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qui se haïssent et se méprisent , à de- saint Ignace et saint Poiycarpe dans meurer ensemble jusqu'à la mort , dans le chagrin et la discorde. Mais c'est leur
crime de se haïr et de se mépriser ; s'ils n'étoient pas vicieux et bien résolus de ne se corriger jamais, ils apprendroient à s'estimer et à s'aimer.
Aussi , en quel temps s'avise-t-on de déclamer et d'écrire contre l'indissolubilité du mariage? c'est lorsque les mœurs d'une nation sont portées au plus îiaut degré de la dépravation ; alors les mariages sont nécessairement malheureux, parce que deux caractères vicieux ne peuvent pas se supporter longtemps.
On ne peut plus souffrir aucun joug, on veut la liberté ( c'est-à-dire l'indépendance, la licence, ie libertinage) ; comme si les deux sexes, également corrompus, étoient capables d'user sagement de la liberté : c'est justement alors qu'il leur faut des entraves et des chaînes. Si, semblables aux Romains, ils ne peuvent plus supporter ni leurs vices, ni leurs remèdes , qu'ils se corrigent, et tout le mal sera réparé.
DOCÈTES, hérétiques du premier et du second siècle de l'Eglise , qui enseignoient que le Fils de Dieun'avoit eu qu'une chair apparente; qu'il étoit né, avoit souffert , étoit mort seulement en apparence. C'est ce que signifie leur nom, dérivé du grec obxsw, je semble, je parois.
Ce nom général de docêtes a été donné à plusieurs sectes , aux disciples de Simon, de Ménandre , de Saturnin, de Basilide, de Carpocrate, de Valenlin, etc. , parce que que tous donnoient dans la même erreur, quoiqu'ils fussent divisés d'ailleurs sur plusieurs points de doctrine. Tous prenoient aussi le nom de gnostiques , savants ou illuminés, parce qu'ils se croyoient plus éclairés que le commun des fidèles. Ils se flattoient d'avoir trouvé un moyen de concilier ce qui est dit de Jésus-Christ , parles apôtres, avec le respect dû à la Divinité, en soutenant que les humiliations, les souffrances, la mort du Fils de Dieu , n'avoient été qu'apparentes.
C'est pour les réfuter que saint Jean dans son Evangile et dans ses Epîtres ,
leurs lettres, établissent avec tant de soin la vérité du mystère de l'incarnation , la réalité de la chair et du sang de Jésus -Christ. «Nous vous annonçons, » dit saint Jean aux fidèles , ce que nous » avons vu et entendu , ce que nous » avons considéré attentivement, ce que » nos mains ont touché au sujet du » Verbe vivant. » /. Joan., c. 1 , fi 1. Ce témoignage ne pouvoit pas être suspect , ce n'étoit point une illusion.
Saint Irénée les réfute de même , par les termes de corps , de chair, de sang, dont les apôtres se servent continuellement en parlant du Fils de Dieu fait homme ; par sa généalogie , que saint Matthieu et saint Luc nous ont donnée , et parce que Jésus -Christ a été un homme semblable aux autres hommes en toutes choses, excepté le péché. Autrement , dit-il , Jésus-Christ ne pourroit être appelé homme, ni Fils de F homme:
ce seroit en vain, et pour nous tomper, qu'il auroit pris à l'extérieur tous les signes et les caractères de l'humanité ; il ne seroit pas vrai qu'il nous a rachetés , qu'il est notre Sauveur , s'il n'avoit pas réellement souffert ; il ne seroit pas celui qui a été prédit pas les prophètes, mais un imposteur; nous ne pourrions plus espérer la résurrection de notre chair, nous ne recevrions pas, dans l'eucharistie, sa chair et son sang, etc. Adv. hœr., 1. 3, c. 22 ; 1. 4, c. 18; 1.5, c. 2 , etc.
Cette erreur fut renouvelée , dans le sixième siècle , par quelques eutychiens ou monophysites, qui soutenoient que le corps de Jésus-Christ étoit incorruptible et inaccessible aux souffrances : on les nomme docêtes, aphtartodocètes , phantasiastes , etc.
Si l'on veut y faire attention , cette erreur, commune aux hérétiques les plus anciens, est une preuve invincible de la sincérité des apôtres , et de la certitude de leur témoignage. Aucun de ces sectaires n'a osé accuser les apôtres d'en avoir imposé , ils sont convenus que ces témoins vénérables ont vu , entendu , touché Jésus-Christ, comme ils le disent, soit avant , soit après sa résurrection :
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mais ils prétendent que Dieu leur a fait illusion, et a trompé leurs sens. Ils ont préféré de mettre la supercherie sur le compte de Dieu même, plutôt que de l'attribuer aux apôtres; et cela pour n'être pas forcés d'admettre que le Fils de Dieu a pu se faire homme , naître d'une femme, souffrir et mourir^
Les incrédules oseront-ils encore nous dire que les actions de Jésus -Christ n'ont été crues que par des ignorants séduits et prévenus? Tous ces hérétiques, qui se paroient du nom de gnostiqueSj ou de docteurs éclairés, n'étoient pas séduits par les apôtres , puisqu'ils se prétendoient plus habiles et plus clairvoyants qu'eux ; ils n'avoient aucun intérêt commun avec les apôtres , puisqu'ils leur étoient opposés , et que les apôtres les regardoient comme des séducteurs et des antechrists : c'est le nom qu'ils leur donnent. //. Joan., f. 7. Ces dïsputeurs étoient à portée de trouver Y dans la Judée et ailleurs , des témoignages contraires à celui des apôtres, si ceux-ci en avoient imposé. L'aveu que les premiers ont fait de Vapparence des événements publiés par les apôtres, en prouve invinciblement la réalité.
Nous sommes très-bien fondés à juger que Dieu a permis cette multitude d'hérésies qui ont aiïligé l'Eglise naissante , pour rendre plus incontestables les faits annoncés par les apôtres. Voyez Gnostiques.
Nous apprenons encore , des anciens Pères, que les docètes avoient des mœurs très-corrompues ; leur doctrine même 5n est une preuve. Comme les souffrances du Fils de Dieu nous sont proposées pour modèle dans l'Evangile, il étoit naturel que des hommes qui vouloient se livrer à la volupté sans remords et sans scrupule, enseignassent que le Fils de Dieu n'avoil souffert qu'en apparence. Mais les apôtres ne l'ont pas entendu ainsi : « Jésus-Christ , dit saint » Pierre aux fidèles , a souffert pour » nous, et vous a laissé un exemple, » alin que vous suiviez ses traces. »
/. Pétri, c. 2, f. 21. Ainsi, de tout temps, la vraie source de l'incrédulité a été la corruption du cœur.
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I Beausobre, dans son Histoire du ma- I nichéisme , 1. 2 , c. 4, a beaucoup parlé î des docètes, et a voulu tirer de leurs erreurs plusieurs arguments contre la | doctrine de l'Eglise. « Remarquons , | » dit-il , que ces anciens hérétiques déj » fendoient leur erreur par les mêmes » témoignages de l'Ecriture , et par les » mêmes raisons dont on s'est servi , ■ » dans les siècles suivants , pour dé- ; » fendre la présence réelle du corps ) » de Jésus - Christ dans l'eucharistie. * j En effet, pour prouver que le corps de : Jésus-Christ n'étoit pas réel , mais ap- - parent, les docètes alléguoient les pas- I sages de l'Evangile , dans lesquels il est \ dit que Jésus-Christ marchoit sur les | eaux , qu'il disparut aux yeux des deux ] disciples d'Emmaus , qu'il se trouva au j milieu de ses disciples assemblés, les ! portes de la maison étant fermées ; et S l'on se sert de ces mêmes passages pouar ! prouver que le corps de Jésus-Christ | peut être réellement dans l'eucharistie, | sans avoir la solidité, la pesanteur , l'impénétrabilité des autres corps.
Si tel avoit été , continue Beausobre , J le sentiment de l'Eglise, les docètes auroient pu en tirer une objection invincible ; ils auroient dit à leurs adversaires : « Tout ce qui subsiste , sans au- » cune propriété du corps humain, » ne peut pas être un corps humain :
» or, vous convenez que le corps de » Jésus -Christ est dans l'eucharistie, | » sans aucune des propriétés du corps » humain; donc ce n'est plus un corps » humain. »
Ils nous paroît que les Pères n'auroient pas été fort embarrassés de répondre à cet argument redoutable ; ils auroient dit : Tout ce qui subsiste sans aucune propriété sensible ou insensible ] du corps humain , n'est plus un corps humain : soit. Or , le corps de Jésus- Christ, dépouillé des propriétés s sibles d'un corps humain dans l'eucharistie, en conserve néanmoins les propriétés insensibles, donc c'est un corps humain , sinon dans son état naturel, du moins dans un état surnaturel et miraculeux.
Les docètes, dit encore lîcausobre,
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auroient insisté ; ils auroient représenté qu'il n'y a pas plus d'absurdité à supposer que Jésus-Christ, pendant le cours de son ministère , a paru être ce qu'il n'étoit pas, qu'à soutenir que dans l'eucharistie il a toutes les apparences du pain et du vin , sans être ni l'un ni l'autre. A quoi pensoient donc les Pères? En cherchant dans l'eucharistie un argument contre les docètes, ils se jetoienl dans le feu pour éviter la fumée.
Nous répondons pour les Pères , que si nous croyons la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, pendant que nous rejetons l'opinion des docètes, ce n'est pas parce que l'un est moins absurde ou moins impossible à Dieu que l'autre; mais c'est, i° parce que la présence réelle est formellement enseignée dans l'Ecriture sainte , au lieu que l'opinion des docètes y est formellement réprouvée. 2" Parce que le dogme de la présence réelle n'entraîne point les conséquences fausses et impies qui s'ensuivroient de l'opinion des docètes touchant le corps apparent et fantastique de Jésus-Christ.
Les Pères pensoient donc très-bien, lorsqu'ils disoient que si la chair de Jésus-Christ n'étoit qu'apparente, nous ne recevrions pas, dans l'eucharistie, sa chair et son sang. Saint îrénée , liv. 4, c. 48, olim 54, n° 5; liv. 5, c. 2, n" 2, etc., et ils n'avoient pas peur des arguments de Beausobre.
Mais n'est-ce pas lui qui se jette dans le feu , pour éviter la fumée ? Il voudroit nous persuader que, du temps des docètes, l'Eglise ne croyoit pas la présence réelle , et il allègue pour preuve un raisonnement des Pères qui seroit absurde , si ce dogme n'avoit pas été la croyance commune de l'Eglise : on ne peut pas pousser plus k)in i'aveuglement systématique.
DOCTEUR, homme qui enseigne , ou qui a commission d'enseigner en public.
Suivant saint Paul, /. Cor., c. 12, f. 28, g c'est Dieu qui a établi dans l'Eglise les y uns apôtres , les autres prophètes , les » uns docteurs , les autres doués du » pouvoir d'opérer des miracles; mais » il n'a pas accordé ces dons à tous. »
| Il le répète, E plies., e. 4-,f. lï. « Jésus- » Christ, dit-il , a établi les uns apôtres, » les autres prophètes, les unsévangé- » listes , les autres pasteurs et docteurs, » pour perfectionner les saints , pour » exercer le ministère , pour édifier le » corps de Jésus-Christ, jusqu'à ce que » nous parvenions tous à l'unité de la » foi et de la connaissance du Fils de » Dieu ;.... afin que nous ne soyons pas » chancelants comme des enfants , et » emportés à tout vent de doctrine. » De ces paroles nous tirons deux ou trois conséquences importantes.
1° Il n'est pas vrai que tout homme , qui se sent ou se croit capable d'enseigner , ait le droit et le pouvoir de le faire, comme le prétendent la plupart des protestants. Ils ont été forcés de le soutenir ainsi, lorsqu'on leur a demandé qui avoit donné la mission pour enseigner, et le caractère de docteur aux prétendus réformateurs, dont la plupart ont été ou des laïques ou de simples particuliers. Mosheim, qui a senti les inconvénients de la prétention des prolestants, est convenu quVUe est mal fondée ; il a prouvé que , même daro> l'origine du christianisme, personne n$ s'est érigé en docteur, en évangéliste ou en prédicateur, que ceux qui étoient députés ou avoués par les apôtres , par les pasteurs , ou par les Eglises chrétiennes : il a répondu à tous les faits par lesquels les autres prolestants ont voulu faire voir le contraire ; il a même ajouté qu'agir autrement ce seroit le moyen de nourrir le fanatisme , et de mettre la confusion dans l'Eglise , puisque souvent les hommes les plus ignorants et les plus insensés se croient les plus capables de régenter les autres. InstiL Hîst. christ., 2e part., c. 2, g 18. Mais il n'a pas satisfait à l'argument terrible que l'on tire de là contre les fondateurs de la réforme.
2° Puisqu'en établissant des pasteurs et des docteurs, le dessein de Jésus- Christ a été de perfectionner et d'achever son propre ouvrage , d'édifier son Eglise , d'y maintenir l'unité de la foi, ce divin maître seroit le plus malhabile et le plus imprudent de tous lco
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fondateurs, s'il avoit laissé introduire dans son Eglise , immédiatement après les apôtres , des pasteurs et des docteurs tels que les protestants et Mosheim luimême ont coutume de les représenter , les uns ignorants et très-peu propres à enseigner les fidèles , les autres philosophes entêtés qui ont mêlé à la doctrine chrétienne les visions des Orientaux , les opinions judaïques ou païennes ; les autres des ambitieux , qui n'ont travaillé qu'à se donner, sur le troupeau de Jésus-Christ , une autorité et une domination que ce divin législateur leur avcit défendue , etc. On ne peut pas lui faire une plus grande injure que de supposer qu'il a ainsi oublié et négligé son Eglise pendant quinze siècles entiers ; et qu'enfin, réveillé de son sommeil au seizième , il a suscité des réformateurs pour réparer le mal qu'il avoit laissé faire : on sait comment ils ont réussi.
5° Il nous a prescrit la manière de distinguer les vrais d'avec les faux prophètes, les docteurs légitimes d'avec les usurpateurs de celte fonction : « Vous » les connoitrez, dit-il, par leurs fruits. » Matth., ù. 7, f. 16. Il avoit établi les pasteurs et les docteurs pour nous conduire à Vunité de la foi ; cette unité se
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maintient en eiï'et dans l'Eglise catholique; les docteurs, aussi-bien que les simples fidèles , sont soumis à l'enseignement commun et général de l'Eglise universelle, aucun ne se croit permis de s'en écarter. Les docteurs protestants n'ont voulu dépendre de personne, ne suivre que leurs propres lumières; quiconque s'est cru capable d'enseigner , en a usurpé le droit , et quand il a réussi à se faire un nombre de prosélytes , il a formé une société particulière et a dit anathème à ceux qui n'ont pas voulu se ranger à son parti.
4° Saint Paul réunit le caractère de docteur à celui de pasteur, pour nous apprendre que la fonction d'enseigner appartient essentiellement aux pasteurs de l'Eglise , que c'est une partie de leur mission; aussi l'apôtre, après avoir instruit Timolhée, et l'avoir établi pasteur d'une Eglise, lui recommande de ne confier le dépôt de la doctrine qu'à
des hommes fidèles , et qui seront capables d'enseigner les autres. //. Tim., c. 2. Il n'est donc pas vrai que les pasteurs de l'Eglise catholique aient été des usurpateurs injustes, lorsqu'ils se sont attribué le droit d'enseigner , et de juger du mérite de ceux qui pouvoient exercer cette fonction, et qu'ils ont réprouvé l'enseignement des hérétiques de tous les siècles.
Docteur de l'Eglise. Voyez Père.
Docteur en théologie , titre qu'on donne à un ecclésiastique qui a pris le degré de docteur dans une faculté de théologie , et dans quelque université.
Voyez Degré.
Dans la faculté de théologie de Paris , le temps d'études nécessaire est de sept années : deux de philosophie, après lesquelles on reçoit communément le bonnet de maître-ès-arts ; trois de théologie, qui conduisent au degré de bachelier en théologie ; et deux de licence, pendant lesquelles les bacheliers sont dans un exercice continuel de thèses et d'argumenlations sur l'Ecriture sainte, la théologie scolastique, et l'histoire ecclésiastique.
Lorsque les bacheliers ont reçu du chancelier de l'université la bénédiction de licence, ceux d'entre eux qui veulent prendre le bonnet de docteur, vont demander jour au chancelier , qui le leur assigne. Il faut être prêtre pour prendre le bonnet. Le licencié pour lors a deux actes à faire , l'un le jour même de la prise du bonnet, l'autre la veille. Dans celui-ci il y a deux thèses : la première, soutenue par un jeune candidat que l'on appelle aulicaire. Voyez A clique. Deux bacheliers du second ordre disputent contre lui; le licencié est auprès de lui; et !e grand maître d'études, qui a ouvert l'acte en disputant contre le candidat, préside à celte thèse (prou nomme expectative , et qui dure environ deux heures. Le second acte, qui suit immédiatement, se nomme vespérie , actus vesperiarum, parce qu'il se fait toujours le soir. Deux docteurs, qu'on appelle l'un, magister regens , et l'autre, maci'ïfer terminorum interpres > y disputent contre le licencié, chacun pen
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dant une demi-heure, sur un point de l'Ecriture sainte ou de la morale. L'acte est terminé par un discours que fait le grand maître d'études , et qui roule ordinairement sur l'éloge du savoir et des vertus du licencié.
Le lendemain matin sur les dix heures, le licencié- revêtu de la fourrure de docteur, précédé des massiers de l'université ( et dans les maisons de Sorbonne et de Navarre, du cortège des bacheliers en licence, revêtus de leurs fourrures ), et accompagné de son grand maître d'études, se rend à la salle de l'archevêché ; il se place dans un fauteuil, le chancelier ou le sous-chancelier à sa droite, et le grand maître d'études à sa gauche. La cérémonie commence par un discours que prononce ou lit le chancelier ou le sous-chanceiier. Le récipiendaire y répond par un autre discours % ,près lequel le chancelier lui fait prêter les serments accoutumés, et lui met son bonnet sur la tête. Il le reçoit à genoux , se relève , reprend sa place , et préside à une thèse qu'on nomme antique , parce qu'on la soutient dans la saîle ( dite aulâ ) de l'archevêché. Le nouveau docteur y dispute pendant environ une heure contre son aulicaire; ensuite il va dans l'Eglise de Notre- Dame , à l'autel des martyrs , jurer sur les saints Evangiles qu'il répandra son sang , s'il est nécessaire, pour la défense de la religion. Enfin, son cortège le reconduit à sa maison.
Au prima mensis suivant , c'est-àdire , à la plus prochaine assemblée de la faculté , il paroît , prête les serments accoutumés , et dès lors il est inscrit au nombre des docteurs. Mais il ne jouit pas encore pour cela de tous les privilèges , droits, émoluments, etc., attachés au doctorat ; il ne peut ni assister aux assemblées , ni présider aux thèses , ni exercer les fonctions d'examinateur, censeur, etc., qu'au bout de six ans.
Alors il soutient une dernière thèse, qu'on nomme résumpte, et il entre en pleine jouissance de tous les droits du doctorat. Voyez Résumpte.
Les fonctions des docteurs en théologie, dans l'intérieur de la faculté, sont
d'examiner les candidats , d'y présider aux thèses, d'y assister avec droit de suffrage en qualité de censeurs , qu'on nomme par semaine et en certain nombre , de diriger les études des jeunes théologiens , de veiller sur les mœurs des bacheliers en licence , d'assister aux assemblées ordinaires et extraordinaires de la faculté , d'y opiner , suivant leurs lumières et leur conscience , sur la censure des livres , et les autres affaires qu'on y agite , etc.
Leurs fonctions , par rapport à la religion et à la société , sont de travailler dans le saint ministère à instruire les peuples, d'aider les évêques dans le gouvernement de leurs diocèses , d'enseigner la théologie, de consacrer leurs veilles à l'étude de l'Ecriture , des Pères et du droit canon ; de décider des cas de conscience , de défendre la foi contre les hérétiques , et d'être par leurs mœurs l'exemple des fidèles, comme par leurs lumières ils en sont les guides dans les voies du salut.
Les frais de la prise de bonnet de docteur montent à environ cent écus pour les réguliers , au double pour les séculiers-ubiquistes , et à près de ^er.t pistoles pour les docteurs des maisons de Sorbonne et de Navarre.
Si l'on se persuadoit que les docteurs , sortis des écoles catholiques, sont moins instruits et moins habiles que ceux qui ont été formés dans les écoles protestantes , onpourroitse détromper par un fait public. Il y a en Allemagne des universités mi-parties, où les luthériens occupent des chaires de théologie aussi bien que les catholiques ; il en est ainsi à Strasbourg. Toutes les fois que les catholiques soutiennent des thèses publiques , ils ne manquent jamais d'y inviter les docteurs luthériens, et de les y laisser argumenter tant qu'il leur plaît; les luthériens , au contraire, soutiennent leurs thèses à huit clos , et si un catholique s'avise d'y paroître , on le met dehors.
Nous examinerons ailleurs les reproches que l'on fait aux docteurs scolastiques,
DOCTRINAIRES , prêtres de la doctrine chrétienne, congrégation d'ecclé-