‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 56 sur 114 · DIE 269 DIE · texte numérisé non relu

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du monde , ont-ils eu de Dieu une idée j l'ont envisagée comme un Dieu local, plus vraie, plus auguste, plus féconde j national, rempli de partialité et de cacn conséquences importantes, que toutes j priées, tel que toutes les nations conceles écoles de philosophie? Où Font-ils \ voient leurs dieux; que, sous l'Evangile puisée , sinon dans les leçons que Dieu * même, les chrétiens n'en ont pas une lui-même a données à nos premiers j idée plus juste , puisqu'ils le représenpères? Quand l'histoire sainte ne nous] tent comme un maître injuste, tromatlesteroit pas d'ailleurs cette révélation, ; peur, dur, beaucoup plus terrible qu'aielle seroit déjà prouvée par cette notion j mable. Ces reproches sont assez graves

même.

En second lieu, comment, malgré la pente générale de toutes les nations vers

pour mériter une discussion sérieuse.

1° Loin d'attendre deux miile cinq cents ans avant de se faire connoître ,

le polythéisme, et malgré leur opinià- j l'Ecriture sainte nous atteste que Dieu,

s'est révélé de vive voix à nos premiers parents. Selon l'Ecclésiastique, c. 17, f. 5 et suivants, « Dieu les a remplis de » la lumière de l'intelligence , leur a » donné la science de l'esprit , a doué » leur cœur de sentiment, leur a montré » le bien et le mal: il a fait luire son

treté à y persévérer , ont - elles néanmoins conservé une idée confuse de l'unité de Dieu? Il faut, ou que cette idée ait été gravée dans tous les esprits par le Créateur lui-même , ou que ce soit un reste de tradition qui remonte jusqu'à l'origine du genre humain, puis-

qu'on la retrouve dans tous les temps ] » soleil surleurs cœurs, afin qu'ils vissent aussi-bien que dans tous les pays du j » la magnificence de ses ouvrages, qu'ils monde. » bénissent son saint nom , qu'ils le

En troisième lieu , comment les phi- \ » glorifiassent de ses merveilles et de la losophes , qui craignoient d'attaquer la » grandeur de ses œuvres. Il leur a près-

religion dominante et le polythéisme établi par les lois, ont-ils professé quelquefois cette même vérité ? Elle ne leur est pas venue par le raisonnement, puisque plus ils ont raisonné sur la nature divine , plus ils se sont égarés ; il faut qu'ils l'aient reçue des anciens sages, puisqu'elle se trouve plus clairement chez les premiers philosophes que chez

j » crit des règles de conduite, et les a | » rendus dépositaires de la loi de vie. Il j » a fait avec eux une alliance éternelle , ] » leur a enseigné les préceptes de sa \ » justice. Ils ont vu l'éclat de sa gloire, l » et ont été honorés des leçons de sa l » voix ; il leur a dit : Fuyez toute ini- | » quité ; il a ordonné à chacun d'eux » de veiller sur son prochain. » Ce n'est

les derniers, chez les Chinois, les In- j donc pas par nécessité de système que diens, les Chaldéens, les Egyptiens, que ] nous supposons une révélation primichez les Grecs. A mesure que ces na- 1 tive.

tions se sont éclairées et policées , leur j Ce fait essentiel est confirmé par l'hiscroyance est devenue plus absurde , et j toire que Moïse a faite du premier âge leur religion plus monstrueuse; donc j du monde, et de la conduite des patri-

chez elles la vérité a précédé l'erreur, et celte vérité n'a pu venir que de Dieu. Voijez Paganisme, s

Cependant les incrédules nous disent qu'il est étonnant que Dieu ait

arches. Nous y voyons qu'ils ont connu Dieu comme créateur du monde , père , bienfaiteur et législateur de tous les hommes sans exception, fondateur et protecteur de la société naturelle et do-

attendu plus de deux mille ans depuis \ mestique , arbitre souverain du sort des la création, avant de se révéler aux j bons et des méchants, vengeur du crime

et rémunérateur de la vertu. Ils l'ont adoré seul. Le premier qui ait parlé de dieux ou d'idoles, plus de mille ans après la création , est Laban , et il est représenté comme un méchant homme.

Gen,, c. 29 , 50 , 51. Pour exprimer un

hommes; qu'il est probable que la première religion du genre humain est le polythéisme ; que malgré la prétendue révélation donnée aux Hébreux par Moïse, ils n'ont eu de la Divinité que des idées grossières et très - imparfaites : qu'ils

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homme de bien , celte histoire dit qu'il a marché avec Dieu ou devant Dieu.

Gènes., c. 5 , jf.22 , 24 ; c. 17 , f. 1, etc. Elle appelle les justes les enfants de Dieu.

Dans leurs pratiques de religion, il n'y a rien d'absurde , d'indécent ni de superstitieux , rien de semblable aux abominations des polythéistes; dans leur conduite, rien de contraire au droit naturel, relatif à l'état de société domesiique. Qui a donné à ces premiers habitants de la terre une sagesse si supérieure à tout ce qui a paru dans la suite chez les nations les plus célèbres?

11 est donc faux que le polythéisme ait été la religion des premiers hommes, encore plus faux que la révélation n'ait commencé que sous Abraham ou sous Moïse ; elle a commencé par Adam. Si la religion primitive avoit été l'ouvrage de la raison humaine, le fruit des réflexions philosophiques , elle se seroit perfectionnée sans doute comme les autres connoissances ; elle seroit devenue plus pure , à mesure que les hommes auroient été plus instruits ; le contraire est arrivé : l'Ecriture sainte nous montre les premiers vestiges du polythéisme chez les Chaldéens et chez les Egyptiens, deux peuples qui ont passé pour les plus éclairés de l'univers. Cet abus est né de l'oubli des leçons de nos premiers pères, de la négligence du culte divin qui leur cloit ordonné, des passions mal réglées.

2° Le premier dépôt de la révélation n'étoit pas absolument perdu chez les Hébreux ; lorsque Moïse a paru , ils en avoient hérité de leurs ancêtres ; Moïse n'a pu que le renouveler et le mettre par écrit. En Egypte, il leur a parlé du Dieu d'Abraham , d'Isaac et de Jacob , le seul que ces patriarches aient connu. 11 leur a rappelé l'histoire de ces grands personnages , et les promesses divines attestées par les os de Joseph, que ses descendants conservoient. Sans ce préliminaire essentiel , les Hébreux n'auroient ajouté aucune foi à la mission de Moïse.

S'il leur aVûit représenté Dieu sous des traits inconnus à leurs pères, auroitil été écoulé? Il leur a dit que Dieu les

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avoit choisis pour son peuple particulier, et vouloit leur faire plus de grâces qu'aux autres; mais il ne leur a pas dit que Dieu abandonnoit les autres , cessoit de veiller sur eux et de leur faire du bien. Au contraire, avant de punir les Egyptiens de leur cruauté, Dieu récompense les sages-femmes qui n'avoient pas voulu y prendre part. Exod., c. 1, f. 17, 21 . Par les plaies de l'Egypte, Dieu vouloit apprendre aux Egyptiens qu'il est le Seigneur, c. 7 , f. 5, etc. Son dessein étoit donc de les éclairer , s'ils avoient voulu ouvrir les yeux. Lorsque Pharaon promettoit de mettre en liberté les Israélites , Moïse prioit Dieu de faire cesser les fléaux, et il étoit exaucé , c. 8, f. 8, etc. S'il y a une vérité que Moïse ait constamment professée , c'est la providence de Dieu sur tous les hommes et sur toutes les créatures sans exception.

Mais celte Providence générale et bienfaisante, à l'égard de tous , est maîtresse d'accorder à un homme ou à un peuple telle mesure qu'il lui plaît de dons, soit naturels, soit surnaturels. Ceux qu'elle a départis aux Juifs n'ont diminué en rien la portion des autres peuples, et ceux-ci en auroient reçu davantage, s'ils n'avoient pas méconnu Dieu. Où est donc la partialité, où est l'injustice que les incrédules lui reprochent à cause du choix qu'il a fait de la postérité d'Abraham? Eux-mêmes se croient plus sages, plus éclairés , plus sincèrement vcrtuci:x que les autres hommes, et ils s'en vantent; c'est de Dieu sans doute qu'ils ont reçu cette supériorité de mérite : a-t-il été injuste ou capricieux, en les traitant mieux que les autres hommes ?

Loin de mettre le Dieu d'Israël sur la même ligne que les dieux des autres nations, Moïse nomme le vrai Dieu, celui qui est; les autres ne sont point , ne sont rien ; ce sont des dieux ou plutôt des démons imaginaires , des dieux nouveaux-, inconnus aux patriarches.

Dent., c. 32 , i. 17 , 21, etc. Les incrédules parlent du Dieu des Juifs sans le connoitre , de leur religion sans l'avoir examinée , de Moïse cl de ses écrits sans les enlendre, et souvent sans les avoir lus»

5° C'est sur ces deux révélations précédentes que le christianisme est fondé ; il a été annoncé aux hommes depuis la création , par la promesse d'un rédempteur. Gen., c. 3, f. 15. Jésus -Christ a déclaré qu'il n'étoit pas venu détruire la loi ni les prophètes , mais les accomplir. Mail., c. 5, f. 17. Il a prêché le même Dieu, et il l'a fait mieux connoitre ; la même morale, et il l'a perfectionnée ; le même culte, mais il l'a rendu moins grossier et plus analogue à l'état et au génie des peuples civilisés. Ce divin maître n'a pas effacé un seul des traits sous lesquels Dieu a été connu des patriarches , n'a pas retranché un seul des préceptes de la loi morale, n'a supprimé aucun des signes d'adoration que tous les hommes peuvent pratiquer ; il n'a changé que ce qui ne s'accordoit plus avec l'état actuel du genre humain.

Les incrédules abusent de tous les termes , lorsqu'ils disent que Dieu est injuste, parce que depuis la création il n'a pas également favorisé tous les peuples, et a fait plus de bien aux uns qu'aux autres ; qu'il est capricieux , parce qu'il ne les a pas gouvernés dans leur enfance, comme il les conduit dans un âge plus mûr , et qu'il a fait marcher l'ouvrage de la grâce du même pas que celui de la nature , qu'il est terrible et non aimable, parce qu'il punit le crime afin de corriger les pécheurs , et qu'il exerce sa justice sur ceux qui se refusent à ses miséricordes. Nous voudrions savoir de quelle manière Dieu devroit se présenter aux yeux des incrédules, pour qu'ils le jugeassent digne de recevoir leurs hommages.

Pour nous, qui faisons profession de connoître Dieu tel qu'il a daigné se révéler, nous admirons le plan de providence qu'il a suivi depuis le commence-

semaine , répond au jour du soleil chez les païens, considéré comme fête con sacrée à Dieu , il répond au sabbat de Juifs, qui étoit célébré le samedi. Les pre miers chrétiens transportèrent au jour suivant le repos que Dieu avoit commandé , et cela pour honorer la résurrection du Sauveur , qui arriva ce jourlà : jour qui commençoit la semaine chez les Juifs et chez les païens, comme il la commence encore parmi nous.

Il est fait mention du dimanche dans les écrits des apôtres et de leurs disciples. /. Cor., c. 16, f. 2; Apoc, c. 1, f. 10; Epist. Barnabœ , n° 15.

Ainsi ce monument de la résurrection de Jésus-Christ a été établi par les témoins oculaires, à la date même de l'événement , et célébré par ceux qui ont été le plus a portée d'en savoir la vérité. Les incrédules n'ont jamais fait attention à cette circonstance.

Le jour qu'on appelle du soleil, dit saint Justin dans son apologie pour les chrétiens, tous ceux qui demeurent à la ville ou à la campagne , s'assemblent en un même lieu, et là on lit les écrits des apôtres et des prophètes, autant que l'on a de temps. Il fait ensuite la description de la liturgie, qui consistoit pour lors en ce qu'après la lecture des livres saints, le pasteur, dans une espèce de prône ou d'homélie , expliquoit les vérités qu'on venoit d'entendre , et exhortoit le peuple à les mettre en pratique : puis on récitoit les prières qui se faisoient en commun , et qui éloient suivies de la consécration du pain et du vinr que l'on distribuoit ensuite à tous les fidèles. Enfin on recevoit les aumônes volontaires des assistants^ lesquelles étoient employées , par le pasteur , à soulager les pauvres , les orphelins, les veuves, les malades, les prisonniers, etc.

ment du monde jusqu'à nous, et que j C'est ce qui se fait encore aujourd'hui

Jésus-Christ nous a dévoilé; nous n'y voyons que sagesse, bonté, justice, sainteté, et nous nous sentons engagés à

On distingue , dans les bréviaires et autres livres liturgiques , des dimanches de la première et de la seconde classe :

servir Dieu par reconnoissance et par ceux de la première sont les dimanches amour. Voyez Religion, Révélation.

Dieux des Païens.. Voyez Paganisme.

DIMANCHE , jour du Seigneur. Le dimanche, considéré dans l'ordre de la

des Rameaux , de Pâques , de Quasimodo , de la Pentecôte , la Quadragésime ; ceux de la seconde sont les dimanches ordinaires. Autrefois tous les

dimanches de Tannée avoient chacun leur nom , tiré de l'introït de la messe du jour; on n'a retenu cette coutume que pour quelques dimanches du carême , qu'on désigne , pour cette raison , par les mots de Reminiscere , Oculi, Judica.

L'Eglise ordonne , pour le dimanche, de s'abstenir des œuvres serviles , suivant en cela l'invitation du Créateur ; elle prescrit encore des devoirs et des pratiques de piété , un culte public et connu. Elle défend les spectacles, les jeux publics, et tous les divertissements capables de nuire à la pureté des mœurs. Celle discipline est aussi ancienne que le christianisme.

Constantin , premier empereur chrétien, ordonna de cesser le dimanche toutes les fonctions du barreau , excepté celles qui étoient d'une nécessité urgente, ou qui étoient dictées par la charité chrétienne, telles que l'affranchissement des esclaves. Dans la suite, lorsque :ss travaux de la campagne et ceux des arts et métiers furent défendus, on excepta toujours ceux qui étoient d'une nécessité absolue , et que l'on ne pouvoit différer sans danger. Cod.

Theod., 1. 2 , tit. 8 , de feriis , leg. 1 ; Cod. Justin., 1. 3, tit. 12, de feriis, leg. 3.

La défense des spectacles publics et des jeux du cirque n'est pas moins expresse pour les dimanches et les fêles solennelles. Cod. Theod., 1. 15, de spectaculis, tit. 5, leg. 2, n. 5; Cod. Justin., i. 5, lit. 15, de feriis, leg. 11. Les ?ères de l'Eglise du quatrième siècle joignirent , aux lois des empereurs, les cxhortalions les plus fortes pour engager les fidèles à sanctifier le dimanche, à s'abstenir de tous les divertissements comme d'une profanation ; plusieurs conciles ont fait des décrets pour empêcher ce désordre. Voyez Bingham, Origin. ecclés., tome 9, 1. 20, c. 2, § 4.

L'abbé de Saint -Pierre, qui a tant écrit sur la science du gouvernement, ne regarde la prohibition de travailler le dimanche, que comme une règle de discipline ecclésiastique , laquelle suppose que tout le monde peut chômer ce

jour sans s'incommoder notablement.

Sur cela, non content de remettre toutes les fêtes au dimanche, il voudroit qu'on accordât aux pauvres une partie considérable de ce grand jour , pour l'employer à des travaux utiles , et pour subvenir par là plus sûrement aux besoins deleurs familles. Au reste, on est pauvre, selon lui , dès qu'on n'a pas assez de revenu pour se procurer six cents livres de pain ; à ce compte, il y a bien des pauvres parmi nous.

Quoi qu'il en soit, il prétend que si on leur accordoit tous les dimanches , la liberté du travail après midi , supposé la messe et i'instruclion du matin , ce seroit une œuvre de charité bien favorable à tant de pauvres familles , et conséquemment aux hôpitaux : le gain que feroient les ouvriers et les laboureurs , par cette simple permission , se monte , suivant son calcul , à plus de vingt millions par an. Voyez OEucres politiques , tom. 8, p. 75 et suiv.

Cette spéculation ne pouvoit manquer d'être applaudie par nos politiques modernes , qui font du culte de Dieu une affaire de finance et de calcul.

Ils disent que laloi du Seigneur: Fous vous reposerez le septième jour, Exod., c. 25, jk 12, etDeut., c. 5, y. 14, est moins dans son institution une observance religieuse qu'un règlement politique , pour assurer aux hommes et aux bêtes de service un repos qui leur est nécessaire pour la continuité des travaux. Ils le confirment par les paroies du Sauveur. Marc, c. 2 , f. 27 : Le sabbat est fait pour V homme , et non V homme pour le sabbat. Ils en concluent que l'intention du Créateur, en instituant un repos de précepte, a été non-seulemenl de réserver un jour pour son culte , mais encore de procurer quelque délassement aux travailleurs , esclaves ou mercenaires , de peur que des maîtres barbares et impitoyables ne les lissent succomber sous le poids d'un travail trop continu.

On en conclut encore que le sabbat, dès qu'il est établi pour l'homme, ne doit pas lui devenir dommageable; qu'ainsi l'on peut manquer au précepte

du repos sabbatique, lorsque la nécessité ou la grande utilité l'exige pour le bien de l'homme ; qu'on peut , par conséquent , au jour du sabbat , faire tête à l'ennemi , pourvoir à la nourriture des îommes et des animaux, etc. Nos politiques charitables concluent enfin que l'artisan , le manouvrier , qui en travaillant ne vit d'ordinaire qu'à demi , peut employer une partie du dimanche à des opérations utiles, tant pour éviter le désordre et les folles dépenses , que pour être plus en état de fournir aux besoins d'une famille languissante, et d'éloigner de lui , s'il le peut , la disette et la misère ; ne peut-on pas , disent-ils, employer quelques heures de ce saint jour, pour procurer à tous les villages et hameaux certaines commodités qui leur manquent assez souvent: un puits, une fontaine, un abreuvoir, un lavoir , etc.; pour rendre les chemins plus aisés qu'on ne les trouve d'ordinaire dans les campagnes éloignées ? La plupart de ces choses pourroient s'exécuter

à Paris pour règle de ce qui se doit faire dans tout le royaume. Dans les campagnes, où l'on ne connoît guère d'autres travaux que ceux du labourage , à quel travail lucratif peut-on occuper les pauvres dans l'après-midi des dimanches ?

Croit-on qu'ils consentiront à faire des corvées sans être payés !

5° Lorsque les habitants de la campagne ont assez de mœurs et de bonne volonté , pour s'attacher à des travaux d'utilité publique, après avoir satisfait au service divin , non-seulement les pasteurs ne s'y opposent point, mais les y encouragent , la difficulté est de leur inspirer cette bonne volonté unanime.

Nous supplions les philosophes d'en aller faire l'essai, et d'y employer leur éloquence.

4° A plus forte raison , lorsque les récoltes sont en danger, on permet aux laboureurs de sauver , le dimanche , tout ce qui peut être mis en sûreté.

L'abbé de Saint-Pierre et ses copistes semblent avoir ignoré ces faits , qui sont

à peu de frais ; il n'y faudroit que le j cependant de la plus grande notoriété, concours unanime des habitants , et , j 5<> Lorsqu'il sera permis de travailler avec un peu de temps et de persévé- le dimanche , qui nous répondra que

rance, il en résulteroit, pour tout le monde , des utilités sensibles.

Après les instructions et les offices de paroisse, que peut-on faire de plus chrétien que de consacrer quelques heures à des entreprises si utiles et si louables ? De telles occupations ne vaudroientelles pas bien les délassements honnêtes qu'on nous accorde sans difficulté , pour ne rien dire des excès et des abus que l'oisiveté des fêtes entraîne infailliblement ? Sur toutes ces spéculations , il y a quelques remarques à faire.

4° En voulant pourvoir à la subsistance du pauvre, il faut aussi avoir égard à la mesure de ses forces ; et en général, les écrivains , qui n'ont jamais travaillé des bras , ne sont pas fort en état d'en

les maîtres avares et durs n'abuseront pas des forces de leurs domestiques? En voulant soulager les uns , il ne faut pas s'exposer à écraser les autres.

6° Il n'y a déjà que trop de relâchement dans les villes sur la sanctification du dimanche; et ce ne sont pas seulement les ouvriers qui en abusent, ce sont les fainéants, les débauchés et les incrédules. Est-ce à ceux qui ne font rien toute la semaine de savoir ce que les habitants des campagnes peuvent ou ne peuvent pas faire le dimanche?

7° Parce que les dimanches et les fêtes sont profanés par la débauche , ce n'est pas une raison de les profaner par le travail , et de corriger un abus par un autre. Il n'y a qu'à faire observer éga-

pour donner du repos à l'homme , et de prétendre ensuite que ce repos lui est dommageable. Dieu a-t-il donc eu moins de prévoyance que nos philosophes?

2° 11 ne faut pas prendre ce qui se fait

juger. Il est absurde de reconnoître , i lement les lois de l'Eglise et celles des d'un côté, que Dieu a institué le sabbat princes chrétiens ; tout rentrera dans

l'ordre , et il n'en résultera plus aucun inconvénient. Foyez Fêtes.

DIM ESSES, congrégation de personnes du sexe , établie dans l'état de Venise. Elles ont eu pour fondatrice Dé-

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