‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 76 sur 114 · G ECL · texte numérisé non relu

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ont séduit les peuples par les apparences et par les promesses d'une prétendue perfection , tous ont exagéré et censuré avec aigreur les vices et les scandales qui régnoient dans la société, sur les ruines de laquelle ils vouloient établir la leur. Si un accès d'enthousiasme a mis d'abord un peu plus de régularité parmi eux, ce prodige n'a pas duré longtemps; bientôt ces réformateurs de VEglise ont été réduits à déplorer les désordres qu'ils ont vu naître parmi leurs sectateurs. Depuis quinze siècles , les esprits foibles et légers se sont laissé prendre au même piège.

§ IL Notes ou caractères de VEglise.

Toutes les sectes qui font profession de croire en Jésus- Christ, prétendent que leur société est la véritable Eglise formée par le divin Sauveur : toutes ontelles également raison ou tort? Puisque Jésus-Christ nomme VEglise son royaume, son bercail, son héritage, sans doute il nous a donné des marques pour la reconnoître. Selon le symbole dressé au concile général de Constantinoplc, et qui n'est qu'une extension de celui de ISMcée, VEglise est une, sainte, catholique, et apostolique. C'est à nous de faire voir qu'il y a en elfet dans le monde une société chrétienne qui réunit tous ces caractères, et qu'ils ne se trouvent point ailleurs; tous sont une conséquence de la notion que nous avons donnée de VEglise.

Déjà nous avons observé que, s?ns unité , il n'y a point de société proprement dite.(Ne XXXI p. 590.) Jésus-Clirist confirme celte vérité, lorsqu'il peint VEglise comme un royaume dont il est le chef souverain : et il nous avertit qu'un royaume divisé au dedans sera* détruit. Malth., c. 12, f. 25. Il demande que ses disciples soient unis comme il l'est lui-même avec son Père. Joan., c. 17, $. M. Il dit : o J'ai encore des » brebis qui ne sont point de ce bercail, » il faut que je les y amène; et alors il » n'y aura plus qu'un bercail sous un » même pasteur. vJoan., c. 10, i. 10.

Il se représente comme un père de famille qui envoie des ouvriers travailler dans sa vigne, qui fait rendre compte

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à ses serviteurs , etc. Toutes ces idées de royaume , de bercail , de famille , n'emportent -elles pas l'union la plus étroite entre les membres ?

Saint Paul enchérit encore , lorsqu'il compare Y Eglise chrétienne au corps humain, et les fidèles aux membres qui la composent, a Nous avons été baptisés, » dit-il , pour former un seul corps et

» avoir un même esprit Il ne doit

» point y avoir de division dans ce corps, » mais tous les membres doivent s'aider «mutuellement; si l'un souffre, tous » doivent y compatir; si l'un est en hon- » neur , c'est un sujet de joie pour tous. » Vous êtes le corps de Jésus-Christ , et » membres les uns des autres. » /. Cor., c. 12, f. 15 et \$\Rom., c. 12. f. 5; Ephes.j c. 4 , f. 15 , etc.

Or, en quoi consiste cette unité, sinon dans les trois liens dont nous avons parlé, dans la foi, dans l'usage des sacrements, dans la subordination envers les pasteurs? Si l'un vient à manquer, comment subsistera la vie des membres et la santé du corps? Toute partie qui se sépare de l'un de ces trois chefs, ne tient plus au corps de Y Eglise. Saint Paul nous le fait assez comprendre, lorsqu'après avoir dit qu'il ne doit y avoir qu'un seul corps et un seul esprit, il ajoute qu'il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême, que Dieu a établi des apôtres, des pasteurs et des docteurs, pour nous amener à l'unité de la foi.

Evhes., c. 4, f. 4, 15.

En effet, si Jésus-Christ a enseigné telle doctrine , s'il a institué tel nombre de sacrements , s'il a établi des pasteurs et les a revêtus de telle autorité , personne ne peut se soustraire à l'une de ces institutions sans résister à l'ordre de Jésus-Christ, par conséquent sans perdre la foi telle que saint Paul l'exige. Il est assez prouvé par l'expérience, que tout parti qui fait schisme sur l'un de ses chefs, ne tarde pas de tomber dans l'erreur et dans l'hérésie.

On dira, sans doute , que V unité dont parle saint Paul consiste principalement dans la charité, dans la paix , clans la tolérance mutuelle. Mais jamais saint Paul n'a ordonné de tolérer L'erreur ni la rc-

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volte contre l'ordre établi dans Y Eglise; il a commandé le contraire. Il est absurde de prétendre que la tolérance des opinions opère l'unité de croyance, et que la tolérance des abus produit l'unité des usages. A-t-on déjà vu régner la charité et la paix où domine l'indépendance et l'indocilité? Jamais l'Eglise n'a eu d'ennemis plus terribles que ses enfants révoltés. On sait comment les schismatiques , après avoir prêché la tolérance lorsqu'ils étoient foibles, l'ont observée dès quMls ont été les maîtres.

Vainement encore les protestants ont voulu réduire l'unité de la foi à la profession de certains dogmes qu'ils ont nommés fondamentaux ; comme s'il étoit indifférent au salut de croire ou de ne pas croire les autres. Tout ce que Jésus -Christ a révélé est fondamental dans ce sens , qu'il n'est pas permis d'en rejeter un seul article par indocilité et par opiniâtreté. Il nous avertit lui-même que quiconque ne croira pas à l'Evangile sera condamné, Marc, cap. 16, f. 1G :

or, YEvangile est toute la doctrine de Jésus-Christ sans exception. Il dit à ses apôtres : Apprenez à toutes les nations à garder toutes les choses que je vous ai ordonnées. Matlh., c. 28, jr. 20 ; rien n'est excepté. Lorsque saint Paul dit que quelques-uns ont fait naufrage dans la foi , sont déchus de leur foi, ont renversé la foi de plusieurs, etc., il n'entend pas qu'ils ont rejeté tous les articles de foi , ou l'un des articles fondamentaux ; il regarde comme hérétiques Hyménée , Philète , qui enseignoient que la résurrection étoit déjà faite. //. Timolh., cap. 2,^.18. Vog. Fondamental.

Les protestants ont eu recours à ce système, parce qu'ils ont bien senti qu'il leur étoit impossible d'établir entr'eux aucune espèce d'unité. Le principe dont ils ont fait la base de leur schisme, savoir que l'Ecriture sainte est la seule règle de foi , que tout particulier a droit de l'interpréter comme il entend , et de s'en tenir à la doctrine qu'il y trouve, est une source de division et non de réunion. Les luthériens, les calvinistes,, les anglicans, les sociniens , qui sont les quatre branches principales du protes-

tantisme , n'ont jamais pu convenir «ntr'cux de la même confession de foi, ni former ensemble une seule Eglise.

Il en est de même des grecs schismatiques, des jacobites, des nestoriens et des arméniens ; toutes ces sectes se détestent autant qu'elles haïssent l'Eglise romaine.

Celle-ci seule, qui prend pour règle de la foi et de l'interprétation de l'Ecriture , la tradition constante , universelle et perpétuelle de toutes les Eglises particulières, peut maintenir et maintient, parmi ses membres, l'unité de croyance, suit la même confession de foi , pratique le même culte , observe les mêmes lois. Il n'est aucun catholique, dans aucun lieu du monde , qui n'adopte et ne signe le symbole de foi et les canons dressés par le concile de Trente.

Le second caractère de VEglise estla.

sainteté. Saint Paul dit que Jésus-Christ s'est livré pour son Eglise , afin de la sanctifier et de se former une Eglise pure et sans tache, Ephes., c. 5, f. 26 ; et il lui a promis d'être avec elle jusqu'à la consommation des siècles. Malt., c. 8, f. 20. Il y auroit de l'impiété à croire que Jésus-Christ n'accomplit ni son dessein , ni sa promesse. Il suffît de jeter les yeux sur un martyrologe ou sur un calandrier, pour voir la multitude de saints qui se sont formés dans VEglise, et il y en a eu dans tous les siècles. Mais, outre ce nombre infini de saints qui se sont fait admirer par des vertus héroïques , et auxquels les peuples n'ont pu refuser leurs hommages , il en est une plus grande multitude qui se sont sanctifiés par des vertus obscures , et cachées .aux yeux des hommes. Aujourd'hui encore, malgré la corruption des mœurs publiques, il se fait dans VEglise autant de bonnes œuvres et d'actes de verlus que dans les siècles précédents. Or, tous ces justes se sont sanctifiés par la foi , par l'usage des sacrements , par la soumission à la discipline et aux lois de VEglise romaine.

Malgré leur animosité contre elle, les protestants n'oseroient plus l'accuser de professer une doctrine qui porte au crime , de fomenter les vices par les sa-

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