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Pour conserver le dépôt de la foi dans ] On auroit cependant tort de faire à toute son intégrité , l'Eglise catholique j l'Eglise latine un crime de ce changeréunit trois moyens qui se tiennent et j ment; elle y a été forcée par différentes s'appuient l'un l'autre : le texte de l'E- sectes d'hérétiques qui lui contestoient cri turc, l'enseignement uniforme des •■ le pouvoir de remettre les péchés, e. pasteurs, le sens du culte pratiqué sous ■ qui regardoient l'absolution comme une les yeux des fidèles. Celui-ci est un lan- 1 simple prière. Puisque Jésus-Christ dit gage très -énergique, entendu par les \ à ses apôtres : Les péchés seront remis plus ignorants. Lorsque ces trois signes i à ceux auxquels vous les remettrez , il
sont d'accord, il y auroit de la démence à soutenir qu'ils ne nous donnent pas une certitude plus entière que le texte de l'Ecriture seul. Lorsque ce dernier a besoin d'explication, et que le sens en est contesté , c'est aux deux autres signes qu'il faut recourir pour terminer la dispute.
Quand la divinité de Jésus-Christ ne seroit exprimée dans l'Ecriture sainte que par des textes équivoques, comme
n y a pas plus d'inconvénient à dire à un pénitent , Je vous absous, qu'à un catéchumène , Je vous baptise ; cette forme indicative paroît môme plus conforme à l'énergie de la promesse de Jésus-Christ.
Bingham n'a pas pu en disconvenir, quoiqu'il soutienne, comme les autres protestants , que l'absolution du prêtre est seulement déclarative, qu'elle n'a point d'autre force ni d'autre effet que le prétendent les sociniens, la croyance | d'annoncer au pénitent que Dieu lui remet ses péchés. Mais Jésus-Christ n'a
constante des Pères , les signes du culte suprême ou de l'adoration rendue à Jésus-Christ, les prières et les cantiques de l'Eglise, suffiroient pour rendre le sens de l'Ecriture indubitable. Socin luimême est convenu que, s'il falloit con« sulter la tradition , le triomphe des catholiques étoit assuré. Ce que nous disons de la divinité de Jésus-Christ, est applicable à chacun de nos dogmes en particulier. Voyez Doctrine Chrétienne.
DÉPRÉCATIF , se dit de la manière d'administrer un sacrement en forme de prière.
Chez les Grecs , la forme de l'absolution est déprécative, et conçue en ces termes : Seigneur Jésus-Christ, remettez, oubliez, pardonnez les péchés, etc. Dans l'Eglise latine , et dans quelques-unes des sectes réformées, on dit en forme indicative : Je vous absous, etc.
Ce n'est qu'au commencement du douzième siècle que l'on commença de joindre la forme indicative à la forme déprécative dans le sacrement de pénitence , et c'est au treizième que la forme indicative seule eut lieu dans tout l'Occident. Jusqu'à la première de ces époques on avoit toujours employé la forme déprécative , comme le prouve le père Moi in , liv. 8 , de Pœnit., c. 8 et 9.
pas dit : Lorsque vous déclarerez que les péchés seront remis , ils le seront en effet ; il a dit : Lorsque vous les remettrez. La simple commission de déclarer ou d'annoncer une rémission ne suppose aucun pouvoir, la fonction de l'accorder est fort différente. Bingham convient que celui qui a juridiction peut dire avec vérité , je vous absous , à un homme duquel il lève l'excommunication, et c'est alors un acte judiciaire; pourquoi n'en est-ce pas un lorsqu'il l'absout de ses péchés? Jésus-Christ a donné à ses apôtres la qualité de juges» Matt., c. 19, f. 28. Bingham, Orig.
ecclés., liv. 49 , c. 2, § 6. Voyez Absolution.
DÉSERT. Plusieurs incrédules ont demandé pourquoi Dieu avoit retenu pendant quarante ans les Israélites dans le désert : Dieu , disent-ils , avoit promis qu'au bout de quatre cents ans , à compter depuis la naissance d'Isaac, la postérité d'Abraham seroit mise en possession de la terre de Chanaan ; mais au moment qu'ils se disposoientà y entrer, ils sont battus par les Amalécites, et forcés d'errer dans le désert pendant quarante ans. Voilà donc au moins un très-long retard à l'accomplissement de la promesse divine.
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Mais Dieu déclare formellement qu'il met ce retard pour punir les Israélites de leurs murmures. Num., cap. 14, f. 22 et suiv. Il étoit d'ailleurs nécessaire de guérir ce peuple des mauvaises habitudes qu'il avoit contractées en Egypte , surtout de l'esprit séditieux et du penchant à l'idolâtrie ; il falloit une
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c. 3 , y. 52 , n'a pas pu subsister dans un désert stérile autrement que par miracle ; et un miracle de quarante ans est un peu difficile à expliquer. Mais si l'on veut se donner la peine de jeter un coup d'œil sur les tours , les retours et les campements que les Israélites ont faits dans ce désert, on verra évidem-
nouvelle génération élevée et formée S ment que l'histoire n'en a pu être faite par les lois de Moïse. Quarante ans de que par un témoin oculaire, miracles, pour faire ainsi subsister cette j Quant à la tentation de Jésus-Christ nation , auroient dû sans doute l'alta- dans le désert, voyez Tektation. cher pour jamais à Dieu et à ses lois. DÉSESPOIR DU SALUT. Il n'arrive
La promesse de Dieu est mal rendue ! que trop souvent à des personnes tipar les censeurs de l'histoire sainte. Dieu ; mides, scrupuleuses, mal instruites, de promet à Abraham, dans la Palestine, ! désespérer de leur salut, de se perqu'il aura un fils et une postérité nom- j suader qu'elles seront infailliblement breuse, que ses descendants seront voya- ' damnées. C'est la plus triste situation geurs et habitants d'un pays qui ne leur S dans laquelle puisse se trouver une âme appartiendra pas, pendant quatre cents j chrétienne. Ce malheur arriveroit peutans ; qu'ils seront réduits en servitude, être moins fréquemment, si les écrivains mais qt:e Dieu punira leurs oppresseurs; ascétiques et les prédicateurs étoient qu'ils seront mis en liberté avec des ri- plus circonspects , et s'exprimoientdans cliesses considérables; qu'à la quatrième j toute l'exactitude théologique, lorsqu'ils génération , ou plutôt au quatrième âge, j parlent de la justice de Dieu , de la préiis reviendront dans la Palestine. Gen.,*. destination, du nombre des élus, de c. 15, $. 15 et 16. En quel temps doit-on l'impénitence finale , etc. commencer les voyages de la postérité j Mais quelques livres de piété ont été d'Abraham ? Sans doute à la mort de 1 faits avec plus de zèle que de prudence, ce patriarche. Or, depuis la mort d'A- j par des hommes qui n'étoient rien moins braham , 1821 ans avant Jésus-Christ , ! que théologiens. Tout chrétien, médiojusqu'à la conquête de la Palestine , crement instruit , doit savoir que le en 451 , il n'y a que 570 ans. Il est donc désespoir du salut est injurieux à Dieu
exactement vrai que les descendants d'Abraham sont rentrés dans la Palestine pendant la durée du quatrième âge ou du quatrième siècle de leurs voyages. S'il y a des commentateurs qui calculent autrement , cela ne nous fait rien ; nous nous en tenons à la lettre du texte. Mais il est faux que les Amalécites aient battu les Israélites ; il est dit seulement qu'ils tuèrent les traîneurs, et ceux que la fatigue empêchoit de suivre leur troupe ; qu'ils furent mis en fuite par Josué et passés au fil de l'épée. Exod., c. 17, }. 15; Deut.'c. 25, f. 18.
Il n'est pas étonnant que le séjour des IsraélilesdansledmTfpcndantquaranle «ns donne de l'humeur aux incrédules ; ris sentent bien qu'une nation , composée de plus de six cent mille hommes en état de porter les armes, Num.3
et à sa bonté, à la rédemption et aux mérites de Jésus-Christ, à la sainteté de la religion chrétienne; qu'il vient ou de foiblesse d'esprit, ou d'un fond de mélancolie naturelle , ou des opinions de quelques docteurs atrabilaires. Les leçons des apôtres et des anciens Pères de l'Eglise ne tendent qu'à nous inspirer la confiance, la reconnaissance envers Dieu , l'espérance et le courage. C'est une fausse sagesse de prétendre mieux instruire qu'eux, et de s'imaginer que dans le siècle même le plus pervers l'on fera plus de bien par la terreur qu'ils n'en ont fait par des vérités consolantes. Selon le langage des livres aints , Dieu nous a créés, non par haine, mais par bonté, Sap., c. 11, f. 25; non dans le dessein de nous perdre , mais dans la volonté de nous sauver. /. Tim., c. i%
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ii. 4. Par ces bienfaits , il démontre qu'il nous aime ; il veut que nous l'appelions notre Père: nous refusera-t-il des grâces, après nous avoir ordonné de lui en demander? En nous donnant son Fils unique, ne nous a-t-il pas donné tout avec lui? Rom., c. 8, y. 52. Un don si précieux n'étoit pas nécessaire , s'il n'avoit pas voulu sauver le monde entier.
/. Joan., c. 2, y. 2.
Celui qui me voit, dit ce divin Sauveur , voit mon Père ; je suis en lui , et il est en moi : c'est lui-même qui agit par moi. Joan., c. 14, y. 9 ; Dieu est donc tel qu'il a paru dans Jésus-Christ , bon , compatissant, miséricordieux , patient, charitable, indulgent pour les pécheurs, toujours prêt à les recevoir et à leur pardonner. Jamais il n'a dit à personne : Craignez et tremblez; mais, ayez confiance, ne craignez point , venez à moi, je vous soulagerai et vous donnerai la paix. Il attend la Samaritaine et la prévient, il appelle le publicain et veut manger chez lui, il pardonne h la pécheresse convertie et prend sa défense , il ne condamne point la femme adultère , mais il l'exhorte à ne plus pécher. Le pasteur qui court après la brebis égarée et la rapporte, le père qui reçoit le prodigue et J'embrasse : quels traits ! quelles images!
La crainte sans espérance ne convertit personne : elle accable et décourage. Selon saint Paul , les païens se sont livrés au crime par désespoir.
Ephes., c. 4, y. 19. Ce n'est point à la crainte, mais à la confiance, qu'une grande récompense est réservée. IJebr., c. 10, y. 35.
Quelques incrédules , après Calvin , ont osé dire que Jésus-Christ sur la croix a donné des marques de désespoir, parce qu'il a dit : Mon Dieu, pourquoi m'avez -vous délaissé? Ces censeurs téméraires n'ont pas vu que ces paroles sont le premier verset du psaume 21 , qui est une prophétie des souffrances du Messie. Jésus -Christ s'en est fait l'application sur la croix, pour montrer qu'il l'accomplissoit à la lettre. C'est un nouveau trait de lumière qu'il faisoit briller aux yeux des Juifs, mais
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auquel ils furent encore insensibles , dignes en cela de servir de modèle aux incrédules.
DÉSIR. Nos désirs, dit très-bien un
auteur moderne, sont des prières que
nous adressons aux objets qui semblent
nous promettre le bonheur. Ainsi tout
désir est un culte , et c'est le culte du
cœur, par conséquent le principe de la
religion naturelle . Ceux qui ne remontent
point à la première cause de tous les
I biens , ont autant de dieux qu'il y a
! d'êtres capables de leur procurer le
! bien-être; dès que l'homme a des dé-
j sirs , il sait se faire des dignités. Saint
1 Paul a eu la même idée , 'orsqu'il a dit
| que les hommes sensuels se font un dieu
de leur ventre, Philipp., c. 5, y. 19 , et
que l'avarice est une idolâtrie, Coloss.,
C'est avec raison que Dieu défend, dans sa loi , les désirs injustes et déréglés. Celui qui désire le bien d'autrui ne manquera pas de s'en emparer , s'il en trouve le moyen ; le seul désir réfléchi des voluptés sensuelles estcondamnable, parce que celui qui s'y livre cherche dans ce désir même une partie de la satisfaction qu'il se promet dans la consommation du crime. « Je vous déclare, » dit le Sauveur, que celui qui regarde » une femme pour exciter en lui-même » de mauvais désirs , a déjà commis » l'adultère dans son cœur. » Matlh., c. 5, y. 28.
Il ne faut pas conclure de là que les désirs , même indélibérés , auxquels nous ne consentons point, sont des péchés. Saint Paul, Rom., c. 7, y. 7 et suiv., donne le nom de péché à la concupiscence, à tout désir indélibéré du mal ; mais il est évident , par la suite même de ce chapitre, que, par péché, il entend un vice, un défaut, une imperfection , et non un crime punissable. Il appelle la concupiscence un péché, parce que c'est l'effet du péché originel avec lequel nous naissons , et qu'elle est la cause du péché, lorsque nous ne lui résistons pas. C'est la remarque de saint Augustin, lib. 1, de Nupt. et Concup., c. 25, n. 25; lib. 2, contra Jul.,c. 9,n. 52 ; Op. imperf., lib. 2, c. 226, etc. Si
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dans d'autres endroits ce saint docteur semble envisager la concupiscence comme un péché imputable et punissable , il faut les rectifier par l'explication qu'il a donnée lui-même. On auroit tort de conclure de là que, selon saint Au-
Chez les Israélites, il y avoit un code de lois très -complet, très -détaillé et très-sage ; les prêtres , les juges , les rois ne pouvoient y déroger ; le gouvernement n'éloit donc livré au caprice ni des uns ni des autres. Le vrai despotisme
gustin, une action peut être un péché n'a lieu que quand la volonté du sousans être libre , ou que, pour être libre , j verain a , par ciie-même , force de loi r il n'est pas besoin d'être exempt de né- comme on le voit à la Chine et ailleurs; cessilé. *■ j chez les Hébreux , au contraire, ce n'é-
DESPOTISME, gouvernement d'un j toit pas l'homme qui devoit régner, c'é-
toit la loi. Elle avoit fixé les droits légitimes du roi comme ceux des particuliers, et les avoit bornés. Veut., c. 17, y. \G. Si Samuel annonce aux Israélites des abus et des vexations comme les droits du roi, I. lleg., c. 8, y. Il , il est clair qu'il parle des droits illégitimes que s'atlribuoient les souverains des autres nations , puisque la loi de Moïse, loin de les accorder au roi, les lui interdisoit. Diodore de Sicile, très-instruit de la nature des gouvernements, dit que Moïse fit de sa nation une république; Traduction de Tcrrasson, t. 7, pag. 147 : et c'est la première qui ait existe dans le monde.
Dira-t-on sérieusement, comme les incrédules, que le christianisme autorise le despotisme , parce qu'il commande aux peuples l'obéissance passive 'IRom., c. 13. S'il avoit conseillé la révolte, ce seroit le cas de déclamer. Mais ses dogmes, son culte, ses lois tendent à inspirer l'esprit de charité, de fraternité, de justice, d'égalité morale entre tous
seul avec une autorité absolue et illimitée.
Les incrédules soutiennent, très-mal à propos , que le despotisme est né de la religion. Il est venu naturellement du pouvoir paternel, qui, dans les sociétés naissantes, n'est limité par aucune loi civile ; il n'est borné que par la loi naturelle, et celle-ci est nulle dans un homme sans religion. L'on a faussement imaginé que le despotisme éloit né du gouvernement théocratique ; les Romains, les Grecs, les Egyptiens, les Chinois , les Nègres , n'ont point connu ce gouvernement ; cependant le despotisme s'est établi chez eux, parce qu'une société naissante et encore mal policée, ne peut être gouvernée que par un pouvoir absolu. L'homme, une fois constitué en autorité, veut naturellement être seul maître , et écarter toute barrière capable de gêner son pouvoir ; il est donc impossible qu'il ne devienne despote , à moins que la religion ou la force ne mettent un frein à sa puissance.
La religion primitive , loin d'autoriser I les hommes : comment tirera-t-on de là le despotisme des pères, ou l'abus du! des leçons de despotisme pour les
pouvoir paternel , leur a enseigné que leurs enfants sont un fruit de la bénédiction de Dieu, Gen., c. 1, jK 28; c. 4, i. 2o ; que tous les hommes sont enfants d'un même père, et doivent se respecter les uns les autres comme les images de Dieu, cl, v. 27. L'Ecriture représente les premiers hommes qui ont été puissants sur la terre, comme des impies qui ont abusé de leurs forces pour assujettir leurs semblables, c. 6, jr. 4. Nous ne voyons point dans la conduite des patriarches les excès insensés que se permettent les despotes chez les nations infidèles.
princes , et d'esclavage pour les peuples ? Le despotisme pur n'est établi chez aucune nation chrétienne , et il n'y a aucun peuple de l'univers qui ait un gouvernement aussi modéré que celui des peuples soumis à l'Evangile : contre un fait aussi éclatant , les spéculations et les raisonnements sont absurdes.
Constantin , premier empereur chrétien, est aussi le premier qui , par ses propres lois, ait mis des bornes au despotisme établi par ses prédécesseurs.
Suivant nos politiques sans religion, le droit divin que les rois chrétiens prétendent leur appartenir, et l'obéissance
di:s
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passive illimitée que le clergé assure
I ditienx qu'ils répandent dans leurs ou-
leur être duc, tendent au même but, vrages sont un avertissement pour les
qui est de les rendre despotes et de légitimer la tyrannie ; mais y eut-il jamais
rois de renforcer leur autorité , et de subjuguer par la crainte ceux qui ne.
im roi chrétien assez insensé pour en- S sont plus soumis par la religion, tendre par droit divin le droit de violer | Comment peut-on tenir aucun compte les régies de la justice et d'enfreindre jj de la doctrine de nos politiques incréîa loi naturelle ? 11 n'est point de droit dules, quand on en considère les contraplus divin que le droit naturel , et jamais j dictions? D'un côté, ils accusent le clergé on ne pourra citer une loi divine posi- l d'attribuer aux rois un droit divin ilïitivè, qui autorise les rois à le violer, j mité; de l'autre, ils lui reprochent de Nous soutenons que le droit divin des mettre une barrière à l'autorité des rois, rois n'est autre que le droit naturel, j en disant qu'il faut obéir à Dieu plutôt fondé sur l'intérêt général de la société , ! qu'aux hommes. Lorsqu'ils veulent
ou sur le bien commun qui est la loi suprême, et que les lois divines positives n'ont rien fait autre chose que le confirmer. Voyez Autorité, Roi, etc.
Quant à l'obéissance passive , il est faux que le clergé enseigne qu'elle doit être illimitée , puisqu'il décide qu'un sujet ne devroit pas obéir si le souverain commandoit quelque chose de contraire à la loi de Dieu. Si on veut la limiter d'une autre manière, qui posera la borne où elle doit s'arrêter?
Ce n'est pas le clergé qui a dicté à lïobbes les principes de despotisme qu'il a établis , qui lui a enseigné que la souveraineté, de quelque manière qu'elle soit acquise , est inamovible ; qu'elle n'est point fondée sur un contrat ; que le souverain ne peut faire à ses sujets aucune injure pour laquelle il doive en être privé ; qu'il ne peut commettre une injustice ; que c'est à lui seul de juger
prouver qu'il faut tolérer de fausses religions dans le royaume, ils décident que le souverain n'a rien à voir à la croyance de ses sujets , ni aucun droit de gêner leur conscience; que quand une fois la tolérance a été accordée à des mécréants , c'est un titre sacré auquel il ne peut plus toucher.
S'agit-il de détruire ou de restreindre l'autorité et les droits du clergé? Autres principes : alors le souverain est le maître d'admettre dans ses états ou d'en exclure telle religion qu'il lui plaît, les ministres d'une religion ne peuvent exercer aucun pouvoir quelconque sur les sujets que sous le bon plaisir du prince; après quinze siècles de possession, ils peuvent encore être légitimement dépouillés de tous leurs privilèges , et gênés dans l'exercice des pouvoirs qu'ils ont reçus de Dieu. En un mot, à l'égard des fausses religions, le
de ce qu'il doit ou ne doit pas faire , de souverain a les mains liées ; à l'égard de
la doctrine et des opinions qu'il doit bannir ou permettre, de l'extension ou des limites qu'il doit donner au droit de propriété , ou aux tributs qu'il peut exiger; que sans lui ou contre lui la société n'a aucun droit, etc. Leviathan, 2e part.,c. 18 et 20; s'il a voulu fonder cette doctrine sur l'Ecriture sainte, le clergé n'est pas responsable de cet abus. On peut accuser, à plus juste titre, les incrédules de travailler à inspirer le despotisme aux princes , soit en les -affranchissant de toute crainte de Dieu et de tout respect pour le droit divin , soit en déclamant mal à propos contre l'autorité souveraine. Les principes sé-
la vraie, il est tout-puissant et despote absolu.
11 y a du moins un fait incontestable, c'est que jamais un prince n'a visé au despotisme sans commencer par avilir et par écraser le clergé.
DESSEIN. Voyez Intention.
DESTIN , DESTINÉE. Ce n'est point à nous de réfuter les visions des stoïciens, des mahométans, des matérialistes, sur le destin; l'on comprend assez que cette doctrine ne peut subsister avec la notion d'une Providence divine qui gouverne le genre humain par un pouvoir absolu, mais avec douceur, bonté et sagesse, en laissant aux
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hommes toute la liberté dont ils ont besoin , pour que leurs actions soient imputables, dignes de récompense ou de châtiment. Par le destin, un chrétien
qu'ils nomment la grande synagogue, fit le recueil des livres hébreux de l'ancien Testament tel qu'ils l'ont aujourd'hui , qu'elle y plaça les livres qui n'y
ne peut entendre autre chose que les étoient pas avant la captivité de Babydécrets de cette Providence paternelle; lone, en particulier ceux de Daniel, loin d'en avoir de l'inquiétude, il trouve d'Ezéchiel , d'Aggée, d'Esdras et de sa consolation à se reposer sur elle, à [Néhémie. Mais cette. opinion des Juifs lui abandonner le soin de son sort pour 1 n'est appuyée sur aucune preuve solide. ce monde et pour l'autre : c'est à quoi L'Eglise chrétienne a placé dans son Jésus-Christ nous exhorte dans l'Evan- I canon plusieurs livres qui ne sont point gile. lUalth., c. 6, f. 25. Cette leçon est \ dans ceiui des Juifs, et qui n'ont pas pu d'un meilleur usage que toutes les | y être selon leur système , puisque plumaximes de la philosophie. Voyez Fa- sieurs n'ont été composés que depuis le talisme. (prétendu canon fait sous Esdras ; tels
Mais à quoi serviroit de combattre le t sont la Sagesse , l'Ecclésiastique, les Madestin, si l'on s'obstinoit à le ramener | chabées. D'autres y ont été mis fort tard, sur la scène sous le nom de prédesti- S parce que l'Eglise n'avoit pas encore nation absolue? Que notre sort éternel \ examiné, rassemblé et comparé les soit fixé par une nécessité à laquelle j preuves de leur canonicité. Jusqu'alors Dieu lui-même soit soumis, ou par des ] il a été permis d'en douter; mais dearrèts irrévocables de Dieu, auxquels | puisqu'elle a prononcé, personne n'est nous n'avons pas le pouvoir de résister , | plus en droit de les rejeter ; les livres cela est fort égal pour nous. Il vaudroit deutéro-canoniques ne sont pas moins encore mieux, dit Epicure, vivre sous sacrés que les proto-canoniques ; le re- Fcmpirc de la divinité la plus capri- | tard du jugement de l'Eglise ne le rend cieuse,que dans les chaînes d'un destin \ que plus respectable, puisqu'il n'a été inexorable ; mais Dieu n'est ni capri- j porté qu'avec pleine connoissance de deux , ni inexorable ; il est bon , et il aime ses créatures. Lorsque Jésus-Christ nous recommande la tranquillité de l'esprit, il ne donne pas pour raison la puissance absolue du Dieu que nous servons, et l'impossibilité de résister à ses décrets, mais sa bonté paternelle : « Votre Père céleste, dit-il, sait ce dont » vous avez besoin. » Or, nous présumons que Dieu ne sait pas moins ce qu'il nous faut pour l'autre vie que pour celle-ci , et qu'il n'est pas moins disposé à nous donner des secours pour l'une que pour l'autre.
DEUTERO-CANONÏQUE ; c'est le nom que donnent les théologiens à certains livres de l'Ecriture sainte, qui ont été mis dans le canon plus tard que les autres , soit parce qu'ils ont été écrits les derniers, soit parce qu'il y a eu d'abord des doutes sur leur authenticité.
Les Juifs distinguent dans leur canon des livres qui n'y ont été mis que fort tard. Ils disent que sous Esdras une grande assemblée de leurs docteurs ,
cause.
Nous ne voyons pas pourquoi l'on refuseroit à l'Eglise chrétienne un privilège que Ton accorde à l'Eglise juive; pourquoi est-elle moins capable que la synagogue de juger que tels livres sont inspirés , ou parole de Dieu, et que tels autres ne le sont pas? S'il y a un point de fait ( u de doctrine nécessaire à renseignement de l'Eglise , c'est de savoir quels sont les livres qu'elle doit donner aux fidèles comme règle de leur croyance.
Nous ignorons sur quelle preuve les Juifs se sont fondés pour dresser leur canon , pour y admettre certains livres et en rejeter d'autres ; si ce point a été décide par une assemblée solennelle des docteurs juifs, ou s'il s'est établi insensiblement par une croyance commune ; si cette opinion a été d'abord unanime, ou contestée par quelques docteurs, etc.. Nous voyons seulement que les J'Mfs ont <Mi de la répugnance à recevoir, tomme divins, les livres dont le texte hébreu ne subsisloit plus, et dont ii ne restoit
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qu'une version , de môme que ceux qui ont été d'abord écrits en grec. Mais cette prévention des Juifs en faveur de l'hébreu sent un peu trop le rabbinisme moderne; nous admirons la confiance avec laquelle les protestants l'ont adoptée. Les Juifs ont pu savoir certainement qui étoit l'auteur de tel ou tel livre, mais nous ignorons sur quelle preuve et par quel motif ils ont jugé qu'Esdras, par exemple , étoit inspiré de Dieu plutôt que l'auteur du livre de la Sagesse ; c'étoit néanmoins la première question à décider, avant de savoir si tel livre devoit être mis dans le canon plutôt qu'un autre.
Pour nous qui croyons la canonicité et l'inspiration des livres saints , non sur l'autorité ou le témoignage des Juifs, mais sur la parole de Jésus-Christ et des apôtres , que nous avons reçue par l'organe de l'Eglise , nous pensons que c'est à elle que nous devons nous en rapporter pour savoir avec certitude quels sont les livres sacrés de l'ancien Testament, aussi bien que ceux du nouveau.
Voyez Ecriture sainte.
Les livres que les Juifs n'admettent point dans leur canon de l'ancien Testament , sont Tobie , Judith , les sept derniers chapitres d'Esther,la prophétie de Baruch , la Sagesse , l'Ecclésiastique , les deux livres des Machabées.
Les livres deutéro- canoniques du nouveau Testament sont l'Epître aux Hébreux , celle de saint Jacques et de saint Jude, la seconde de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean, et l'Apocalypse, Les parties deuîérocanoniques de quelques livres sont, dans le prophète Daniel, le cantique des trois enfants, l'oraison d'Azarie, les histoires de Susanne , de Bel et du dragan; dans saint Marc, le dernier chapitre; dans saint Luc, la sueur de sang de Jésus -Christ, rapportée chap. 22, t. 44; dans saint Jean, l'histoire de la Jemrne adultère, chap. 8, f. 1.
Parmi ces livres, les protestants ont trouvé bon d'en recevoir quelques-uns et de rejeter les autres; les luthériens, les calvinistes et les anglicans ne sont pas entièrement d'accord sur ce point.
Mais il y a une remarque essentielle à faire. Les critiques, même protestants, ont vanté avec raison l'antiquité et l'excellence de la version syriaque de l'ancien et du nouveau Testament; elle a été faite, disent-ils, ou du temps des apôtres , ou immédiatement après , pour l'usage des Eglises de Syrie. Or , cette version renferme les livres deutéro-canoniques admis par l'Eglise romaine. lia étoient donc admis comme livres sacrés par les Eglises de Syrie, immédiatement après le temps des apôtres , et ils ont continué jusqu'à présent d'être regardés comme tels, soit par les Syriens maronites ou catholiques , soit par les Syriens jacobites ou eutychiens. Ils sont reçus de même par les chrétiens cophles d'Egypte, par les Ethiopiens et par les nestoriens. Ces différentes sectes hérétiques n'ont pas emprunté cette croyance de l'Eglise romaine, de laquelle elles sont séparées depuis plus de douze cents ans. Donc l'Eglise romà^ie n'a pas été mal fondée à déclarer ces îivres canoniques. Perpét. de la Foi, tome S , 1. 7, c. 7 ; Assémani , Biblioth* Orient., tome 3 et 4, etc.
Si les réformateurs avoient été plus instruits, s'ils avoient connu les anciennes versions et la croyance des différentes sectes des chrétiens orientaux , sans doute ils auroient été moins téméraires; mais leurs successeurs, mieux informés, dévoient être moins opiniâtres.
Selon le témoignage d'Eusébe, Htst.
ecclés., liv. 4 , c. 26 , Méliton , évèque de Sardes, qui vivoit au milieu du second siècle, dans le catalogue qu'il donne des livres de l'ancien Testament, ne comprend point Tobie, Judith, Esther , la Sagesse, l'Ecclésiastique, les Machabées.
Le concile de Laodicée, tenu entre l'an 560 et 570, n'y place pas non plus ces livres , excepté celui d'Esther. L'auteur de la Synapse attribuée à saint Athanase, paroît avoir copié le concile de Laodicée. Dans le 76e ou le 85e canon des apôtres , il n'est pas fait mention de celui de Tobie ; mais il est parlé de trois livres des Machabées. Le troisième concile de Carthage, tenu l'an 597 , donne une liste semblable à la nôtre ; elle se trouve la
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même dans un autre catalogue très-ancien , cité par Bévéridge, et il y est parlé de quatre livres des Machabées. Pour le nouveau Testament , Eusèbe , liv. 3 , ch. 3 et 25, dit que quelques-uns ont rejeté du canon l'épître de saint Paul aux Hébreux ; que Ton a douté des épîtres de saint Jacques , de saint Jude , de la seconde et de la troisième de saint Jean , et de l'Apocalypse ; le concile de Laodicée n'omet que ce dernier ouvrage dans son catalogue ; le concile de Carthage l'a compris *3ans le sien ; le 76e canon des apôtres n'en parle pas, il met à
veulent pour règle de foi que des livres , n'avoueront pas que les choses aient pu se passer ainsi; mais les variétés même qui se trouvent entre les catalogues des différentes Eglises prouvent contre eux.
Voyez Canon.
Nous parlerons de chacun des livres deutéro-canoniques sous son titre particulier.
DEUTÉRONOME, livre sacré de l'ancien Testament, et le dernier de ceux que Moïse a écrits. Ce nom grec est composé de &iîTepo&, second, et de >c,uos,
règle ou loi; parce que le Deute'ronome sa place les deux épîtresdesaint Clément est la répétition des lois comprises dans et les Constitutions apostoliques. Enlin , f les premiers livres de Moïse ; pour cette le catalogue cité par Bévéridge compte ! raison les rabbins le nomment quel- TApocalypse et les deux lettres de saint ; quêtais mischna, c'est-à-dire, répétition Clément. On nous demande si ce concile I de la loi.
avoit reçu une inspiration divine pour II est évident que cette répétition étoit mettre au nombre des livres saints plu- ( nécessaire. De tous les Israélites qui
sieurs écrits que l'Eglise primitive ne regardoit pas comme tels.
Si nous avions à répondre à des protestants, nous leur demanderions à notre tour quelle inspiration nouvelle ils ont reçue pour choisir entre ces divers catalogues anciens, celui qui leur a plu da-
étoient sortis de l'Egypte, tous ceux qui étoient pour lors âgés de vingt ans et au-dessus, étoient morts -pendant les quarante ans qui venoient de s'écouler dans le désert , en punition de leurs murmures, excepté Caleb et Josué. Num., c. d4, f. 29. Tous ceux qui avoient
vantage, et pourquoi les trois sectes moins de vingt ans à cette époque, en
protestantes n'ont pas été inspirées de même; comment ils sont sûrs que Méliton a été mieux instruit de la croyance universelle de l'Eglise que ceux qui ont dressé le 76e canon des apôtres, etc.
avoient près de soixante lorsqu'ils entrèrent dans la Terre promise. Il étoit donc à propos que Moïse leur rappelât la mémoire des événements dont ils avoient été témoins oculaires dans leur
Mais, sans faire attention à la bizarrerie - jeunesse, et des lois qu'il avoit publiées
des protestants , nous disons qu'en matière de faits, il n'est pas besoin d'une inspiration pour- être mieux informé que ceux qu" nous ont précédés, il suffit d'avoir acquis de nouveaux témoignages ; et c'est le cas dans lequel s'est trouvé le concile de Carthage à l'égard de celui de Laodicée et à l'égard de Mé-
pendant cet intervalle de quarante ans.
Aussi fait-il l'un et l'autre dans le Deutéronome; il renouvelle les lois, et il prend à témoin ces hommes, déjà avancés en âge, de tous les événements qui se sont passés sous leurs yeux et en présence de leurs pères; précaution sage, à laquelle les censeurs de Moïse n'ont
liton. L'Eglise romaine, instruite immé- jamais fait attention
dialement par les apôtres et par leurs premiers disciples, a pu recevoir d'eux des instructions qui n'avoient pas été données aux Eglises d'Orient; c'est elle qui a fait savoir à l'Eglise d'Afrique que les apôtres tenoient pour authentiques et pour livres sacrés les écrits dont nous parlons , et qu'ils les lui avoient donnés
De tous les livres de Moïse, c'est celui qui est écrit avec le plus d'éloquence et de dignité , et dans lequel cet homme célèbre soutient le mieux le ton de législateur inspiré. Il y rappelle en gros les principaux faits dont les Israélites dévoient conserver la mémoire ; il confirme ce qu'il avoit dit dans les livres
comme tels. Les protestants, qui ne i précédents, cl y ajoute quelquefois de
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nouvelles circonstances. Il y rassemble les lois principales , y répète les commandements du Décalogue, et par les exhortations les plus pathétiques, il tâche d'engager son peuple à observer fidèlement cette législation divine. Les derniers chapitres sont surtout remarquables , et le cantique du chapitre 52 est du style le plus sublime
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qu'on y lit à la fiu, for*
Sa mort, meroit une difliculté plus considérable, si l'on ne savoit pas que la division des livres de l'ancien Testament est trèsmoderne. Ce morceau fut ajouté par Josué à la narration de Moïse, ou plutôt, c'est le commencement du livre de Josué. Il est aisé de s'en apercevoir , en comparant le premier verset de celui-ci,
On y voit un vieillard cassé de tra- selon la division présente, avec le dervaux, mais dont l'esprit conserve toute | nier verset du Deutéronome. C'est donc sa force, qui , à la veille de sa mort , dont j une faute de la part de ceux qui ont fait il sait le jour et l'heure , porte encore sa nation dans son sein , qui s'oublie lui-même pour ne s'occuper que de la destinée d'un peuple toujours ingrat et rebelle. Il ranime ses forces, serre son style , relève ses expressions , pour mettre sous les yeux de ce peuple assemblé les bienfaits de Dieu , et les grands événements dont il a été luimême l'instrument, les motifs les plus capables de faire impression sur les esprits et les cœurs. Il lit dans l'avenir ; la crainte, l'espérance, la piété, le zèle, la tendresse, l'agitent et le transpor-
la division de ce livre d'avec celui de Josué , qui y étoit anciennement joint sans aucune division; il falloit com- | mencer celui-ci douze versets plus haut, et il n'y auroit point eu de difficulté.
Dans l'hébreu , le Deutéronome contient onze paraches ou divisions, quoiqu'il n'y en ait que dix dans l'édition que les rabbins en ont donnée à Venise, celle-ci n'a que 20 chapitres en 955 versets : mais dans le grec, le latin et les autres versions , ce livre contient 54 chapitres et 952 versets. Au reste , ces divisions ne font rien pour l'intégrité du
vers que Dieu et son peuple. Si quelques traits peuvent caractériser un grand homme , ce sont certainement ceux-là.
Le livre du Deutéronome fut écrit la quarantième année après la sortie d'Egypte, dans le pays des Moabites, audelà du Jourdain. Cette expression équivoque en hébreu a donné lieu à des critiques pointilleux de douter si Moïse en étoit véritablement l'auteur, parce qu'il est certain qu'il n'a pas passé ce fleuve, et qu'il est mort dans le pays des Moabites. On leur a fait voir que l'expression traduite par au-delà, peut être également rendue par en-deçà, ou plutôt, qu'elle signifie au passage. En effet, dans Josué, chap. 12, il est parlé des peuples qui habiloient Béhéber , au-delà du Jourdain , du côté de l'orient , et de ceux qui demeuroient audelà, du côté de l'occident; l'on pourroit citer plusieurs autres exemples. Il suffit de lire attentivement le Deutéronome, pour sentir qu'un autre que Moïse n'a pas pu en être l'auteur.
tent; il presse, il encourage, il menace, livre, qui a toujours été reçu pour canoil prie , il conjure ; il ne voit dans l'uni- nique par les Juifs et par les chrétiens.
Dans la préface qui est à la tête du tome 5 , p. 6 de la Bible d'Avignon, il | y a une concordance abrégée des lois de Moïse rangées dans leur ordre nalurel ; il est bon de la consulter pour avoir une idée juste de la législation juive.
Josué, chap. 8 de son livre, f. 50; l'auteur des Paralipomènes , I. 2 , c. 25 , f. 4; celui du quatrième livre des Rois, c. 14, f. 6 ; Daniel , c. 9, f. 12 et 15; Baruch, c. 1, f. 20 ;c. 2, f. 3;Néhémie, c. 1, f. 8. et 9; c. 13, f. 1 ; l'auteur du second livre des Machabées, c. 7. jh 6, citent des paroles et des lois de Moïse qui ne se trouvent que dans le Deutéronome; ainsi, de siècle en siècle, ce livre du Pentateuque se trouve rappelé par les divers écrivains de l'ancien Testament. Par là on voit combien on doit se fier à un critique incrédule qui n'a pas hésité d'affirmer qu'aucun des livres juifs ne cite une loi , un passage du Pentateuque, en rappelant les phrases dont l'auteur du Pentateuque s'est servi.
Ce même critique a brouillé exprès
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la chronologie et la géographie, pour trouver des faussetés dans le Deutéronome ; il a changé le sens de plusieurs expressions pour y montrer des absurdités, mais elles ne tombent que sur lui. On a répondu solidement à toutes ses objections, dans la Réfutation de la Bible expliquée, 1. 6, c. 2.
DEUTÉROSE. C'est ainsi que les Juifs nomment leur Mischna ou seconde loi ; le grec Seurépvstq a la même signification.
Eusèbe accuse les Juifs de corrompre le vrai sens de l'Ecriture par les vaines explications de leurs deutéroses. Saint Epiphane dit que l'on en citoit quatre espèces , les unes sous le nom de Moïse, les autres sous le nom d'Akiba , les troisièmes portoient le nom d'Adda ou de Juda, les quatrièmes celui des enfants des Asmonéens ou Machabées.
Il n'est pas aisé de savoir si la Mischna des juifs d'aujourd'hui est la même que ces deutéroses , si elle les contient toutes , ou seulement une partie. Saint Jérôme dit que les Hébreux les rapportaient à Sammaï et àHillel ;si cetle antiquité étoit bien prouvée, elle mériteroit attention , puisque Josèphe parle de Sammias , qui vivoit au commencement du règne d'IIérode , et qui est le même que Sammaï. Mais saint Jérôme parle toujours des deutéroses avec un souverain mépris, il les regardoit comme un recueil de fables, de puérilités et d'obscénités. 11 dit que les principaux auteurs de ces belles décisions sont , suivant les Juifs, Barakiba, Siméon et ïlilles. Le premier est probablement le père ou l'aïeul du fameux Akiba, Siméon est le même que Sammaï , et Billes est mis pour Hillel. Euseb. in Isaï. 1 ; Epiphan., Ilœres., 55, n° 9; Ilieron., in Isaï., c. 8 ; Josèphe, Ant. Jud., 1. 14, e. 47; 1. 45 , c. 4. Vouez Talmud.
DEVIN , DIVINATION. L'on a nommé en général devin un homme auquel on a supposé le don, le talent ou l'art de découvrir les choses cachées ; et comme l'avenir est très -caché aux hommes, l'on a nommé divination l'art de connoître et de prédire l'avenir.
La curiosité et l'intérêt, passions inquiètes, mais naturelles à l'humanité ,
sont la source de la plupart de ses erreurs et de ses crimes. L'homme voudroit tout savoir ; il s'est imaginé que la Divinité auroit la complaisance de condescendre à ses désirs. Souvent il lui importe de connoître des choses qui qui sont au-dessus de ses lumières ; il s'est flatté que Dieu , occupé de son bonheur, consentiroit à les lui révéler.
Il n'a donc pas été nécessaire que des imposteurs vinssent lui suggérer celte confiance ; ses désirs ont été la source de son erreur. Il a cru voir des révélations et des prédictions dans tous les phénomènes de la nature ; c'est une des raisons qui ont fait imaginer partout des esprits, des génies, des intelligences prêtes à faire du bien ou du mal aux hommes. Tout événement surprenant a été regardé comme un présage et un pronostic de bonheur ou de malheur.
Un peu de réflexion suffit pour faire concevoir que cetle démangeaison de tout savoir est une espèce de révolte contre la Providence divine. Dieu n'a voulu nous donner que des connoissances très-bornées, afin de nous rendre plus soumis à ses ordres, et parce qu'il a jugé que des lumières plus étendues nous seroient plutôt pernicieuses qu'utiles. Ainsi la divination n'est point un acte de religion , ni une marque de respect envers Dieu, mais une impiété; elle suppose que Dieu secondera nos désirs les plus injustes et les plus absurdes. Les patriarches consultoient le Seigneur, mais ils n'usoient d'aucune divination, et nous verrons que Dieu la défendoit sévèrement aux Juifs. Lerit., c. 49 , et Veut., c. 48. -*
Il seroit à peu près impossible de faire l'énumération de tous les moyens qui ont été mis en usage pour découvrir les choses cachées et pour présager l'avenir , puisqu'il n'est point d'absurdités auxquelles on ait eu recours. Mais pour montrer que la fourberie des faux inspirés a eu beaucoup moins de part à ce désordre que les faux raisonnements des particuliers , il nous suffira de parcourir les difïérentes espèces de diviiialion dont il est parlé dans l'Ecriture ; elles ont été à peu près les mêmes chez