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Dieu , en accordant à Phomme les fruits et les plantes pour nourriture, ne parla point de la chair des animaux ; dans le paradis terrestre , il lui défendit de toucher à un fruit particulier, et le punit pour en avoir mangé. Après le déluge, il permit à Noé et à ses enfants la chair des animaux , mais il leur défendit d'en manger le sang. Gen.} c. 9 , f. 5. Quand nous ne pourrions donner aucune raison de ces défenses positives qui gênoient la liberté naturelle de l'homme, nous ne serions pas tentés de les regarder comme des attentats commis contre ses droits.
Plusieurs déistes ont soutenu cependant que Dieu ne peut pas nous imposer des lois positives, que ces lois seroient contraires à la loi naturelle. Ils n'ont pas
ment contraires. Les modernes neréus- vu qu'en raisonnant sur ce faux prin-
sissent pas mieux, lorsqu'ils s'obstinent à fermer les yeux à la lumière de la révélation.
Ce qui nous est permis, ou ne nous est pas défendu par la loi naturelle, peut nous être interdit par une loi positive. Comme l'état de société civile ne peut subsister sans lois positives , Dieu , en nous destinant à cet état , nous a imposé l'obligation d'obéir aux lois établies pour le bien commun , quoique ces lois gênent, en plusieurs choses, notre liberté naturelle. La raison est que les avantages qui résultent de l'état de société , sont pour nous un plus grand bien qu'une liberté illimitée de faire ce qui nous plaît.
Faute de saisir ces principes , on a déraisonné de nos jours sur l'inégalité qui est une suite nécessaire de l'état de société. Selon les maximes posées par de profonds raisonneurs, il semble que Dieu ait péché dès la création contre le droit naturel, en mettant de l'inégalité entre l'homme et la femme, entre le père et les enfants. Pour conduire cette belle morale à sa perfection , il a fallu soutenir sérieusement que l'état de société est contraire à la nature de l'homme; qu'il est moins vicieux et plus heureux dans l'état sauvage, parce qu'il est alors plus rapporché de l'état des brutes.
cipe , il s'ensuivroit que toute loi civile est aussi un attentat contre le droit naturel.
Dkoit des Gens. C'est ce qu'une nation peut exiger d'une autre nation , en vertu de la loi naturelle. L'état de guerre entre deux peuples ne leur ôte point la qualité d'hommes ; la guerre n'autorise donc pas un peuple à violer le droit général de l'humanité. Le droit d'attaque et de défense ne donne point celui de commettre des violences et des cruautés superflues , qus ne peuvent contribuer en rien au succès de l'attaque ni de la défense. Tels sont les principes sur lesquels Dieu avoit réglé les lois militaires chez les Juifs. Veut., c. 20. Mais les Chananéens dévoient être exterminés sans miséricorde. Voyez Chananéens.
Avant la publication de l'Evangile , le droit naturel et le droit des gens ont été très-mal connus : il n'est aucun des anciens législateurs, aucun des philosophes , qui n'ait établi à ce sujet des maximes injustes et fausses. S'il arrive encore souvent aux nations chrétiennes de violer l'un ou l'autre de ces droits, c'est que les passions exaltées ne connoissent et ne respectent aucune loi ; mais ce désordre est infiniment moins commun parmi nous , que chez les peuples infidèles.
Nos philosophes modernes , très-pec-
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suadés de la supériorité de leurs lumières, ont décidé que jusqu'à présent le bien général , ou l'intérêt général , n'a pas été suffisamment connu, que de là sont nées toutes les erreurs dans lesquelles on est tombé en fait de morale et de politique. De là même nous concluons qu'ils le connoissent eux-mêmes très-mal, puisque personne n'a enseigné une morale ni une politique plus détestable que la leur.
Nous pensons encore que le bien général ne sera jamais mieux connu qu'il l'est, parce que les passions empêcheront toujours les hommes de voir les choses telles qu'elles sont, de distinguer leur intérêt solide et durable, d'avec leur intérêt présent et momentané.
Toute nation se regardera toujours comme le centre de L'univers, et préférera son intérêt particulier à celui du genre humain tout entier. Nous ajoutons que quand les peuples et les gouvernements pèchent en morale et en politique, ce n'est pas ordinairement par défaut de connoissance. Un homme, placé à la tête des affaires, ne peut pas voir les objets du même œil qu'un philosophe qui rêve tranquillement dans son cabinet ; celui-ci, mis à la place du premier, ne manqueroit pas , à la première occasion , de contredire les pompeuses maximes qu'il écrit. Aussi tant de livres déjà faits sur ces matières , n'ont pas encore produit beaucoup de fruit, et ceux qui se font aujourd'hui en produiront encore moins. Les philosophes qui se llatlent de réformer l'univers avec des brochures, sont des enfants qui croient enseigner l'architecture en bâtissant des châteaux de cartes. L'Evangile, l'Evangile!... voilà le code de morale et de politique de toutes les nations et de tous les siècles ; quiconque n'en écoute pas les leçons est incaDab1^ de proliler d'auciine autre.
Droit divin positif. Par là on n'entend pas le droit de Dieu , ou son souverain domaine sur les créatures : mais les droits qu'il a donnés aux hommes les uns envers les autres par les lois positives qu'il leur a intimées , soit dans les premiers âges du monde, soit par le
ministère de Moïse , soit par la bouche de Jésus-Christ et des apôtres. Ainsi la soumission des enfants à l'égard de leurs parents , n'est pas seulement de droit naturel , elle est encore de droit divin positif, puisqu'elle est formellement commandée par cette loi : Honore ton père et ta mère , etc. Exod., c. 20 , f. 12; Beat., c. 4, f. 16. L'autorité des pasteurs sur les fidèles est de droit divin positif, ou établi par Jésus-Christ luimême , puisqu'il a établi ses apôtres ju<7esetconducteurs du troupeau. Matt., c. 19,^.28, etc.
Quand on considère la multitude des erreurs dans lesquelles les philosophes et les législateurs sont tombés à l'égard du droit naturel , on comprend combien il a été nécessaire que Dieu le fit connoitre par la révélation , et les instruisît par des lois positives. Il est donc absolument faux que celles-ci soient contraires au droit naturel , puisqu'elles tendent au contraire à le faire mieux connoître et mieux observer. On ne niera pas , sans doute , que le polythéisme et l'idolâtrie ne soient contraires à la loi naturelle ; où sont , parmi les sages du paganisme , ceux qui ont compris cette vérité? Foyez Loi positive.
Droit ecclésiastique ou canonique.
De même que le droit civil est le recueil des lois portées par les souverains pour la police de leurs états, le droit ecclésiastique est le recueil des lois que les premiers pasteurs ont faites en différentes occasions pour maintenir l'ordre, la décence du culte divin et la pureté des mœurs parmi les fidèles; ce sont les décrets des papes et des conciles qui regardent la discipline, les maximes des saints Pères , et les usages qui ont acquis force de loi.
Nos politiques incrédules ont travaillé de leur mieux à sap< r par le fondement tout droit ecclésiastique f en enseignant que les pasteurs de l'Eglise n'ont point le droit de faire des lois que le pouvoir législatif, même en fait ao religion , appartient exclusivement au souverain seul; nous prouverons le contraire à l'art. Lois ecclésiastiques.
S'il existe, disent-ils, un droit cano-
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nique dans l'Eglise chrétienne, c'est; Au cinquième siècle, l'Eglise tomba dans l'Ecriture sainte seuie qu'il auroit \ sous la puissance des Golhs, des Bourdû être puisé; toute autre source est: guignons, des Vandales, qui professoient fausse ou suspecte. l'arianisme; éloit-ce de ces souverains
On sait assez quel respect ces décla- 1 hérétiques qu'elle devoit attendre une mateurs ont pour l'Ecriture sainte ; s'ils | législation ?
l'avoient lue, ils y auroient vu que Je- { 11 y a plus : ces mêmes politiques, sus-Christ a promis à ses apôtres de les " qui déclament contre les lois ecclésiasplacer sur douze sièges pour juger les tiques, voudroient que l'on accordât aux douze tribus d'Israël; que le Saint-Es- calvinistes le libre exercice de leur reprit a établi les pasteurs pour gouverner ligion ; cependant ces sectaires ont touî'Eglise de Dieu ; que saint Paul exhorte jours prétendu avoir le droit de régler les évêques non-seulement à enseigner, leur propre discipline, sans consulter le
mais à commander : que, dans le concile de Jérusalem, les apôtres ont porté des lois ; que , quand le sénat les Juifs , qui jouissoit encore de l'autorité civile, leur
souverain; le recueil de leurs lois ecclésiastiques forme un volume entier. Nos philosophes politiques veulent donc que l'on rétablisse , chez les calvinistes , un
défendit de prêcher l'Evangile, ils répon- ; abus qui leur paroît monstrueux chez dirent qu'ils dévoient obéir à Dieu plutôt 1 les catholiques. Mais peu leur importe de qu'aux hommes. i se contredire, pourvu qu'ils exhalent
Quand on consulte l'histoire , on voit leur bile contre l'Eglise. que pendant près de trois siècles l'Eglise I Selon la raison , disent-ils ; selon les chrétienne a gémi sous le joug des em- j droits des rois et des peuples, lajurispereurs païens, qui en avoient juré la I prudence ecclésiastique ne peut être que
destruction. Elle avoit besoin de lois de discipline, aussi en a-l-elle fait dans ces temps-là, et en grand nombre; il est absurde de prétendre qu'elle devoit les recevoir des empereurs païens , et qu'elle a commis un attentat contre leurs droits, en dressant une législation.
Il est à présumer que le premier empereur qui embrassa le christianisme , connoissoit les droits de la souveraineté,
l'exposé des privilèges accordés aux ecclésiastiques par les souverains , représentant la nation.
Quels hommes, pour fixer les droits des rois et des peuples ! Suivant leurs avis , les souverains ne sont que les représentants de la nation , la royauté n'est qu'une simple commission, et sans doute elle est révocable à volonté. Bientôt cependant l'on nous dira : Dieu par
et qu'il étoit jaloux de les conserver : I qui les rois régnent ;ils sont donc les reor, loin de trouver mauvais que les pas- i présentants de Dieu, et non de la na-
teurs fissent des lois de discipline , il les appuya souvent de son autorité , et ses successeurs ont fait de même. Julien ,
quoique païen et philosophe, trouva de la jurisprudence ecclésiastique, il
cette discipline si sage, qu'il auroit voulu l'introduire parmi les prêtres du paganisme. Cent ans auparavant, Aurélien , qui n'étoit pas plus chrétien que lui , ne voulut pas décider à qui devoit appartenir la maison épiscopale de Paule de Samosate-, il renvoya cette décision au pape et aux évêques d'Italie. Il est étonnant que des hommes , élevés dans le sein du christianisme, entreprennent de dépouiller l'Eglise d'un pouvoir que des souverains païens et despotes ont trouvé bon de lui laisser.
tion. Mais passons encore sur cette contradiction , ce ne sera pas la dernière. Déjà , de la notion qu'ils nous donnent
résulte que depuis quinze cents ans les pasteurs de l'Eglise jouissent du privilège de faire des lois , et qu'ils l'ont exercé pendant toute cette suite de siècles; y a -t- il aujourd'hui quelque possession plus ancienne et plus respectable ? Mais c'est de Jésus-Christ que les pasteurs ont reçu ce privilège ,-el non des souverains ni des nations ; et en le leur donnant, Jésus-Christ a commandé aux souverains et aux peuples de leur être soumis : Obediteprœpositis vestris.
S'il est deux autorités suprêmes, con*
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linuent nos adversaires , deux puissances , deux administrations qui aient leurs droits séparés, l'une fera sans cesse effort contre i'au( ;e , il en résultera nécessairement des chocs perpétuels , des guerres civiles, l'anarchie , la tyrannie, malheurs dont l'histoire nous présente trop souvent l'affreux tableau.
Ces malheurs arriveroient, sans doute, si les deux puissances étoient de même espèce et avoient le même objet ; mais quelle opposition y a-t-il entre ce qui est à César et ce qui est à Dieu? Jésus- Christ lui-même a posé la barrière qui sépare les deux puissances ; elles ne se croiseront jamais , lorsque Ton n'entreprendra pas de la franchir. D'ailleurs , où est le tableau des prétendus malheurs dont on nous parle? De toutes les nations de l'univers il n'en est aucune dont les lois soient plus fixes, le gouvernement plus modéré et plus à couvert des révolutions , les souverains plus respectés , les sujets plus paisibles , que les nations chrétiennes et catholiques. S'il y a eu des contestations autrefois entre les deux puissances , il est absurde de les appeler des guerres civiles , puisqu'il n'y a point eu de sang répandu ; elles ne seroient pas arrivées , si des politiques inquiets , mal instruits , peu religieux , semblantes à ceux d'aujourd'hui , n'avoientpas travaillé à brouiller les deux puissances , afin de profiter des troubles , de satisfaire leur ambition , et de se mettre à la place de l'une des deux. Enfin , un souverain sage , vertueux , respecté et aimé de ses sujets, n'a jamais été obligé de lutter contre la puissance ecclésiastique; l'histoire atteste que ceux qui ont été clans ce cas étoient de fort mauvais princes : il étoit donc de l'intérêt des peuples, que ces maîtres redoutables trouvassent une barrière à leurs volontés arbitraires.
Les ennemis de la puissance ecclésiastique trouvent bon que les empereurs de la Chine et du Japon , les souverains de la Russie et de l'Angleterre, le pape même dans ses états, réunissent l'autorité civile et religieuse; alors, disentils, le pouvoir n'est point divisé, l'unité essentielle de puissance est conservée.
Voilà donc les souverains renvoyés à l'école des Chinois, des Japonois, des Russes et des Anglois , pour apprendre quels sont leurs véritables droits. Mais chez les trois premières de ces nations , le souverain est despote absolu ; il en a été de même en Angleterre, lorsque le souverain s'est rendu tout à la fois chel suprême de l'état et de l'Eglise. Y eut-il jamais autorité plus despotique que celle de Henri VIII et de la reine Elisabeth? Or nos politiques modernes ne cessent de déclamer contre le despotisme, et de nous faire peur de ce monstre. Pour l'enchaîner , il a fallu que les Anglois soumissent la double autorité du roi à celle du parlement, et le réduisissent à être le simple représentant de la nation. Voilà ce que les rois d'Angleterre ont gagné en s'attribuant une autorité qui ne leur appartenoit pas. Mais depuis cette institution , les Anglois ont-ils été plus contents , plus tranquilles , plus exempts de troubles qu'auparavant? Sans cesse ils vantent leur constitution , ei "ans cesse ils déclament et murmurent.
Toute religion , disent enfin nos dissertateurs, est dans l'état, tout prêtre est dans la société civile , tout ecclésiastique est sujet du souverain. Une religion qui le rendroit indépendant, ne sauroit venir de Dieu, auteur de la société , de Dieu par qui les rois régnent, de Dieu source éternelle de l'ordre.
Tout cela est vrai, et il. ne s'ensuit rien. Tout ecclésiastique est dépendant du souverain , dans l'ordre civil; comme tout autre sujet il doit être soumis à toutes les lois civiles ; il doit même prêcher l'obéissance sur ce point , et en donner l'exemple comme les apôtres. Mais , encore une fois, l'ordre civil et l'ordre religieux sont deux ordres très- différents, et le second, loin de nuire au premier , lui sert d'appui. Nos politiques antichrétiens sont les plus ardents à soutenu que le souverain n'a rien à voir à la religion de ses sujets, que tous ont le droit naturel de servir Dieu selon leur conscieu<e, etc., et ils veulent que le souverain ait le droit naturel de prescrire aux nvnistres de la religion ce qu'ils doivent enseigner,
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Troisième con-
prescnre et pratiquer tradiction.
L'on conçoit que ces raisonneurs , en partant ainsi de principes faux et contradictoires , ne peuvent établir que des erreurs et des absurdités touchant les fonctions ecclésiastiques, l'enseignement des dogmes, l'administration des sacrements , les peines canoniques , les biens, les immunités , la juridiction des ecclésiastiques. Nous traiterons ces divers objets chacun en son lieu , et l'on y trouvera la réponse à leurs autres objections. Foy. Discipline , Lois ecclésiastiques, Hiérarchie.
DUALISME ou DITHÉISME. Voyez Manichéisme.
DUEL, combat singulier, ou d'homme à homme , pour venger une injure ( N* XXIX, page. 586. ) Le père Gardil , barnabite , actuellement cardinal, a fait un très-bon traité contre les combats singuliers, imprimé à Turin, î'n-8° ; nous nous bornerons à en faire un court extrait.
Ce n'est pas, dit le savant auteur, chez les peuples éclairés et polis qu'il
nommoit ces épreuves le jugement de Dieu ; comme si Dieu devoit toujours se déclarer d'une manière sensible en faveur de l'innocence et du bon droit.
Aucun de ces préjugés absurdes n'est propre à rendre moins odieux l'usage descombats singuliers. Quand il seroit possible de les excuser par l'ignorance, lorsqu'ils se faisoient par autorité publique et en vertu d'une loi , aucune raison ne pourroit encore les justifier dans une société policée, où c'est un attentat contre toutes les lois divines et humaines.
En effet , le duel est évidemment contraire , 1° à la loi divine, qui interdit le meurtre et la violence , et qui défend à tout particulier de se venger ; 2° aux lois ecclésiastiques , qui ont lancé l'excommunication contre les duellistes, et défendent d'accorder la sépulture ecclésiastique à ceux qui sont tu^s. dans ces combats; 5° aux lois civiles, qui condamnent à la mort tout meurtrier, sans excepter ceux qui ont commis ce crime dans un duel , qui veulent même que l'on demande grâce pour un homicide involontaire et imprévu ; 4° c'est une
faut chercher l'origine des duels, ils \ révolte contre l'autorité publique, qui
sont nés chez les Barbares du Nord; c'est un des usages cruels que ces con-
a établi des juges et des tribunaux pour rendre justice à tout homme offensé , et
quérants introduisirent dans les contrées qui défend à tout particulier de se la
dont ils se rendirent les maîtres. On en voit les premiers vestiges dans la loi des
faire à soi-même ; 5° c'est une preuve de valeur très-équivoque , puisqu'il est
Bourguignons, rédigée au commence- \ prouvé par l'expérience, que les spament du sixième siècle; elle ordonnoit \ dassins de profession ne sont pas les plus le combat entre les plaideurs , lorsqu'ils ; braves dans une expédition militaire, où refusoient de se purger par serment : le ■ il est besoin d'un courage réfléchi ; aussi même abus étoit autorisé par la loi des ;; les plus grands capitaines et les meilleurs Lombards. t politiques ont-ils blâmé et méprisé cette
Si l'on veut remonter à la cause de \ fausse bravoure ; 6° la cause de ces cet usage barbare , on verra que ce fut , '' combats est presque toujours odieuse, 1° une indépendance et une liberté sau- \ puisque c'est la brutalité , l'insolence , le vage, en vertu de laquelle tout homme ■ libertinage , le mépris de la discipline et se prétendoit en droit de se faire justice de la subordination ; il est peu de duelà soi-même , ou plutôt ne connoissoit ; listes qui ne soient capables de faire
d'autre droit que la force ; 2° le point d'honneur mal entendu , fondé sur une fausse notion de la valeur et du courage, qui faisoit consister tout le mérite d'un homme dans la force du corps ; 3° une superstition aveugle , qui regardoit l'issue d'un combat comme un témoignage de la Divinité, puisque l'on
une bassesse pour satisfaire une passion déréglée ; 7° comment un homme sensé peut-il s'en faire honneur, après que l'on a vu cette fureur se communiquer au plus vil peuple , et jusqu'à des femmes? Vainement quelques raisonneurs ont prétendu que le duel pouvoit être autorisé en certains cas par la loi naturelle
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qui permet la juste défense de soi-même; ils ont grossièrement confondu toutes les notions. La défense de soi-même n'est juste que quand un homme est attaqué par un ennemi sans l'avoir provoqué, et sans s'y être exposé volontairement ; mais la défense est aussi injuste que l'attaque, lorsque l'un a proposé le combat , et que l'autre l'a accepté , qu'ils sont convenus du temps, du lieu, des armes, etc.; ou plutôt c'est une attaque mutuelle préméditée, et non une défense forcée par la nécessité. On le comprend si bien que pour excuser le crime d'un duel , on tâche de le faire passer pour une rencontre fortuite.
Mais celui qui refuse le combat sera déshonoré.... Il le sera peut-être chez les insensés, qui n'ont ni raison , ni religion, ni véritable idée de l'honneur; leur mépris est -il un malheur assez grand , pour qu'il faille l'acheter par un crime , quand on est sûr d'être approuvé et estimé par les sages ? Un homme , dont le courage est prouvé d'ailleurs , n'a pas besoin de l'approbation des insensés pour conserver sa réputation.
Il est constant que la fureur des duels
quelle il les fit exécuter diminua beaucoup le nombre des duels.
Dans un discours fait en 1614, !e chancelier Bacon nous apprend que celle fureur faisoit alors autant de ravages en Angleterre que partout ailleurs; aujourd'hui elle y est presque inconnue, sans que les Anglois aient rien perdu du côté de la bravoure militaire ; il y a donc des moyens efficaces pour réprimer celte épidémie , sans aucun préjudice pour le bien de l'état.
Ceux que le même Bacon propose, sont 1° de faire exécuter rigoureusement les édits , et de ne jamais user d'indulgence envers un coupable, fut-il de la plus haute qualité ; 2° de priver de toute distinction, de toute charge, de toute marque d'honneur , ceux qui ont violé la loi ; 5° de prévenir les causes du duel, en faisant punir avec sévérité toutes les insultes et les injustices qui pourroient y donner lieu ; 4° plusieurs écrivains ont prétendu que la loi seroit mieux observée , si la peine de mortétoit supprimée, et si le châtiment se bornoit à quelque espèce d'infamie. Ce n'est point à nous de prescrire au gouvernement
sous le règne de François Ier , que la
se multiplia principalement en France, les moyens dont il peut et doit user
pour faire cesser un désordre qui , de
valeur romanesque et peu sage de ce tout temps , a fait gémir les sage*.
prince en fut la cause. Ses successeurs j donnèrent inutilement des édits pour arrêter la contagion de cette frénésie ; leur gouvernement n'étoit pas assez
On dit que tous les moyens seront inutiles, que le préjugé du point d'honneur sera toujours plus fort que la raison , que les lois et que les peines. Si ferme pour les faire exécuter. Le duc j cela étoit vrai , où seroit donc V honneur
de Sully a blâmé hautement son maître Henri IV de la facilité avec laquelle il accordoit l'abolition de la peine des duels. Aussi en 1007, un secrétaire d'état supputa que depuis l'avènement de ce prince au trône, dans un espace de dixhuit ans , il avoit péri quatre mille gentilshomme par le duel. Un autre auteur rapporte qu'il y eut au moins trois cents victimes de cette manie sous la minorité de Louis XIV; et selon le calcul de Théophile Raynaud, dans trente années, le duel en lit périr un assez grand nombre pour composer une armée. C'est ce qui força Louis XIV de renouveler les anciens édits touchant ce désordre , et d'en aggraver les peines : la fermeté avec la-
dc préférer l'empire du préjugé à celui de la raison et des lois? Mais l'expérience prouve que cela est faux; puisque la raison et les lois ont enfin prévalu ailleurs, nous ne voyons pas sur que] fondement l'on suppose que notre nation est plus intraitable et plus incorrigible que les autres.
Quelques philosophes ont voulu se servir de la fureur des duels, pour prouver que les motifs de religion font beaucoup moins d'impression sur les hommes que le point d'honneur; mais il en résulte aussi que ce préjugé est plus puissant que les lois civiles et que la crainte de la mort ; en conclura-t-on que les lois civiles et les peines sont inu-
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tiles, et ne produisent aucun effet? L'on le premier plan de la liturgie chrétienne;
na pas compté le nombre de ceux qui ont refusé hautement et hardiment le duel par motif de religion.
DULCINISTES. Voyez Apostoliques.
DULIE , service ; ce mot vient du mot JoGiies, serviteur. C'est un terme usité parmi les théologiens, pour exprimer le culte qu'on rend aux saints , à cause des dons excellents et des qualités surnaturelles dont Dieu les a favorisés. Les protestants ont affecté de confondre ce culte , que les catholiques rendent aus
il y est fait mention des anges qui présentent à Dieu les prières des fidèles , c 5, f. 8; c. 8, f. 3. Dans la lettre de l'Eglise de Smyrne au sujet du martyre de saint Polycarpe , qui est de l'an 169, il est dit, n° 17 , que les païens et les Juifs vouloient empêcher que les restes de son coips ne fussent livrés aux chrétiens , de peur que ce martyr ne fût adoré par eux au lieu du crucifié. Cette crainte chimérique n'auroit pas pu avoir lieu, si les chrétiens n'avoient rendu au-
saints , avec le culte d'adoration qui n'est cun honneur religieux aux martyrs. Ils
dû qu'à Dieu seul. Ceux-ci, en expliquant leur croyance , se sont fortement récriés sur l'injustice et la fausseté de cette imputation. L'Eglise a toujours pensé sur cet article, comme saint Augustin le remontroit aux manichéens :
nous honorons les martyrs, dit ce Père , d'un culte d'affection et de société , tel que celui qu'on rend en ce monde aux saints, aux serviteurs de Dieu. Mais nous ne rendons qu'à Dieu seul le culte suprême nommé en grec latrie, parce que c'est un respect et une soumission qui ne sont dus qu'à lui. Lib. 20, contra Faust., c. 21.
Daillé convient que les Pères du quatrième siècle ont mis une différence entre le culte de latrie et celui de dulie; mais il ne faut pas croire que le culte rendu aux saints n'a commencé qu'à cette époque. Les Pères du quatrième siècle n'ont fait que suivre la croyance et les pratiques des siècles précédents. Dès le second , saint Justin , Jpol., 2, n. 6 , dit que les chrétiens adorent Dieu le Père , le Fils et l'Esprit prophétique, et qu'ils honorent les anges. Ainsi barheyrac a fait à ce Père un grave reproche à ce sujet parce que c'est une réfutation des fausses allégations des protestants.
Quoique les liturgies, suivant l'opinion commune, n'aient été mises par écrit qu'au quatrième siècle, elles étoient en usage depuis les apôtres : or les plus anciennes renferme M l'invocation des saints. Dans l'Apocalypse, nous trouvons
déclarent qu'il leur est impossible de rendre un culte à un autre qu'à Jésus- Christ , bien entendu qu'ils parlent d'un culte suprême, puisqu'ils ajoutent: «Nous » l'adorons comme Fils de Dieu , et nous » aimons les martyrs comme ses dis- » ciples et ses imitateurs. » Mais les aimer , et témoigner cet amour par des marques extérieures de respect , n'estce pas leur rendre un culte? Julien , qui a écrit au quatrième siècle , pense qu'avant la mort de saint Jean, les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul étoient déjà honorés , quoiqu'en secret ; dans saint Cyrille, 1. 10, p. 227; et que les chrétiens ont appris des apôtres cette pratique, qu'il appelle une magie exécrable. Ibid., p. 539.
Nous convenons que, dans l'origine et dans le sens grammatical , les termes dulie et latrie sont synonymes. Il ne s'ensuit pas que nous servions les saints comme nous servons Dieu. Dieu est notre souverain maître, les saints ne sont que nos protecteurs auprès de lui. Voyez Culte , Saints , etc.
DYSCOLE , du grec c5Wx&;.o?, dur et fâcheux. Il n'est guère d'usage qu'en controverse. Saint Pierre veut que les serviteurs chrétiens soient soumis à leurs maîtres , non-seulement lorsqu'ils ont le bonheur d'en avoir de doux et d'équitables, mais encore lorsque la Providence leur en donne de fâcheux et d'injustes, ou dyscoles.
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JliAU. Dans l'Ecriture sainte , les eaux sont souvent prises dans un sens métaphorique et dans deux significations opposées. 1° Les eaux désignent quelquefois les bienfaits de Dieu. Num., c. 24 , $. 7. Les eaux couleront de son vase , c'est-à-dire , il aura une postérité nombreuse. Une eau qui rafraîchit et qui désaltère est le symbole des consolations divines. Ps. 22 , f. 2 , etc. Jésus-Christ appelle sa doctrine et sa grâce une eau vive, parce qu'elle produit dans nos âmes le même effet que Veau qui rend le terre féconde.
2° Dans un sens contraire, les fléaux de la colère de Dieu sont comparés aux eaux débordées qui ravagent une contrée. Ps. 17 , jL 17, le Seigneur m'a tiré d'un abîme d'eau, c'est-à-dire, des malheurs qui avoient fondu sur moi.
Dans le style prophétique, les eaux désignent quelquefois une armée ennemie prête à se répandre comme un torrent ou un fleuve débordé, et à tout ravager sur son passage , Isaï., c. 8, f. 7, etc.
Il est dit dans l'histoire de la création , Gen., c. 1 , f. 6 , que Dieu fit un firmament pour diviser les eaux; qu'il sépara celles qui étoient au-dessus du firmament d'avec celles qui étoient au-dessous, et qu'il nomma ce firmament le ciel. De là quelques incrédules ont pris occasion de dire que Moïse et les Hébreux conceveient le ciel comme une voûte solide sur laquelle portent des eaux, et qu'il y a des ouvertures dans cette voûte pour les laisser tomber en pluie. C'est chercher du ridicule où il n'y en a point. Au mot Ciel, nous avons déjà observé que le mot hébreu, rendu par firmamentum, signifie seulement une étendue ; par conséquent Moïse a dit simplement que Dieu fit un espace très-étendu pour diviser les eaux qui sont dans les mers et dans les rivières, d'avec celles qui sont réduites en vapeur,
et qui demeurent suspendues dans l'atmosphère ; en quoi il n'y a rien de con«. traire à la physique.
Nous lisons dans l'Evangile , Matth., c. 14; Marc., c. 6; Joan., c. 6, que Jésus-Christ marcha sur les eaux du lac de Génésareth , et y fit marcher saint Pierre ; que ce miracle causa le plus grand étonnement à ses disciples , et les convainquit de la divinité de leur Maître. Pour réduire à rien ce prodige, un critique a dit que probablement les disciples virent seulement l'ombre de Jésus à côté de leur barque, et que la frayeur leur fit croire qu'il avoit marché sur les eaux.
Mais si Jésus -Christ n'y avoit pas marché réellement, il n'auroitpas pu se trouver à ce moment près de ses disciples, puisqu'il étoit demeuré de l'autre côté du lac , lorsqu'ils s'embarquèrent pour le traverser. C'étoit vers la quatrième veille de la nuit, c'est-à-dire , au point du jour; alors les corps ne donnent point d'ombre. Les disciples ne furent point effrayés , mais étonnés , puisque saint Pierre lui dit : Seigneur , si c'est vous, ordonnez-moi d'aller à vous sur les eaux ; et il y alla en elïet sur la parole de Jésus-Christ. Cet apôtre n'a pas pu rêver qu'il marchoit sur les eaux , qu'il craignit d'enfoncer, que Jésus lui tendit la main , lui reprocha son peu de foi , etc. Ou il faut soutenir que toute cette narration est mie fable inventée par trois évangélistes , ou il faut convenir que c'est un miracle.
Eau changée ex vin. Voyez Cana.
Eau de Jalousie. Voyez Jalousie.
Eau employée dans les cérémonies de religion. Un sentiment de gratitude a porté les hommes à faire à Dieu l'offrande de leurs aliments et de leur boisson, comme un hommage de soumission et de reconnoissance ; de là est né l'usage de faire des libations dans les
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sacrifices, ou de répandre de Veau sur les victimes. Lorsque Ton sut faire du vin et d'autres liqueurs, on en répandit au lieu d'eau, et l'on en fit des libations.
L'auteur de Y Antiquité dévoilée par ses usages a cru que ces effusions d'eau éloicnt un signe commémoratif du déluge universel : c'est une imagination sans fondement. Il falloit de Veau pour laver les victimes, comme il falloit du feu pour les consumer; on n'en mangeoit pas la chair sans boire : Veau n'avoit pas plus de rapport au déluge que le feu à l'embrasement de Sodome.
Il est dit, /. Reg.y c. 7, f. 6, qu'à l'invitation de Samuel, les Israélites s'assemblèrent à Maspha , qu'ils puisèrent et répandirent Veau devant le Seigneur, et jeûnèrent tout le jour pour expier leurs fautes. Cela paroît signifier qu'ils portèrent la rigueur du jeûne jusqu'à s'abstenir de toute boisson, et que pour y obliger tout le monde, ils épuisèrent les puits et les citernes de Maspha.
Nous voyons, par plusieurs exemples, que les jours de jeûne solennel , les Juifs s'abstenoient de boire aussi-bien que de manger. Esdras, 1. 1 , c. 10, j. 6; Esth., c. 4, f. 16; Joan.y c. 3, f. 7. Il ne s'ensuit donc pas que les Juifs crurent expier leur idolâtrie en versant des cruches (Veau, comme quelques incrédules ont trouvé bon de l'imaginer.
Eau bénite. C'est une coutume trèsancienne dans l'Eglise catholique de bénir , par des prières , des exorcismes et des cérémonies , de Veau dont elle fait une aspersion sur les fidèles, et sur les choses qui sont à leur usage. Par cette bénédiction, l'Eglise demande à Dieu de purifier du péché ceux qui s'en serviront, d'écarter d'eux les embûches de l'ennemi du salut et les fléaux de ce monde. Dans les Constitutions apostoliques, rédigées sur la fin du quatrième siècle, Veau bénite est appelée un moyen d'expier le péché et de mettre en fuite le démon. Le père Le Brun, Explic. des
€erem., tom.
le
l'usa
témoignage
'e de
1 , pag. 76 , a prouvé, par
des anciens Pères, que
Veau bénite est de tradition
apostolique, et il a été conservé chez ics Orientaux , séparés de l'Eglise ro-
maine depuis plus de douze cents ans.
On l'a jugé nécessaire , surtout dans les premiers siècles, lorsque la magie, les sortilèges et les autres superstitions du paganisme avoient fasciné tous les esprits; un chrétien, qui se servoit d'eau bénite et sanctifiée par l'Eglise, faisoit profession, par ce signe même, de renoncer à toutes ces absurdités, et de les rejeter comme injurieuses à Dieu. Nous ne concevons pas comment les protestants et leurs copistes peuvent appeler superstitieux un usage destiné à bannir les superstitions païennes.
Dans toutes les religions, l'on a compris que , pour rendre notre culte agréable à Dieu , il faut nous purifier du péché par des sentiments de componction, puisque Dieu a promis de pardonner au pécheur lorsqu'il se repentiroit. Or, se reconnoître coupable, sentir le besoin que l'on a d'être purifié, et en faire l'aveu, est déjà un commencement de pénitence. Le témoigner par le signe extérieur de purification, afin d'exciter en nous le regret d'avoir péché et le désir de nous corriger, est donc une pratique religieuse, utile et louable ; et c'est la leçon que l'Eglise fait aux fidèles en bénissant de Veau, afin qu'ils s'en servent dans ce dessein.
Conséquemment l'usage de faire sur soi-même une aspersion d'eau bénite en entrant dans l'église , a été observé dès les premiers siècles. Eusèbe , Hist. écoles., 1. 10, c. 4, dit que Paulin fit placer à l'entrée de l'église de Tyr , une fontaine, symbole d'expiation sacrée. Saint Jean Chrysostome reprend ceux qui, en entrant dans l'église, lavent leurs mains et non leurs cœurs , Hom. 71 , in Joan. Synésius, epist. 424, parle d'une eau lustrale placée à l'entrée des temples, et dit que c'est pour les expiations de la ville.
Bingham et d'autres protestants prétendent que cette ablution pratiquée par les anciens , n'étoil point une purification, mais une cérémonie indifférente, ou tout au plus un signe extérieur de la pureté de Pâme avec laquelle il falloit entrer dans le temple du Seigneur; ils soutiennent que l'usage ar.tuel de Veau
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bénite est un abus , une corruption de l'ancien usage , une superstition du paganisme, renouvelée par l'Eglise romaine.
Etrange manière de raisonner! Pratiquer un signe extérieur de purification , afin de nous souvenir de la pureté d'âme que nous devons avoir pour honorer Dieu, est-ce une cérémonie indifférente? Si elle eût été superstitieuse, les anciens Pères l'auroient blâmée. Un chrétien qui se persuaderoit que Veau seule peut le purifier, seroit un insensé; l'Eglise, en faisant l'aspersion de Veau bénite , met à la bouche des fidèles ces paroles du psaume 50 : a Vous ferez sur » moi , Seigneur, une aspersion , et je » serai purifié : vous me laverez vous- » même , et vous me rendrez blanc » comme la neige. » C'est donc de Dieu, et non de Veau que nous devons attendre la pureté d'âme , et c'est pour la lui demander que nous employons le signe extérieur qui la représente.
Les païens avoient un vase d'eau lustrale à l'entrée de leurs temples , nous le savons; cette pratique n'étoit pas mauvaise en elle-même , mais elle étoit mal appliquée : ils imaginoient que celle eau par elle-même les purifioit, sans qu'il fût besoin de se repentir et de changer de vie : ils étoient dans l'erreur. Si un chrétien pensoit comme eux, ilauroit tort aussi-bien qu'eux. Les Juifs avoient aussi une eau d'expiation , dont il est parlé, Num., c. 19; ils en faisoient des aspersions , et il ne s'ensuit rien. Veau bénite n'a pas plus de relation au paganisme et au judaïsme qu'à la religion des Noachides. Jacob , prêt à offrir un sacrifice à Dieu, dit à ses gens : Purifiez - vous , et changez d'habits. Gcn., c. 55, jr. 2. Dans tous les temps et chez tous les peuples , les ablutions religieuses ont été en usage ; pourquoi l'Eglise chrétienne auroit-elle supprimé un rit aussi ancien que le monde ? SY falloit bannir tout ce qui a été pratique par les païens, il faudroit retranchci tout culte extérieur , ne plus se mettre à genoux, s'incliner, se prosterner, parce qu'ils ont fait tout cela devant leurs idoles.