allume ce cierge avec du feu nouveau pendant l'office du samedi saint.

Le pontifical dit que le pape Zozime a institué cette cérémonie ; Baronius prétend qu'elle est plus ancienne , et le prouve par une hymne de Prudence : il croit que Zozime en a seulement étendu l'usage aux églises paroissiales, et qu'auparavant on ne s'en servoit que dans les grandes églises. Papebrock en marque plus distinctement l'origine dans son Conatus chronico-hisloricus. Lorsque le concile de Nicée eut réglé le jour auquel il falloit célébrer la fête de Pâques, le patriarche d'Alexandrie fut chargé d'en faire un canon annuel , et de l'envoyer au pape. Comme toutes les fêtes mobiles se règlent par celle de Pâques, on en faisoit tous les ans un catalogue , que l'on écrivoit sur un cierge, et on bénissoit ce cierge avec beaucoup de cérémonie.

Selon l'abbé Châtelain , ce cierge n'étoit pas fait pour brûler, il n'avoit point de mèche ; il étoit seulement destiné à servir de tablettes pour marquer les fêtes mobiles de l'année courante. Alors on gravoit sur le marbre ou sur le bronze les choses dont on vouloit perpétuer la mémoire; on écrivoit sur du papier d'Egypte ce que l'on vouloit conserver longtemps ; on se contentoit de tracer sur la cire ce qui devoit être de peu de durée. Dans la suite on écrivit la liste des fêtes mobiles sur du papier , mais on l'atta-

CIR

choit toujours au cierge pascal; cette coutume s'observe encore à Notre-Dame de Rouen et dans toutes les églises de l'ordre do Cluni. Telle paroît être l'origine de la bénédiction du cierge pascal; mais il est dit dans cette bénédiction que ce cierge allumé est le symbole de Jésus- Christ ressuscité. La préface, qui fait partie de cette bénédiction , est au plus tard du cinquième siècle ; elle se trouve dans le missel gallican telle qu'on la chante encore aujourd'hui ; les uns l'attribuent à saint Augustin, les autres à saint Léon.

CI LICE. Voyez Sac.

CIMETIÈRE. Voyez Funérailles.

CIRCONCELLIONS ou SCOTOPITES , donatistes d'Afrique au quatrième siècle, ainsi nommés parce qu'ils rôdoient autour des maisons , dans les villes et dans les bourgades , sous prétexte de venger les injures , de réparer les injustices, de rétablir l'égalité parmi les hommes. Ils mettoient en liberté les esclaves sans le consentement de leurs patrons , déclaroient quittes les débiteurs, et commettoient mille désordres. Makide et Faser furent les chefs de ces brigands enthousiastes. Ils portèrent d'abord des bâtons qu'ils nommoient bâtons d'Israël, par allusion à ceux que les Israélites dévoient avoir à la main en mangeant l'agneau pascal ; ils prirent ensuite des armes pour opprimer les catholiques. Donat les appeloit les chefs des saints, et exerçoit par leur moyen d'horribles vengeances.

Un faux zèle de martyre les porta à se donner la mort: les uns se précipitèrent du haut des rochers, ou se jetèrent dans le feu ; d'autres se coupèrent la gorge. Les évoques , hors d'état d'arrêter par eux-mêmes ces excès de fureur , furent contraints d'implorer l'autorité des magistrats. On envoya des soldats dans les lieux où ils a> oient coutume de se rassembler les jours de marchés publics ; il y en eut plusieurs de tués , que les autres honorèrent comme des martyrs.

Les femmes, perdant leur douceur naturelle , imitèrent la barbarie des circoncellions : l'on en vit plusieurs qui , malgré leur grossesse, se jetèrent dans des précipices. Voy. saint Augustin ,

8 CIR

hœr., 69 ; Baron., an. 331. n° 9 ; 348 , n° 26, etc.; Pratéole, Philaslre, etc.

Vers le milieu du treizième siècle , on donna le même nom de circoncellions a quelques prédicants fanatiques d'Allemagne , qui suivirent le parti de l'empereur Frédéric, excommunié au concile de Lyon par le pape Innocent IV. Ils prêchoient contre le pape , contre les évêques , contre tout le clergé et contre les moines; ils prétendoient que tous avoient perdu leur caractère, leurs pouvoirs et leur juridiction, par le mauvais usage qu'ils en avoient fait; que tous ceux qui suivoient le parti de Frédéric obtiendroient la rémission de leurs péchés ; que tous les autres seroient réprouvés et damnés. Ce fanatisme fit beaucoup de tort à l'empereur, et détacha de ses intérêts un grand nombre de catholiques. Voyez Dupin, sur le treizième siècle, pag. 190.

CIRCONCISION, cérémonie religieuse chez les Juifs ; elle consistoit à couper le prépuce des enfants mâles huit jours après leur naissance, ou des adultes qui vouloient faire profession de la religion juive. La circoncision est encore en usage parmi d'autres peuples, mais non comme un acte de religion. Nous n'avons à parler que de la circoncision des Juifs.

Celte cérémonie a commencé par Abraham, à qui Dieu la prescrivit comme le sceau de l'alliance qu'il avoit faite avec ce patriarche. Gen., c. 17, f. 10. En conséquence de cette loi , portée l'an du monde 2108, Abraham, âgé pour lors de quatre-vingt-dix-neuf ans , se circoncit lui-même , son fils Ismaël et tous les esclaves de sa maison ; et depuis ce moment la circoncision a été une pratique héréditaire pour ses descendants.

Dieu en réitéra le précepte à Moïse.

Exod., c. 12 , f. 44, 48. Tacite, parlant des Juifs, Hist., liv. 5, chap. 1 , reconnoît expressément que la circoncision les distinguoit des autres nations ; saint Jérôme et d'autres auteurs ecclésiastiques font la même remarque.

Celse et Julien , pour contredire l'histoire sainte , ont prétendu qu'Abraham, qui étoit venu de Chaldée en Egypte, y

cm

avoit trouvé l'usage de la circoncision établi , et qu'il l'avoit emprunté des Egyptiens ; qu'elle n'étoit donc pas un signe distinctif du peuple de Dieu. Le chevalier Marsham , Le Clerc et d'autres ont soutenu la r^ème chose , fondés sur quelques passages d'Hérodote et de Diodore de Sicile.

On leur oppose , 1° que le témoignage d'Hérodote sur les antiquités égyptiennes est très-suspect ; cet auteur , qui n'entendoit pas la langue de l'Egypte , a été trompé fort aisément par les prêtres égyptiens ; Manéthon , né dans ce payslà , lui reproche plusieurs erreurs à cet égard. L'autorité de Moïse , qui étoit beaucoup plus ancien et mieux instruit que des étrangers , nous paroît préférable à celle d'Hérodote et de Diodore de Sicile.

2° Abraham , qui avoit voyagé en Egypte , en sortit sans être circoncis , et on ne voit pas quelle raison auroit pu l'engager à imiter un usage égyptien ; il ne reçut la circoncision que par un ordre exprès de Dieu , et il y a plus de raisons de penser qu'au contraire les Egyptiens ont adopté cet usage des Israélites , qui demeurèrent longtemps en Egypte.

5° Les Juifs regardoient la circoncision comme un devoir de religion et d'obligation étroite pour les mâles seulement , auxquels on la donnoit le huitième jour après leur naissance; chez les autres peuples c'étoit un usage de propreté , de santé , peut-être de nécessité physique ; on ne la donnoit aux enfants que dans la quatorzième année ; et les filles y étoient assujetties aussi bien que les garçons.

4° La circoncision des mâles n'a jamais passé en loi générale chez les Egyptiens ; saint Ambroise , Origène , saint Epiphane et Josèphe , attestent qu'il n'y avoit que les prêtres, les géomètres, les astronomes et les savants dans la langue hiéroglyphique , qui fussent astreints à cette cérémonie. Suivant saint Clément d'Alexandrie, Strom., liv. 1, Pythagore, voyageant en Egypte , voulut bien s'y soumettre , afin d'être initié dans le mystère des prêtres, et d'apprendre les «ecrets de leur philosophie.

i cm

Artapan , cité dans Eusèbe , Prœp.

Evang., 1. 9, c. 27, assure que ce fut Moïse qui communiqua la circoncision aux prêtres égyptiens. D'autres pensent qu'elle ne fut en usage parmi eux que sous le règne de Salomon. Fort longtemps après celte époque , Ezéchiel , c. 51 , f. 18 ; c. 52, f. 19 ; et Jérémie , c. 9, f. 24 et 25, comptent encore les Egyptiens parmi les peuples incirconcis.

Mém. de VAcad. des Inscript., t. 70 , î'n-12,p. 112.

Spencer, de Legib. Hebrœorum Ritualib., liv. 1 , c. 4 , sect. 4 , a rapporté les raisons pour et contre, touchant l'origine de la circoncision chez les Juifs , et n'a pas voulu décider la question.

Vainement on a cherché des raisons physiques de cet usage parmi les Juifs; une preuve qu'ils n'en avoient besoin ni pour la propreté, ni pour éviter aucune maladie , c'est que les chrétiens qui ont habité pendant longtemps la Palestine , les Grecs qui y demeurent encore aujourd'hui avec les Turcs , n'ont jamais pratiqué la circoncision, et n'ont ressenti pour cela aucune incommodité.

Chez les Hébreux , la loi n'avoit rien prescrit sur le ministre ni sur l'instrument de la circoncision ; le père de l'enfant , un parent, un prêtre , un chirurgien , pouvoient faire cette opération.

L'on se servoit d'un rasoir, d'un couteau, ou d'une pierre tranchante. Séphora, femme de Moïse, circoncit son fils Eliézer avec une pierre. Exod., c. 4 , f. 25.

Josué en usa de même envers les Israélites à Galgala, c. 5, jr. 2. On prétend que les Egyptiens se servoient aussi de pierres tranchantes pour ouvrir les corps des morts qu'ils embaumoient. Chez les Juifs modernes, la circoncision se donne aux enfants mâles avec beaucoup d'appareil; mais le détail des cérémonies qu'ils observent ne nous regarde pas.

Sous les rois de Syrie , les Juifs apostats s'efforçoient d'effacer en eux-mêmes la marque de la circoncision; il est dit dans le premier livre des Machabées , c. 1 , f. 16 : Fecerunt sibi prœputia, et Josèphe en convient, Antiq. Jud., liv. 12, c. 6. —Saint Paul,/. Cor.,c. 7,

CIR

f. 18, semble craindre que les Juifs convertis au christianisme n'en usassent de même : Circumcisus aîiquis vocatus est } non adducat prœputium. Saint Jérôme , Rupert et Haimon nient la possibilité du fait, et croient que la circoncision est ineffaçable ; mais des médecins célèbres , Celse , Galien , Bartholin, etc., soutiennent le contraire.

Outre l'effet naturel de distinguer les Juifs des autres peuples, la circoncision avoit des effets moraux ; elle rappeloit aux Juifs qu'ils descendoient du père des croyants , de la race dont devoit naître le Messie ; qu'ils dévoient imiter la foi d'Abraham , croire comme lui aux promesses de Dieu. Selon Moïse , Deut., chap. 30, f. 6 , c'étoit un symbole de la circoncision du cœur; selon Philon, de Circumcis., et saint Paul, Galat., c. 5, f. 3, elle obligcoitle circoncis à l'observation de toute la loi; enfin elle étoil la figure du baptême. M. Fleury, Mœurs des Israélites , observe que les anciens Juifs n'avoient pas une aussi haute idée de la circoncision que les rabbins modernes ; plusieurs ne la regardoient que comme un simple devoir de bienséance.

Les théologiens la considèrent comme un sacrement de l'ancienne loi , en ce qu'elle éloit un signe de l'alliance de Dieu avec la postérité d'Abraham. Voyez saint Thomas , in 4 Sent., Disl. 1 , quœst. 1 , art. 2, ad quartam. Mais ce sacrement donnoit-il la grâce , et comment ?

Saint Augustin a soutenu que la circoncision rcmettoit le péché originel aux enfants, liv. 4, deNupt. et Concup., c. 2 ; il le répète dans plusieurs de ses ouvrages contre les pélagiens et contre la lettre de Pétilien. Saint Grégoire le Grand, dans ses Morales sur Job, liv. 4, c. 5, Bède , saint Fulgence , saint Pro-

sper, le maître des sentences, Alexandre de Halès , Scot, Durand , saint Bonaventurc , Estius , etc., sont de même sentiment ; ces deux derniers sont allés jusqu'à dire que la circoncision produisoit la grâce ex opère operato y comme les sacrements de la loi nouvelle.

Quelque respectables que soient ces autorités , elles n'ont point subjugué les théologiens ; le très-grand nombre pen-

io cm

sent, comme saint Thomas, que la circoncision n'avoit point été instituée pour servir de remède au péché originel ; il* le prouvent , 1° parce que le texte de la Genèse, c. 17, >y. 10, n'en dit rien ; il ne donne la circoncision que comme un signe d'alliance entre Dieu et la postérité d'Abraham. 2° Saint Paul, Rom., c. 4 , f. 11 , enseigne qu'Abraham reçut la circoncision comme le sceau de la justice qu'il avoit eue avant d'être circoncis. Le même apôtre , parlant en général des cérémonies de l'ancienne loi, les appelle des éléments vides et sans effets, des justices de la chair ; donc aucune n'a eu la vertu d'effacer le péché. 5° Tous les Pères , avant saint Augustin, ont unanimement soutenu que la circoncision n'avoit pas la vertu d'effacer le péché originel ; ainsi ont pensé saint Justin, saint Irénée , Tertullien, saint Cyprien , saint Jean Chrysostome, saint Ambroise, saint Epiphane , Théodoret , Théophilacte , (Écuménius, et la foule des commentateurs. 4° Puisque le péché originel est commun aux deux sexes, il n'eût été ni de la bonté ni de la sagesse de Dieu d'établir pour ce péché un remède qui n'étoit applicable qu'aux mâles. 5° Pourquoi attendre au huitième jour, pourquoi interrompre pendant quarante ans la circoncision dans le désert , si c'étoit un remède au péché ? 6° Philon et les rabbins anciens ou modernes, malgré la haute idée qu'ils avoient de la circoncision , ne lui ont jamais attribué la vertu d'effacer le péché ; il est même incertain si le commun des Juifs avoit aucune idée du péché originel.

Saint Augustin, pour établir son opinion , a forcé le sens de L'Ecriture sainte» Il lisoit dans les Septante ou dans l'ancienne vulgate : Tout enfant mâle dont la chair n'aura pas été circoncise le huitième jour, sera exterminé de son peuple, parce qu'il a violé mon al' liance. Mais, 1° ces mots, le huitième jour, ne sont ni dans l'hébreu, ni dans notre vulgate , qui est faite sur l'hébreu ; comment un enfant , avant l'usage de la raison , auroit-il violé l'alliance du Seigneur ? 2° Saint Augustin vouloit que ces mots , sera exterminé de son peuple y

cm 1

unifiassent, sera condamné à V enfer :

,ïr ils signifient seulement , sera puni de mort , ou sera enlevé par une mort prématurée, ou sera séparé du corps des Israélites, ou sera privé des privilèges attachés à V alliance que Dieu a faite avec Abraham. 3° C'est de cette dernière alliance qu'il s'agit uniquement, et non de celle que Dieu avoit faite avec nos premiers parents ; alliance que, selon l'idée de saint Augustin , nous avons tous violée dans la personne d'Adam.

Le mot pactum , alliance, répété jus- ! qu'à huit fois dans le chapitre 47 de la | Genèse , signifie constamment les enga- | gements que Dieu imposoit à Abraham. I

Il n'y a donc aucune preuve que dans i l'ancienne loi , ou auparavant, Dieu ait institué un remède ou un signe extérieur pour effacer le péché originel. Vouez { cet article et les Dissertations de D. Calmet sur la Circoncision ; Bible d'Avignon , tom. 1 , pag. 580 , et tom. 15 , p. 514. I

Circoncision de Notre-Seigneur , fête \ qui se célèbre dans l'Eglise romaine le \ premier jour de janvier. Jésus-Christ a dit lui-même qu'il n'étoit pas venu pour détruire la loi, mais pour l'accomplir : conséquemment il se soumit à la circon- \ cision j et la reçut comme les autres en- j fants. Ou croit communément que ce fut ! à Bethléem, et, selon saint Epiphane, dans la grotte même où il étoit né ; il ! reçut dans cette cérémonie le nom de ! Jésus ou de Sauveur. Luc, c. 2, v. 21. |

Autrefois on appeloit celte fête Y Oc- ! tave de la Nativité ; elle ne fut établie j sous le nom de Circoncision que dans le septième siècle , et seulement en Espagne. En France, le premier janvier étoit un jour de pénitence et de jeûne , pour expier les superstitions et les dérèglements auxquels on se livroit ce jourlà, et qui étoient un reste de paganisme.

A ces divertissements profanes, abolis en 1444 , suivant l'avis de la faculté de théologie de Paris , on substitua une fête solennelle qui est actuellement célébrée dans toute l'Eglise, et qui est aussi la fête du Saint Nom de Jésus.

CIRCUM-1NCESSION. Voyez Trinité.

CLA

Page 1