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promis aux Juifs ; quelques-uns se vantoient d'être plus grands que Jésus- Christ lui-même ; tous se donnoient pour prophètes et pour envoyés de Dieu : le moyen le plus simple de détromper les peuples , étoit de leur faire voir que Jésus-Christ avoit donné à ses disciples le pouvoir de faire des miracles semblables à ceux qu'il avoit opérés lui - même , pouvoir que ne pouvoient pas donner ceux qui osoient se préférer à lui. Le Sauveur l'avoit ainsi promis , il falloit que sa parole fût accomplie.
Vainement les incrédules veulent nous faire douter de la réalité de ces miracles, parce que le monde étoit alors rempli d'imposteurs qui prétendoient en faire; les fourbes n'auroient pas été si communs , si l'on n'avoit pas vu Jésus-Christ et ses disciples opérer des miracles réels et en grand nombre. Comme les mécréants ne vouloient pas se persuader que Jésus-Christ et les apôtres avoient agi par un pouvoir véritablement divin et surnaturel, ils imaginèrent que, par le moyen de l'art et de certaines pratiques , l'on pou voit parvenir à en faire autant , et ils s'efforcèrent de les imiter. Les philosophes même étoient dans ce préjugé ; c'est ce qui engagea ceux du troisième et du quatrième siècle à pratiquer la magie ou la théurgie , et à soutenir que Jésus - Christ et ses disciples n'avoient été que des magiciens plus habiles que les autres ; mais ce préjugé n'auroit pas eu lieu, si jamais l'on n'avoit rien vu de réel dans ce genre.
A mesure que le christianisme s'étendit, les dons miraculeux devinrent moins nécessaires ; il n'est donc pas étonnant que peu à peu ils soient devenus plus rares. F oyez Miracles.
DORDRECHÏ (Synode de). Voyez Arminiens.
DOSITHÉENS, ancienne secte parmi ies Samaritains.
On connoît peu les dogmes ou les erreurs des dosithéens. Ce que nous en ont appris les anciens, se réduit à ceci : nue les dosithéens poussoient si loin le principe qu'il ne falloit rien faire le jour ■ lu sabbat, qu'ils demeuroient dans la place et dans la posture où ce jour les
surprenoit, sans se remuer, jusqu'au lendemain ; qu'ils blâmoient les secondes noces , et que la plupart d'entre eux, ou ne se marioient qu'une fois, ou gardoient le célibat.
Il est fait mention dans Origène , saint Epiphane, saint Jérôme, et plusieurs autres Pères grecs et latins , d'un certain Dosithée, chef de secte parmi les Samaritains ; mais ils ne sont point d'accord sur le temps où il vivoit.
Plusieurs pensent qu'il fut le maître de Simon le magicien , et qu'il prétendit être le Messie. La multitude des imposteurs qui usurpèrent ce titre à peu près dans le même temps , prouve que quand Jésus-Christ a paru , on étoit bien persuadé que le temps marqué par les prophéties , touchant l'arrivée du Messie . étoit accompli.
Mosheim , qui a recueilli et comparé tout ce que les anciens ont dit au sujet de cette secte et de son auteur , pense que Dosithée avoit d'abord vécu parmi les esséniens , et y avoit contracté i'habitude de la vie austère qu'ils pratiquoient ; qu'il donna dans le fanatisme, et voulut être pris pour le Messie. Excommunié par les Juifs, il se retira parmi les Samaritains, quelque temps après l'ascension du Sauveur. Il adopta leur haine contre les Juifs et leur prévention contre les prophètes , desquels ces schismatiques n'ont jamais voulu recevoir les écrits , puisqu'ils n'ont gardé que ceux de Moïse ; il eut même l'audace de vouloir corriger ces derniers , ou plutôt, de les corrompre. Il nia la résurrection future des corps , la destruction future du monde et le jugement dernier. Il n'admettoit point l'existence des anges, et il ne vouloit point admettre d'autres démons que les idoles des païens. Il s'abstenoit de manger d'aucun être animé, ses disciples faisoient de même ; plusieurs gardoient la continence , même dans le mariage , lorsqu'ils avoient eu des enfants. Dosithée poussoit l'observation du sabbat jusqu'à la superstition. Ainsi , cette secte a été plutôt juive que chrétienne. Institut- Hisloriœ Christianœ, seconde partie r c. o, § M.