‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 50 sur 114 · DEN 239 Î)EX · texte numérisé non relu

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semble que cette déclamation tient un ! nombrement, et l'ordre qu'il avoit donné peu du fanatisme que l'on reproche au n'exceptoit personne. Or, Dieu avoit prétendu aréopagite. C'est ainsi cepen- détendu de comprendre dans les dédant qu'en parient Brucker , Mosheim et nombrements les jeunes gens au-de-ssous son traducteur. Du moins il ne falloit pas de vingt ans. Exod., c. 50, f. 14. David ajouter que la confusion de saint Denis I sembloit se défier de la promesse que

de Paris avec l'aréopagite a fait une impression si durable sur l'esprit des François , qu'on n'a jamais pu les en désabuser. Il est constant que personne n'a écrit contre celte opinion avec plus de force que les François , et qu'il n'y a plus per-

sonne en France qui s'avise de la sou- i fussent exécutés.

Dieu avoit faite de multiplier la race d'Israël comme les étoiles du ciel. /. Parai., c. 17 , f. 25. Voilà pourquoi Joab représenta que le Seigneur seroit irrité de ce dénombrement. Ibid., c. 11, y. 5. David s'obstina et voulut que ses ordres

tenir. Tiilemont, t. 4, p. 710.

C'est une autre injustice, de la part de ce traducteur , d'ajouter de son chef que le moine Hilduin a inventé cette fable avec une hardiesse sans égale. Hilduin a pu se tromper sans avoir aucun dessein

5° Le savant Michaèlis , dans une dissertation sur le dénombrement des Hébreux , prouve , par l'énergie du texte original, et par la comparaison de divers passages , que le dessein de David n'étoit pas seulement de faire dénombrer

de tromper les autres ; la seule ressem- i ses sujets , mais de les faire enrôler, soit blance du nom a suffi pour faire con- j pour porter les armes , soit poiir leur

imposer des corvées; que c'est pour cela qu'il en donna la commission à Joab , son général d'armée , et non à un officier civil. Cet ordre étoit un acte de despotisme qui devoit paroître trèsdur au peuple , et déplaire à Dieu.

4° Si la vulgate semble dire que la colère de Dieu excita David à commettre

fondre deux personnages très -distingués ; l'ignorance et le défaut de critique ne sont pas des preuves de mauvaise foi. Quand Hilduin seroit le premier qui a écrit cette fable , il ne s'ensuivroit pas qu'il en est l'auteur.

DÉKOMBIŒMENT. A l'occasion de ce terme , nous avons deux faits à éclaircir.

I. Il est dit, dans le second livre des J cette faute , elle rectifia l'expression ail- Rois , c. 2i , que David fit faire le dénom- leurs , et dit que ce fut un mauvais esirement du peuple, et qu'en punition de \prit qui excita David à dénombrer le celte faute, Dieu fit périr par la peste peuple. /. Parai, c. 21 , f. 1. soixante-dix mille âmes. Etoit-ce une IL II est dit dans saint Luc, c. 2, v. 1 , faute de la part d'un roi , de vouloir sa- qu'Auguste ordonna de faire le dénomvoir le nombre de ses sujets? Si c'en étoit brement de tout l'empire; que ce preune, pourquoi punir le peuple de la faute j m\ev dénombrement fut fait parCyrinus,

de son roi ?

Remarquons 1° que, selon l'historien, la colère du Seigneur continua de s'irriter contre Israël , et qu'elle excita David à faire ce dénombrement. Si le Seigneur étoit déjà irrité , il falloit que le peuple fût coupable, quoique l'auteur sacré ne nous apprenne point quelle étoit sa faute ; il ne fut donc pas puni de la faute de son roi mais de la sienne.

2° Selon le texte hébreu et selon la version des Septante , David ne vint pas à bout de faire dénombrer les jeunes gens au-dessous de vingt ans. /. Parai., c. 27 , p. 22. Son intention avoit donc été de les faire comprendre dans le dé-

ou Quirinus , président de Syrie , et que Jésus vint au monde à cette occasion.

Les censeurs de l'Evangile objectent que les historiens d'Auguste ne font aucune mention de ce dénombrement général ; que s'il y en eut deux dans la Judée, Jésus-Christ n'est point né à l'occasion du premier , mais du second ; que Cyrinus n'a été président ou gouverneur de Syrie que plus de dix ans après le premier dénombrement.

Il faut observer que le texte de saint Luc peut se traduire à la lettre : ce dénombrement fut fait premier que , ou avant que Cyrinus fût gouverneur de Syrie; Herwart, le cardinal Noris , ie

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père Pagi , le père Alexandre ont fait cette observation, et l'on peut citer vingt exemples de la même expression ; alors le texte ne donne aucune prise à la censure.

L'empereur Julien fait mention du dénombrement dont parle saint Luc, il ne le révoque point en doute. Saint Justin le cite à l'empereur Antonin, saint Clément d'Alexandrie le suppose certain ; Tertullien dit qu'il est dans les archives de Rome; Eusèbe le rappelle dans son histoire, et Cassiodore dans ses lettres; Suidas en parle au mot ànoyo&fYi. Ce fait est donc incontestable.

Saint Luc en cite deux , l'un dans son Evangile, l'autre dans les Actes; Josèphe ne parle que du second , fait par Cyrraus, et qui excita une sédition.

Il ne faut pas s'étonner de ce que saint Luc parle d'un dénombrement de toute la terre; cette expression signifie seulement tout le pays ou toute la Judée.

Saint Luc l'emploie dans ce sens, nonseulement dans son Evangile , chap. 4 , y. 25 ; c. 25 , f. 44 , mais encore dans les Actes, c. 11 , f. 28. Le cens, imposé aux Juifs par les Romains, se payoit par tète, et Jésus-Christ le paya luimême. Malt., cap. 17, jr. 23. Il confondit les Juifs , qui lui firent à ce sujet une question captieuse. Malt., c. 22, f. 17. Il avoit donc fallu un dénombrement pour l'établir. C'est un trait d'opiniâtreté de la part des incrédules de vouloir le contester. Prideaux, Hisl.

des Juifs , 1. 17 , tom. 2 , pag. 250, le prouve par des monuments irrécusables.

DEPOT DE LA FOI. Saint Paul écrit à ïimothée : « Conservez avec foi et » charité en Jésus-Christ les vérités que » vous avez reçues de moi , gardez ce d dépôt par le Saint-Esprit qui habite en * vous.... Ce que vous avez appris de » moi devant plusieurs témoins , con- » liez-le à des hommes fidèles et capables » dVnseigner les autres. » IL 'fini., c. 1, y. 15; c. 2, f. 2. Vincent de Lérins dit à ce sujet : « Qu'est-ce qu'un dépôt? » C'est ce qui vous a été conlié et non » ce que vous avez inventé ; vous l'avez » reçu et non imaginé. Ce n'est point j> iv, fruit de vos réllexions, mais des

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» leçons d'autrui ; ni votre opinion par- » ticuliôre, mais la croyance publique.

» Il a commencé avant vous et il vouî » est parvenu ; vous en êtes non i'au- » teur, mais le gardien ; non i'institu- » teur , mais le sectateur ; vous ne mon- » trez aux autres le chemin qu'en le » suivant vous-même. » Qaid est depositum ? Id est quod tibi creditum est, non quod à te inventum ; quod accepisti, non quod excogitasti ; rem non ingenii, sed doctrinœ; non usurpationis privalœ , sed publicœ traditionis ; rem ad te productam , non à te prolatam; in quâ non auctor debes esse, sed custos; non institutor, sed sectator; non ducens, sed sequens. Commonit., n° 22.

Les apôtres disent aux Juifs : « Nous ne » pouvons nous dispenser de publier ce » que nous avons vu et entendu. » Jet., | c. i , f. 22. « Nous vous annonçons et ■ » nous vous attestons ce que nous avons » vu et entendu. » /. Joan., c. 1 , y. 1. ; Telle est la mission et la fonction des pasteurs de l'Eglise, d'enseigner aux autres ce qu'ils ont eux-mêmes reçu par tradition.

Ceux qui ont voulu rendre cet enseignement odieux ont donc eu tort de dire que les pasteurs sont les arbitres de la foi des fidèles, puisqu'ils sont assujettis eux-mêmes à la tradition, et sont chargés de la perpétuer. Si quelques-uns entreprenoientde la changer, les fidèles, dont plusieurs sont plus âgés que leurs pasteurs , et ont été instruits par des leçons plus anciennes, seroient en droit de déclamer contre la doctrine nouvelle, et d'en appeler à la croyance universelle de l'Eglise.

En effet , lorsqu'une doctrine est révélée de Dieu, ce n'est point aux hommes de la changer , d'y déroger , de l'entendre comme il leur plaît ; la révélation scroit inutile , si elle n'étoit pas transmise dans toute sa pureté par une tradition sûre et inaltérable. Les lhres de l'Ecriture ne sulîiroient pas, parce que le laps des siècles , le changement des langues et dos mœurs , la succession des opinions philosophiques, l'animosité des disputes t répandent nécessairement de ("obscurité sur les textes les plus clairs*

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