‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 42 sur 114 · DE · texte numérisé non relu

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ce sont des docteurs qui disputent contre , après avoir reçu

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lui. Le lendemain , après avoir reçu le bonnet de docteur de la main du chancelier de l'université, il préside, dans la salle de l'archevêché de Paris , à une thèse nommée aulique, ab aulâ , du lieu où on la soutient. Six ans après . il est obligé de faire un acte qu'on nomme résumpte, c'est-à-dire, récapitulation de toute la théologie, s'il veut jouir de droits et des émoluments attachés a doctorat. Voyez Bachelier, etc

DÉICIDE. On ne se sert de ce mot qu'en parlant de la mort à laquelle Pilate et les Juifs ont condamné le Sauveur du monde. Il est formé de Deus , Dieu , et de cœdo, je tue. Déicide signifie mort d'un Dieu , comme homicide le meurtre d'un homme, parricide, celui d'un père, et autres semblables composés. A la vérité, c'est en tant qu'homme, et non en tant que Dieu , que Jésus-Christ est mort ; mais , en vertu de l'incarnation , l'on doit attribuer à la personne divine toutes les qualités et les actions de la nature divine et de la nature humaine; conséquemment il est vrai dans toute la rigueur des termes, en parlant de Jésus-Christ, qu'un Dieu est né , mort, ressuscité , etc. Voyez Incarnation.

Les rabbins , qui ont voulu faire l'apologie de leur nation , se sont efforcés de prouver qu'elle ne s'est point rendue coupable d'un déicide, et que l'on ne peut l'en accuser sans injustice; ils en concluent que l'état d'opprobre et de souffrance où elle est réduite, depuis dix-sept siècles , ne peut pas être une punition de ce crime prétendu. Les incrédules, toujours prêts à faire cause commune avec les ennemis du christianisme , ont répété les raisons des rabbins; ils les ont principalement puisies dans l'ouvrage du juif Orobio, et dans, le recueil de Wagenseil, Philippi à Limborch arnica collatio cum crudito Judœo. Tela ignea Satanœ , etc.

i° Ce ne sont pas les Juifs , disent-ils, mais les Romains qui ont crucifié Jésus ; quand ce seroient les Juifs, leurs descendants n'en sont pas responsables; il \ auroit de l'injustice à les punir du crime de leurs pères. Les Juifs, dispersés par

tout le monde, n'eurent point de part à ce qui se passoit à Jérusalem , et cepen dant l'on suppose que leurs descendants sont punis aussi-bien que les autres.

Pour que l'on pût accuser d'un déicide les meurtriers de Jésus, il faudroit qu'ils l'eussent connu pour Fils de Dieu : or , ils ne l'ont jamais regardé comme tel ; Jésus lui-même, en demandant pardon pour eux , a dit : Ils ne savent ce qu'ils font , et saint Paul dit que s'ils avoient connu le Seigneur de gloire , ils ne l'auroient pas crucifié. /. Cor., c. 2, f. 8.

JRéponse. Les apologistes des Juifs oublient que Jésus fut condamné à mort par le grand prêtre et par le conseil souverain de la nation , que ce furent ses juges même qui demandèrent à Pilate l'exécution de leur sentence , qui engagèrent le peuple à crier : Crucifige; que son sang tombe sur nous et sur nos enfants. Leurs descendants applaudissent encore à cette conduite , ils maudissent Jésus -Christ et blasphèment contre lui aussi-bien que leurs pères , ils sont encore aussi obstinés que ceux de Jérusalem , après dix-sept cents ans de punition. Ceux oui étoient dispersés hors de la Judée, et qui eurent connoissance de la condamnation et de la mort de Jésus , l'approuvèrent ; ils rejetèrent la grâce de l'Evangile lorsqu'elle leur fut annoncée ; ils persécutèrent les apôtres ; ils se rendirent donc complices, autant qu'ils le purent, du crime commis à Jérusalem , et leurs descendants font de même : c'est donc ici un crime national, s'il en fut jamais; ces derniers ne sont pas punis du péché de leurs pères , mais de leur propre crime.

Pour qu'il soit justement nommé déicide, soit dans les pères, soit dans les enfants , il n'est pas nécessaire qu'ils aient connu Jésus-Christ pour ce qu'il étoil , il suffit qu'ils aient pu le connoitre s'ils avoient voulu : or, Jésus-Christ avoit prouvé si clairement sa divinité par ses miracles, par ses vertus, par la sainteté de sa doctrine, par les anciennes prophéties , par celles qu'il fit lui-même, que l'incrédulité des Juifsest inexcusable. Par un excès de charité , Jésus-Christ a cherché à l'excuser ; saint Paul a fait de

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même, mais il ne s'ensuit pas que ces meurtriers aient été innocents. Il auroit fallu une malice diabolique , pour crucifier un Dieu connu comme tel.

2° Les Juifs , continuent leurs apologistes, ne nous paroissent pas fort coupables pour n'avoir pas reconnu dans Jésus la qualité de Messie et de Fils de Dieu. Les anciennes prophéties sembloient annoncer plutôt aux Juifs un libérateur temporel, un conquérant, qu'un prophète, un docteur, ou un rédempteur spirituel; ils n'étoient pas obligés de deviner que tous ces anciens oracles dévoient être entendus dans un sens figuré et métaphorique. Quelque nombreux que fussent les miracles de Jésus, on pouvoit y soupçonner du naturalisme ou de la fraude; d'ailleurs les Juifs étoient persuadés qu'un faux prophète pouvoit en faire. S'il montroit des vertus , sa conduite n'étoit cependant pas à couvert de tout reproche : il violoit le sabbat; il ne faisoit aucun cas des cérémonies légales ; il traitoit durement les docteurs de la loi ; sa doctrine paroissoit , en plusieurs points , contraire à celle de Moïse.

Réponse. Tout cela prouve très-bien que quand les hommes veulent s'aveugler , ils ne manquent jamais de prétextes; c'est ce que font encore les incrédules , parfaits imitateurs des Juifs.

Ceux-ci ne prcnoient les prophéties dans un sens grossier, que parce qu'ils étoient plus attachés aux biens de ce monde qu'à ceux de l'autre vie , et qu'ils faisoient plus de cas d'une délivrance temporelle que d'une rédemption spirituelle.

11 est prouvé d'ailleurs que la plupart des prédictions des prophètes ne pouvoient absolument s'accomplir dans le sens que les Juifs y donnoient. Voyez Prophéties. Leurs soupçons contre les miracles de Jésus-Christ, renouvelés par tes incrédules, sont évidemment absu rdes . Quand on auroit pu avoir quelque défiance de ceux qu'il fit pendant sa vie, que pouvoit-on alléguer contre les prodiges qui arrivèrent à sa mort , surtout contre sa résurrection , contre la descente du Saint-Esprit sur les apôtres , etc. ? Le prétendu pouvoir des

faux prophètes de faire des miracles n'est prouvé par aucun passage de l'Ecriture sainte, ni par aucun exemple.

Voyez Miracle.

Jésus-Christ ne détourna jamais personne d'accomplir les cérémonies légales, au contraire, en les comparant aux devoirs de la loi naturelle , il disoit qu'il faut accomplir les uns et ne pas omettre les autres. Matt., c. 23 , f. 25. Mais ilblâmoit, avec raison, l'entêtement des Juifs, qui attachoienl plus de mérite aux cérémonies qu'aux vertus , et qui poussoient la démence jusqu'à prétendre que Jésus-Christ violoit la loi du sabbat , en guérissant des malades. Josèphe , quoique juif, est convenu que , dans ce temps la, les chefs, les prêtres et les docteurs de sa nation , étoient des hommes très-corrompus ; Jésus-Christ , qui avoit authentiquement prouvé sa mission , étoit donc en droit de leur reprocher leurs désordres. Jamais l'on ne prouvera que sa doctrine ait été opposée à celle de Moïse.

3° Moïse, dit Orobio , n'a jamais averti les Juifs que leur incrédulité au Messie leur feroit encourir la malédiction de Dieu , et que , pour l'avoir rejeté , ils seroient dispersés, haïs, persécutés par toutes les nations. Si leur captivité présente étoit une punition de ce crime , ils ne pourroient rendre leur soit meilleur qu'en adorant Jésus ; mais soit qu'un juif se fasse mahométan , païen ou chrétien, il se soustrait également à l'opprobre jeté sur sa nation.

Réponse. Dieu avoit suffisamment averti les Juifs de leur sort futur, lorsqu'il leur dit par la bouche de Moïse , Veut., c. '18, f. Î9 : « Si quelqu'un n'écoute pas » le prophète que j'enverrai , j'en serai » le vengeur. » Cette menace n'éloit-elle pas assez terrible pour les intimider et les rendre dociles? Dans l'article Daniel, nous avons vu que ce prophète a distinctement prédit qu'après la mort du Messie sa nation seroit réduite à l'excès de la désolation , et que ce seroit pour toujours ; les Juifs ont donc tort de chercher ailleurs la cause de leur malheur présent. De ce qu'un juif s'y soustrait, en embrassant une autre religion , vraie

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ou fausse , il s'ensuit que leur état est plutôt une punition nationale qn'uu châtiment personnel et particulier, ou plutôt qu'il est l'un et l'autre , et nous en convenons. Au mot Captivité , nous avons fait voir qu'il n'est pas vrai que cet état soit une continuation et une extension de la captivité de Babylone.

déistes même en quoi consiste leur système, on doit s'attendre à être trompé par

4° Lorsqu'on demande en quoi consiste cette prétendue religion naturelle , ils disent : A adorer Dieu et à être honnête homme. Nouvel embarras ; adorer Dieu, de quelle manière? Par un culte purement intérieur, ou par des signes sensibles? par les sacrifices des Juifs, ou par ceux des païens? selon le caprice

DÉISME. Si l'on veut apprendre des des particuliers , ou suivant une forme

prescrite ? tout cela est-il indifférent aux yeux des déistes ? Dans ce cas , toutes

un tissu d'équivoques. Ils disent qu'un les absurdités et tous les crimes prati-

déiste est un homme qui reconnoit un Dieu et professe la religion naturelle.

1° Il faut ajouter : Et qui rejette toute révélation, quiconque en admet une n'est plus déiste. Voilà déjà une réticence qui n'est pas fort honnête.

2° Il reconnoît un Dieu; mais quel Dieu? Est-ce la nature universelle de Spinosa , ou l'âme du monde des stoïciens? un dieu oisif comme ceux d'Epicure, ou vicieux comme ceux des païens? un dieu sans providence, ou un Dieu créateur , législateur et juge des hommes ? On ne trouvera peut-être pas deux déistes qui s'accordent sur cet unique article de leur symbole.

3° Qu'entendent-ils par religion naturelle? C'est, disent-ils, le culte que la raison humaine , laissée à elle-même , nous apprend qu'il faut rendre à Dieu.

Mais la raison humaine n'est jamais laissée à elle-même , si ce n'est dans un Sauvage , abandonné dès sa naissance , et élevé seul parmi les animaux ; nous voudrions savoir quelle seroit la religion d'une créature humaine, ainsi réduite à la stupidité des brutes. Tout homme reçoit une éducation bonne ou mauvaise ; la religion qu'il a sucée avec le lait lui paroit toujours la plus naturelle et la plus raisonnable de toutes. S'il y en a une qui soit plus naturelle que les autres , pourquoi Platon, Socrate, Epicure, Cicéron, ne l'ont-ils pas aussi bien connue que les déistes d'aujourd'hui? iNous ne voyons pas en quel sens on peut appeler religion naturelle, une religion qui n'a existé dans aucun lieu du moiulc, et qui n'a pu être forgée que par des philosophes éclairés dès l'enfance par la révélation chrétienne.

qués par motif de religion , chez les infidèles anciens et modernes , sont la religion naturelle.

Etre honnête homme, en quel sens?

Tout particulier estcensé honnête homme lorsqu'il observe les lois de son pays , quelqu'injustes et quelque absurdes qu'elles soient. Un Chinois est honnête homme en vendant, en exposant, en tuant ses enfants ; un Indien , en faisant brûler les femmes sur le corps de leurs maris; un Arabe, en pillant les caravanes ; un corsaire barbaresque , en infestant les mers , etc. Si tout cela est honnête , suivant les déistes , leur morale n'est pas plus gênante que leur symbole.

Disons donc que le déisme est la doctrine de ceux qui admettent un Dieu sans le définir, un culte sans le déterminer, une loi naturelle sans la connoître , et qui rejettent les révélations sans les examiner. Ce n'est qu'un système d'irréligion mal raisonné , ou le privilège de croire et de faire tout ce qu'on veut.

Si l'on se figure que les déistes ont de forts arguments pour l'établir, on se trompe encore; ils n'ont que des objections contre la révélation : presque toutes se réduisent à un sophisme aussi frauduleux que le reste de leur doctrine.

Une religion, disent-ils, dont les preuves ne sont point à la portée de tous les hommes raisonnables , ne peut être établie de Dieu pour tous. Or , de toutes les religions qui se prétendent révélées , il n'en est aucune dont les preuves soient à portée de tous les hommes raisonnables ; donc aucune n'est établie de Dieu pour tous. Les déistes concluent qu'une révélation qui seroit accordée à

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