‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 30 sur 114 · CRO 162 CRO · texte numérisé non relu

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apprend qu'Eusèbe fait mention de la s salem montoit sur une tribune élevée , découverte de la croix dans son Corn- j et il y exposoit la sainte croix à la vémen taire sur lePs. 87, p. 549. | nération du peuple : de là le nom

a Les miracles de Jésus-Christ, dit j d'Exaltation donné à la fè:e. Les Grecs

; nommoient cette cérémonie , le» Mys- ! têres sacrés de Dieu , ou la Sainteté de \ Dieu , au rapport de Nicéphore.

Vers l'an 614, Chosroès , roi de Perse, ; après avoir vaincu les Romains, s'em- I para de Jérusalem; il emporta dans la » Il en est de même du sépulcre où il a j Perse la sainte croix 3 qui étoit ren- » été enseveli , et de la pierre qui est \ fermée dans une chasse d'argent. Mais » encore aujourd'hui dessus. » Calec, j l'an 628, Chosroès fut vaincu à son tour 10. Dans la quatrième et la treizième j par l'empereur Iléraclius , et obligé de catéchèse, il dit que les parcelles de la j recevoir les conditions de la paix. L'un croix sont répandues par tout le monde, j des premiers articles du traité conclu Les lidèles qui visitoient les lieux saints avec Siroës son tils, fut la restitution de désiroient tous d'en avoir. Quand nous i celte précieuse relique. Elle fut rapn'aurions point d'autre témoin que ce- s portée par Zacharie, patriarche de Jélui-là , il ne seroit pas récusable ; il étoit rusalem , qui avoit été l'ait prisonnier, né et il parloit sur le lieu même, il pou- et fut replacée par Iléraclius lui-même voit avoir vu de ses yeux le fait qu'il ] dans l'Eglise du Calvaire. Cet événement attestoit , et plusieurs de ses auditeurs

en avoient été témoins comme lui.

Rasnage a néanmoins osé écrire , dans son JJist. des Juifs, liv. 6 , ch. 14, sect. 10, que Grégoire de Tours, mort l'an 596 , est le premier qui en ait

rendit plus célèbre la fête de \' 'Exaltation de la sainte Croix. Dans le huitième siècle , les Latins établirent une fête particulière le 3 de mai , en mémoire de l'invention ou de la découverte de cette relique. Ployez Acla Sanct., 5 maii;

parlé. C'est ainsi que sont instruits les ïhomassin, Traité de Fêles, p. 479 ;

auteurs que les protestants regardent comme des oracles. Tillemont , tom. 7 , p. 5. Dans les Fies des Pères et des Martyrs, tom. 4, pag. 91 , l'on trouvera un détail curieux touchant les divers instruments de la passion du Sauveur.

La seconde fête de la sainte croix est celle de son Exaltation, le 14 septembre : l'institution en est plus ancienne que celle de la fête précédente; elle remonte au règne de Constantin.

On est persuadé qu'elle fut établie l'an 355, soit en mémoire de la croix qui avoit apparu miraculeusement à cet empereur, soit pour célébrer la découverte que sainte Hélène sa mère avoit faite de la croix de Jcsus-Christ. Du moins les Grecs et les Latins la solennisoicut au cinquième et au sixième siècle . et ils l'avoient fixée au jour de la dédicace de l'Eglise que sainte Hélène avoit fait bâtir sur le Calvaire. Toutes les années , à ce jour , l'évoque de Jéru-

Fies des Pères et des Martyrs, t. 8 , 14 septembre , etc.

Quant à l'apparition miraculeuse d'une croix que l'empereur Constantin vit dans le ciel , voyez Consta.x tix.

Croix pectorale; c'est une croix d'or , d'argent, ou de pierres précieuses, que les évoques, les archevêques, les abbés réguliers et les abbesses portent pendue à leur cou, et qui est une des marques de leur dignité.

Cet usage paroil ancien : Jean le Diacre représente saint Grégoire dans son mausolée avec un reliquaire pendu à son cou , et nomme cet ornement filaleria ; peut-être est-ce une corruption du mot phylacteria. Voy. Phylactères.

Saint Grégoire lui-même , expliquant ce terme , dit que c'est une croix enrichie de reliques. Innocent III dit que par cette croix les papes ont voulu imiter la lame d'or que le grand prêtre des Juifs portoit sur son front. Cet usage des papes a passé aux évéques. Quant à la

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croix que l'on porte devant les archevêques , voyez Porte - croix , et Y ancien Sacrementaire, première partie , p. 163.

CROSSE , bâton pastoral que portent les archevêques, les évêques et les abbés éguliers , et que l'on porte devant eux "i jand ils officient.

ïl paroît que dans l'origine c'étoit un bâton pour s'appuyer ; mais de tout temps cet appui , nécessaire aux vieillards, a été une marque de distinction.

Num.,c. 17,^.2, etc. 21, f. 18. Nous voyons les chefs des tribus d'Israël distingués par le bâton, et c'est l'origine du sceptre ou bâton de commandement.

On lit pour la première fois , dans le concile de Troye de l'an 867, que les évêques de la province de Reims , qui avoient été sacrés pendant l'absence de l'archevêque Ebbon , reçurent de lui, après qu'il eut été rétabli , l'anneau et îe bâton pastoral suivant l'usage de l'Eglise de France. En 885, dans le concile de Nîmes , on rompit la crosse d'un archevêque de Narbonne, intrus , nommé Selva. Balsamon dit qu'il n'y avoil que les patriarches en Orient qui la portassent.

On donne cette crosse àl'évêque dans l'ordination, pour manquer, dit sainl Isidore de Séville , qu'il a droit de corriger , et qu'il doit soutenir les foibles. L'auteur delà vie de saint Césaire d'Arles parle du clerc qui portoit sa crosse; et saint Burchard, évêque de Wurtsbourg, est loué dans sa vie d'avoir eu une crosse de bois. Voyez Y ancien Sacramentaire, première partie , p. 150,154.

CROYANCE. Croire, en général, est la même chose qu'être persuadé et convaincu ; aussi croyance signifie persuasion ; mais toute persuasion ne peut pas être appelée croyance.

Nous sommes persuadés que deux et deux font quatre , que les trois angles d'un triangle sont égaux à deux droits ; ces deux propositions sont évidentes par elles-mêmes. Quoique nous ne concevions pas comment la liberté peut se concilier avec l'immutabilité , nous sommes convaincus cependant que Dieu est libre et immuable , parce que c'est une

vérité qui se déduit évidemment de la notion tfEtre nécessaire , conséquemment une vérité démontrée.

Nous sommes certains qu'un corps est mû par un autre corps ; nous le voyons de nos yeux , nous le sentons par le tact, quoique nous ne comprenions pas pourquoi le mouvement se communique d'un corps à un autre corps. Nous sentons que notre âme meut notre propre corps , c'est une vérité de conscience, quoiqu'il ne soit pas possible de concevoir comment un esprit peut agir sur un corps.

Dans tous ces cas , notre persuasion n'est pas proprement une croyance; nous ne croyons pas, mais nous voyons et nous sentons.

Quoique nous n'ayons pas vu le ville de Rome, nous croyons son existence, sur le témoignage de ceux qui l'ont vue, de ceux qui l'habitent , sur les relations que nous avons avec eux , etc. Les peuples de Guinée, qui n'ont jamais vu de glace , qui ne conçoivent pas comment l'eau peut devenir un corps solide, croient cependant l'existence de la glace, sur le témoignage de mille voyageurs; s'ils ne la croyoient pas , ils seroient insensés. Les aveugles-nés ne conçoivent point les phénomènes des couleurs, un miroir, une perspective, un tableau; ils en croient cependant l'existence, et celte persuasion leur est dictée par le bon sens. Dans ces divers cas, la croyance est une foi humaine fondée sur Je témoignage des hommes.

Nous croyons que Dieu est un en trois Personnes , que le Verbe incarné est Dieu et homme, que Jésus- «Christ est réellement dans l'Eucharistie, etc.; quoique nous ne concevions pas ces mystères, nous les croyons sur le témoignage de Dieu , ou parce que Dieu les a révélés : cette croyance est une foi divine. Nous sommes convaincus de la révélation par les motifs de crédibilité dont elle est revêtue.

Lorsqu'on demande, pouvons -nous croire ce que nous ne concevons pas ?

c'est demander si les aveugles-nés peuvent croire l'existence des couleurs , si les peuples de Guinée peuvent croire

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Pcxistence cîe la glace, si nous-mêmes pouvons croire la communication du mouvement d'un corps à un autre. Cependant Ton a fait des libelles pour prouver qu'il est impossible de croire sérieusement ce que Ton ne conçoit pas , que c'est un enthousiasme et une folie, que nos professions de foi ne sont qu'un jargon de mots sans idées , que proposer à un homme un mystère , c'est comme si on lui pailoit une langue inconnue , etc. ; et toutes ces maximes sont autant d'axiomes de la philosophie des incrédules.

Pour croire un dogme de foi divine , est- il nécessaire que ce dogme soit obscur et inconcevable? Non. La spiritualité et l'immortalité de l'âme nous paroissent des vérités démontrées ; mais nous pouvons faire abstraction des preuves naturelles que nous en avons, et croire ces mêmes vérités, parce que Dieu les a révélées; un ignorant, qui n'a jamais réfléchi sur les preuves , croit ces deux dogmes , parce que la religion les lui enseigne.

Ceux qui virent Jésus -Christ opérer un miracle , pour prouver qu'il avoit le pouvoir de remettre les péchés , Malt., c. 9, jL 6, furent témoins oculaires de la révélation, ou du signe par lequel Dieu atlestoit le pouvoir de Jésus-Christ ; ils en eurent une certitude physique. Sans avoir vu les miracles du Sauveur, nous en avons une certitude morale portée au plus haut degré : non-seulement ils nous sont attestés par les écrits des témoins oculaires et par une tradition vivante qui n'a jamais été interrompue, mais par l'effet qu'ils ont produit , qui est l'établissement du christianisme. Jamais les apôtres n'auroient converti personne, si les faits qu'ils annonçoient n'avoient pas été indubitables. Foyez Certitude.

Quand on reproche aux athées et aux autres incrédules les conséquences de leur doctrine, et les funestes effets qu'elle doit produire sur les mœurs, ils disent que la croyance influe très-peu sur la conduite des hommes , que le tempérament seul décide de leurs vices ou de leurs vertus; de là ils concluent

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i que la religion est la chose du monde

j la plus indifférente et la plus inutile.

j D'autre part, ils soutiennent que les vices et les malheurs des hommes vien-

i nent de leurs erreurs , qu'il faut leur enseigner la vérité pour les rendre heureux , qu'il est bon par conséquent de prêcher l'athéisme, parce que c'est la vérité ; ils ajoutent que les erreurs en fait de religion sont la cause de la plupart des crimes commis dans le monde.

La contradiction de ces principes est palpable. De quoi servira aux hommes la vérité , si cette connoissance ne peut influer en rien sur leur conduite ?

Comment la religion , qui commande toutes les vertus et défend tous les vices, peut-elle produire par elle-même l'effet directement opposé au but de son institution ?

Il ne sert à rien de citer l'exemple des chrétiens vicieux , pour prouver que leur religion n'influe en rien sur leurs mœurs. Lorsque la croyance gêne les passions, il n'est pas étonnant que cellesci soient souvent les plus fortes , et entraînent l'homme au crime malgré les remords que la religion lui cause. Au contraire , si la doctrine favorise les passions , en brisant le lien qui tend à les réprimer , elle doit certainement rendre l'homme plus vicieux , puisqu'elle étouffe en lui la voix de la conscience et les remords. Tel est donc l'effet que produiroient l'a théisme et l'irréligion sur tous ceux qui sont nés avec des passions violentes.

Où les faits décident, les conjectures et les raisonnements sont superflus. Il est incontestable que le christianisme , dès qu'il fut établi , causa une révolution sensible dans les mœurs des Juifs et tics païens, et les rendit beaucoup meilleures qu'elles n'étoient ; c'est un fait avoué par les ennemis même de la religion.

Donc il n'est pas vrai , en général , que la croyance des hommes n'influe en rien sur leur conduite.

CRUCIFIEMENT. Quelle qu'ait été la méthode des Romains et des Juifs d'attacher à la croix ceux qui ô*toicnl condamnés à mourir par ce si . nous ne pouvons douter de la manière dont

«les évangéiistcs ne laisse aucune incertitude sur ce point; il est dit que Jésus- Christ , après sa résurrection , fit voir et toucher à saint Thomas les plaies formées dans ses mains et dans ses pieds par les clous. Joan., c. 20 , f. 25 et 27. Sur la vraie croix , conservée à Rome , on remarque encore les vestiges des clous , et lorsqu'elle fut retrouvée par sainte Hélène , on retrouva aussi les clous par lesquels Jésus -Christ y avoit été attaché.

Ce supplice étoit cruel ; il n'est pas étonnant que Jésus-Christ , épuisé par une nuit entière de souffrances , par la flagellation, par la fatigue de porter sa croix , par les plaies de ses membres, n'ait conservé sa vie sur la croix que pendant trois heures , et soit mort plus tôt que les deux voleurs crucifiés avec lui. Aucun des ennemis du christianisme n'a osé disconvenir autrefois que Jésus-Christ n'ait expiré sur la croix; mais de nos jours , il s'en est trouvé qui ont affecté de douter s'il étoit véritablement mort lorsqu'il en fut détaché.

Ils n'ont pas vu qu'ils faisoient disparoître une de leurs plus pompeuses objections contre la résurrection ; ils disent que si Jésus-Christ étoit véritablement ressuscité, il auroit sans doute reparu en public , et se seroit montré à ses ennemis pour les confondre. Mais, par la même raison, s'il n'étoit pas mort, il n'a tenu qu'à lui de reparoître et de se montrer aux Juifs , s'il l'avoit voulu.

Constantin , converti au christianisme, abolit avec raison le supplice de la croix. Dès ce moment , elle a passé non-seulement, comme le dit saint Augustin , du lieu des supplices sur le front des empereurs , mais du lieu des supplices sur les autels.

Plusieurs incrédules ont prétendu qu'il y a contradiction entre les évangélislcs au sujet de l'heure à laquelle Jésus-Christ fut attaché à la croix. Saint Matthieu , saint Marc et saint Luc , après avoir raconté le crucifiement, disent que depuis la sixième heure jusqu'à la neuvième, c'est-à-dire depuis midi jusqu'à trois heures , la Judée fut couverte

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