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gustin , sont les mêmes pour tous les j d'Afrique à l'égard dès donatistes , et les siècles , et applicables à toutes les diffé- j lois des empereurs qui les condamnoient rentes sectes qui se sont séparées de l'E- j à des peines afflictives. Le Clerc surglise. tout dans ses Notes sur les ouvrages
Quelques auteurs ont accusé les do- de saint Augustin, p. 492 et suiv., a natistes d'avoir adopté les erreurs des , prétendu réfuter les raisons par lesariens , parce que Donat, leur chef, y | quelles ce Père a justifié les unes et les avoit été attaché ; mais saint Augustin , j autres ; il nous paroit important d'exadans son épître485 au comte Boniface, 1 miner s'il y a réussi ; cela est d'autant les disculpe de cette accusation. Il con- ; plus nécessaire , que plusieurs de nos vientcependantquequelques-unsd'entre ' controversistes ont comparé la manière eux , pour se concilier les bonnes grâces ; dont les donatistes furent traités en des Goths, qui étoient ariens, leur di- j Afrique, avec la conduite que l'on a tenue soient qu'ils étoient dans les mêmes sen- j en France à l'égard des protestants, timents qu'eux sur la Trinité ; mais en J Sur la lettre 89 de saint Augustin, ad cela même ils étoient convaincus de dis- ; Festum , n° 2 , Le Clerc soutient que les
simulation par l'autorité de leurs ancêtres. Les donatistes sont encore connus, dans Y Histoire ecclésiastique , sous les noms de circoncellions, montenses ,
donatistes étoient punis, non comme malfaiteurs, mais comme hérétiques schismatiques ; que l'on en vouloit, non à leurs crimes, mais à leurs erreurs ; il
campitœ , rupitœ , dont le premier leur | prétend le prouver par une loi de Théofut donné à cause de leurs brigandages, j dose de l'an 592 , qui condamnoit tout et les trois autres , parce qu'ils tenoient hérétique quelconque à des amendes et à Rome leurs assemblées dans une ca- ! à des confiscations , et les esclaves au verne, sous des rochers, ou en pleine ; fouet et à l'exil, campagne. Voyez Circoncellions , etc. i Mais il dissimule plusieurs faits incon-
A l'occasion des donatistes , on a re- \ testables. 1° Il n'y eut aucune loi pénale proche à saint Augustin d'avoir changé \ portée contre les donatistes, avant qu'ils de principes et de conduite à l'égard des j eussent commencé à user de violence hérétiques. Iln'avoitpas voulu que l'on j contre les catholiques; cela leur étoit usât de violence envers les manichéens; j arrivé déjà sous Constantin , par conseil avoit même trouvé bon , dans les commencements , que l'on traitât les donatistes avec douceur ; dans la suite, il fut \ de l'avis de ceux qui imploroient contre eux le secours du bras séculier.
Mais il est faux que saint Augustin ait changé de principes ; il a toujours ensei- j ils avoient pillé , incendié, rasé des gné qu'il ne falloit point employer la vio- j églises; ils avoient attaqué des évêques lence à l'égard des hérétiques, lorsque j et des prêtres jusqu'à l'autel; ils les ils sont paisibles et ne troublent point j avoient chargés de coups , blessés , tués
quent avant l'an 557 , près de soixante ans avant la loi de Théodose ; ils avoient continué sous le règne de Constant et sous Gratien ; l'on avoit été obligé d'envoyer contre eux des soldats, l'an 548.
2° Leurs crimes sont connus et avérés ;
l'ordre public ; mais lorsqu'ils prennent les armes , exercent le brigandage, commettent des meurtres et des crimes de toute espèce , comme faisoient les donatistes par leurs circoncellions , saint Augustin a pensé , comme tout le monde , qu'il faut les réprimer, les traiter comme des ennemis et des animaux féroces.
Baylc , Basnage , Le Clerc , Barbeyrac, Mosheim , t plusieurs autres protestants, ont fait tous leurs efforts pour rendre odieuse la conduite des évêques
ou laissés pour morts; ils avoient poussé la cruauté jusqu'à leur crever les yeux avec de la chaux vive et du vinaigre.
Avant l'arrivée de saint Augustin à Hip* pone , leur évêque Faustin avoit empêché les boulangers de cuire du pain pour les catholiques; Crispin , autre évêque donatiste , avoit rebaptisé par force quatre-vingts personnes près d'Hippone, etc. Voilà les faits que saint Augustin leur reproche dans ses lettres et dans ses livres , en particulier dans sa
lettre 88 à Januarius, primat donatiste de Numidie , et on les en fit souvenir dans les différentes conférences que l'on eut avec eux. Nous ne voyons point de réplique ni de dénégation de leur part. 3° Les plaintes portées aux empereurs parles évoques catholiques, ont toujours eu pour objet les violences des donatistes et les fureurs de leurs circoncellions , et non leur schisme ni leurs erreurs ; cela est prouvé par les mêmes monuments ; quelques évêques allèrent montrer à l'empereur Honorius les cicatrices des blessures qu'ils avoient reçues de ces furieux. Donc les lois pénales portées contre les donatistes avoient pour objet de punir leurs crimes et non leurs erreurs.
En second lieu, Le Clerc soutient que l'empressement des évêques d'Afrique à ramener les donatistes étoit moins l'effet d'un véritable zèle pour le salut de leurs âmes , que de l'ambition qu'avoient ces évêques d'augmenter leur propre troupeau , d'y dominer avec plus d'empire , d'avoir plus de richesses et de crédit. Outre l'injustice qu'il y a de prêter des motifs vicieux à des évêques qui ont pu en avoir de louables , celte accusation maligne est encore réfutée par les faits. 1° Ces évêques n'a voient négligé ni les instructions , ni les prières , ni les conférences amiables, pour ramener les donatistes par la persuasion. En 397, saint Augustin en eut une avec Fortunius , évêque donatiste, mais pacifique, de Tubursic; il en eut de même avec quelques autres, l'an 400. Comme ces conférences produisoient toujours des conversions, les donatistes entêtés ne vouloient plus s'y prêter; il fallut un ordre exprès d'Honorius , pour les faire Tenir à la conférence de Carthage , en 4M , et ils y furent confondus. 2° Avant cette conférence, les évêques catholiques consentirent à quitter leur place, si leurs adversaires venoient à bout de se justifier ; ceux-ci ne tirent pas de même : il est aisé de voir par là de quel côté il y avoitle plus de désintéressement. 3° Dans un concile d'Hipponc , de l'an 505 ; dans un autre de Carthage , en 597 ; dans celui de toute l'Afrique , l'an 401 ; dans
un quatrième , de l'an 407 ; dans la conférence de Carthage , en 411 ; il fut constamment décidé que les évêques donatistes, qui reviendroient à l'Eglise catholique , seroient conservés dans leur dignité, et continueroient de gouverner leur troupeau; cela fut exécuté : dans cette conférence de Carthage, il se trouva plusieurs évêques qui avoient été donatistes, et des prêtres furent élevés à i'épiscopat, pour avoir ramené les peuples à l'unité. Où sont donc l^s preuves d'ambition de la part des évêques catholiques ? 4° Plusieurs , et en particulier saint Augustin , intercédèrent plus d'une fois auprès des empereurs et des magistrats , pour faire remettre aux donatistes les amendes qu'ils avoient encourues , et pour empêcher qu'aucun ne fût puni de mort pour ses crimes; la charité la plus pure pouvoit-elle aller plus loin ? 5° L'an 515 et 514, dès l'origine de leur schisme, les donatistes avoient demandé pour juges des évêques gaulois; Constantin les leur accorda , et ils furent condamnés par ces arbitres. Cet empereur voulut encore que leur cause fût examinée dans un concile de Rome et dans un concile d'Arles ; ils y furent également condamnés. Pou voient-ils se plaindre d'un défaut de charité et de complaisance pour eux ? Les évêques italiens eï gaulois qui les condamnoient n'y aveient certainement aucun intérêt.
On conçoit que Le Clerc, en argumentant constamment sur deux suppositions fausses et calomnieuses, n'a opposé que des sophismes aux raisons de saint Augustin.
En effet , dans la lettre 95 à Vincent , évêque donatiste de la faction de Hogat, qui se plaignoit de la rigueur que l'on exerçoit contre son parti, saint Augustin lui représente qu'il est très-permis de réprimer un frénétique et de le garrotter; que le laisser faire, ce seroit lui rendre un très-mauvais service. Le Clerc répond que celte comparaison ne vaut rien. Les frénétiques, dit-il, sont évidemment tels, et troublent la société; mais dans une dispute de religion , lorsque deux partis également vertueux sont également soumis aux lois civiles,
«aucun des deux n'a droit déjuger l'autre et de le regarder comme frénétique. Si saint Augustin avoit vécu plus longtemps, il auroit vu les Vandales ariens traiter à leur tour les catholiques comme des frénétiques et leur reprocher leurs violences, comme il reprochoit aux donatistes les fureurs de leurs circoncellions. Rien n'est plus pitoyable qu'un argument duquel deux partis opposés peuvent également se servir lorsqu'ils sont les maîtres.
Nous répliquons, 1° que la frénésie des circoncellions étoit prouvée par leurs forfaits , et Le Clerc n'a pas osé en disconvenir ; le gros des donatistes , loin de les désapprouver, les honoroit comme martyrs , lorsqu'ils étoient tués ou sup- \ pliciés ; tout ce parti étoit donc évidemment coupable. De quel front Le Clerc ose-t-il supposer que les deux partis étoienl également vertueux , également !
soumis aux lois civiles? 2° Les ariens j ont-ils jamais pu reprocher aux catho- j iiques les fureurs, le brigandage, les crimes avérés des circoncellions ? Ce sont les ariens eux-mêmes qui les imi- | tèrent en partie, lorsqu'ils se sentirent appuyés par les empereurs Constance et Valens. 3° Dès qu'un séditieux , un malfaiteur frénétique, aura poussé l'impu- j dence jusqu'à reprocher le même crime à ses accusateurs et à ses juges , il s'ensuivra du raisonnement de Le Clerc, que l'on a perdu le droit de le punir.
Dans le même endroit , saint Augustin dit que plusieurs circoncellions, devenus catholiques, pleurent et détestent leur vie passée , et bénissent l'espèce de violence qu'on leur a faite pour les convertir. Qui croira, répond Le Clerc, que des malfaiteurs aient ainsi changé tout à coup de croyance , non par la force des raisons auxquelles ils n'avoient jamais voulu prêter l'oreille, mais par la crainte des peines ? Il est évident que leur langage n'étoit pas sincère , qu'ils l'affectoient uniquement pour plaire au parti le plus puissant. Mais les persécuteurs africains s'embarrassoient peu de convertir les donatistes , pourvu qu'ils pussent les subjuguer. Les ariens auroient pu se vanter de même d'avoir converti
les catholiques , lorsque , par la crainte des supplices , ils eurent fait abjurer à plusieurs la foi de Nicée. Dans ces sortes d'occasions, les hypocrites et les hommes les plus vils sont les mieux traités , pendant que les âmes honnêtes et courageuses portent tout le poids de la persécution.
Réponse. Ainsi , au jugement de Le Clerc, tout hérétique ou schismatique converti est une âme vile ou un hypocrite ; les seules âmes honnêtes et courageuses sont celles qui persistent dans l'entêtement et refusent toute instruction. Mais enfin , il est constant par l'histoire que les lettres , les livres , les conférences de saint Augustin , firent revenir à l'Eglise , non - seulement une multitude de donatistes, mais encore plusieurs de leurs évêques; que toute la ville d'IIippone fut de ce nombre ; qu'avant sa mort ce saint docteur eut la consolation de voir le plus grand nombre de ces schismatiques réunis aux catholiques. Tous ces gens-là étoient-ils des âmes viles et hypocrites? Ils n'avoient donc pas été convertis par la crainte des peines , mais par la force et l'évidence des raisons.
Ibid., n° 3. Si l'on se bornoit à effrayer les donatistes sans les instruire , dit saint Augustin , ce seroit une tyrannie injuste ; si on les instruisoit sans leur faire peur, ils s'obstineroient dans leurs préjugés. Mais, reprend Le Clerc, les motifs de crainte rendent la doctrine fort suspecte, cela fait croire que, si elle n'étoit pas soutenue par la force , clie tomberoit d'elle-même, et qu'elle ne pourroit persuader personne sans le secours des lois. Saint Augustin lui-même auroit fait aux ariens cette observation , s'il avoit été témoin de ce qu'ils firent e*x Afrique après sa mort.
Réponse. Nous avons déjà remarqué que les ariens n'employèrent point l'instruction , mais la violence wule et les supplices, pour pervertir les catholiques ; ainsi la comparaison que fait le censeur de saint Augustin porte absolument à faux. Pour ramener les donatistes, il étoit moins question de discuter la doctrine que d'éclair ci r le fait qui avoit
donné lieu au schisme. Ce fut le seul objet de la conférence de Carthagc, en 411 , et dès que ce fait fut mis une fois en évidence , les donalisles sentirent l'injustice de leur procédé. La circonstance des lois pénales ne faisoit donc rien à la vérité ni à la fausseté de la doc- j tri ne.
N° 4. Saint Augustin fait remarquer à Vincent que Dieu ne se sert pas toujours j des bienfaits, mais souvent des chàti- ' ments , pour nous ramener à lui. Le Clerc se récrie encore contre celte com- j paraison : Dieu , dit-il , a sur nous des ; droits que les hommes n'ont point sur j leurs semblables; il est exempt d'er- ■ reurs et de passions, les hommes sont sujets aux unes et aux autres ; leur pré- : tendue charité est donc toujours fort suspecte.
Réponse. Suivant cette réflexion au- ; cun homme ne peut avoir droit de punir ni de corriger son semblable , parce qu'il doit toujours craindre d'être conduit par la passion, ou trompé par l'erreur. Mais c'est Dieu lui-même qui a donné aux ; chefs de la société le droit de punir les malfaiteurs , et qui leur commande d'en ' user ; il est donc permis à ceux qui souffrent violence de la part des séditieux j d'implorer la protection et l'appui des ministres de la justice.
N° 5. Le saint docteur cite l'exemple j du père de famille, qui ordonne à ses • serviteurs de forcer ou de contraindre les convives à entier dans la salle du j festin; et celui de saint Paul, à qui Jésus- ! Christ fit une espèce de violence pour j le convertir. Contraindre, répond Le j Clerc, dans cet endroit de l'Evangile et ailleurs , signifie seulement engager par des invitations et des instances , et non forcer par violence ; la conversion de saint Paul fut un miracle , qui n'a rien de commun avec la persécution exercée contre les donalisles. Si les Vandales , devenus persécuteurs , avoient voulu se prévaloir de ces exemples, saint Augustin les auroit accusés de blasphémer.
Héponse. Nous convenons de la signification du mot contraindre , employé dans l'Evangile ; mais si les serviteurs du père de famille avoient essuyé une
résistance brutale et des mauvais traitements de la part des convives, leur auroit- il été défendu de demander la protection des lois et la punition des coupables? C'étoit le cas dans lequel se trouvoient les évêques d'Afrique. Saint Augustin ne cesse d'exhorter les fidèles à demander à Dieu , en faveur des donalisles 3 le même mirade qu'il opéra sur saint Paul ; il fit plus , en intercédant auprès des officiers du prince pour que le» donalisles criminels ne fussent pas condamnés à mort. Encore une fois , les vandales ont-ils fait de même?
N° 6. Saint Augustin soutient, qu'à proprement parler , ce sont les donalisles qui persécutent l'Eglise , et non l'Eglise qui persécute les donalisles ; il applique à ce sujet ce que dit saint Paul, qu'Israë! , selon la chair , persécute ceux qui sont Israélites selon l'esprit. Le Clerc prétend que c'est une dérision d'appeler persécution , la résistance que les donalisles opposoient au clergé d'Afrique, pendant qu'ils étoient dépouillés de leurs ni en s , exilés, maltraités, mis à mort. On ne peut pas douter de te fait , dit-il , puisque dans sa lettre centième à Donat, proconsul d'Afrique , saint Augustin demande que cela ne se fasse plus. Mais si les ariens, devenus les maîtres , avoient argumenté de même , qu'auroit-il dit? il commence par supposer ce qui étoit en question; savoir, que les catholiques, et non les donalisles , étoient la véritable Eglise ; c'est comme s'il avoit dit : Lorsque je suis le plus fort, c'est à moi de juger ma cause; mais si mes adversaires le devenoicnl à leur tour, cela ne devroit pas leur être permis.
Réponse. C'est bien plutôt Le Clerc lui-même qui fait une dérision , en appelant résistance au clergé d'Afrique, le brigandage, les meurtres, les incendies des circoncellions ; a-t-il osé nier ces crimes? Il insulte donc lui-même k saint Augustin, en L'accusant d'insulter aux donalisles. Ce Père ne demande pas à Donat que ces forcenés ne soient plus condamnés à mort, mais qu'ils ne le soient pas. Il dit qu'il ne faut pas les mettre à mort, mais les réprimer ; qu'il faut pardonner le passé , pourvu qu'ils
se corrigent pour l'avenir , de peur qu'en souffrant pour leurs forfaits , ils ne se vantent encore de souffrir pour leur religion, etc. C'est donc une malice obstinée de la part de Le Clerc, de supposer toujours que les lois des empereurs prononçoient la peine de mort contre les donatistes en général, à cause de leurs erreurs , pendant que cette peine étoit seulement portée contre des incendiaires et des meurtriers. Saint Augustin avoit prouvé vingt fois que le parti des donatistes n'étoit pas la véritable Eglise ; il ne supposoit donc pas ce qui étoit en question , et il n'avoit pas à redouter un argument semblable de la part des Vandales ariens.
N° 7. Sous le nouveau Testament , continue le saint docteur , dans le temps qu'il falloit montrer le plus de charité , et que Jésus-Christ ne vouloit pas que l'on tirât l'épée pour le défendre , Dieu , sans blesser sa miséricorde, a cependant livré son propre Fils au supplice de la croix. Il faut donc considérer l'intention plutôt que la conduite extérieure, pour distinguer les ennemis d'avec les véritables amis. Mais il est absurde , réplique notre adversaire , de comparer la conduite du clergé d'Afrique, qui excitoitles magistrats contre les donatistes , à la miséricorde que Dieu a exercée envers les hommes, en livrant pour eux son Fils à la mort. Il falloit être bien impudent pour vouloir persuader aux donatistes que le clergé d'Afrique les tourmentoit par charité. Dieu n'avoit rien à gagner au salut des hommes ; mais les évêques d'Afrique avoient d'autant plus de relief, d'autorité et de richesses , que leur troupeau étoit plus nombreux; telle étoit sans doute la véritable cause de la persécution.
7tepor?s£.Descalomniesrépétéesdixfois n'en deviennent pas meilleures. Les évêques d'Afrique, loin d'animer les magistrats contre les donatistes, intercédoient pour eux. En effet, saint Augustin, dans sa lettre à Donat, ne demande pas grâce en son propre nom, mais au nom de tous ses collègues, et atteste qu'ils pensoient comme lui, Nous avons cité les preuves
irrécusables de leur désintéressement et de leur charité. Le Clerc suppose malicieusement , que ce sont les évêques qui avoient sollicité la peine de mort contre les donatistes ; c'est une fausseté : ils avoient exposé aux empereurs les excès de ces furieux, ils en avoient produit les preuves, ils avoient demandé qu'on les réprimât; mais ils n'avoient ni dicté les lois, ni déterminé les peines. Or, nous soutenons que leur conduite étoit une vraie miséricorde , non-seulement à l'égard des catholiques qu'il falloit mettre à couvert des attentats de leurs ennemis , mais à l'égard même des donatistes en général , puisqu'ils ne pouvoient être détournés du crime que par la crainte. L'inaction et la connivence y en pareil cas , auroient été une véritable cruauté. Jamais les évêques d'Afrique n'ont été assez insensés pour imaginer que ce seroit pour eux un grand avantage de réunir les schismatiques à leur troupeau , à moins qu'ils ne fussent sincèrement convertis et changés ; les imaginations de Le Clerc sont donc fausses et absurdes.
N° 8. S'il suffisoit, dit saint Augustin, de souffrir persécution pour être digne d'éloge, lorsque Jésus -Christ a dit :
Heureux ceux qui souffrent persécution, il n'auroit pas ajouté , puiir la justice. Mais, suivant Le Clerc . les donatistes croyoient souffrir persécution pour la justice; cette disposition est louable, même dans ceux qui se trompent : c'est donc une tyrannie criminelle de les forcer d'agir contre leur conscience.
JRéponse. Nous soutenons que jamais les évêques d'Afrique n'ont voulu forcer les schismatiques d'agir contre leur conscience, mais les réduire à se laisser instruire pour corriger leur fausse conscience ; et c'est ce qui arriva lorsqu'il y eut des conférences tenues à ce sujet.
L'erreur de la conscience n'excuse du péché que quand elle est invincible : or l'erreur ne pouvoit pas être invincible à l'égard de crimes aussi évidents que ceux des donatistes; elle ne l'étoit pas , puisqu'elle fut vaincue.
Les prophètes , continue saint Augustin , ont été mis à mort par les im-
pies, mais ils en ont aussi puni de mort quelques-uns ; les Juifs ont flagellé Jésus-Christ, et lui-même s'est servi du fouet pour en châtier plusieurs ; les apôtres ont été livrés au bras séculier, mais ils ont aussi livré des pécheurs au pouvoir de Satan. Le Clerc s'inscrit encore en faux contre ces comparaisons.
Les prophètes , dit-il , n'ont puni de mort des impies que pour des crimes évidemment contraires à la loi de Moïse ; mais il n'étoit pas aussi évident que les erreurs des donalistes fussent des crimes. D'ailleurs , ce qu'ont fait les prophètes ne doit pas être imité sous l'Evangile ; Jésus-Christ a repris ses disciples , qui vouloient faire tomber le feu du ciel sur les Samaritains. Luc, c. 9, f. 55- ïi s'est servi du fouet contre les animaux que l'on tenoi t à l'entrée du temple, plutôt que contre les hommes. Livrer à Satan les pécheurs , est un pouvoir mi- | raculeux ; saint Augustin l'auroit fait, sans doute , s'il l'avoit pu; mais il étoit forcé de se borner à livrer les donatisles aux bourreaux, ce qui est fort différent. Réponse. Pour la troisième fois, nous répétons que les donatistes n'ont point été livrés aux bourreaux pour leurs erreurs, mais parce qu'ils étoient turbulents, séditieux, voleurs, incendiaires cl meurtriers ; ces crimes étoient tout aussi évidents que ceux des impies punis par les prophètes. Les apôtres même ont imité cette conduite, puisque saint Pierre frappa de mort Ananie et Saphire pour un mensonge, Act^ c. 5 , f. 5, et saint Paul punit par l'aveuglement le magicien Elymas, c. 15, f. 11.
L'Evangile dit formellement que Jésus- Christ se servit du fouet contre les marchands et les changeurs qui profanoient le temple, et non contre les animaux , Joan., c. 2 , f. 15. Il est faux que livrer le pécheur à Satan, par l'excommunication, soit un pouvoir miraculeux ; saint Augustin avoit ce pouvoir en qualité d'évêque; mais loin de livrer les donatistes aux bourreaux, il intercédoit pour eux. Rien de plus touchant que les expressions de son zèle envers ces révoltés; il faut être aussi forcené qu'eux pour regarder ce langage comme une hypocrisie.
N° 9. Ce saint docteur dit que si , dans les écrits du nouveau Testament, l'on ne voit point de lois portées contre les ennemis de l'Eglise , c'est qu'alors les souverains n'éloient pas chrétiens. Le Clerc soutient que ce n'est point la vraie raison , que c'est parce que le royaume de Jésus-Christ n'est pas de ce monde.
Ce divin Sauveur et ses apôtres auroient pu, s'ils l'avoient voulu, susciter par miracle des légions pour les défendre.
Réponse. Qui en doute? Mais ils n'ont pas ôté aux souverains , devenus chrétiens , le droit et le pouvoir de punir les malfaiteurs, lorsque ceux-ci se couvrent du prétexte de la religion et de la conscience. Saint Paul ordonne de prier Dieu pour les souverains , afin , dit-il , que nous menions une vie paisible et tranquille , dans la piété et la chasteté , /. Tim., c. 2 , jK 2 : donc il espéroit que les souverains protégeroient un jour les fidèles. Lui-même, pour se soustraire à un tribunal injuste, en appelle à César, Act., c. 25 , $. 11. Ce n'est donc pas un crime d'implorer la protection du bras séculier. Le souverain , dit-il , est le ministre de Dieu, pour exercer la vengeance contre celui qui fait le mal, Rom., c. 13 , f. A. Or, les donatisles faisoient le mal , Le Clerc en convient; donc les empereurs faisoient bien de les punir ; donc les évêques qui le demandoient n'avoient pas tort.
Ce calomniateur des évêques d'Afrique auroit dû se souvenir que le protestantisme n'a dû son établissement qu'à l'autorité , et souvent à la violence des souverains; plusieurs protestants célèbres l'ont avoué ; ils oublioient alors que le royaume de Jésus-Christ n*cst pas de ce monde ; ils l'oublioient bien davantage, lorsqu'ils prenoient les armes contre leur souverain, et qu'ils vouloient se rendre indépendants de toute puissance humaine. Mais Le Clerc sentoit la ressemblance parfaite qu'il y a entre la conduite des donatistes et celle des huguenots: pour justifier ceux-ci , il a fallu , contre toute justice , prendre la défense des premiers.
N" \\. Le donatistc Vincent avoit représenté que les rogalistes , du parti
DON desquels il étoit , ne faisoient aucune violence ; saint Augustin lui répond , que c'étoit plutôt par impuissance que par bonne volonté. Le Clerc, offensé de cette repartie , dit qu'elle est malhonnête , et contraire à la charité chrétienne ; qu'il n'est pas permis de fouiller dans les intentions secrètes des hommes.
Réponse. Qu'a -t- il donc fait autre chose lui-même, en attribuant le zèle des évêques d'Afrique à l'intérêt , à l'ambition , à l'envie de dominer sur un troupeau plus nombreux? C'est ainsi que la passion se trahit. On sait que les rogatistes étoient un parti très-foible, que cependant ils avoient sévi contre les maximianistes, autre faction qui leur étoit opposée , et saint Augustin le leur a souvent reproché ; leur caractère , porté à la violence, étoit donc assez prouvé , sans qu'il fût besoin de fouiller ians leurs intentions.
N° 47. Le saint docteur avoue qu'autrefois son sentiment avoit été de n'opposer aux donatistes que des raisons et des instructions, de peur d'en faire des catholiques hypocrites; mais que ses collègues lui avoient fait changer d'opinion, par les exemples qu'ils lui avoient cités, en particulier de la ville d'Hippone, que la crainte des lois impériales avoit fait entièrement rentrer dans le sein de l'Eglise. Il est très-mal, reprend Le Clerc, de changer ainsi d'avis suivant les circonstances, de considérer plutôt ce qui est utile que ce qui est juste. Si les empereurs avoient favorisé les donalistes 3 saint Augustin leur auroit opposé ce que les premiers fidèles disoient aux persécuteurs païens.
Réponse. Voilà donc saint Augustin coupable, parce qu'il n'a pas été opiniâtre ; il a considéré ce qui étoit juste, encore plus que ce qui étoit utile, puisqu'il a constamment soutenu aux donatistes qu'ils avoient mérité , et au delà, les rigueurs dont on usoit contre eux. Si les empereurs avoient favorisé ces sectaires et vexé les catholiques, ceux-ci auroient eu droit Je dire, comme les premiers fidèles : Nous sommes paisibles, obéissants et soumis aux lois, nous ne taisons violence à personne ,
nous ne demandons que la liberté de servir Dieu, et de n'être pas forcés, par les supplices, à rendre un culte aux idoles. Les donatistes ont-ils jamais pu avoir le front de tenir ce langage?
N° 18. Saint Augustin a beau soutenir la sincérité de la conversion d'un très-grand nombre de donatistes, Le Clerc s'obstine à prétendre que ces dehors de conversion n'étoient pas sincères. Ainsi agissent toujours , dit-il , les âmes viles qui cherchent à plaire au parti le plus puissant, et qui sont prêtes à tout faire pour conserver en paix leur état et leur fortune. Comment Augustin, qui pensoit que la conversion du cœur ne peut venir que d'une grâce intérieure, a-t-il pu imaginer que cette grâce ne pouvoit rien opérer que par le moyen des amendes , de l'exil et des supplices? N'est-ce pas là se jouer de la prétendue force de la grâce? Si l'on me répond que sans ces moyens les donatistes ne vouloient pas prêter l'oreille aux instructions des catholiques , je demanderai à mon tour si ces sectaires ne lisoient pas le nouveau Testament, et si ia grâce divine n'étoit pas plutôt attachée à la parole de Dieu qu'aux paroles et aux écrits des évêques d'Afrique. De tout cela, continue Le Clerc, je conclus que la passion a eu plus de part à toute cette affaire que le vrai zèle.
Réponse. Suivant ce beau raisonnement , toute conversion est suspecte , et doit être censée fausse, dès que, pour l'opérer, Dieu a voulu se servir d'une affliction, d'une maladie, d'un revers de fortune , etc. Dieu n'est-il donc pas le maître d'attacher sa grâce à quoi il lui plaît? Si , lorsque Le Clerc faisoil des livres pour convaincre les incrédules . un raisonneur lui avoit dit : La grâce divine est plutôt attachée à la lecture du nouveau Testament qu'à celle de vos ouvrages , vous feriez mieux de vous tenir en repos; qu'auroit-il répliqué? Les donatistes ne croyoient pas , non plus que nous , le dogme sacré des prolestants , que la connoissance de toute vérité est attachée à la lecture du nouveau Testament ; ils se souvenoient que , selon saint Paul, la foi vient de Uoaïe , eî
non de la lecture, et que cet apôtre ordonne aux évoques de prêcher : chose fort inutile, si le nouveau Testament seul suffît. La plupart des Africains ne savoient pas lire ; et nous ne voyons pas que l'Evangile ait jamais été traduit en langue punique. Le principal fondement du schisme des donatisles étoit une erreur de fait, une accusation fausse intentée contre Cécilien , évoque de Cartilage , et contre Félix d'Aptonge , qui l'avoit sacré ; est-ce en lisant le nouveau Testament que l'on pouvoit éclaircir ce fait? Il le fut dans les conférences te-
nions avoient été réunis au fisc ; voilà tout le motif de leur intercession charitable.
Réponse. C'est Le Clerc lui-même qui brouille tout, afin de calomnier plus commodément ; ni Honorius , ni saint Augustin , n'ont fait de même. 1° Il est clair qu'en parlant de ceux qui auront entrepris quelque chose conlie ic parti catholique, Honorius entend les séditieux, et non ceux qui seroienl paisibles; on ne peut citer aucune loi qui ordonne de punir ces derniers. 2° Saint Augustin, ! dans sa lettre , après avoir parlé des nues entre les donatistes et les catho- j scélérates entreprises des ennemis de liques , et dès ce moment tout ce qu'il ! l'Eglise, dit : « Nous vous supplions, y avoit d'hommes sensés parmi les pre- » lorsque vous jugez les causes de l'Emiers comprirent que toutes leurs pré- » glise , quoique vous voyiez qu'elle a tentions étoient insoutenables. » été attaquée et affligée par des ivjus-
Dans sa lettre centième , saint Augus- | » tices atroces , d'oublier que vous avez tin a écrit à Donat, proconsul d'Afri- | » le pouvoir de condamner à mort. » Il que : « Nous souhaitons qu'on les cor- n'étoit donc question de juger que des » rige, et non qu'on les mette à mort ; i malfaiteurs. 5° La loi de Théodose, qui » qu'on les assujettisse à la police , et confisquoit les biens de ceux qui avoient » non qu'on leur fasse subir les supplices rebaptisé , ou contribué à cet attentat , » qu'ils ont mérités. » A ce sujet , Le ne pouvoit regarder que ies évêques , Clerc cite la loi d'Honorius,de l'an 408, les prêtres et les clercs qui les assispar laquelle il est dit : a S'ils entre- j toient , puisque ce sont les évoques et » prennent quelque chose qui soit con- les prêtres qui baptisoient. L'exécution » traire au parti catholique, nous vou- de celte loi ne pouvoit donc contribuer » Ions qu'ils soient condamnés au sup- en rien à rendre misérable le peuple et » plice qu'ils ont mérité. » Si cet empe- | le commun des donatisles. 4° Ceux qui reur , dit Le Clerc, n'avoit ordonné de se faisoient tuer, se précipitoient , ou
punir que les séditieux , sans inquiéter ceux qui vivoient paisiblement dans leur erreur, il n'y auroit pas lieu de le blâmer; mais il brouille tout, en confondant les errants avec les malfaiteurs, et saint Augustin fait de même. D'ailleurs, les lois de Théodose et de ses enfants n'étoient déjà que trop cruelles , puisqu'elles ordonnoient la confiscation des biens de tous ceux qui seroient convaincus d'avoir rebaptisé , et déclaroient incapables de tester tous ceux qui auroient contribué à cet attentat. Les donatistes étoient tellement tourmentés par l'exécution de ses lois , que plusieurs aimèrent mieux mourir que de vivre dans la misère. On comprend que les évêques souhaitoient de réunir à leur troupeau les riches donatistes, plutôt que de ies voir enterrer, après que leurs
périssoient par les supplices, étoient des forcenés qui croyoient mourir martyrs , et non des particuliers paisibles , dépouillés de leurs biens. Encore une fois , on ne prouvera jamais qu'aucun de ces derniers ait été condamné à aucune peine.
Dans la lettre 105, écrite aux donatisles, n° 5 et 4, saint Augustin parle de plusieurs prêtres convertis et d'un évêque que ces furieux auroient tués , si ces victimes ne leur avoient échappé par une espèce de miracle. Le Clerc dit que ces meurtriers méritoienl 'd'être punis , mais qu'il ne fallait pas traiter de même les autres pour des opinions; que l'on pardonnoit tout à ceux qui revenoient à l'Eglise catholique , et qu'il y avoit une loi qui l'ordonnoit ainsi.
Réponse. Celle indulgence est-elle en-
core une preuve de cruauté ? Dans toute cette lettre , saint Augustin soutient aux donatistes qu'ils sont punis pour leurs crimes , pour leurs attentats , pour leurs excès , et non pour leurs opinions; mais
Le Clerc , aussi opiniâtre qu eux , ne veut , comme eux , rien voir ni rien entendre. On pardonnoit tout aux convertis , parce que Ton étoit sûr qu'ils ne retomberoient plus dans les mêmes désordres.
Ibid., n° 6. Saint Augustin reproche aux donatistes d'avoir publié faussement un prétendu rescrit de l'empereur , qui leur faisoit grâce. Si c'étoit là un mensonge , dit Le Clerc , il ne faudroit pas le reprocher à ces malheureux ; mais il est certain que dans ce temps là il y avoit eu une loi qui défendoit de forcer personne à embrasser le christianisme malgré lui. Il cite la Fie de saint Augustin, 1. 6, c. 7, §2.
Réponse. Quoi qu'en dise cet avocat des donatistes, c'étoit un mensonge formel de leur part; la loi dont il parle
secte ; c'est dans la conférence qu'il eut à Carthage avec les évêques donatistes; dans les sermons qu'il fait aux catholiques , pour les exhorter à la patience et à la charité envers ces furieux ; enfin , dans les lettres qu'il écrit aux officiers de l'empereur, pour les supplier de ne point répandre le sang des circoncellions, quoique ces forcenés eussent mérité le dernier supplice. Exagérer leurs crimes dans ces circonstances , ç'auroit été un moyen de ne pas obtenir ce qu'il demandoit.
Aussi Barbeyrac a trouvé bon de soutenir que cette modération de saint Augustin n'étoit qu'une feinte, que dans le fond il approuvoitla peine de mort portée contre les donatistes , puisqu'il ne blâme point les lois qui défendoient les sacrifices des païens sous peine de mort. Traité de la morale des Pères , c. 1G, % 53 et 34. 11 aime mieux supposer que saint Augustin étoit un fourbe et un insensé , que d'avouer que les donatistes et leurs circoncellions étoient des fréné-
ne fut portée que l'an 410 . et la lettre tiques. Mais il y a du moins un fait qu'il
de saint Augustin est de Tannée précédente. D'ailleurs , forcer quelqu'un à
ne niera pas, c'est que saint Augustin obtint des évêques d'Afrique , malgré la
embrasser le christianisme malgré lui , et sévérité des anciens canons , que quand forcer des schismatiques à ne pas vexer J les évêques donatistes se réuniroient à les catholiques , ce n'est pas la même l'Eglise catholique , ils conserveroient chose ; les donatistes ne pouvoient donc ] leurs sièges, et ne perdroient aucune
de leurs prérogatives. Ce n'est point là le manège d'un fourbe qui cherche à déguiser sa haine contre les hérétiques. Barbeyrac objecte que les lois des empereurs portées contre les donatistes 3 ne font aucune mention des crimes que saint Augustin leur reproche. Cela n'est pas fort étonnant : les lois des empereurs ne sont pas des narrations historiques ; celles qui regardent les donatistes comprennent aussi d'autres sectes, telles que les manichéens, les encratites, etc. Ce n'étoit pas là le lieu d'exposer les griefs que le gouvernement pouvoit avoir contre ces sectes différentes.
Quand il n'y auroit pas des preuves positives du brigandage et des violences exercées en Afrique par les donatistes , nous serions assez autorisés à en croire saint Augustin , par l'exemple de ce
tirer aucun avantage de cette loi. Aussi, lorsque Honorius apprit qu'ils en abusoient, ii la révoqua la même année.
Vie de saint Augustin , ibid.
« Pour avoir lieu de blâmer saint Augustin , Bayle et Barbeyrac soutiennent que les violences dont il accuse les donatistes sont exagérées, qu'elles ne sont connues que par ses écrits et par ceux d'Optat de Milève, aussi prévenu que lui contre les donatistes.
Réponse. Si saint Augustin avoit parlé de la fureur des donatistes, en écrivant à l'empereur ou aux magistrats , dans le dessein de les aigrir et d'en obtenir des lois sévères , on pourroit le soupçonner d'avoir exagéré ; mais c'est dans
des lettres à ses amis , où il n'avoit aucun intérêt à déguiser les faits; c'est dans son ouvrage contre Cresconius , qu'il lui reproche les excès de sa propre