‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 53 sur 114 · DEV 254 DEV · texte numérisé non relu

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voir à ses besoins par tous les moyens nous fait voir la sagesse de la loi qui qui se trouvent en son pouvoir ; en sa- nous est imposée , par conséquent la lisfaisant à celte nécessité , il suit l'im- justice de nos devoirs ; la conscience pulsiop. de la nature; quand il nuiroit nous applique à nous-mêmes cette loi , aux autres par là, en quoi peut -il pé- i nous fait sentir qu'elle est pour nous et cher? | qu'elle nous oblige : en violant la loi,

Confondre la nécessité physique avec • nous nous écartons de la raison et nous l'obligation morale, est un sophisme j résistons à la voix de la conscience; grossier. En résistant à la nécessité ! mais la raison et la conscience ne sont physique , nous souffrons , sans nous j pas la loi ni le fondement de l'obligation, rendre pour cela coupables ; en résistant j elles n'en sont que les interprètes, ou, si

h l'obligation morale , nous sommes coupables , quand même nous ne souffririons pas. Faire violence à notre sensibilité physique, n'est pas toujours un crime ; c'est souvent un acte de vertu ou J de force de l'àme ; et souvent nous y j sommes obligés, pour ne pas résister au sentiment moral , ou à la voix de la con- [

l'on veut, le héraut qui la publie et la fait connoître.

Cicéron semble avoir reconnu cette vérité dans son Traité des Devoirs, de Offlciis ; il avoit fondé nos obligations morales sur le dictamen de la raison ; mais il a compris que cela ne sufliroit pas : aussi , dans son second livre des

science. La sensibilité physique, le be- ;! Lois, il a établi le droit en général sur soin et la nécessité qui en résultent , j la loi suprême, qui est, dit-il, la raison sont souvent une passion que la raison {j éternelle du Dieu souverain. Or, puisque désavoue ; le sentiment moral et la né- \ nos devoirs et nos droits sont toujours

cessité qu'il nous impose, viennent de la loi : confondre toutes ces idées , ce n'est plus raisonner.

Plusieurs de ceux qui admettent un Dieu , disent que les devoirs de l'homme découlent de sa nature même , telle que Dieu Ta faite. Cela est très-vrai, puisque précision sur cette matière, parce que

Dieu n'a pas pu donner à l'homme la mature qu'il lui a donnée, la raison , la liberté , la conscience , sans le destiner à telle fin, et sans lui imposer telles lois : mais il est absurde de faire ici une abstraction , de mettre d'un côté la nature humaine , de l'autre la volonté divine ;

corrélatifs, ils doivent avoir le même fondement. C'est aussi ce qu'a reconnu un célèbre philosophe moderne. Esprit de Leibnilz, tom. 1 , page 585. Foyez Droit naturel.

On ne sauroit pousser trop loin la

les incrédules abusent de tous les termes pour fonder une moralité de nos actions, indépendamment de la loi de Dieu.

Leurs raisonnements ne sont qu'un verbiage vide de sens, quand on l'examine de près, « Pour nous imposer des

de dire que nos obligations viennent de » devoirs , disent-ils, pour nous près

la première et nop de la seconde. La nature humaine elle -même ne vient -elle pas de la volonté divine? La volonté que Dieu a eue de créer l'homme tel , a été libre et arbitraire; la volonté de lui imposer telles lois ne l'étoitplus, elle a été nécessairement conforme à la première volonté, parce que Dieu est sage et ne peut pas se contredire. Mais le principe immédiat de nos devoirs ou de nos obligations est la loi , ou la volonté divine conforme à la nature qu'il nous a donnée.

Dirons • nous que les devoirs de l'homme sont fondés sur la raison ?

La raison, ou la faculté de réfléchir,

» crire des lois qui nous obligent , il faut » sans doute une autorité qui ait droit v de nous commander. Refusera-t-on ce » droit à la nécessité? Disputera-t-on j> les titres de celte nature qui com- » mande en souveraine à tout ce qui » existe ? L'homme a des devoirs, parce » qu'il est homme, c'est-à-dire, parce » qu'il est sensible*, aime le bien et fuit » le mal, parce qu'il est forcé d'aimer » l'un et de haïr l'autre , parce qu'il est » obligé de prendre les moyens néces- » saires pour obtenir le plaisir et pour » éviter la douleur. La nature, en le » rendant sensible , le rendit sociable. »

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Politique naturelle, tome 1 , Disc. 4, § j toutes les fois que des passions fougueuses 7 ; Système social, première partie , ou des habitudes enracinées les portent c. 7 , etc. au mal. La plupart en doutent , ou ils

Ainsi, en confondant la nécessité phy- savent que l'on peut les éluder. Tout sique avec l'obligation morale, les lois cela est faux. 1°. Ceux qui sont emportés physiques de la nature avec les lois par des passions fougueuses ne tiennent delà conscience, le plaisir et la douleur t pas plus de compte de la haine et du

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avec le bien et le mal moral , on peut déraisonner à son aise. 1° Je nie que la nécessité ou la nature me commande ■ou me force de rechercher le plaisir présent, et de fuir une douleur présente ; de préférer l'un ou l'autre à un plaisir ou à une douleur future et que je prévois , ou de faire le contraire ; ni de préférer un plaisir physique et corporel à un plaisir d'imagination, ou de m'exposer à une douleur corporelle, plutôt qu'à une douleur spirituelle, causée par les remords. Confondre les différentes espèces de plaisirs et de douleurs , c'est une supercherie absurde. 2° Si j'étois forcé à un de ces choix , mon action ne seroit pas libre ni susceptible de moralité; elle ne seroit ni louable, ni blâ-

mépris de leurs semblables , que des menaces de la religion , ils bravent également ces deux objets de crainte. 2° Il est encore plus aisé d'éluder les jugements des hommes que ceux de Dieu , puisque l'on peut cacher aux hommes ce que l'on ne peut pas cacher à Dieu. 5° Chez les nations dont les mœurs sont perverties , rien de plus injuste que le jugement du public; tout homme vertueux est forcé de le braver, et c'est ce qu'ont fait tous ceux qui ontmieux aimé endurer les supplices que de trahir leur conscience. 4° L'exemple de quelques forcenés, tels que les duellistes, qui craignent plus de passer pour lâches que d'être homicides , ne prouve rien , puisqu'ils bravent les lois humaines aussi-

mable, elle ne pourroit mériter ni ré- j bien que les lois divines , et que la plucompense ni punition ; il est absurde de j part sont très-capables des crimes les regarder comme vice ou vertu ce qui se [ plus ignominieux et les plus lâches, fait par nécessité de nature. 5° Il est faux que l'homme ait des devoirs et soit

Foyez Loi. Au mot Droit, nous prouverons que nos devoirs et nos droits sont sociable, parce qu'il est sensible; les i corrélatifs , et sont toujours en même

animaux sont sensibles aussi-bien que nous; la nature leur fait rechercher, comme à nous, le plaisir et fuir la douleur; sont-ils pour cela sociables, ou susceptibles d'une obligation morale?

Les incrédules sont les maîtres de s'abrutir tant qu'il leur plaira, ils ne nous forceront pas de les imiter. 4° Dire que la nature ou la nécessité nous impose des lois , c'est un autre abus des termes; la loi, proprement dite , est la volonté d'un être intelligent , revêtu d'une autorité légitime; cela peut-il s'entendre d'une nature aveugle , qui , selon les incrédules, n'est rien autre chose que la matière ?

Us soutiennentquelacrainte de perdre l'estime et l'affection de nos semblables fait beaucoup plus d'impression sur nous que celle des supplices éloignés, dont la religion nous menace dans une autre vie, puisque les hommes les oublient

i proportion.

DÉVOT , DÉVOTION. La piété , le culte I rendu à Dieu avec ardeur et sincérité, lest ce que l'on nomme dévotion; un j chrétien dévot est celui qui honore Dieu | de celte manière, qui est attendri et coni sole intérieurement par les exercices de i piete,et qui s en acquitte régulièrement. Il est vrai que cette fidélité ne suffit pas pour constituer la vraie piété , la solide dévotion; il faut qu'elle soit accompagnée des vertus morales et chrétiennes , mais il est aussi certain que la piété ne peut pas se soutenir sans les pratiques qui l'excitent et l'entretiennent.

Prier, méditer la loi de Dieu, faire des lectures instructives et édifiantes , assister aux offices de l'Eglise, fréquenter les sacrements , aimer la retraite, faire quelques austérités, renoncer aux amusements bruyants et dangereux du

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monde, sont des choses bonnes et louables ; mais la piété solide ne se borne pas là: les xr aïs dé vols sont charitables, compatissants aux maux du prochain , attentifs à les connoître et à les soulager, patients, résignés , soumis à Dieu: si la réunion de tous ces caractères ne rend pas un chrétien vertueux , nous ne savons plus ce qu'il faut entendre par ce terme.

Les premiers qui ont cherché à déprimer la dévotion, sont les protestants; ils ont traité de superstition toutes les j pratiques de piété , ils les ont supprimées tant qu'ils ont pu ; ils ont dit

réunion de toutes les vertus morales, on n'en trouvera pas une seule d'entre elles qui fasse peu de cas de ia piété. Or, pour juger sainement d'une vertu , il nous paroit que l'on doit plutôt s'en rapporter à ceux qui la pratiquent qu'à ceux qui n'en ont point. On dit qu'il y a une fausse piété, une fausse dévotion; mais il y a aussi une fausse charité , une fausse humilité, une fausse sagesse, etc., et cela ne prouve rien.

11 peut y avoir , sans doute , des hommes qui se persuadent que les pratiques de piété tiennent lieu de vertus ; qui se flattent que Dieu, touché de leur culte ,

que la confiance à ces œuvres extérieures j ne les punira pas de leurs dérèglements ; détruit la foi aux mérites de Jésus-Christ, \ qui cherchent à voiler, sous un extérieur et l'estime des vertus morales; que l'as- religieux , des habitudes criminelles ,

afin de conserver leur réputation. Ces divers abus de la dévotion méritent la censure la plus rigoureuse; mais c'est une malignité très-gratuite , de la part des incrédules , de vouloir persuader que tous les dévots sont dans ce cas , et Il est singulier que ces censeurs si j qu'il n'est point dans le monde de piété éclairés prétendent prendre mieux l'es- sincère.

siduité aux choses de surérogation nous détourne d'accomplir les devoirs nécessaires. C'est à peu près comme s'ils avoient soutenu que la prière nous détourne de penser à Dieu, et que l'aumône détruit la charité.

prétendent prend prit du christianisme, que Jésus -Christ

La dévotion, l'exactitude à remplir

lui-même ; ce divin Sauveur a été un j tous les devoirs de religion , n'a pas la modèle de piété ou de dévotion. Il a dit j vertu d'étouffer entièrement les pasqu'il faut prier continuellement et ne j sions, mais elle contribue à les réprimer, jamais se lasser; il employoit les nuits ' Dira-t-on qu'un homme, qui tous les à ce saint exercice ; il a passé quarante \ jours réfléchit sur ses défauts, sur les jours dans le désert; à quoi y étoit-il ] vices auxquels il est porté, sur ses occupé, sinon à la méditation? Il ren- chutes, qui se reconnoît coupable, qui doit à Dieu ses adorations dans le temple, ! se propose de se corriger, etc., n'en il célébroit les fêtes juives; il a loué la j viendra pas à bout plus aisément que piété d'Anne la prophétesse, les of- \ celui qui n'y pense jamais, qui ajoute à frandes de la pauvre veuve, la prière ' ses passions naturelles l'oubli de Dieu humble et l'extérieur pénitent du publi- 1 et des vérités de la religion? Ce seroit cain ; en parlant des œuvres de charité j supposer que les réflexions ne servent

et des observances de la loi , il a dit qu'il falloit faire les unes et ne pas omettre I

de rien à la vertu.

On dit que la dévotion est le partage

les autres. Matt., c. 23 , f, 23. Saint j des petits esprits , des femmes qui font Paul dit que la piété est utile à tout; cela 1 semblant d'être dégoûtées du monde, seroit-il vrai, si elle nuisoit à la vraie j parce qu'elles en sont rebutées, des vertu? ! caractères mélancoliques et sauvage?.

Nous en appelons à l'expérience. Où j Soit, pour un moment. Lequel vaut

trouve-t-on le plus ordinairement de la charité , de la douceur, de la probité, du désintéressement, de la patience, etc. ? Est-ce chez les dévots ou parmi les impies? S'il y a encore dans le monde quelques personnes recommandâmes par la

mieux, que ces gens- là s'obstinent à vivre dans le monde auquel ils sont à charge , ou qu'ils s'en retirent pour servir Dieu qui daigne les accueillir et les consoler? Leur vie retirée , pieuse , édifiante, ne nuit à personne ; elle les porte

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à des œuvres de chanté et d'humanité que les indévots ne font pas; ils y apprennent à prier pour ceux qui les insultent et les calomnient. Un jour, peutêtre , ces derniers se trouveront fort heureux de les imiter : c'est ce qui peut ieur arriver de mieux.

Mais les dévols sont soupçonneux, injustes , tracassiers, opiniâtres , vindicatifs , etc. Une accusation générale est toujours fausse. Il est absurde de soutenir , ou que la dévotion par elle-même j donne tous ces défauts , ou que ceux qui sont nés avec eux sont plus portés à la dévotion que les autres. Il y a des \ dévots de tous les caractères , comme il ] y a des impies et des incrédules de toutes f les espèces. Lorsque ceux-ci montrent • des vices et font de mauvaises actions , \ h peine y fait-on la moindre attention

que nous ; ils admettoient cependant des

démons méchants, ennemis du bonheur

des hommes. Les Chaldéens, les Perses,

les manichéens, qui ont admis deux

principes de toutes choses, l'un bon,

l'autre mauvais, ne regardaient point

le second comme un ange dégradé , mais

comme un être éternel et indépendant,

{ dont le pouvoir ne pouvoit être détruit

| par le bon principe. Les Caraïbes et les

i autres peuples américains , qui adorent

s de même un être malfaisant qu'ils tâchent

j d'apaiser , en ont à peu près la même

j idée que les manichéens; l'on ne parle pas

j exactement quand on dit qu'ils adorent

I le diable.

Une absurdité de la part des incré- • dules est de nous accuser de tomber dans t la même erreur, quand nous supposons j un être méchant qui s'oppose aux desils semblent avoir acquis le privilège \ seins de Dieu. Nous ne le regardons que d'être vicieux impunément. Si un dévot ; comme une créature de laquelle Dieu fait une faute, la société retentit de cla- \ borne à son gré le pouvoir et les opérameurs ; on veut que la dévotion rende [ tions. Nous voyons dans le livre de Job

l'homme impeccable.

que Salan ne put nuire à ce saint homme

Ceux qui l'aiment doivent se consoler; l que par une permission divine , et Dieu

îa philosophie les autoriseroit à rendre mépris pour mépris , la religion leur ordonne de rendre le bien pour le mal. Ils sont avertis que tous ceux qui veu-

le permit pour éprouver la vertu de Job et lui faire mériter une plus grande récompense.

Dans l'Evangile , Jésus-Christ nous

lent vivre pieusement et selon Jésus- fait entendre qu'il est venu pour vaincre

Christ, souffriront persécution,//. Tim., c. 3,jL'12; qu'ils doivent se rendre irrépréhensibles et sans reproche, comme les enfants de Dieu , au milieu d'une nation méchante et dépravée, dans laquelle ils brillent comme les flambeaux du monde. Philipp., c. 2 , jL 15.

Dans le langage ordinaire , faire ses dévotions y c'est recevoir la sainte communion.

DIABLE , mauvais esprit , ennemi des hommes. On donne ce nom à ceux des anges qui ont été précipités du ciel dans les enfers , pour s'être révoltés contre Dieu. //. Pétri, c. 2 , f. 4. Le grec «fcaëoioç, est formé de &aêod;.w , je croise , je traverse ; c'est le même que l'hébreu Salhan , celui qui s'élève contre nous.

Les païens qui n'avoient aucune connoissance de la chute des anges, ne pou voient avoir du diable la même idée

\efort armé, et lui enlever ses dépouilles. Luc, c. 11 , f. 15, 21. Il dit : Le monde va être jugé , et le prince de ce monde en sera chassé. Joan., c. 12 , f. 51. Dieu l'avoit prédit par Isaïe : « Je » lui livrerai la multitude de ses en- » nemis , il partagera les dépouilles des » forts , parce qu'il a livré son âme à la » mort , etc. » Isaï., c. 55 , f. 12. Saint Paul nous assure que la victoire de Jésus-Christ a été complète, qu'il a enlevé les dépouilles des principautés et des I puissances , et les a menées en triomphe, Coloss., c. 2 , f. 4 ; que par sa mort il a détruit celui qui avoit l'empire de la mort, c'est-à-dire, le démon, Ilebr,, c. 2 , y. 14. Dans l'Apocalypse, il est appelé le lion de Juda qui a vaincu, c. 5 , f. 5. Saint Augustin a opposé les paroles de saint Paul aux blasphèmes des manichéens, 1. 14, contra Faustum , c. i. Voyez Démon.

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DIACONAT, ordre et office de diacre.

Les protestants prétendent que, dans son origine , le diaconat n'étoit qu'un ministère extérieur , qui se bornoit à servir aux tables dans les agapes, et à prendre soin des pauvres , des veuves , et de la distribution des aumônes. Quelques catboliques , comme Durand et Cajetan, ont soutenu que ce n'étoit pas un sacrement; le commun des théologiens soutient le contraire.

Dès que les protestants ont nié la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie , le sacrifice de la messe , et qu'ils n'ont plus regardé cette cérémonie que comme une cène, ou un souper commémoratif, il n'est pas étonnant qu'ils aient envisagé la fonction de servir à l'autel comme un ministère purement profane; l'une de ces erreurs est une suite naturelle de l'autre. Mais ce n'est point ainsi qu'en a jugé l'Eglise primitive, qu'en ont parlé saint Paul, /. Tim., c. 3 , f. 8 , et saint Ignace dans ses lettres. L'apôtre n'auroit pas exigé des diacres tant de vertus, s'ils n'avoient été que de simples serviteurs des fidèles et du clergé. Voyez les Notes de Bévéridge sur le deuxième canon des apôtres.

Les sectes chrétiennes, séparées de l'Eglise romaine depuis plus de douze cents ans, n'ont jamais regardé le diaconat comme un ministère purement profane , duquel toute personne puisse faire les fonctions, mais comme un ordre sacré ; elles ont été de tout temps dans l'usage de donner Yordinalion aux diacres , aussi-bien qu'aux prêtres et aux évêques ; de même qu'il n'a jamais été permis aux diacres de faire les fonctions des prêtres ni des évêques , on n'a pas permis non plus aux clercs inférieurs de faire les fonctions des diacres. Le quatrième canon des apôtres défend à ces derniers de se charger d'aucune affaire séculière ; l'on sait que ces canons nous ont conservé la discipline du second et du troisième siècle de l'Eglise.

Voici les principales cérémonies qu'on observe en conférant le diaconat. D'abord l'archidiacre présente à l'évêque

celui qui doit être ordonné, disant que l'Eglise le demande pour la charge du diaconat : Savez -vous qu'il en soit digne , dit l'évêque? Je le sais et le témoigne, dit l'archidiacre , autant que la foiblesse humaine permet de le connoîlre. L'évêque en remercie Dieu ; puiss'adressant au clergé et au peuple , il dit : Nous élisons, avec Vaide de Dieu, ce présent sous-diacre pour Tordre du diaconat : si quelqu'un a quelque chose contre lui, qu'il s"1 avance hardiment pour l'amour de Dieu , et qu'il le dise, mais qu'il se souvienne de sa condition. Ensuite il s'arrête quelque temps.

Cet avertissement marque l'ancienne discipline de consulter le clergé et le peuple pour les ordinations : car encore que l'évêque ait tout le pouvoir d'ordonner , et que le choix ou le consentement des laïques ne soit pas nécessaire sous peine de nullité, il est néanmoins très -utile de s'assurer du mérite des ordinands. On y pourvoit aujourd'hui par les publications qui se font au prône, et par les informations et les examens qui précèdent l'ordination : mais il a été fort saintement institué de présenter encore dans l'action même les ordinands à la face de toute l'Eglise , pour s'assurer que personne ne leur peut faire aucun reproche. L'évêque adressant ensuite la parole à l'ordinand, lui dit: Vous devez penser combien est grand le degré où vous montez dans VEglise. Un diacre doit servir à l'autel, baptiser et prêcher. Les diacides sont à la: place des anciens lévites, ils sont la tribu et l'héritage du Seigneur, ils doivent garder et porter le tabernacle, c'est-à-dire, défendre l'Eglise contre ses ennemis invisibles, et Vorner par leur prédication et par leur exemple. Ils sont obligés à une grande pureté , comme étant ministres avec tes prêtres, coopéraleurs du corps et du sang de Notre-Seigneur et chargés d'annoncer l'Evangile, L'évêque , ayant fait quelques prières sur l'ordinand , dit entr'autres choses : Nous autres hommes, nous avons examiné sa vie, autant qu'il nous a été possible : vous , Seigneur , qui voyez le secret des cœurs, vous

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pouvez le purifier et lui donner ce qui lui manque. L'évêque met alors la main sur la tète de Pordinand, en disant : Recevez le Saint-Esprit, pour avoir la force de résister au diable et à ses tentations. Il lui donne ensuite l'étole , la dalmatique, et enfin le livre des évangiles. Quelques-uns ont cru que la porrection de ces instrumerits , comme parlent les théologiens, ctoit la matière du sacrement conféré dans le diaconat ; mais la plupart des théologiens pensent que Fimposition des mains est la matière, et que ces mots, Accipe Spiritum sancîum, etc., ou les prières jointes à l'imposition des mains , en sont la forme.

Voyez le Pontifical Romain; Fleury , instit. au Droit eccle's., tom. \ , part. 1, c. 8; Bingham, Orig. ecclésiast., 1. 2, c. 20, tom. 1, et l'article Diacre ci-après.

DIACONESSE , terme en usage dans la primitive Eglise, pour signifier les personnes du sexe qui avoient dans l'Eglise une fonction fort approchante de celle des diacres. Saint Paul en parle dans son épître aux Romains ; Pline le Jeune , dans une de ses lettres à Trajan, fait savoir à ce prince qu'il avoit fait mettre à la torture deux diaconesses qu'il appelle ministrœ.

Le nom de diaconesses étoit affecté à certaines femmes dévotes, consacrées au service de l'Eglise, et qui rendoient aux femmes les services que les diacres ne pouvoient leur rendre avec bienséance ; par exemple , dans le baptême, qui se conféroit par immersion aux tommes , aussi -bien qu'aux hommes.

Voyez Baptême.

Elles étoient aussi préposées à la garde des églises, ou des lieux d'assemblée, du côté où étoient les femmes, séparées des hommes , selon la coutume de ce temps-là. Elles avoient soin des pauvres, des malades de leur sexe, etc. Dans le temps des persécutions, lorsqu'on ne pouvoit envoyer un diacre aux femmes, pour les exhorter et les fortifier, on leur envoyoit une diaconesse. Voyez Balsamon, sur le deuxième canon du concile de Laodicée , et les Constitutions apostoliques, 1. 2 , c. 57. Assémani, Biolioth. orient., tom. 4, chap. 15, p. 847.

Lupus, dans son Commentaire sur les Conciles, dit qu'on lesordonnoit par l'imposition des mains , et le concile in Trullo , se sert du mot x'.ipoxopzt'j , imposer les mains, pour exprimer la consécration des diaconesses. Néanmoins Baronius nie qu'on leur imposât les mains , et qu'on usât d'aucune cérémonie pour les consacrer , il se fonde sur le dix-neuvième canon du concile de Nicée, qui les met au rang des laïques, et qui dit expressément qu'on ne leur imposoit point les mains. Cependant le concile de Chalcédoine régla qu'on les ordonneroit à quarante ans, et non plus tôt ; jusque-là , elles ne Pavoient été qu'à soixante , comme saint Paul le prescrit dans sa première épître à Timothée , et comme on le peut voir dans le Nomocanon de Jean d'Antioche, dans Balsamon , le Nomocanon de Photius et le code théodosien , et dans Tertullien , De velandis Virgin. Ce même Père , dans son traité Ad uxorem, 1. 1 , c. 7 , parle des femmes qui avoient reçu l'ordination dans l'Eglise , et qui , par cette raison , ne pouvoient plus se marier , car les diaconesses étoient des veuves qui n'avoient plus la liberté de se marier, et il falloit même qu'elles n'eussent été mariées qu'une fois pour pouvoir devenir diaconesses /mais, dans la suite , on prit aussi des vierges : c'est du moins ce que disent saint Epiphane , Zonaras , Balsamon , et d'autres.

Le concile de Nicée met les diaconesses au rang du clergé, mais leur ordination n'étoit point sacramentelle; c'étoit une cérémonie ecclésiastique. Cependant, parce qu'elles prenoient occasion de là de s'élever au-dessus de leuf sexe, le concile de Laodicée défendit de les ordonner à l'avenir. Le premier concile d'Orange, en 441, défend de même de les ordonner , et enjoint à celles qui avoient été ordonnées , de recevoir la bénédiction avec les simples laïques.

On ne sait point au juste quand les diaconesses ont cessé , parce qu'elles n'ont point cessé partout en même temps : l'onzième canon du concile de Laodicée semble à la vérité les abroger ; mais il est certain que longtemps après

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il y en eut encore en plusieurs endroits.

Le vingt-sixième canon du premier concile d'Orange tenu l'an 441 ; le vingtième de celui d'Epaone, tenu Tan 517, défendent de même d'en ordonner ; et néanmoins il y en avoit encore du temps du concile in Trullo.

Atton de Verceil rapporte , dans sa huitième lettre , la raison qui les fit abolir ; il dit que , dans les premiers temps , le ministère des femmes éloit nécessaire pour instruire plus aisément les autres femmes, et les désabuser des erreurs du paganisme ; qu'elles servoient aussi à leur administrer le baptême avec plus de bienséance ; mais que cela n'étoit plus nécessaire depuis qu'on ne baptisoit plus que des enfants. 11 faut encore ajouter maintenant, depuis qu'on ne baptise plus par infusion dans l'Eglise latine.

Le nombre des diaconesses semble

diaconesse , remarque qu'on trouve encore quelque trace de cet office dans les églises où il y a des matrones , qu'on appelle vétulones , qui sont chargées de porter le pain et le vin pour le sacrifice à l'offertoire de la messe , selon le rit ambrosien. Les Grecs donnent encore aujourd'hui le nom de diaconesses aux femmes de leurs diacres , qui, suivant leur discipline, sont ou peuvent être mariés ; mais ces femmes n'ont aucune fonction dans l'Eglise, comme en avoient les anciennes diaconesses.

Orig. ecclés., t. 2, 1. 2, c. 22.

DIACONIE , en latin diaconia ou diaconium. C'étoit, dans l'Eglise primitive, un hospice ou hôpital établi pour assister les pauvres et les infirmes. On donnoit aussi ce nom au ministère de la personne préposée pour veiller sur les besoins des pauvres, et c'étoit l'office des diacres pour les hommes , et des diaco-

Bingham

n'avoir pas été fixé. L'empereur liera- ! nesses pour le soulagement des femmes, clius, dans sa lettre à Sergius, patriarche ! Diaconie , est le nom qui est resté à de Constanlinople, ordonne que, dans ] des chapelles ou oratoires de la ville de ia grande église de cette ville, il y en ait Rome, gouvernées par des diacres ,

quarante, et six seulement dans celle de la Mère de Dieu , qui étoit au quartier des Blaquernes.

Les cérémonies que l'on observoit dans la bénédiction des diaconesses , se trouvent encore présentement dans Teucologe des Grecs. Matthieu Rlastares, savant canonisle grec , observe qu'on fait presque la même chose pour recevoir une diaconesse que dans l'ordination d'un diacre. On la présente d'abord à l'évèque, devant le sanctuaire, ayant un petit manteau qui lui couvre le cou et les épaules, et qu'on nomme maforium.

Après qu'on a prononcé la prière qui commence par ces mots la grâce de Dieu , etc., elle fait une inclination de têle, sans fléchir les genoux. L'évèque lui impose ensuite les mains en prononçant une prière; mais tout cela n'étoit point une ordination, c'étoit seulement une cérémonie religieuse semblable aux bénédictions des abbesses. On ne voit plus de diaconesses dans l'Eglise d'Occident depuis le douzième siècle , ni dans celle d'Orient passé le treizième.

Maccr, dans son IJicroleœicon, au mot

chacun dans la région ou le quartier qui lui est affecté.

A ces diaconies étoit joint un hôpital ou bureau pour la distribution des aumônes ; il y avoit sept diaconies , une dans chaque quartier , et elles éloient gouvernées par des diacres , appelés pour cela cardinaux -diacres. Le chef d'entre eux s'appeloit archidiacre.

L'hôpital , joint à l'église de la diaconie , avoit pour le temporel un administrateur nommé le père de la diaconie, qui étoit quelquefois un prêtre, et quelquefois aussi un simple laïque ; ;; présent il y en a quatorze affectés aux cardinaux-diacres; Ducange nous en a donné les noms , ce sont les diaconies de Sainte-Marie dans la voie large, de Saint-Eustache auprès du Panthéon, etc.

DIACONIQUE, lieu près des églises , dans lequel on serroit les vases et les ornements sacrés pour le service divin : c'est ce que nous nommons aujourd'hui sacristie.

DIACRE , un des ministres inférieurs de l'ordre hiérarchique , celui qui est promu au second des ordres sacrés. Sa

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fonction est de servir à l'autel dans la célébration des saints mystères. Il peut aussi baptiser et prêcher avec permission de l'évêque.

Ce mot est formé du grec e?iàxovos, qui signifie ministre, serviteur.

Les diacres furent institués au nombre de sept par les apôtres. Act., c. 6. Ce nombre fut longtemps conservé dans plusieurs églises. Leur fonction étoit de servir dans les agapes , d'administrer l'eucharistie aux communiants, de la porter aux absents , et de distribuer les aumônes.

Selon les anciens canons, le mariage n'étoit pas incompatible avec l'état et le ministère des diacres ; mais il y a longtemps qu'il leur est interdit dans l'Eglise romaine , et le pape ne leur accorde des dispenses que pour des raisons trèsimportantes , encore ne restent -ils plus alors dans leur rang et dans les fonc

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de Rome , comme ministres de la première Eglise , se donnoient la préséance; ils prirent même à la fin le pas sur les prêtres. Saint Jérôme s'est fort récrié contre cet abus , et prouve que le diacre est au-dessous du prêtre.

Le concile in Trullo qui est le troisième de Constantinople ; Aristinius, dans sa Synapse des canons de ce concile ; Zonaras , sur le même concile ; Siméon Logolhèle , et OEcuménius , distinguent les diacres destinés au service

des autels , de ceux qui avoient soin de distribuer les aumônes des fidèles.

Les diacres récitaient dans les saints mystères certaines prières , qui à cause de celas'appeloientjoneres diaconiques.

Ils avoient cojp de contenir le peuple à l'église dans le respect et la modestie convenables : il ne leur était point permis d'enseigner publiquement, au moins en présence d'un évêque ou d'un prêtre :

pense et qu'ils se marient , dans l'état laïque.

Anciennement il étoit défendu aux diacres de s'asseoir avec les prêtres. Les canons leur défendent de consacrer :

c'est une fonction sacerdotale. Ils défendent russi d'ordonner un diacre, s'il n'a un titre moins de

, s'il est bigame , ou s'il a vingt- cinq ans. L'empereur Justinien, dans sa novelle 155, marque le même âge de vingt- cinq ans : cela étoit en usage lorsqu'on n'ordonnoit les prêtres qu'à trente ans ; mais à présent il suffit d'avoir vingt-trois ans pour pouvoir être ordonné diacre. Sous le pape Sylvestre , il n'y avoit qu'un diacre à Home ; depuis on en fit sept , ensuite quatorze , et enfin dix - huit qu'on appelle cardinaux-diacres , pour les distinguer de ceux des autres Eglises.

Leur charge étoit d'avoir soin du temporel et des rentes de l'Eglise , des aumônes des fidèles, des besoins des ecclésiastiques , et même de ceux du pape.

Les sous-diacres faisoient les collectes , et les diacres en étaient les dépositaires et les administrateurs. Ce maniement qu'ils avoient des revenus de l'Eglise, accrut leur autorité à mesure que les richesses de l'Eglise augmentèrent. Ceux

tions de leur ordre ; dès qu'ils ont dis- S ils instruisoient seulement les catéchu-

ils rentrent I mènes et les préparoient au baptême. La garde des portes de l'église leur étoit confiée ; mais dans la suite les sous-diacres furent chargés de celte fonction , et ensuite les portiers, ostiarii.

Parmi les maronites du Mont-Liban, il y a deux diacres ; qui sont de purs administrateurs du temporel. Dandini les nomme li signori deaconi , et dit que ce sont deux seigneurs séculiers qui gouvernent le peuple, jugent de tous les différends , et traitent avec les Turcs de ce qui regarde les tributs, et de toutes les autres affaires. En cela le patriarche des maronites semble avoir voulu imiter les apôtres , qui se déchargèrent sur les diacres de tout ce qui concernoit le temporel de l'Eglise. Il ne convient pas, dirent les apôtres , que nous laissions la parole de Dieu pour servir aux tables ; et ce fut là , en effet , ce qui occasionna le premier établissement des diacres. Mais il est constant que, dès leur première origine, ils ont assisté les prêtres et les évêques dans la célébration du saint sacrifice et dans l'administration des sacrements. Voyez Bingham , Orig. ecclés., t. 4, liv. 2, chap. 20. Il n'est presque aucun fait de l'histoire ecclésiastique que les protestants

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n'aient entrepris de déguiser et d'arran- pas regardé par les apôtres comme une

feer à leur manière; c'est ce qui leur

est arrivé à l'égard de l'institution des lurent pour cela des hommes remplis

macres. Mosbeim , dans VUist. ecclés., premier siècle, 2e partie, ce 2, § 10, et dans son Ilist. chrét., premier siècle, g 57, note 5, prétend que l'on a tort de chercher cette institution dans le chapitre 6 des Actes des apôtres , qu'il en est parlé déjà dans le chapitre 5 ; que

fonction purement temporelle : ils vou-

du Saint -Esprit, ils leur imposèrent les mains avec des prières. Saint Justin nous apprend que, dans les assemblées chrétiennes, les diacres distribuoient l'eucharistie aux assistants, et la portaient aux absents.

Basnage a fait mieux : dans son Hist.

les jeunes gens qui ensevelirent les corps S de F Eglise , liv. 14, c. 9, g 8, il soutient

d'Ananie et de Saphire étoient des diacres ; il observe que comme le nom presbyteri, les anciens , n'a point de rapport à l'âge, mais seulement à l'office ou au ministère des prêtres , ainsi le mot juvenes ne désigne point des jeunes gens dans l'Evangile et dans les épîlres de saint Paul, mais ceux qui servoient les prêtres. Ainsi, dit-il, il s'ensuit seulement du chapitre 6 des Actes, que les apôtres , afin que la distribution des aumônes se fit plus exactement, établirent dans l'Eglise de Jérusalem sept nouveaux diacres , outre ceux qui y étoient déjà.

Cela pourroit être , mais nous ne voyons pas où est la nécessité de changer ici la signification commune des termes, de contredire l'opinion des Pères les plus anciens et des commentateurs , de faire violence aux paroles du sixième chapitre des Actes, qui semblent indiquer une institution nouvelle faite par les apôtres. Jésus -Christ, Luc, c. 22, f. 26, dit : « Que celui d'entre vous qui » est le plus grand et le chef, devienne » comme le dernier et le serviteur. » Si

que les diacres consacroient l'eucharistie aussi bien que les prêtres; il le prouve 1° parce que saint Ambroise, de Off., I. 1 , c. 41 , rapporte que saint Laurent , diacre de Rome, dit à saint Sixte, que l'on conduisoit au supplice : « Vous » qui m'avez confié la consécration du » sang de Jésus-Christ, me refusez-vous » la liberté de répandre mon sang avec » le vôtre ?» 2° Parce que le concile d'Arles, tenu au commencement du quatrième siècle, can. 15, défendit aux diacres d^ofirir: or , dit Basnage, offrir est la même chose que consacrer. Le concile d'Ancyre , tenu en même temps, can. 2, impose pour peine aux diacres tombés de n'offrir plus le pain ni la coupe. 5° Parce que saint Jérôme a écrit que les diacres avoient été privés du pouvoir de consacrer par le concile de Nicée. Donc ils en jouissoient avant le quatrième siècle.

Mais pour peu que l'on soit instruit de la discipline observée pendant les trois premiers siècles de l'Eglise, on est convaincu que les fonctions des évoques , celles des prêtres et celles des diacres,

cela signifie : que celui qui fait l'office n'ont jamais été confondues. Saint Cléde prêtre ne se croie pas supérieur aux ment de Home , dans sa première Lettre

serviteurs ou aux diacres, il s'ensuivra que Jésus-Christ n'a point voulu établir

de subordination entre ses disciples, ont été établis par Jésus -Christ sur le C'est ce que voudroit Mosheim ; son intention est d'ailleurs de persuader que l'institution des prêtres et des diacres n'a rien de sacré ni d'extraordinaire , que c'est simplement un ordre politique et économique , tel qu'il le faut dans une famille cl dans une société nombreuse.

Mais il est évident que le soin d'assister les pauvres et de servir aux tables dans les assemblées chrétiennes , ne fut

aux Corinthiens , n° 40, suppose que les évoques , les prêtres et les diacres

modèle du pontife , des prêtres et <ics lévites de la loi ancienne : or , jamais la fonction des lévites ne fut d'olïrir les sacrifices, mais d'assister les prêtres dans ce ministère. Bévéridge , sur les canons de V Eglise primitive . liv. 2 , cil, 89.

Basnage n'a pas cité fidèlement le passage de saint Ambroise; il y a : « Vous » qui m'avez confié la consécration du

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