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Jésus-Christ y fut attaché. La narration de ténèbres ; d'où il résulte que le Sauveur fut attaché à la croix vers midi.
Mais saint Marc, c. 15, jfr. 25, dit, en parlant des Juifs, il étoit la troisième heure , ou neuf heures du matin , et ils le crucifièrent. Au contraire , nous lisons dans saint Jean , c. 1 9 , f. 1 4 , qu'il étoit environ la sixième heure , ou midi , lorsque Pilale présenta Jésus aux Juifs, qui demandèrent sa mort; il ne put donc être crucifié que quelques heures après midi. Comment concilier tout cela? Fort aisément, avec un peu d'attention. Saint Jean ne dit pas qu'il étoit la sixième heure précise , mais environ la sixième heure; il n'étoit donc pas encore midi lorsque les Juifs demandèrent la mort de Jésus , et que Pilate le leur livra : or, l'évangéliste ajoute , f. 16, que tout do suite ils le conduisirent au Calvaire , chargé de sa croix ; Jésus- Christ put donc y être attaché à midi , comme les trois autres évangélistes le supposent. Lorsque saint Marc dit qu'il étoit la troisième heure, et qu'ils le crucifièrent, on doit entendre que dès les neuf heures du matin les Ju:[s se disposèrent à le crucifier , après que Pilate le leur auroit livré ; autrement il y auroit contradiction entre le f. 25 et le f. 33 du même chapitre de saint Marc. Il est évident que , dans les f. 25, 24, 25 et 26, cet historien n'a ni suivi l'ordre des faits , ni prétendu marquer l'heure précise. Cette circonstance n'étoit pas assez importante pour mériter beaucoup d'attention ; et quand un copiste , par inadvertance , auroit mis la troisième heure pour la sixième heure, ce ne seroit pas un grand malheur.
i CRUCIFIX , image de Jésus -Christ attaché à la croix. Les catholiques honorent le crucifix en mémoire du mystère de la rédemption , et pour exciter en eux la reconnoissance de ce bienfait ; les protestants ont ôté les crucifix des églises. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine que, du temps de la prétendue réformation d'Angleterre, la reine Elisabeth put en conserver un dans sa chapelle. Nous ne savons pas pourquoi les réformateurs ont témoigné tant d'horreur pour ce signe si capable d'exciter
la piété. L'on en voit cependant encore dans plusieurs temples des luthériens.
Autrefois un catholique se seroit fait scrupule de ne pas avoir un crucifix dans sa chambre ; aujourd'hui on laisse au peuple ce pieux usage ; il est dangereux qu'en perdant de vue l'image , on n'oublie bientôt ce qu'elle représente.
Le culte de la croix et l'usage des crucifix devinrent plus communs dans l'Eglise, immédiatement après l'invention de la sainte croix. Fuyez Vancien sacramert taire , par Grancolas , première partie , page 66.
CULTE, honneur que l'on rend à Dieu , ou à d'autres êtres, par rapport à lui et par respect pour lui. 11 est impossible d'admettre en Dieu une providence, sans en conclure qu'il est juste et nécessaire de lui rendre un culte, non parce qu'il en a besoin, mais parce que nous avons besoin nous-mêmes d'être reconnoissants, respectueux, soumis à notre Créateur : quiconque ne l'est pas envers Dieu , l'est encore moins envers les hommes.
Respecter sa majesté suprême, sentir en tout lieu sa présence , reconnoilre ses bienfaits , croire à sa parole, se soumettre à ses ordres et à sa volonté , se conlier en ses promesses et en sa bonté, l'aimer sur toutes choses : voilà les sentiments dans lesquels consiste le culte en esprit et en vérité ; tous réunis forment ce que nous appelons Yadoration ou le culte suprême qui n'est dû et ne peut être rendu qu'à Dieu seul. (Ne IX,
Avant d'entrer dans aucune question sur ce sujet, il faut commencer par expliquer les termes. Dans toutes les langues, culte, honneur , respect , vénération, révérence 3 service , sont synonymes , surtout dans le langage commun cl populaire. Dans l'Ecriture sainte même, le terme hébreu qui désigne le culte suprême rendu à Dieu, exprime aussi l'honneur que les patriarches ont rendu plus d'une fois aux anges, et celui qu'ils ont témoigné aux hommes ; dans ces divers passages, les versions emploient indifféremment le mol adorer, ou se prosterner. Cependant le mol et
l'action ne peuvent pas désigner le même sentiment ni le même degré de respect à l'égard d'objets si différents; il faut donc que la signification desmotschange suivant les circonstances et suivant l'intention des écrivains.
Conséquemment l'on est obligé de distinguer différentes espèces de culte, et il convient d'en prendre l'idée dans l'Ecriture sainte. Faute d'avoir eu des notions justes et nettes sur ce point , les théologiens hétérodoxes ont fait une infinité de raisonnements et de réflexions fausses; il n'est aucun article de la doctrine catholique qu'ils aient mieux réussi à défigurer.
Nous appelons culte intérieur les sentiments d'estime , d'admiration , de reconnoissance , de confiance , de soumission à l'égard d'un être que nous en jugeons digne; et culte extérieur, les signes sensibles par lesquels nous témoignons ces sentiments ; comme les génuflexions, les prosternemenls, les prières, les vœux, les offrandes, etc. Lorsque ces témoignages ne sont pas accompagnés des sentiments du cœur, ce n'est plus un culte vrai et sincère , c'est une pure hypocrisie : vice que Jésus- Christ et les prophètes ont souvent reproché aux Juifs.
Comme le culte change de nature, suivant la différence des motifs qui l'inspirent, il faut distinguer le culte civil d'avec le culte religieux. Lorsque nous honorons dans un personnage des qualités, un pouvoir, une autorité, qui n'ont rapport qu'à l'ordre civil et temporel de la société, c'est un culte purement civil; si nous voulons honorer en lui une dignité, un pouvoir, un mérite surnaturel, avantages qui n'ont rapport qu'à l'ordre de la grâce et au saint éternel, c'est un culte religieux , puisque la religion seule nous pont faire connoitre et nous faire estimer les dons de la grâce. Mais nous ne pouvons ps?
exprimer le culte religieux par d'autres signes que le culte civil , c'est la diversité du motif qui en fait toute la différence.
Par conséquent le culte ne peut pas non plus être le même, lorsque nous
avons une idée toute différente des personnes ou des objets auxquels nous l'adressons. Comme nous reconnoissons en Dieu seul toute perfection , les attributs de créateur et de seul souverain maître, nous lui devons des sentiments d'admiration , de respect , de reconnoissance, de confiance, d'amour, de soumission , que nous ne pouvons avoir pour aucune créature ; ainsi , nous lui rendons non -seulement un culte religieux, mais un culte suprême, que nous appelons proprement adoration; il y auroit de la folie et de l'impiété à
culte inférieur et pour rendre un culte suprême; et c'est alors l'intention seule qui détermine la signification des signes. On s'incline, on se découvre, on se met à genoux , on se prosterne devant les grands aussi bien que devant les rois, sans avoir pour cela l'intention de leur rendre un honneur égal ; il en est encore de même dans le culte religieux à l'égard de Dieu , et à l'égard des anges et des saints. Presque toute la différence se trouve dans la forme des prières; nous demandons à Dieu de nous accorder ses grâces par lui-même , et nous
vouloir rendre ce culte à un autre qu'à supplions les saints de les obtenir pour
lui.
Lorsque nous respectons et honorons, dans les anges et dans les Saints , les grâces surnaturelles que Dieu leur a faites, la dignité à laquelle il les a élevés, le pouvoir qu'il leur accorde, ce n'est certainement plus un culte divin, ni un
nous par leur intercession : cela est trèsdifférent.
Le culte, soit civil, soit religieux, est tantôt absolu et tantôt relatif; les honneurs que l'on rend au roi sont un culte civil absolu, le respect que l'on a pour son image ou pour son ambassadeur est culte suprême, mais un culte inférieur S relatif; on ne les honore pas pour eux-
et subordonné ; c'est néanmoins toujours un culte religieux, puisqu'il a pour motif la religion , ou le respect que nous avons pour Dieu lui-même. Lorsque Dieu dit aux Israélites, Exod.,e. 23, i. 21 : « Respectez mon ange, parce que » mon nom est en lui , » il ne leur prescrivoit pas un culte civil. Lorsqu'une femme de Samarie se prosterna devant Elisée , parce que ce prophète venoit
mêmes , mais en considération du roi.
Il est dit dans le psaume 98, Ilebr. 99 , f. 5 et 9 : a Adorez l'escabeau des pieds
» du Seigneur, parce qu'il est saint
» Adorez sa sainte montagne. *> Lorsque les Juifs se prosternoient devant l'arche d'alliance , devant le temple , devant la montagne de Sion ; lorsqu'ils se tournoient de ce côté-là pour prier, ils ne prétendoient pas rendre leur culte à la
de ressusciter son enfant, elle ne pré- montagne, au temple, ni à l'arche, mais
tendit point honorer en lui une dignité ni un pouvoir civil, mais la qualité de saint prophète, àlwmmede Dieu, et le pouvoir d'opérer des miracles, IV.Reg., c. 4, f. 9 et 57. Dans l'ordre civil , on peut appeler culte suprême celui que l'on rend au roi , et culte inférieur celui que l'on témoigne à ses ministres. Pourquoi cette dénomination n'auroit-elle pas lieu en fait de culte religieux ?
Pour mettre plus de clarté dans leur
!e culte rendu à Dieu , et dulie celui que Jon rend aux saints ; mais dans l'origine,
cijes deux termes tirés du grecsignifioient également service, sans distinction.
Il faut encore se souvenir que nous employons souvent les mêmes démonstrations extérieures , pour témoigner un
à Dieu, qui étoit censé y être présent: donc lorsque nous faisons de même devant une image du Sauveur, ou devant sa croix , ce n'est point à ces symboles que se termine notre culte, mais à Jésus- Christ lui-même. Il dit à ses disciples :
« Celui qui vous reçoit, me reçoit ;
» celui qui vous écoute, m'écoute, et » celui qui vous méprise , me méprise. » Matt., c. 10 , %. 40 ; Luc, c. 10, jL 16. Il n'est donc pas vrai qu'en fait de culte
langage , les théologiens appellent latrie religieux, la distinction que nous mettons entre le culte absolu et le culte relatif soit une invention moderne des
théologiens , qui n'est point fondée sur l'Ecriture sainte , comme les protestants le prétendent.
Avec le secours de ces notions , qui nous paroissent claires , nous parvien-