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sang du Seigneur et la participation frir l'eucharistie à Fautel et de la con-
» à la consommation des sacrements ; » me refuserez-vous , etc. » Il est donc dair qu'ici la consécration du sang du Seigneur signifie la chose consacrée au sang du Seigneur, pour la distribuer aux fidèles. G'étoit , en effet, la fonction des diacres de distribuer au peuple le pain et le vin consacrés , mais non de faire Faction de les consacrer ; nous le prouverons dans un moment. De même que dans l'Ecriture une chose offerte à Dieu est nommée oblation, une chose consacrée à Dieu peut être aussi appelée consécration, et nous le voyons en effet, Zevit.,c. 27, jh 29.
À la vérité, quand on parle des évoques ou des prêtres , offrir est la même chose que consacrer, parce que Foblation fait partie essentielle de la consécration : nous aurons soin d'en faire souvenir Basnage en temps et lieu; mais en parlant des diacres, offrir l'eucharistie au peuple, ce n'est pas la consacrer. « Après la cérémonie finie , dit saint Cyy> prien , De Lapsis, p. 189, le diacre » commença à offrir le calice à ceux qui » étoient présents. » Certainement dans ce passage , offrir n'est pas la même chose que consacrer. Ainsi , lorsque le concile d'Ancyre ne veut plus que les diacres tombés offrent le pain ni la coupe, il faut l'entendre dans le même sens que saint Cyprien. Cela est prouvé par le 18e canon du concile général de Nicée , tenu peu de temps après celui d'Ancyre , qui ne veut pas que les diacres donnent aux prêtres la communion.
« Il n'est ni d'usage , ni de règle, dit ce * concile , que ceux qui n'ont pas le » pouvoir d? offrir donnent le corps de » Jésus - Christ à ceux qui Y offrent. » Aussi saint Jérôme ne dit point que le concile de Nicée a privé les diacres du pouvoir de consacrer , mais il a décidé qu'ils ne l'ont point , et l'on ne peut pas prouver qu'ils l'aient jamais eu.
Nous convenons qu'au quatrième siècle quelques diacres poussoient leurs prétentions à l'excès, et vouloient remporter sur les prêtres ; il n'est donc pas étonnant que , dans plusieurs endroits, quelques-uns aient eu la témérité d'o/-
sacrer ; c'est ce qu'a défendu le concile d'Arles , avec raison , puisque cette fonction ne leur appartenoit pas : ce concile n'établissoit pas une nouvelle discipline, il ne faisoit que confirmer l'ancienne.
Supposons pour un moment que , dans les passages cités, offrir et consacrer doivent être pris dans le même sens, il n'en résultera encore rien en faveur des diacres. Il est vrai, à la rigueur, qu'ils ont toujours eu part , et qu'ils l'ont encore aujourd'hui , à Foblation et à la consécration de l'eucharistie , puisqu'ils assistent les prêtres dans cette fonction. Le diacre fait avec le prêtre Foblation du calice , et récite la prière avec lui ; pour la consécration , il couvre et découvre le calice , et peut-être qu'autrefois il le tenoit avec lui. Saint Laurent pouvoit donc dire , dans ce sens, que la consécration lui étoit confiée aussi bien que la participation à la consommation du sacrifice ; conséquemment le concile d'Ancyre a privé de l'une et de l'autre de ces fonctions les diacres tombés. Mais lorsque les diacres se sont avisés de vouloir les faire seuls , comme s'ils avoient été prêtres, le concile d'Arles le leur a défendu , et celui de Nicée a décidé qu'ils n'avoient point ce pouvoir.
Tout cela s'accorde , et il ne s'ensuit rien en faveur des protestants. Bingham , Orig. ecclés., 1. 2, c. 20, g 8.
Il y a encore eu d'autres contestation? entre les protestants , au sujet des fonctions primitives des diacres, mais il ne nous paroît pas nécessaire d'y entrer.
Quand il y auroit eu à ce sujet quelque changement dans la discipline, il ne s'cnsuivroit rien contre l'usage actuel de l'Eglise catholique.
Dans certains monastères, on a quelquefois donné aux économes ou dépensiers le nom de diacres, quoiqu'ils ne fussent pas ordonnés diacres.
DIEU. Nous entendons sous ce rerme le créateur et le gouverneur souverain de l'univers, législateur des hommes, vengeur du crime, et rémunérateur de la vertu. Nous laissons aux philosophes le soin de prouver l'existence de Dieu par les raisonnements que lalumière na-
lien; par là, nous apercevons la nécessité d'une intelligence souveraine pour établir et pour maintenir l'ordre phy-
turelle peut fournir (NeXVIl,p. 564 ); notre devoir est de montrer que Dieu n'a pas attendu les recherches de la philosophie pour se faire connoître aux j sique du monde, hommes , que les preuves philosopha Dieu crée non-seulement des corps ques ne sont justes et solides qu'autant j inanimés et passifs , mais des êtres aniqu'ellcs se trouvent conformes aux no- ; mes et actifs , qui ont en eux-mêmes un tions que nous fournit la révélation ; et j principe de vie et de mouvement ; il leur que les philosophes n'ont fait que bal- ordonne de croître et de se multiplier, butier en comparaison des écrivains sa- \ En vertu de cet ordre suprême , les genres. Ceux-ci nous donnent les preuves, j néralions se succèdent, la vie se pernon-seulcment de l'existence de Dieu } ] pélue, la nature se renouvelle. C'est de mais de l'unité de Dieu et de ses attri- j Dieu que viennent la vie et la féconbuls ; d'où il résulte que c'est Dieului- j dite. La matière , tombée en pourriture, même qui a daigné se révéler aux j ne sera donc jamais par elle-même un hommes. ! principe de vie et de reproduction; en
I. La première vérité que nous ap- j dépit des visions philosophiques, rien ne prennent les livres saints est le fonde- | naîtra sans un germe que Dieu a formé, ment de toutes les autres. Au commen- 1 L'être pensant sortira-t-il du sein de cernent , Dieu a créé le ciel et la terre. I la matière? Non, c'est le chef-d'œuvre Dieu étoit donc seul, rien n'exisloit que j de la sagesse du Créateur; Faisons lui , il est éternel; comment auroit pu -, V homme à notre image et à notre recommencer d'être celui avant lequel rien î semblance, et qiCil préside à la nature n'existoit? entière. Homme , voilà la source de ta
Si nous ignorons en quel sens Dieu j grandeur et de les droits ; si tu l'ouest créateur, l'auteur sacré nous l'ap- ; blies, la philosophie te remettra au niprend : Dieu opère par le seul vouloir ; j veau des brutes soumises à ton empire, il dit: Que la lumière soit, et la lu- ! Vois si tu veux préférer ses leçons à celles mière fut. Ici aucune équivoque ne peut j de ton Créateur, avoir lieu, j Dieu ne parle point aux animaux ,
Voilà la base de toutes les démonstra- mais il parle à l'homme , il lui impose tions de l'existence de Dieu J la néces- \ des lois ; il lui donne une compagne , et site d'un créateur, d'un premier prin-1 lui ordonne de la regarder comme une cipe de toutes choses; de là découlent, par ! portion de lui-même. ïl les bénit, leur autant de conséquences évidentes, les j accorde la fécondité et l'empire sur les attributs de Dieu , attributs qui ne con- ; animaux : ainsi commence, avec le genre viennent et ne peuvent convenir qu'à j humain , le gouvernement paternel d'un lui. Les philosophes les ont méconnus, ] Dieu législateur. De cette loi primitive parce qu'ils ont rejeté l'idée de création. \ découleront dans la suite toutes les lois
Dieu ^ en créant l'univers, donne le de la société naturelle, domestique et
branle à toutes les parties ; il souffle sur les eaux , fait rouler les astres , donne par le mouvement la vie et la fécondité à toute la nature; par là nous concevons l'inertie de la matière et la nécessité d'un premier moteur.
Non-seulement Dieu crée , mais il arrange , il met de l'ordre dans ce qu'il fait; il n'agit point avec l'impétuosité aveugle d'une cause nécessaire, mais successivement, avec réflexion, librement et par choix ; la sagesse préside à son ouvrage, il déclare que tout est
civile , que Dieu vient de former, c
Pour compléter son ouvrage, Dieu bénit le septième jour et le sanctifie ; bientôt nous voyons les enfants d'Adam offrir à Dieu les prémices des dons de la nature ; la religion commence avec le monde , et c'est Dieu qui en est l'auteur. Nous osons délier tous les philosophes anciens et modernes de trouver, je ne dis point de meilleures démonstrations que celles-là , mais aucune démonstration de l'existence de Dieu qui ne revienne à celles-là. La nécessité d'une
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cause première et d'un premier moteur, j teur est démontré. (NcXVIIï, p. 573. ) d'une intelligence souveraine pour éta- 2° Dieu , qui n'est borné par aucune blir et maintenir l'ordre physique de cause , ne peut l'être par aucun temps , l'univers , d'un principe qui donne la I par aucun lieu , ni dans aucune de ses
vie , la fécondité , le sentiment aux êtres animés, d'un esprit créateur des âmes, auteur des lois de la morale et de la religion , d'un juge équitable , rémunérateur de la vertu et vengeur du crime.
perfections : il est infini en tout sens , immense aussi bien qu'éternel.
5° Le Créateur est esprit , puisqu'il a tout fait avec intelligence et par sa volonté ; il n'a point de corps , parce que
Telles sont les leçons que Dieu avoit tout corps est essentiellement borné : données à nos premiers pères ; elles tout être borné est contingent , un corps n'ont été écrites que deux mille cinq ne peut donc pas être éternel. Il auroit cents ans après ; mais Dieu les avoit em- J fallu que Dieu, esprit , créât son propre preintes sur la face de la nature, et ï corps; et ce seroit un obstacle plutôt Adam , qui les avoit reçues , en rendoit j qu'un secours à ses opérations. L'Ecriencore témoignage à l'âge de neuf cent j ture , à la vérité , semble souvent altri-
trente ans.
Nous délions encore les philosophes d'imaginer un plan d'instruction plus propre à faire connoître les attributs ,
buer à Dieu des membres et des actions corporelles, mais c'est qu'il n'est pas possible de nous faire concevoir autrement l'action d'un pur esprit. Foy. An-
les desseins , les opérations de Dieu , j thropologie.
la nature, la destinée , les obligations de l'homme ; plus capable de prévenir
4° Dieu , pur esprit , est un être simple , exempt de toute composition,
toutes les erreurs, si les hommes avoient ! parfaitement un ; une distinction réelle toujours été iidèles à le garder et à le | entre ses attributs les supposeroit borsuivre. Dès qu'ils ont été une fois éga- i nés. Cependant notre foible entendement rés , la philosophie n'a jamais pu re- est forcé de distinguer en Dieu divers nouer la chaîne de ces vérités précieuses; j attributs , pour nous en former une idée
il a fallu une révélation nouvelle, pour dissiper les ténèbres dans lesquelles la raison humaine s'étoit volontairement plongée.
II. De la notion de Créateur nous déduisons, par une chaîne de conséquences évidentes, tous les attributs essentiels de la Divinité , toutes les perfections de Dieu , que les philosophes ont très-mal connues.
1° Déjà il s'ensuit que Dieu est incréé, qu'il n'a aucune cause, aucun principe extérieur de son existence ; il existe de soi-même , par la nécessité de sa nature ; c'est l'attribut que les théologiens nomment asiété , et la même chose que l'éternité en tout sens , qui
du moins imparfaite , par analogie avec les facultés de notre âme ; dans la nature divine , tout est éternel ; on ne peut y supposer ni modifications accidentelles , ni pensées nouvelles , ni vouloirs successifs.
5° De là il s'ensuit que Dieu est immuable , et cette immutabilité n'est dans le fond que la nécessité d'être éternelle- ! ment ce qu'il est. « Je suis l'Etre , dit-il , » je ne change point. » Malach., c. 5, ! f. 6. « Yous changerez, Seigneur, le ciel | » et la terre , comme on retourne un vê- ; » tement ; mais vous êtes toujours le j » même, rien ne change en vous. & j Psalm. 101 » f, 27 , 28. Comment concilier celte perfection de Dieu avec ses
n'a ni (in ni commencement. Dieu s'est f actions libres? nous n'en savons rien;
ainsi caractérisé lui-même en disant : Je suis l'Etre, Ego Jehovah, c'est mon nom pour l'éternité. Exod., c. 5, f. 14 et 15. Vainement nous voudrions concevoir ['éternité, soit successive, soit sans succession, c'est l'infini, et notre esprit est borné ; mais cet attribut du créa-
cependant la liberté de Dieu n'en est pas moins démontrée que son immutabilité , puisqu'aucune cause ne peut déterminer ses volontés , ni gêner ses opérations.
6° Dieu a donc créé librement le monde dans le temps, sans qu'il lui soit arrivé une nouvelle action ou un nou-