‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 63 sur 114 · DOC 297 DOC · texte numérisé non relu

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n'a pas pu permettre le mal, ni créer le j et du respect ; et, n'en déplaise aux phimonde tel qu'il est. Cette méthode est) losophes de nos jours, cette conduite est dans le fond la source de toutes les er-l plus sensée que la leur. Voyez Fait. reurs en fait de religion. [ A la vérité , la comparaison que nous

3° En raisonnant de même , les phi- faisons entre la doctrine révélée dans losophes païens ont rejeté le christia- \ nos livres saints, et celle des fausses renisme, parce qu'il n'admet qu'un seul \ ligions , est une preuve très-forte de la Dieu ; en comparant cette doctrine avec j divinité de la première, et de l'imposture celle du paganisme, ils ont préféré la de toutes les autres; mais cette preuve dernière ; ils ont donc réprouvé notre j ne peut avoir lieu qu'à l'égard de ceux religion , précisément à cause du dogme ? qui sont déjà convaincus de la révélale plus évident, et qui auroit dû les J tion parles preuves de fait, et qui sont persuader le plus efficacement : tel a été j d'ailleurs très-instruits. La vraie maie résultat de l'examen qu'ils ont fait de ] nière d'y procéder n'est pas d'examiner la doctrine. \ d'abord spéculativement la vérité ou la

4° Depuis la création jusqu'à nous,) fausseté de la doctrine en elle-même, Dieu a voulu éclairer les hommes , non j mais de considérer l'influence qu'elle a par l'examen de la doctrine qu'il a dai- I sur les mœurs. C'est ainsi que nos angné révéler , mais par les caractères , ciens apologistes et les Pères de l'Edont il a revêtu l'autorité qu'il lui a plu glise en ont agi , en disputant contre les d'établir ; il les a enseignés , non par des | philosophes païens ; ils leur ont soutenu raisonnements, mais par des faits. Ainsi, ' qu'une doctrine aussi sainte que celle du sous les patriarches, la religion primi- christianisme, aussi capable de rendre tive s'est conservée par la tradition do- ! l'homme vertueux , ne pou voit pas être mestique des faits importants de la créa- : fausse , et jamais leurs adversaires n'ont tion, delà chute de l'homme, du déluge \ pu rien répliquer de solide. V. Examen. universel , des leçons que Dieu avoit J Doctrine chrétienne , doctrine endonnées à Noé , etc. : sous la loi juive , j seignée par Jésus-Christ et par ses apôpar la tradition nationale des miracles ; très. Que Jésus-Christ et ses apôtres de Moïse , preuves éclatantes de sa mis- ! aient enseigné tel ou tel point de docsion : sous l'Evangile, par la tradition \ trine , c'est un fait qui est susceptible universelle des miracles opérés par Je- | des mêmes preuves et de la même cersus-Christ et par les apôtres , et des dog- j titude que tout autre fait quelconque.

mes qu'ils ont enseignés. Une religion révélée ne peut se transmettre ni se perpétuer autrement.

5° Il seroit absurde de vouloir enseigner au commun des hommes la religion d'une autre manière que les devoirs et les usages de la société ; ils n'apprennent point ceux-ci par des raisonnements spéculatifs sur ce qu'ils ont de bon ou de mauvais , mais par l'éducation et par imitation. Tel est l'enseignement général du genre humain , le seul qui convienne à des êtres sociables. Si l'on faisoit plus d'attention à la manière de discourir du peuple , un verroit qu'il ne se fonde presque jamais sur des raisonnements , mais sur des faits , sur des témoignages. Il répète ce qu'il a ouï dire à ses pères , aux vieillards , aux hommes pour lesquels il a conçu de l'estime

d° C'est un fait sensible et public. La doctrine chrétienne n'a jamais été renfermée dans le secret d'une école , confiée à un petit nombre de disciples , ni bornée à un seul lieu ; elle a toujours été prèchée publiquement dans les assemblées des fidèles depuis les apôtres jusqu'à nous. Pour peu qu'un chrétien ait d'intelligence, il voit si on lui enseigne, dans l'âge mûr , les mêmes dogmes qui lui ont été inculqués dès l'enfance.

Change-t-il de séjour? il aperçoit d'abord si l'on prêche , dans le lieu où il arrive, la même doctrine que dans sa patrie. Plus les communications sont devenues fréquentes entre les divers peuplus du monde , plus il a été aisé de se convaincre de la diversité ou de la conformité de doctrine entre les différente* Eglises de l'univers.

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2° C'est un fait susceptible de la même certitude que tous les autres faits. Dans les tribunaux l'on interroge les témoins, non-seulement sur ce qu'ils ont vu , mais encore sur ce qu'ils ont entendu , et on leur accorde la même croyance sur l'un et l'autre chef. Ils sont encore plus dignes de foi , lorsque ce sont des personnes publiques revêtues de caractère et de commission spéciale pour attester une chose. Tels sont les pasteurs de l'Eglise ; ils ont caractère et mission pour enseigner aux autres ce qu'ils ont appris eux-mêmes, sans qu'il leur soit permis d'y ajouter ni d'en rien retrancher.

3° La chaîne de ces témoins n'a jamais

térieur tout différent ? On n'a qu'à voir les retranchements énormes que les protestants ont été obligés de faire dans l'extérieur du culte , lorsqu'ils ont voulu établir une doctrine différente de celle de l'Eglise catholique.

Voilà donc trois règles dontîe concert parfait donne à toute église particulière et à tout fidèle une certitude invincible de l'antiquité et de l'immutabilité de sa foi , les monuments écrits , le culte extérieur, l'enseignement public et uniforme des pasteurs. S'il y a, en matière de faits , une certitude morale poussée au ! plus haut degré , c'est assurément celle- | là : elle est la même pour les faits évangéiiques , pour le dogme , pour la morale, été interrompue , leur succession a été j Que l'on compare cette méthode d'enconstanle depuis les apôtres. Leur en- | seignement de l'Eglise catholique , avec seignement public est surveillé par les \ celle que suivent les protestants et les fidèles même qu'ils sont chargés d'in- I autres sectes hérétiques , on pourra justvuire , et qui savent qu'il n'est pas per- ger par là laquelle de ces différentes somis d'innover. Ils ont à répondre de ! ciétés remplit le mieux les devoirs de leur doctrine au corps dont ils sont les j mère à l'égard de ses enfants, laquelle membres, tous se servent mutuellement mérite le mieux d'être regardée comme

la véritable Eglise de Jésus-Christ.

d'inspecteurs et de garants. Il n'est jamais arrivé à un seul de se départir de la croyance commune , sans que cet écart ait fait du bruit et causé du scandale.

4° La doctrine chrétienne est consignée dans des monuments aussi anciens

que le christianisme, dans les évangiles, des apôtres, on leur a prouvé non-seu-

dans les lettres des apôtres , dans les écrits de leurs successeurs, dans les professions de foi , dans les décrets des conciles. C'est sur la conformité de ces monuments entre eux , et avec l'enseignement vivant des pasteurs , que l'Eglise se repose, aîfirme et enseigne que sa doctrine est perpétuelle et inviolable.

•' 5° Celte doctrine est intimement liée aux cérémonies de l'Eglise, aux pratiques du culte public ; ces cérémonies sont dans le fond une profession de foi. Il est donc impossible que la doctrine change , sans que le culte extérieur s'en ressente, et celui-ci ne peut changer sans que l'on s'en aperçoive. Peut-on citer dans l'univers deux Eglises qui aient une foi différente, et qui aient cependant conservé le même culte extérieur; ou qui, réunies par la même croyance , aient cependant un culte ex-

Les variations de ces sociétés dans la doctrine ont été mises dans le plus grand jour par M. Bossuet ; et lorsqu'elles ont voulu reprocher à l'Eglise catholique qu'elle avoit changé la doctrine reçue

| lement que cela n'est point , mais que

! cela ne peut pas être.

De là même il s'ensuit que la doctrine chrétienne est nécessairement catholique ou universelle , et que toute doctrine qui n'a pas ce dernier caractère, quand même elle seroit vraie d'ailleurs , n'appartient point à la foi chrétienne. Voyez Catholique.

Par la même raison , cette doctrine est nécessairement apostolique , ou venue des apôtres ; jamais l'Eglise n'a cru qu'il lui fût permis de changer ce que les apôtres ont enseigné, « II ne nous est pas » permis, dit ïertullien , de rien ensei- » gner de notre propre choix, ni de rece- » voir ce qu'un autre a forgé de lui-même. » Nous avons pour auteurs les apôtres » du Seigneur; eux-mêmes n"ont rien » imaginé, ni rien tiré de leur propre » fonds , mais ils ont fidèlement transmis

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» aux nations la doctrine qu'ils avoient » reçue de Jésus-Christ. » Deprœscript., c. 6. « Dans chaque ville, ils ont fondé s des Eglises , d'où les autres ont reçu , » par tradition , leur croyance et leur 3 foi; c'est ainsi qu'elles la reçoivent • encore pour être de véritables Eglises ; y> par là elles sont apostoliques , puis- » qu'elles sont les filles des Eglises fon- » dées par les apôtres , c. 20. En un » mot, la'vérité est la doctrine primitive, » celle-ci est ce que les apôtres ont en- » seigné ; nous devons donc recevoir » comme venant des apôtres ce qui est » sacré dans leurs Eglises. » Adv. Marcion., 1. 4, c. 4.

Au cinquième siècle, Vincent de Lérins donnoit la même règle ; il cite les paroles de saint Ambroise, qui regardoit comme un sacrilège de changer quelque chose à la fvi consacrée par le sang des martyrs, et celles du pape saint Etienne, qui répondait aux rebaptisants d'Afrique : N'innovons rien, tenons-nous-en à la tradition. « L'usage de l'Eglise a » toujours été, dit-il, que plus un homme » étoit religieux , plus il avoit horreur » de toute nouveauté. » Commonit., c. 5 et 6. (N*XXV. p. 583.)

De là nous concluons que la doctrine chrétienne est immuable, et que toute doctrine nouvelle est une erreur ; nous ne concevons pas comment les pasteurs de l'Eglise, en protestant toujours qu'il ne leur est pas permis de rien changer à la doctrine qu'ils ont reçue , pourroient cependant l'altérer, ou par surprise et sans s'en apercevoir , ou par un dessein prémédité.

Avant les contestations des hérétiques, et avant la décision de l'Eglise, cette doctrine peut n'être pas enseignée aussi clairement , et d'une manière aussi propre à prévenir les erreurs, qu'elle l'est après ; mais il ne s'ensuit pas qu'elle n'étoit ni crue ni connue auparavant.

C'est le sophisme que font continuellement les protestants.

DOGMATIQUE , ce qui appartient au dogme , ce qui concerne le dogme. On dit un jugement dogmatique, pour exprimer un jugement qui roule sur des dogmes ou sur des matières qui ont rap-

DOG port au dogme ; fait dogmatique , pour dire un fait qui tient au dogme , par exemple , pour savoir quel est le véritable sens de tel ou tel auteur. On a vivement disputé, dans ces derniers ternes , à l'occasion du livre de Jansénius, sur l'infaillibilité de l'Eglise , quant aux faits dogmatiques. Les défenseurs de ce livre ont prétendu que l'Eglise ne peut porter des jugements infaillibles sur cette matière, qu'elle ne peut condamner telle proposition dans le sensde V auteur , et qu'en ce cas le silence respectueux est toute l'obéissance que l'on doit à ces sortes de décisions.

Il est clair que , pour jeter de la poussière aux yeux des ignorants , ces théologiens ont joué sur une grossière équivoque. Lorsque l'Eglise condamne une proposition, dans le sens de V auteur, elle ne prétend pas décider que l'auteur a véritablement eu tel sens dans l'esprit en écrivant ; c'est là un fait purement personnel, qui n'intéresse en rien les lecteurs ; mais elle entend que la proposition a naturellement et littéralement tel sens. Cela s'appelle le sens de l'auteur, parce que l'on doit présumer qu'un écrivain a eu dans l'esprit le sens que ses expressions présentent d'abord à tout lecteur non prévenu. Quand on dit : consultez tel auteur, cela signifie, consultez son livre ; si l'on ajoute , vous entendez mal cet auteur, c'est comme si l'on disoit , vous ne prenez pas le sens naturel et littéral de ses termes.

Or , si l'Eglise pouvoit se tromper sur le sens naturel et littéral d'une proposition ou d'un livre , elle pourroit proscrire , comme hérétique , un livre qui est véritablement orthodoxe ; elle pourroit mettre dans la main des fidèles un livre hérétique qu'elle auroil faussement jugé exempt d'erreur. Autant valoit dire sans détour que l'Eglise peut enseigner aux fidèles l'hérésie et l'erreur. C'est dommage que les défenseurs des livres d'Origène , de Pelage , de Nestorius , de Théodoret, etc., ne se soient pas avisés de cet expédient pour esquiver l'excommunication , il en seroit résulté que toute censure de livres faite par l'Eglise peut être bravée impunément.

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On ne doit pas être surpris si les souverains pontifes ont condamné ce subterfuge ( Ne XXVI, p. 583.) ; il n'est aucun théologien catholique qui ne croie que l'Eglise a une autorité infaillible pour approuver et condamner les livres, et que tout fidèle doit à ce jugement, non-seulement un silence respectueux , mais un acquiescement d'esprit et de cœur.

Il est évident qu'une partie essentielle

qui est communément cru et professé dans l'Eglise, ou lorsqu'il propose ses opinions sans prétendre les faire adopter, prêt à les rétracter et à les corriger, si l'Eglise les juge condamnables , on ne peut pas l'accuser de dogmatiser ; il mériteroit ce reproche , s'il avoit l'ambition de faire des prosélytes , et s'il écrivoit dans la résolution de ne point se soumettre à la censure de l'Eglise.

DOGME, du grec &?/uc, maxime,

de l'enseignement , est de donner aux j sentiment, proposition ou principe établi fidèles les livres propres à les instruire, et de leur ôler ceux qui sont capables de les tromper et de les pervertir. Si donc l'Eglise pouvoit se tromper ellemême dans le jugement qu'elle porte d'un livre quelconque, il seroit impossible aux fidèles de s'en rapporter à elle pour savoir ce qu'ils doivent lire ou rejeter.

Ce n'est pas au dix -septième siècle

en matière de religion. Ainsi nous disons les dogmes de la foi, pour exprimer les vérités que Dieu a révélées , et que nous sommes obligés de croire ; tel dogme a été décidé par tel concile, etc. L'Eglise ne peut pas créer de nouveaux dogmes; mais elle nous fait connoître, avec une certitude infaillible , quels sont les dogmes que Dieu a révélés.

Ce qui est dogme dans une société

que l'Eglise a commencé de censurer ou >. chrétienne, est souvent regardé dans d'approuver les livres, elle l'a fait de- . une autre comme une erreur; ainsi la puis sa naissance et dans tous les temps, ' consubstantialité du Verbe et la préet il y a plus que de la témérité à penser ; seuce réelle de Jésus-Christ dans l'euqu'en cela elle a passé les bornes de son ' charistie, qui sont deux dogmes pour autorité. C'est en vertu de son jugement les catholiques, sont rejetés comme que nous distinguons encore aujourd'hui deux erreurs par les sociniens et par les livres canoniques de l'Ecriture sainte les sacramentaires. d'avec ceux qui ne le sont pas. Si ce ■ Un reproche ordinaire des incrédules, jugement étoit sujet à l'erreur , sur quoi ; est de dire que les dogmes spéculatifs seroit fondée notre croyance? II est . qui n'obligent les hommes à rien, et ne étonnant que les théologiens qui ont ' les gênent en aucune manière, leur paconlesté son infaillibilité sur ce point i roissent quelquefois plus essentiels à la n'aient pas vu les conséquences énormes j religion que les vertus qu'elle prescrit; qui s'ensuivoient de leur opinion, et il \ que souvent même ils se persuadent n'est que trop prouvé d'ailleurs qu'à la j qu'il leur est permis de soutenir et de

faveur de ce subterfuge, ces mêmes théologiens ne se sont fait aucun scrupule d'enseigner la doctrine erronée que l'Eglise avoit voulu condamner.

DOGMATISER, enseigner; ce terme se prend aujourd'hui en mauvaise part et dans un sens odieux, pour exprimer faction d'un homme qui sème des erreurs et des principes pernicieux. Ainsi l'onditquc Calvin et Socin commencèrent à dogmatiser en secret, et qu'enhardis par le nombre des personnes séduites, ils répandirent leurs opinions plus ouvertement.

Lorsqu'un homme n'enseigne que ce

défendre les dogmes aux dépens de la probité et de la charité.

Mais ils devroient nous dire quels sont les dogmes qui n'obligent les hommes à rien et ne les gênent en rien; nous ne connoissons aucun dogme enseigné par la vraie Religion, duquel il ne s'ensuive des conséquences morales, et qui ne soit un motif de vertu. S'il en est un qui puisse paroître purement spéculatif, c'est celui de la Sainte-Trinité ; mais sans ce mystère, celui de l'Incarnation et de la rédemption du monde par le Fils de Dieu , ne peuvent pas subsister. Soutiendra-t-on que le bienfait

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de la rédemption ne nous engage à rien, que ce n'est point un motif de reconnoissance envers Dieu , de zèle pour notre propre salut et pour celui du prochain ? L'expérience prouve que ceux

» prétendue sagesse , n'avoit pas connu » Dieu ni la sagesse de sa conduite , ii a » plu à Dieu de sauver les croyants par » la folie de la prédication, » c'est-à-dire, par la foi à ces mêmes dogmes, que les

qui ne font aucun cas du dogme, ne ^incrédules regardent comme une folie, respectent pas davantage la morale; que /. Cor., c. 4, jr. 21. l'affectation de donner la préférence à A quoi servent, disent les incrédules, celle-ci n'est qu'un masque sous lequel les dogmes de la Trinité , de la création, on cache une indifférence égale pour de la chute de l'homme , de l'incarl'un et pour l'autre. En fait de probité , nation , de la satisfaction de Jésus-Christ, nous ne voyons pas que les incrédules de sa présence dans l'eucharistie , de la soient plus scrupuleux que les croyants, s nécessité de la grâce , etc. Ce sont des sur le choix des moyens, pour défendre mystères , des propositions incompréleurs opinions. hensibles et révoltantes , desquelles on

& Quelques-uns disent que la meilleure a souvent tiré des conséquences pernireiigion seroit celle qui proposeroit peu f cieuses , qui n'aboutissent qu'à diviser de dogmes ; d'autres prétendent qu'il | les chrétiens en une infinité de sectes, et n'en faut point du tout , parce que les | à les rendre ennemis les uns des autres.

dogmes sont par eux-mêmes une source de disputes et de divisions parmi les hommes.

S'il n'y avoit point de dogmes à croire, sur quoi porteroit la morale? On sait de quelle manière les athées ont

Nous répondons d'abord que, puisque Dieu a révélé ces vérités, il est absurde de demander à quoi elles servent; si elles étoient inutiles ou pernicieuses , Dieu ne les auroit pas enseignées aux hommes. 11 faut bien, qu'elles soient

réussi à forger une morale pour ceux j utiles, puisque la croyance de ces vé-

rités a fait éclore des vertus dont la nature humaine ne paroissoit pas capable, nombre des dogmes nécessaires ; dès j et des mœurs qui ne se trouvent point qu'il en a révélé, il est absurde de juger ailleurs que chez les nations chré-

qui ne croient pas en Dieu. Ce n'est point à nous, mais à Dieu , de fixer le

qu'ils sont superflus , et que nous pouvons nous dispenser de les croire.

On dispute sur la morale aussi bien que sur le dogme, et il n'y a pas moins d'erreurs sur l'un que sur l'autre de ces chefs dans les écrits des incrédules; une vérité spéculative ou pratique n'est

tiennes; contre un fait aussi incontestable , il est ridicule d'alléguer de prétendus inconvénients. Voilà ce que nos anciens apologistes ont répondu aux philosophes ennemis du christianisme.

Il faut que ces dogmes soient utiles, puisque , faute de les connoître , ces

jamais un sujet de dispute par elle- mêmes philosophes , si éclairés d'ail- Tïiême, mais par l'indocilité et l'opiniâ- \ leurs , n'ont enseigné que des absurdités

treté de ceux qui la contestent ; un incrédule même est convenu que si les hommes y avoient quelque intérêt, ils disputeroient sur les éléments d'Euclide. De tout temps les philosophes ont eu l'ambition d'ériger en dogmes leurs opinions les plus fausses ; comme ils n'avoient enseigné aux hommes que des erreurs, il a fallu , pour réparer le mal qu'ils avoient fait , que Dieu révélât des dogmes vrais , et forçât les philosophes même à plier sous le joug de la foi. Saint Paul nous le fait remarquer. Il dit :

« Parce que le monde, avec toute sa

sur la nature divine, sur celle de l'homme et sur sa destinée , sur les règles des mœurs, etc. Ils sont non-seulement utiles, mais nécessaires, puisqu'en refusant de les croire, nos philosophes retombent dans le chaos des anciennes erreurs. Enfin, les dogmes mystérieux sont inévitables ; Dieu , pour se faire connoître , ne peut se montrer que tel qu'il est, par conséquent comme incompréhensible. Voyez Mystère.

Parce que les anciens n'admettoienfc pas la création , ils n'ont pu démontrer l'unité , ni la spiritualité , ni la provi-

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dencc de Dieu ; ils ont approuve le poly- J voir , ceux que Dieu a révélés expressethéisme, l'idolâtrie et les superstitions ment, et ceux qui s'en déduisent par populaires. En niant la Sainte-Trinité , • une conséquence évidente et immédiate; les sociniens ont réduit le christianisme j parce que l'on ne peut pas nier cette

conséquence sans donner atteinte au principe d'où elle s'ensuit. Or , Dieu nous a révélé des vérités qui nous sont connues, non- seulement par l'organe des auteurs sacrés qu'il a inspirés , mais encore par l'enseignement traditionnel de l'Eglise; et cette tradition nous est trans-

à un pur déisme , et le déisme a conduit nos raisonneurs à l'athéisme ; les protestants , en abjurant le mystère de l'eucharistie, ont ébranlé la foi de tous les autres mystères , ont changé tout l'extérieur du christianisme, et ont frayé le chemin aux erreurs dont nous venons

de parler. Ainsi , tous nos dogmes for- j mise par le témoignage unanime ou

ment une chaîne indissoluble; si l'on veut en rompre un seul anneau , l'on j met à leur place une chaîne d'erreurs, •dans laquelle on ne sait plus où s'arrêter, j Dans ce système de religion , chefd'oeuvre de la sagesse divine, il n'y a pas une seule vérité qui ne contribue à , nous faire comprendre la dignité de notre nature, le prix de notre âme, la volonté sincère que Dieu a de nous ; sauver, et ce que nous devons faire pour y correspondre. Quand on nous demande à quoi tout cela sert, c'est \ comme si l'on demandoit à un noble de j quoi lui servent ses titres et les droits de sa naissance. Quiconque les perd de ! vue , est bientôt tenté de se confondre j avec les plus vils animaux.

presque unanime des saints Pères , par les décrets des conciles généraux et reconnus pour tels , par les décisions des souverains pontifes , reçues dans toute l'Eglise , par le sentiment commun et général des théologiens , par les pratiques et les usages religieux universellement adoptés.

Ainsi l'Eglise catholique soutient contre les protestants , que l'on doit regarder comme dogme de foi, non-seulement les vérités clairement et formellement révélées dans l'Ecriture sainte, mais encore celles que l'Eglise a toujours crues et croit encore , quand même on n'en trouveroit pas l'expression claire et formelle dans l'Ecriture. Elle soutient | même que, comme l'on dispute tous les

Mais ces dogmes sont un sujet de dis- j jours sur le sens des passages de l'Ecriputes , de divisions, de haines et denture, ces passages ne peuvent faire préventions nationales; qui en doute? ] règle de foi, qu'autant que le sens en Il en est de même de toute autre vérité, j est fixé et déterminé par la croyance Les hommes ne disputent pas seulement j commune et universelle de l'Eglise.

sur les dogmes que Dieu a révélés , mais encore sur ceux que la raison nous enseigne, ils disputent sur leurs propres

Foy. Ecriture sainte , tradition, foi, § 2 , etc.

Pour prouver que cette méthode de

rêveries et sur tous les objets de leurs \ l'Eglise romaine est fautive, les proies

passions. Si l'on vouloit étouffer toutes les semences de disputes, il faudroit supprimer tous les droits , toutes les lois et les prétentions, toutes les institutions civiles et sociales ; il faudroit nous abrutir, et encore les brutes se disputent-elles leur proie.

C'est une question théologique de savoir comment l'on peut distinguer un dogme de foi, que personne ne peut nier sans tomber dans l'hérésie , d'avec une autre vérité quelconque. Melchior Canus, de Locis TheoL, lib. 12 , cap. G , réduit les dogmes à deux espèces; sa-

tanls lui ont reproché d'avoir forgé de nouveaux dogmes de foi , qui n'éloient ni connus ni professés par l'Eglise des premiers siècles ; ils ont dit que la présence réelle de Jésus - Christ dans l'eucharistie n'étoit devenue un dogme qu'au huitième ou au neuvième siècle; que la transsubstantiation avoit été inventée par Je pape Innocent III , dans le concile de Latran, au treizième, etc.

Nous prouverons la fausseté de cette accusation , en traitant de chacun des articles que les protestants ont rejetés comme nouveaux

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Nous ajoutons que, quand cela seroit vrai, les protestants auroient encore tort d'objecter cet inconvénient, puisqu'il est le même parmi eux. En effet, ils tiennent aujourd'hui des dogmes que les premiers réformateurs n'avoient pas vus dans l'Ecriture sainte , puisqu'ils avoient enseigné le contraire ; vingt fois ils ont varié dans leurs professions de foi, et ils se sont réservé le pouvoir de varier encore toutes les fois qu'il leur semblera voir dans l'Ecriture sainte un sens qu'ils ify voyoient pas auparavant. ( Ne XXVIï, p. 583. ) Nous voudrions savoir pourquoi il n'a pas été permis à l'Eglise romaine de faire de même dans tous les siècles. Nous avouons qu'elle a toujours renoncé à ce privilège , et qu'elle l'a laissé tout entier aux hérétiques; elle a été si peu tentée d'innover, jiue toutes les fois qu'elle a vu éclore dans son sein une doctrine nouvelle, elle n'a pas hésité de la condamner.

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qu'il ne faut pas célébrer la pàque avec les Juifs. 5° Par attachement à la philosophie de Platon , ils ont adapté à la trinité platonicienne ce qui est dit dans l'Ecriture des trois Personnes divines.

4° Pour se rapprocher des opinions païennes , ils ont attaché au mot sacrement la même idée que les païens avoient de leurs mystères, etc.

En examinant tous ces points de doctrine sous leur titre particulier , nous ferons voir que ceux qui sont des dogmes sont fondés sur l'Ecriture sainte ; que les autres n'ont été que des opinions particulières et passagères, ou des usages indifférents ; qu'ainsi la prétention des protestants est fausse à tous égards. Voyez Tradition.

DOMINATION. Jésus - Christ , dans | l'Evangile , a défendu à ses apôtres l'esprit de domination. « Vous savez , leur » dit - il , que les princes des nations » exercent l'empire sur elles , et que les

Dans tous les dogmes, dit le savant » plus grands jouissent du pouvoir. Il

Bossuet, on marche toujours entre deux écueils , et on semble tomber dans l'un, lorsqu'on s'efforce d'éviter l'autre jusqu'à ce que les disputes et les jugements

» n'en sera pas de même entre vous ; » mais il faut que celui qui veut être le » premier et le plus grand ,-soit le ser- » viteur des autres. » Matt., c. 20, f. 23.

de l'Eglise, intervenus sur les questions, } Saint Pierre recommande aux pasteurs

de ne point dominer sur le clergé, mais d'être en toutes choses les modèles du

giens. Mais l'on se trompe beaucoup, troupeau. /. Pétri, cap. 5, ^.5. De là

fixent le langage , déterminent l'attention, et assurent la marche des théolo-

lorsqu'on imagine que la doctrine ainsi déterminée et plus clairement expliquée, est une doctrine nouvelle.

C'est principalement aux Pères de l'Eglise des premiers siècles que les protestants attribuent la témérité de forger de nouveaux dogmes : Cela est venu , disent -ils, de plusieurs causes. 1° Les Pères n'enlendoient pas l'hébreu ; de là ils ont traduit le mot sche'ol,\e tombeau , le séjour des morts , par le grec &&K , V enfer, et par le latin infernus, qui ont une signification toute différente.

Ainsi , l'on a imaginé la descente de Jésus - Christ aux enfers , dont on a fait un article du symbole. 2° Les Pères ont donné trop légèrement croyance à de fausses traditions apostoliques , ainsi l'on a prétendu que Jésus-Christ a vécu plus de quarante ans, qu'il reviendra régner sur la terre pendant mille ans ,

les ennemis de la hiérarchie , les calvinistes , les sociniens , les indépendants, ont conclu que Jésus - Christ avoit défendu , non - seulement toute inégalité entre les ministres de l'Eglise, mais toute prééminence à l'égard des simples fidèles ; que l'autorité dont les pasteurs sont revêtus dans l'Eglise catholique, est une usurpation de leur part.

Mais n'y a-t-il point de différence entre une autorité douce et paternelle , et une domination impérieuse, armée de menaces et de châtiments? Jésus -Christ vouloit réprimer l'ambition de deux apôtres , qui pensoient que leur maître alloit établir sur la terre un royaume temporel, et qui demandoient d'y occuper les premières places; il leur fait sentir leur erreur. Loin d'établir l'anarchie dans son Eglise , il promet à ses apôtres qu'ils seront assis sur douze

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sièges pour juger les douze tribus d'Israël. Malt., c. 19, f. 28. Il leur attribue donc une autorité.

Saint Paul , en instruisant Timolhée des devoirs d'un évêque , lui suppose de même une prééminence et une autorité sur les prêtres et sur les simples fidèles, puisqu'il lui prescrit l'usage qu'il en doit

DOM plus grands sont les serviteurs , et souvent les esclaves de leurs inférieurs.

Dominations , anges du premier ordre de la seconde hiérarchie. Ils sont ainsi nommés, parce qu'on leur attribue une espèce d'autorité sur les anges intérieurs.

Saint Paul , Fphes., c. 1 , ?. 20, dit

faire , et la manière dont il doit l'exer- que Dieu , en plaçant Jésus-Christ à sa

droite dans le ciel, l'a établi sur toute principauté , toute puissance , toute vertu céleste , toute domination, et sur tout nom qui est prononcé dans le siècle présent et dans le siècle futur. Il dit ,

cer. Il dit que les pasteurs sont dignes

d'un double honneur, /. Tim., c. 5 ,

i. 17. Il leur adresse à tous cette leçon :

a Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le

» troupeau sur lequel le Saint - Esprit

» vous a établis évêques ou surveil- j Coloss., c. 1, f. 16, qu'en Jésus- Christ

et par lui tout a été créé dans le ciel et sur la terre , les choses visibles et invisibles , les trônes , les dominations, les principautés , les puissances , que tout subsiste en lui. Les Pères de l'Eglise et les interprètes ont jugé que cela doit s'entendre des divers chœurs des anges.

Si , en général , Dieu nous a révélé peu de chose sur la distribution , le rang, les

» lants, pour gouverner l'Eglise de Dieu, » qu'il s'est acquise par son sang. » Jet., c. 20, f. 18. Peut -on gouverner sans avoir un degré d'autorité? Il dit à tous les fidèles : « Obéissez à vos pré- » posés, ou à vos pasteurs, et soumet- » tez- vous à eux, parce qu'ils veillent » sur vos âmes, comme étant chargés » d'en rendre compte , etc. » Ilebr.,

c. 15, f. 17. Ils ne pourroient rendre ■ fonctions de ces esprits bienheureux, compte de rien s'ils n'avoient point d'au- ; c'est qu'il ne nous est pas nécessaire torité pour se faire obéir.

Aucune société ne peut subsister sans

d'en savoir davantage.

DOMINICAIN, ordre religieux, dont

subordination; il faut donc nécessaire- j les membres sont appelés en plusieurs

ment que les uns commandent et que les autres obéissent. En général , c'est une morale pernicieuse et une mauvaise politique , que de chercher à rendre odieuse toute espèce d'autorité : les hommes ne sont déjà que trop portés à en secouer le joug; elle ne leur est jamais plus nécessaire que quand tout le monde veut disserter pour en rechercher l'origine , pour en fixer les bornes, pour y mettre des entraves. Il en faut une dans l'ordre civil ; on ne peut pas s'en passer dans une société religieuse : toutes deux doivent se réunir et se prêter la main pour mettre un frein à la licence , dans un siècle raisonneur et Irès-corrompu.

Ajoutons que les sages, qui , malheureusement , sont le petit nombre, jugent qu'il est plus aisé d'obéir que de commander. 11 n'est point de plus dur esclavage que celui des dignités les plus éminentes, et dans un sens la maxime de Jésus-Christ se. vérifie toujours, que les

endroits frères prêcheurs , et en France plus communément jacobins, parce que leur premier couvent de Paris fut bâti dans la rue Saint-Jacques , où il subsiste encore aujourd'hui.

Les dominicains ont tiré leur nom de leur fondateur saint Dominique de Gusman , gentilhomme espagnol , né Fan 1170 , à Calaruéga , bourg du diocèse d'Osma, dans la vieille Castille. 11 fut d'abord chanoine et archidiacre d'Osma. Il vint en France pour combattre les albigeois, qui faisoient beaucoup de bruit en Languedoc, il prêcha contre eux avec zèle et avec succès, et en convertit un très-grand nombre. Ce fut là qu'il jeta les fondements de son ordre, qui fut approuvé , l'an 1215 , par Innocent III , et confirmé l'année suivante par Honorius ou Honoré III sous la règle de saint Augustin et sous des constitutions particulières; ce pontife le nomme l'ordre des frères prêcheurs.

Plusieurs incrédules, copistes des pro-

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testants , ont déclamé contre saint Dominique de la manière la plus indécente. Us Pont peint comme un prédicateur Rugueux cl fanatique , qui préféra d'employer contre les hérétiques le bras séculier plutôt que la persuasion; qui fut l'auteur de la guerre que l'on fit aux albigeois , et des cruautés dont elle fut accompagnée; qui, pour perpétuer dans l'Eglise le zèle persécuteur , suggéra le tribunal de l'inquisition.

La vérité est que saint Dominique n'employa jamais , contre les albigeois , que les sermons , les conférences , la charité et la patience. En arrivant dans cette mission , il représenta aux abbés de Cîteaux qui y travailloient , que le seul moyen d'y réussir ctoit d'imiter la douceur , le zèle et la pauvreté des apôtres ; ii leur persuada de renvoyer leurs équipages et leurs domestiques , et leur donna l'exemple de la charité apostolique.

Il n'eut aucune part à la guerre que

vèque de celte ville , et par le comte Simon de Monfort : deux ans après , ces religieux curent une maison à Paris, près de celle de l'évêque, et ensuite leur couvent de la rue Saint - Jacques. Ils furent reçus de bonne heure dans l'université de Paris.

Saint Dominique ne donna d'abord à ses religieux que l'habit de chanoines réguliers ; savoir , une soutane noire et un rochet : mais , en 1 219, il le changea en celui que les jacobins portent encore aujourd'hui. Cet habit consiste en une robe, un scapulaire et un capuce blanc, pour l'intérieur de la maison ; et une chape noire avec un chaperon de même couleur, pour sortir au dehors.

Cet ordre est répandu par toute la terre; il a quarante provinces, sous un général qui réside à Rome, et douze congrégations particulières de réformés, gouvernées par des vicaires généraux.

Il a donné à l'Eglise un grand nombre de saints, trois papes, plus de soixante

l'on fit aux albigeois. Ces hérétiques cardinaux, plusieurs patriarches, six

Pavoient eux-mêmes provoquée, en pre- cents archevêques, plus de mille évê-

nant les armes sous la protection des ques, des légats , des nonces , des maî-

comles de Toulouse, de Foix , de Com- très du sacré palais , à compter depuis

minges, et de Méarn, en chassant les saint Dominique, qui le premier a exercé

évoques, les prêtres et les moines; en cette fonction. La théologie, la chaire ,

pillant et en détruisant les monastères et les missions, la direction des consciences

les églises , et en répandant le sang des et la littérature , ont assez fait connoître

catholiques. Saint Dominique prêcha leurs talents. Ils tiennent pour la doc-

contrc les excès que commirent les croi- trine de saint Thomas , opposée à celle

ses, aussi bien que contre les cruautés des albigeois.

yinquisition avoit été résolue avant qu'il put y avoir part, puisque l'on en rapporte l'origine au concile de Vérone, tenu Pan 11 84. Elle fut établie, non pour forcer les hérétiques à quitter leurs erreurs , mais pour découvrir et punir leurs crimes. Jamais saint Dominique, ni les autres missionnaires, n'ont jugé qu'il falloit punir l'erreur comme un forfait ; mais les séditions , le pillage, les meurtres commis par les hérétiques ne sont pas des erreurs.

On trouvera la preuve de tous ces faits dans les Vies des Pérès et des Martyrs , tome 7, page 106 et suiv.

Le premier couvent des dominicains en Fiance fut fondé à Toulouse par Pé-

de Scot et de quelques autres théologiens plus modernes : ce qui leur a lait donner dans l'école le nom de thomistes. Ils ont été autrefois inquisiteurs en France , et il y a toujours à Toulouse un de leurs religieux revêtu de ce titre , mais sans fonction. Ils l'exercent dans différents pays où est établi le tribunal de l'inquisition.

Les dominicains n'observent plus les constitutions de saint Dominique dans la grande rigueur; mais en 1650, le père Le Quien , né à Paris en 1601 , vint à bout, après beaucoup d'opposition de la part de son ordre , d'établir en Provence une congrégation de dominicains réformés, qui ont repris l'étroite observance de la règle de saint Dominique; elle ne possède que six couvents, situés

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en Provence et dans le comtat d'Avignon. Voyez VHisl. des Ordres monast., t. 3, p. 229.

Les pères Quetifet Echard ont donné, en 171 9 et 4724 ,1a bibliothèque des écrivains de leur ordre, en deux volumes in-folio. Cet ouvrage passe pour l'un des plus savants et des mieux faits qu'il y ait en ce genre.

Jamais les protestants ne pardonneront à saint Dominique le zèle dont il fut animé pour la conversion des hérétiques, ni à ses religieux les fonctions d'inquisiteurs et leur attachement au saint Siège. Ils disent que les dominicains et les franciscains contribuèrent, plus que personne, à entretenir les peuples dans une superstition grossière, et dans une foi implicite à l'autorité des papes ; que par reconnoissance ceux-ci les comblèrent de privilèges contraires à la discipline ecclésiastique et à la juridiction des évêques ; que cet abus causa dans l'Eglise du trouble et des désordres. Ils affectent de rappeler le souvenir des contestaiions que les dominicains soutinrent, on 1228, contre l'université de Paris, au sujet des chaires de théologie, et qui exercèrent la plume de Guillaume de Saint-Amour ; contre les franciscains, touchant la prééminence de leur ordre;

l'université , en 1584, au sujet de l'Immaculée Conception; enfin, contre les jésuites, en 1602 et les années suivantes , touchant l'efficacité delà grâce. Les incrédules de notre siècle, plagiaires serviles , ont répété les invectives des protestants; on diroit , à les entendre , que ces moines ont mis l'Eglise en combustion.

La vérité tstque ce furent des guerres

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mal, afin de persuader aux ignorants la nécessité qu'il y avoit, au seizième siècle, de réformer l'Eglise; mais leur prétendue réforme , loin d'apaiser les disputes, en a fait naître de beaucoup plus sanglantes. Les apôtres du nouvel Evangile se sont encore moins accordés que les moines , et ont porté beaucoup plus loin la révolte contre les pasteurs de l'Eglise.

Ils ont publié et répété plus d'une fois l'histoire d'une fourberie qu'ils prétendent avoir été commise en 1509, par les dominicains de Berne. C'est un mélange de profanation , d'impiété , de cruauté et de malice diabolique; mais la multitude de circonstances incroyables dont on charge cette narration , fait présumer que c'est une des fables inventées par les ennemis des moines, pour les rendre odieux. Ils en ont tant forgé de semblables, que l'on ne peut plus ajouter foi à aucune. Quand le fait dont nous parlons seroit vrai , il s'ensuivroit seulement que, l'an 1509, il s'est trouvé quatre scélérats parmi les dominicains de Berne ; ils portèrent la peine de leurs forfaits, puisque, selon la même histoire, ils furent brûlés vifs. On punissoit donc les moines coupables et déréglés, avant que les réformateurs eussent paru.

contre les évêques, à cause de l'abus i C'est encore une injustice de donner à qu'ils faisoientde leurs privilèges: contre conclure de là que l'ordre entier de ces

'Je plume , renfermées dans la poussière ont été réformées par sainte Catherine de

des écoles, et qui se terminèrent à faire des livres ; que le bruit n'en étoit pas entendu chez les autres nations. Nous convenons que les moines ont souvent poussé trop loin leurs prétentions contre !e clergé séculier , et que c'étoit une atteinte donnée à la discipline ; mais cet abus n'a pas duré , et il ne subsiste plus nulle part. Les protestants exagèrent le

religieux étoit composé en grande partie de pareils sujets. Voyez la Traduction fr an coi se de V Histoire eccle's. de Mosheim , t. 4 , p. 20.

DOMINICAINES, religieuses de Tordre de saint Dominique. On les croit plus anciennes de quelques années que les dominicains; car saint Dominique avoit fondé à Prouilles , en 1208 , une concrétion de religieuses. Les dominicaines

Sienne.

A Paris

les filles de Saint-Thomas v

rue Vivienne , et les filles de la Croix , rue de Charonnc, sont de cet ordre.

Il y a aussi un tiers-ordre de dominicains et de dominicaines, qui forme en plusieurs endroits des congrégations soumises à certaines règles de dévotion. Voyez Tjers-Op.dre.

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DOMINICAL. Un concile d'Auxerre, tenu en 578, ordonne que les femmes communient avec leur dominical; quelques - uns pensent que c'étoit un voile dont les femmes se couvroient la tête. Il y a encore des paroisses en Picardie et ailleurs , où les personnes du sexe n'entrent jamais à l'Eglise qu'avec un voile sur la tête. D'autres croient, avec plus de vraisemblance , que c'étoit un linge ou mouchoir dans lequel on recevoit le corps de Notre-Seigneur , et on le conservoit dans le temps des persécutions, pour pouvoir communier à la maison; usage dont parle Tertullien, dans son livre ad Uxorem. Le dominical dont il est que&tion dans le concile d'Auxerre , pouvoit être une espèce de nappe de communion que les femmes portoient à l'Eglise, lorsqu'elles vouloient faire leurs dévotions.

DOMINICALE , est le nom que l'on a donné anciennement dans l'Eglise aux leçons qui étoient lues et expliquées tous les dimanches, et que l'on tiroit,tant de l'ancien que du nouveau Testament , mais particulièrement des évangiles et des épitres des apôtres : ces explications étoient autrement nommées homélies.

Dans les premiers siècles de l'Eglise, on commença d'y lire publiquement et par ordre les livres entiers de l'Ecriture sainte, comme nous l'apprenons de saint Justin, martyr; d'Origène, dans Vhométie 15 sur Josué; de Socrate,liv. 5; de YHist. ecclésiast., et d'Isidore, de Voffîce ecclés.; ce qui a duré longtemps, comme on peut le voir aussi dans le décret de Gratien , dist. 45, canon Sancta rom. Eccles. Depuis, on prit peu à peu la coutume de tirer de l'Ecriture des textes et des passages particuliers pour les expliquer aux fêtes de Noël, de Pâques, de l'Ascension et de la Pentecôte, parce qu'ils s'accommodoient mieux au sujet de ces grands mystères , que la lecture ordinaire , dont on interrompoit la suite durant ces jours-là : ce qui se voit dans saint Augustin, sur la première épître de saint Jean, au commencement. Dans la suite, on en fit autant les jours des fêtes des saints, et enfin tous les dimanches de l'année, auxquels,

selon les temps , on appliquoit ces textes ou leçons, qui, pour celte raison, furent appelées dominicales. Cet ordre des leçons dominicales , tel qu'on le voit aujourd'hui , est attribué par quelques-uns à Alcuin , précepteur de Charlemagne; et par d'autres, à Paul, diacre, mais sans autre fondement que parce qu'il a accommodé certaines homélies des Pères à ces passages , qu'on avoit tirés de l'Ecriture; d'où l'on peut juger que cette distribution est plus ancienne. Saint Augustin, de Temp. Serm. 256; Saint Gré goire, lib. ad Secund., et le vénérable Bède, Atting. prob. Theol., loc. 2.

De là, il a passé en usage de dire qu'un prédicateur prêche la dominicale, quand il fait chaque dimanche un sermon dans une église ou paroisse. On appelle aussi dominicale, un recueil de sermons sur les évangiles de tous les dimanches de l'année.

Dans plusieurs chapitres, où il y a un théologal, celui-ci est chargé de prêcher ou de faire prêcher tous les dimanches.

DONATISTES , anciens schismatiques d'Afrique , ainsi nommés de Donat, chef de leur parti.

Ce schisme , qui affligea longtemps l'Eglise , commença l'an 51 1 , à l'occasion de l'élection de Cécilien , pour succéder à Mensurius dans la chaire épiscopale de Carlhage. Quelque légitime que fût cette élection , une brigue puissante , formée par une femme nommée Lucille, par Botrus et Céiésius, qui avoient euxmêmes prétendu à Févêché de Carthage, la contesta , et lui en opposa une autre en faveur de Majorin , sous prétexte que l'ordination de Cécilien étoit nulle, ayant, disoient ses compétiteurs, été faite par Félix, évoque d'Aptonge, qu'ils accusoient d'être traditeur, c'est-à-dire d'avoir livré aux païens les livres et les vases sacrés, pendant la persécution.

Les évêques d'Afrique se partagèrent pour et contre ; ceux qui tenoient pour Majorin , ayant à leur tête un nommé Donat , évêque de Cases -Noires, furent appelés donatistes.

Cependant la contestation ayant été portée devant l'empereur, il remit le jugement à trois évêques des Gaules ;

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savoir, Maternus de Cologne, Rétitius d'Autun , et Marin d'Arles , conjointement avec le pape Milliade. Ceux-ci , dans un concile tenu à Rome, composé de quinze évêques d'Italie, et dans le-

guslin et Optât de Milève les combattirent avec avantage ; cependant ils subsistèrent encore en Afrique, jusqu'à la conquête qu'en firent les Vandales , et l'on en trouve aussi quelques restes dans

quel comparurent Cécilien et Donat, l' Histoire ecclésiastique des sixième et chacun avec dix évêques de leur parti , septième siècles.

décidèrent en faveur de Cécilien ; ceci se passa en 513 ; mais la division ayant bientôt recommencé , les donatisles furent de nouveau condamnés par le concile d'Arles, en 314, et enfin par un édit de Constantin , du mois de novembre 316.

Les donalistes, qui avoient en Afrique jusqu'à trois cents chaires épiscopales , voyant, que toutes les autres Eglises ad-

Ces sectaires ont été quequefois nommés pétiliens, à cause d'un de leurs chefs ainsi appelé , qui étoit évêque de Cirthe en Afrique.

C'est principalement dans ses écrits contre les donalistes, que saint Augustin a établi les vrais principes sur l'unité , l'étendue et la perpétuité de l'Eglise. Il y fait voir 1° qu'il est faux que les pécheurs ne soient pas membres de l'E-

héroient à la communion de Cécilien , j glise. Jésus-Christ la compare à un filet se précipitèrent ouvertement dans le; jeté dans la mer, qui rassemble des

schisme, et, porr le colorer, ils avancèrent des erreurs. Ils soutinrent 1° que la véritable Eglise avoit péri partout, excepté dans le parti qu'ils avoient en Afrique, regardant toutes les autres Eglises comme des prostituées qui étoient dans l'aveuglement; 2° que le baptême et les autres sacrements conférés hors de l'Eglise , c'est-à-dire hors de leur secte, étoient nuls ; en conséquence, ils rebaptisoient tous ceux qui , sortant de

poissons dont les uns sont bons , les autres mauvais; à un champ dans lequel l'ivraie se trouve parmi le bon grain ; à une aire où la paille est mêlée avec le froment, et il dit que la séparation s'en fera à la consommation du siècle. Les sacrements qu'il a institués pour purifier les pécheurs, supposent que ctux-ci ne sont pas exclus de l'Eglise. 2° C'étoit une erreur de supposer que l'Eglise catholique ou universelle fût concentrée

l'Eglise catholique , entroient dans leur dans une poignée de donalistes et dans parti. Il n'y eut rien qu'ils n'employas- j une partie de l'Afrique , pendant que le sent pour répandre leur secte : ruses, I reste de l'univers avoit péri. Saint Auinsinuations, écrits captieux, violences j gustin leur demande qui a pu enlèvera

Jésus-Christ les brebis qu'il a rachetées par son sang. 3° Il n'étoit pas moins absurde de penser que les sacrements étoient nuls, parce qu'ils étoient admi- 1 nistrés par des prêtres et des évêques prévaricateurs. La vertu du sacrement ne dépend point c'.es dispositions intérieures de celui qui le donne. C'est Jésus-Christ lui-même qui baptise et qui absout par l'organe d'un ministre pécheur et vicieux. 4° Saint Augustin soutient que l'unité de l'Eglise consiste dans la profession d'une même foi , dans la participation aux mêmes sacrements, dans la soumission aux pasteurs légitimes , qu'il n'y a jamais une juste raison de rompre cette unité par un schisme.

Ces principes, posés par saint Au-

ouvertes, cruautés, persécutions contre les catholiques, tout fut mis en usage , et à la fin réprimé par la sévérité des édits de Constantin, de Constance, de Théodose et d'Honorius.

Ce schisme au reste étoit formidable à l'Eglise, par le grand nombre d'évêques qui le soutenoient; et peut-être eût-il subsisté plus longtemps, s'ils ne se fussent d'abord eux-mêmes divisés en plusieurs petites branches , connues sous les noms de claudianistes , rogatistes , urbanistes y et enfin par le grand schisme qui s'éleva entre eux, à l'occasion de la double élection de Priscien et de Maximien, pour leur évêque, vers l'an 392 ou 305; ce qui fit donner aux uns le nom de priscianisles, et aux autres celui de maximianisles. Saint Au-

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