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veau dessein ; il l'a voulu de toute éter- | Dieu , sans en avoir besoin , a tiré du nilé, et l'effet s'est ensuivi dans le temps, i néant les créatures ; il a donné à tous les Le temps n'a commencé qu'avec le s êtres sensibles et intelligents quelque monde; il renferme l'idée de révolution j mesure de perfection , et quelque degré «t de changement , Dieu en est inca- ! de bonheur ou de bien-être ; il les a donc pable. « J'avoue , dit saint Augustin , | produits par bonté pure , il a été bon , » mon ignorance sur tout ce qui a pré- s et il l'est encore à leur égard ; il les a » cédé la création, mais je n'en suis pas j créés , dit saint Augustin , afin d'avoir à » moins convaincu qu'aucune créature j qui faire du bien , uthaberet quibus be- » n'est co-éternelle à Dieu. » De civit. j nefacerel. Ilpouvoitleur en faire davan- Dei , 1. 41 , c. 4 , o, 6 ; liv. 12, c. 14 j tage, il pouvoit aussi leur en faire moins, et 16. Dieu n'a donc pas donné l'exis- | sans déroger à sa bonté , puisqu'il étoit tence aux créatures par besoin , ni par la | le maître de les tirer du néant ou de les nécessité de sa nature ; libre, indépen- ■ y laisser. La condition meilleure , dans dant , souverainement heureux , il se j laquelle il pouvoit les placer , ne prouve suflit à lui-même , il ne peut rien perdre \ pas que celle dans laquelle ils sont est un ni rien acquérir, aucun être ne peut i mal, un malheur, un sujet légitime de augmenter ni diminuer son bonheur. j plainte.
7° Dans le Créateur , la puissance est j La justice de Dieu est une conséin finie comme tous ses autres attributs ; ; quence naturelle de sa bonté ; dès qu'il par quelle cause, par quel obstacle pour- j a produit des agents libres , capables de roit-elle être bornée? il n'est point de | bien et de mal moral, de vice et de vertu, puissance plus grande que de produire : il n'a pu , sans se contredire , se disdes êtres par le seul vouloir. Dieu sans \ penser de leur donner des lois, de leur doute ne peut pas faire ce qui renferme j commander le bien, de leur défendre le contradiction , ce qui répugne à ses per- 1 mal, de leur proposer des récompenses Jeclions ; c'est en cela même que consiste j et des châtiments ; cet ordre moral étoit l'excellence de son pouvoir. Tous ses \ aussi nécessaire au bien général des ouvrages sont nécessairement bornés , créatures , que l'ordre physique du
parce que rien de créé ne peut être infini ; quoi qu'il fasse , il peut toujours faire davantage, il peut créer d'autres mondes , rendre celui-ci meilleur , augmenter à l'infini les perfections et le bonheur de ses créatures , etc.
8° La sagesse préside à tous ses ouvrages, il a vu ce qu'il a fait, et tout étoit bien. Gcn., c. 1, f. 51 ; cela ne signifie pas qu'il ne pouvoit faire mieux. L'Etre souverainement intelligent et puissant ne fait rien sans raison ; mais nos lumières sont trop courtes pour voir ses raisons : nous n'en savons que ce .qu'il a daigné nous apprendre.
Tels sont les attributs de Dieu , ou les perfections que nous appelons métaphysiques , pour les distinguer d'avec les attributs moraux , qui établissent, entre Dieu et les créatures intelligentes, des relations morales, qui imposent par conséquent à celles-ci des devoirs envers Dieu : telles sont la bonté, la justice, la sainteté , la miséricorde.
monde; Dieu ne seroit pas bon s'il ne Ta voit pas établi. La constance avec laquelle Dieu maintient cet ordre, est appelée sainteté, amour du bien, haine et aversion du mal.
Mais il est dans l'ordre qu'à lYgard d'une créature aussi foible que l'homme, la justice ne soit pas inexorable ; aussi, dans nos livres saints , Dieu ne cesse de nous témoigner sa miséricorde , sa patience à l'égard des pécheurs, la facilité avec laquelle il pardonne au repentir : nous en voyons le premier exemple à l'égard du premier coupable ; Dieu le punit, mais lui promet un Rédempteur.
Comme il n'est aucun des attributs de Dieu contre lequel les incrédules n'aient vomi des blasphèmes, nous parlerons de chacun sous leur titre particulier- nous les prouverons par l'Ecriture sainte et par la conduite de Dieu, et nous répondrons aux objections. Nous ne pouvons concevoir ces attributs divins, que par comparaison avec ceux de notre âme, ni
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les exprimer autrement ; cette comparaison n'est ni juste ni exacte, et le langage humain ne nous fournit pas des expressions propres au besoin ; de là la difficulté de concilier ces attributs, et le reproche que nous font les incrédules de faire Dieu à notre image. Mais euxmêmes font continuellement celle comparaison fautive , et c'est là-dessus que sont fondées toutes leurs objections.
Voyez Anthropologie , Anthropomorphisme, etc.
III. Pour n'avoir pas admis la création, les philosophes n'ont pas su démontrer en rigueur l'unité de Dieu ; ils n'ont pas senti la différence essentielle qu'il y a entre l'Etre nécessaire , existant de soimême , éternel , incréé , infini, et l'Etre contingent, produit, dépendant et borné.
Il y a de l'aveuglement à donner à l'un et à l'autre de ces êtres le nom de Dieu; la distinction entre le Dieu suprême etles dieux secondaires ou subalternes , est déjà une absurdité. (NeXIX, p. 573. ) Le titre seul de Créateur , titre incommunicable , sape par le fondement tous les systèmes de polythéisme et la notion de tout autre être coéternel à Dieu.
En effet , puisque par le seul vouloir le Créateur donne l'être à ce qui n'étoit pas , pour quelle raison admettroit-on une matière éternelle ? Le Créateur n'en a pas eu besoin ; si elle n'est pas nécessaire , elle est contingente : c'est un être créé. Une matière éternelle , existante par nécessité de sa nature , seroit indépendante de Dieu et immuable comme lui , il est absurde de supposer qu'un être qui existe nécessairement, peut être changé : or , Dieu a borné , divisé , arrangé la matière à son gré, et lui a donné telle forme qu'il lui a plu.
A plus forte raison le monde n'est pas éternel , puisque Dieu l'a créé. Dieu n'est donc pas l'âme du monde, comme l'entendoient les stoïciens ; Dieu , en créant le monde , ne s'est pas donné un corps qu'il n'avoit pas avant la création, -et duquel il n'avoit pas besoin. Dieu y esprit incorporé au monde, seroit affecté par tous les changements qui arrivent dans les corps ; il ne seroit pas plus maître du sien, que notre âme n'est
maîtresse de celui auquel elle est unie : souvent ce corps la fait souffrir et l'empêche d'agir. C'est pour cela même que les stoïciens supposoient la Divinité soumise aux lois du destin ; ils comprenoient que Dieu , incorporé au monde , n'est ni tout-puissant, ni libre , ni heureux. Voyez Ame du monde.
Dieu créateur , qui a tout produit par son seul vouloir , n'a pas eu besoin non plus d'intelligences secondaires , d'esprits subalternes pour fabriquer le monde , comme le pensoit Platon, foibîe philosophe , qui s'est laissé subjuguer par le polythéisme populaire. Si Dieu a donné l'être à ces prétendus esprits, par un acte libre de sa volonté, ce sont des créatures et non des dieux ; leur créateur est responsable de tous les défauts que ses ouvriers mal-habiles ont mis dans la fabrique du monde, comme s'il Pavoit fait par lui-même. Si ces esprits sont sortis de la substance de Dieu 3 par émanation et sans qu'il l'ait voulu , ce sont des parties détachées de la substance de Dieu , cette substance en étoit composée, Dieu n'est pas un pur esprit ; à force d'en détacher des parties , il pourroit être réduit à rien. Si , par une autre absurdité , l'on fait sortir ces esprits du sein d'une matière éternelle , qui leur a donné le pouvoir de la changer et de l'arranger à leur gré?
Puisque , selon Platon , le Dieu suprême n'a ni une puissance sans bornes, ni une entière liberté , sans doute les intelligences secondaires en jouissent encore moins ; elles ont été gênées dans la construction du monde par les défauts essentiels de la matière , soumises par conséquent aux lois du destin. Oserons-nous en affranchir les hommes , beaucoup moins puissants que les dieux ? Dans cette hypothèse chimérique, l'homme privé de liberté n'est plus susceptible de lois morales , capable de vice ni de vertu : il est asservi à l'instinct comme les brutes. Sous le jougd'une fatalité immuable , tous les êtres sont nécessairement ce qu'ils sont, il n'y a plus ni bien ni mal. Ainsi, pour résoudre la question de l'origine du mal , les platoniciens sejetoientdansun chaos d'absurdités.
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Les philosophes orientaux , suivis et par les marcionites et par les manichéens , ne s'en tiroient pas mieux , en admettant deux premiers principes coéternels, dont l'un étoitbon par nature, l'autre mauvais. Quoi qu'en dise Beausobre, il n'étoit pas possible , dans cette
tout réglé de toute éternité , sans nuire à la liberté de ses créatures. Sa providence est celle d'un père : Tua , Pater, providentia gubernat. Sap., c. 14, y. 3. Il nous importe donc fort peu d'examiner si, parmi les anciens philosophes, il y en a quelques-uns qui aient admis
hypothèse, d'attribuer à l'homme une ! un seul Dieu, et en quel sens. La quesliberté; elle ne pouvoit lui avoir été j tion essentielle est de savoir si Ton peut donnée ni parle bon , ni par le mauvais j en citer un qui ait admis un seul gouprincipe, puisque ni l'un ni l'autre n'é- j verneur de l'univers , un seul distribuait libre lui-même ; si donc les mani- j teur des biens et des maux de ce monde, chéens supposoient le libre arbitre de ; auquel seul l'homme doit adresser ses l'homme, c'étoit dans leur système une j vœux, son culte, ses hommages. Or, il contradiction grossière. Voyez Maki- j n'y en a certainement point ;et lorsque CHÉiSME. j ce dogme sacré fut annoncé par les
En admettant un Créateur tout-puis- j Juifs et par les chrétiens , il fut attaqué sant, libre, indépendant, la difficulté ■ et tourné en dérision par les philosophes. tirée de l'existence du mal , qui a étourdi \ ISous ne devons pas néanmoins blâmer tous les philosophes, est beaucoup plus j les Pères de l'Eglise, qui ont prouvé
aisée à résoudre. Le mal d'imperfection vient de la nature même de tout être créé , essentiellement borné , par conséquent imparfait ; le mal moral , dont les souffrances sont le châtiment , est l'abus de la liberté ; et si l'homme n'étoit pas libre , il n'y auroit plus ni bien ni mal moral. Le bien et le mal sont des
aux païens l'unité de Dieu par des passages tirés des philosophes les plus célèbres ; c'étoit un argument personnel et solide , puisque les païens tiroient vanité de ce que leur croyance avoit été celle des sages de toutes les nations : il étoit donc nécessaire de leur prouver le contraire. Plusieurs modernes ont fait de
termes purement relatifs, dont on ne ! même, comme le savant Huet, Quœst. juge que par comparaison ; les philo- j Alnet.;Cx\&vovl\\, Sy.<L ivtell., tom.d,
sophes ont eu tort de les prendre dans un sens absolu ; de là leur embarras et leurs erreurs. Voyez Bien et Mal.
Dans les divers systèmes dont nous venons de parler, la providence étoit un terme abusif. Les stoïciens en imposoient
c. 4, § 10; M. de Burigny, dans sa Théologie des païens, etc. : on doit leur en savoir gré. Mais les variations, les incertitudes, les contradictions des philosophes, nous laissent toujours, sur leurs véritables sentiments, dans un
au vulgaire , en nommant providence le ; doute qu'il est impossible de dissiper. destin ou la fatalité; dans l'hypothèse ; (I\'eXX, p. 573.) des deux principes , c'étoit un combat j II y a peut-être plus d'avantage à tirer perpétuel entre deux pouvoirs , dont le j de la notion vague d'un seul Dieu, qui plus fort l'emportoit nécessairement : j a toujours subsisté et qui subsiste ensuivant la croyance populaire, suivie: core parmi les nations polythéistes les par les platoniciens, le Dieu suprême, ; plus ignorantes et les plus grossières, endormi dans l'oisiveté, ne se mèloit de j Quelques écrivains de nos jours en onJ rien, et ses lieutenants s'accordoienl fort j recueilli les preuves : elles nous paroismal : c'étoit tantôt l'un, tantôt l'autre j sent frappantes, mais il faudroit presqui décidoit du sort des hommes pour j qu'un volume entier pour les rassembler, lesquels il avoit conçu de l'affection ou IV. La notion d'un Dieu créateur est de la haine. Aucun de ces raisonneurs . la preuve incontestable d'une révélation ne comprenoit que le Créateur, qui a j primitive. En elVet, comment les anciens tout produit et tout arrangé par son seul ! patriarches , qui n'avoient pas cultivé la vouloir, gouverne tout avec une égale , philosophie, qui n'avoient médité, ni facilité, qu'il a tout prévu, tout résolu, ' sur la nature des choses, ni sur la marche