‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 47 sur 114 · DEL 227 DEM · texte numérisé non relu

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S'ii nous est permis de contredire I disposer les matériaux des montagnes d'aussi grands maîtres , nous observe- | par couches parfaitement horizontales rons que les paroles du texte peuvent ! jusqu'au sommet. Qu'elles aient ainsi signifier seulement, Je détruirai les \ placé les premiers lits des montagnes, hommes sur la terre; ce sens paroît le j cela se conçoit; mais dès que la superficie plus vrai, puisque, dans la description j d'une couche a commencé à devenir con-

du paradis terrestre , Moïse a nommé quatre grands fleuves qui ont encore subsisté après le déluge. Il n'est donc pas absolument vrai que les hommes antédiluviens aient habité un sol entièrement différent de celui que nous voyons aujourd'hui. D'ailleurs la supposition de

vexe , il a fallu que la convexité des suivantes augmentât toujours pour former enfin un sommet de montagne isolé ou un cône , sans cela il ne s'en trouveroit aucun formé en pic ou en pain de sucre.

De tout cela nous concluons qu'il est

montagnes formées par les eaux de la \ beaucoup plus simple de nous en tenir mer, de quelque manière que ce soit, ! au fait du déluge universel attesté par

ne nous paroît ni prouvée ni probable.

1° Il n'est pas prouvé que des matières vitrifiées , ou simplement vitrescibles, puissent, par l'action des eaux, être changées en matières calcaires ; le contraire nous paroît supposé par tous

l'histoire sainte, confirmé par l'ancienne tradition des peuples et par l'inspection du globe, que d'avoir recours à des hypothèses très -incertaines, et qui ne peuvent rendre raison de tous les phénomènes. Nous n'avons garde de blâmer les physiciens : on ne peut donc pas I les efforts que font les physiciens pour concevoir que du débris des montagnes j expliquer la narration des livres saints , primitives, composées de matières vi- : et pour l'accorder, autant qu'il est pos- Irescibles, il se soit formé des montagnes \ sible, avec les observations d'histoire secondaires, construites de matières cal- j naturelle; nous y applaudissons au concaires, il y seroit du moins resté quel- j traire , lors même que leurs hypothèses ques amas de sables purs : or, on con- j nous paroissent insuffisantes et fautives, noît des chaînes entières de montagnes , ! Mais on ne peut trop censurer l'entêtedans lesquelles il ne s'en trouve point, ! ment des incrédules, qui sont toujours telles que le Mont-Jura. 2° Dans toute la ' prêts à embrasser aveuglément un syschaîne des Vosges qui est assez longue, j tème, dès qu'il leur semble contredire et toute composée de matières vitres- 1 l'histoire sainte. Jamais ils n'ont mieux cibles , on n'a point encore remarqué de \ montré cette disposition folle et vicieuse, montagnes composées ou mélangées de ! qu'au sujet du déluge universel, matières calcaires. Si jamais elles avoient j DÉMARCATION. Ce terme est devenu été couvertes par la mer, les eaux au- j célèbre dans les écrits des censeurs moroient dû y travailler comme partout j dernes du christianisme. Les rois d'Esailleurs. 3° Dans une partie des Vosges, | pagne et de Portugal ne pouvoient pas les carrières de pierre de grès sont cou- s'accorder sur les limites de leurs conchées par lits aussi réguliers et posés i quêtes respectives dans le Nouveau aussi horizontalement que les bancs de | Monde ; plutôt que d'en venir à une pierres calcaires le sont ailleurs; quel- j rupture ouverte, ils prièrent le pape ques-unes même se lèvent par feuilles j Alexandre VI d'être l'arbitre de leur assez minces : cette position ne prouve j différend, et de tracer la ligne de dédonc pas l'opération des eaux. 5° Le por- marcation qui devoit servir de borne à phyre d'Egypte, matière vitrescible et leurs possessions.

qui est couchée par lits , paroît à plusieurs physiciens être pétri de pointes d'oursin ; s'il a été formé par les eaux , sa nature n'a pas changé pour cela, elles ne l'ont pas rendu calcaire. 5° Il

n'est pas possible que les eaux aient pu j aucun droit ; quelques-uns ont poussé

Nos philosophes demandent à quel titre le pape disposoit ainsi d'un bien qui ne lui appartenoit pas , donnoit à deux rois des terres et des nations sur lesquelles ils n'avoient foncièrement

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l'éloquence jusqu'à dire que c'est là un des plus grands crimes commis par Alexandre VI.

Nous les prions d'observer qu'il n'éîoit pas question de décider si les conquêtes des rois d'Espagne et de Portugal étoient légitimes ou non, mais de prévenir entre eux une guerre qui n'auroit certainement pas rendu le sort des Américains meilleur. Pour servir d'arbitre entre deux prétendants , il n'est p^s nécessaire d'avoir autorité sur eux, ou sur la ebose qu'ils se disputent, il suffit que l'un et l'autre consentent à s'en rapporter à la décision. 11 n'est donc pas vrai que, dans celte occasion, le pape ait donné ce qui n'étoit pas à lui, ait décidé du sort des Américains, ait disposé des états et des possessions de deux souverains, etc.

DÉMÉRITE ; c'est ce qui rend un homme digne de blâme ou de châtiment ; c'est l'opposé de mérite. Ni l'un ni l'autre ne pourroient avoir lieu si l'homme n'étoit pas libre, maître de son choix et de ses actions : tel est le sentiment commun du genre humain.

Sans avoir besoin de le consulter, notre propre conscience nous atteste cette vérité. Elle ne nous reproche jamais une action que nous n'avons pas été maîtres d'éviter, elle ne nous inspire aucun mouvement de vanité pour une bonne action que nous avons faite par hasard.

DEMI-ARIENS. Voyez Ariens.

DÉ^ON, esprit, génie, intelligence.

Le nom grec «Bat^o» vient de tfaiw, connoilre ; il signifie un être doué de connoissance : ainsi ce terme n'a rien d'odieux dans son origine. Un préjugé universellement répandu chez tous les peuples a été de croire toute la nature animée, remplie de génies ou esprits qui en dirigeoient les mouvements. Comme on leur supposoit une force et dos connoissances supérieures à celles de l'homme que l'on éprouvoit de leur part du bien et du mal , on crut que ces génies étoient les uns bons, les autres mauvais ; on en conclut qu'il falloit, par des respects, par des prières, par des offrandes, gagner ralïection des premiers, apaiser la colère et la mali-

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