CITATION DE L'ÉCRITURE SAINTE
Voyez Écriture sainte.
CLAIRETTES (les) , maison de filles religieuses de l'ordre de Cîteaux et de la réforme de la Trappe, fondée par Geoffroy , troisième comte du Perche , et érigée en abbaye en 1 221 . Ces religieuses ont pour supérieurs immédiats les abbés de la Trappe , et imitent la vie des religieux.
Il semble d'abord que l'austérité de la règle des clarisses , des chartreuses, des clairettes , etc., dcvroit effrayer et dégoûter les filles qui ont de la vocation pour l'état religieux. Nous voyons le contraire ; les couvents les plus austères sont ceux qui trouvent le plus aisément des sujets , dans lesquels les religieuses paroissent le plus contentes , et vivent le plus longtemps. Les philosophes regardent ce phénomène comme un effet de l'enthousiasme et de la folie ; il nous paroît plus naturel de le prendre pour un effet de la grâce. L'enthousiasme passe et se dissipe , au lieu que nous voyons la ferveur d'une bonne religieuse persévérer pendant toute sa vie.
CLANCULAIRES. V. Anabaptistes.
CLAUDE DE TURIN étoiî Espagnol de naissance , et disciple de Félix d'Urgel , qui soutenoit que Jésus-Christ , en tant qu'homme, n'étoit pas le Fils de Dieu par nature, mais seulement par adoption. Voyez Adoptiens. Claude, placé sur le siège de Turin par Louis le Débonnaire, l'an 823, commença par faire briser et brûler les croix et les images qui étoient dans les églises; il soutint que l'on ne devoit leur rendre aucun culte , non plus qu'aux reliques ; il fut même accusé de nier qu'on doive honorer les saints , et de blâmer les pèlerinages au tombeau des martyrs : il disoit que Yapostolique ou le pape n'est pns celui qui occupe le siège de l'apôtre, mais celui qui en remplit les devoirs ; erreur qui fut renouvelée par les Vaudois sur la fin du douzième siècle.
Par ces exploits, Claude de Turin a mérité d'être placé par les protestants au nombre de leurs prédécesseurs , et de ceux qu'ils nomment les témoins de la vérité. Mosheim en parle avec la plus
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grande estime ; il vante les commentaires de cet évêquc sur l'Ecriture sainte , et sa capacité dans la manière de l'expliquer ; il dit que, par sa noble hardiesse pour la défense de la religion , ce savant et vénérable prélat encourut la haine des enfants de la superstition ; mais qu'il défendit sa cause avec tant de dextérité et de force , qu'il demeura triomphant, et acquit plus de crédit que jamais. Hist. ccclés., neuvième siècle , seconde partie, c. 2, § 14 ; c. 5, § 17. Basnage en a fait un éloge encore plus complet.
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I Pour l'aire l'apologie de cet évoque
contre les reproches de Bossuet , Bas-
! nage observe , 1° que Claude de Turin
ne pouvoit être tout à la fois arien et
nestorien. Il ne fait pas attention que
! l'erreur de Félix d'Urgel, dont Claude
\de Turin étoit disciple, tenoit une es-
| pece de milieu entre l'arianisme et le
nestorianisme; car enfin, si Jésus-Christ,
! en tant qu'homme, n'est pas Fils de
I Dieu par nature , c'est ou parce que le
! Verbe n'est pas véritablement Dieu ,
! comme le soutenoient les ariens , ou
Mais si l'on veut jeter un coup d'œil j parce qu'entre l'humanité de Jésus-Christ sur la manière dont ce prétendu savant j et le Verbe divin il y a seulement une
défendoit sa cause, on verra qu'il raisonnoit fort mal , et qu'il suppléoit par un ton de hauteur et de fierté à la foiblesse de ses arguments. S'il est vrai qu'en arrivant sur le siège de Turin il trouva le culte des saints , des images ,
union morale etnon substantielle, comme l'entendoit Nestorius. Il n'est donc pas étonnant que les uns aient accusé Claude de Turin d'arianisme , les autres de nestorianisme.
2° Il dit que cet évoque admettoit deux
des reliques , poussé par le peuple jus- I Eglises , dont l'une , ornée de toutes les
qu'à la superstition et à l'idolâtrie, ne lui étoit-il pas possible d'instruire ses ouailles , sans donner dans un autre
| vertus, étoit le corps de Jésus-Christ, l'autre s'assembloit seulement au nom de Jésus-Christ, sans en avoir les vertus
excès? C'est ce que lui représentèrent [pleines et parfaites. Nous demandons l'abbé Théodémir , le moine Dungal , I aux protestants à laquelle des deux ils Jouas, évoque d'Orléans, et Walafrid | croient appartenir; il est bien certain
Strabon, qui écrivirent contre lui. Ils dis- ! tinguent , comme nous faisons encore, entre le culte divin et suprême , ou l'a-
doration proprement dite , qui n'est due point d'autre chef de l'Eglise que Jésus
qu'à Dieu seul , et le culte relatif et inférieur que l'on rend aux saiuts, aux images et aux reliques ; ils le fondent sur la pratique constante et universelle de l'Eglise, contre laquelle les sophismes de Claude de Turin et ses déclamations ne prouvoient rien du tout. Voxj. Fleury, Jlist. ecclés., liv. 4G, § 20 et 21; liv. 48, §7.
Les protestants ont grand soin de garder le silence sur les autres erreurs que Claude avoil reçues de Félix d'Urgel son maître , et qui l'ont rendu à bon droit suspect de nestorianisme. Le prétendu triomphe qu'ils lui attribuent, ne consista qu'à laisser quelques disciples , qui n'ont pas été capables de réhabiliter sa mémoire. La plupart de ses écrits n'ont pas été imprimés , et il paroît que la religion ni les lettres n'y ont rien perdu.
que saint Paul n'a connu qu'une seule Eglise. 3° Claude de Turin égaloit saint Paul à saint Pierre , et ne reconnoissoit
Christ ; mais au moins il ne disoit pas , comme les protestants, que le pape est I'antechrist. 4° Il étoit zélé partisan de la doctrine de saint Augustin sur la prédestination et sur la grâce, et on l'accusoit de n'estimer aucun autre Père; du moins il ne taxoit pas d'erreur les autres Pères, comme font les protestants.
5° II rejetoit les mérites des hommes; il disoit que si Jésus-Christ n'a tiré aucune gloire de ses actions , à plus forte raison les hommes ne doivent pas rapporter à eux-mêmes ce qu'ils font de bien. .Mais les catholiques disent la même chose, sans rejeter pour cela le mérite des bonnes œuvres. Ployez Hérite. —6° Il soutenoit que l'on est sauvé par la foi seule , et non par les œuvres de la loi; cependant il exigeoit les bonnes œuvres. Si par la loi il entendoit , comme saint Paul , la loi mosaïque , il avoit raison, et
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nous pensons comme lui ; s'il entendoit j Quoique les évêques du concile de Paris la loi de Jésus-Christ , il se contredisoit j eussent mal pris le sens des expressions commeles protestants, et rejetoit, comme \ du deuxième concile de Nicée, du pape eux, la doctrine de saint Jacques. Voy. \ Adrien , et des Grecs en général , le pape Justification. — 7° Il ne vouloit pas \ Eugène II crut devoir garder le silence, que l'on priât pour les morts , parce que \ en espérant que cette erreur se dissichacun doit Porter sa charge; et que si \ peroit d'elle-même , comme il arriva en, nous pouvons nous aider les uns les au- j effet. Mais , lorsque les papes ont tonné très dans cette vie , ni Job , ni Noé, ni contre les errants , les protestants décla- David , ne peuvent plus prier pour les ! ment contre ce zèle ; lorsqu'ils ont tent-
âmes, lorsqu'elles sont menées devant le tribunal de Jésus-Christ. Ezech., c. 14, f. 14 et 18. Ce sophiste mettoit donc saint Paul en contradiction avec luimême , Galat., c. G , f. 2 et S ; cet apôtre dit : Portez la charge les uns des autres : et le passage d'Ezéchiel est ici fort mal appliqué. Voy. Prière pour les Morts. — 8° Claude de Turin n'admeltoit ni la présence réelle de Jésus- Christ dans l'eucharistie, ni la transsub-
stantion , puisqu'il dit que Jésus-Christ j lieux , a passé aux siècles suivants. Mais a rapporté mystiquement le vin à son sang. Nous voudrions savoir si Bas-
porisé et toléré quelques abus , les protestants concluent que les papes les ont approuvés. Comment satisfaire de pareils censeurs ? *-x
Basnage va plus loin : il pense que les habitants des vallées du Piémont conservèrent précieusement la doctrine de Claude de Turin ; qu'ils doivent avoir entretenu la succession dans leur Eglise, et qu'il faut les regarder comme un canal par où la vérité , opprimée en d'autres
nage a entendu le verbiage et les froides
il y a un peu loin du neuvième siècle au seizième , et dans cet intervalle il y eut à Turin des évêques qui ne pensoient
allégories qu'il cite à ce sujet de Claude pas comme celui dont nous parlons, et de Turin; il est évident que ce sophiste ils n'ont pas accusé leurs ouailles d'être
ne s'en tend oit pas lui-même.
Enfin il brisa les images, en condamna l'idolâtrie et ceux qui les adoroient. Si par adoration on entend un culte absolu et suprême, ce seroit en effet un acte d'idolâtrie de le rendre aux images ; mais puisque Basnage lui-même a remarqué qu'adorer ne signifie souvent que faire la révérence ou témoigner du respect , pourquoi insister toujours sur ce terme équivoque , qui causa toutes les disputes du neuvième siècle ?
Cependant Basnage triomphe de ce que son héros ne fut condamné ni par le pape ni par aucun concile , et il en conclut que du moins en France tout le monde étoitdansla même croyance que Claude de Turin. Il devoit se souvenir que cet évêque écrivoit en 823 , et qu'en 825 le concile de Paris condamna également ceux qui brisoient les images ou les ôtoient des églises , et ceux qui leur rendoient un culte superstitieux. Deux cents ans auparavant, saint Grégoire le Grand avoit fait la même chose en écrivant à Sérénus , évêque de Marseille.
schismatiques ni hérétiques. L'essentiel pour les protestants seroit de prouver que ceux qu'ils adoptent pour ancêtres soutenoient le principe fondamental de la réforme , qui est qu'un chrétien ne doit point avoir d'autre règle de foi que l'Ecriture sainte; c'est à quoi Basnage et les autres n'ont pas pensé. Hist. de V Eglise y tom. 2 , pages 1506 et 1384.
CLAUDIANISÏES , branche de donatist.es , qui avoient pour chef un certain Claude , dont Y Histoire ecclésiastique ne nous apprend rien. Voyez Donatistes.
CLEF. Avoir la clef d'une maison , dans le sens figuré , c'est en être l'économe et l'administrateur. De là le Seigneur dit dans Isaïe , c. 22 , f. 22 : « Je » donnerai à mon serviteur Eliacim la » clef de la maison de David : il ouvrira » et nul ne fermera ; il fermera et per- » sonne n'ouvrira. » Ces paroles sont appliquées à Jésus-Christ dans l'Apocalypse , c. 3 , f. 7 ; elles désignent la souveraine autorité de Jésus-Christ sur son Eglise. Dans le même sens , il dit , Apoc,
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