‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 77 sur 114 · X EGL · texte numérisé non relu

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crements , de corrompre les mœurs par ses lois ; cette calomnie ne se trouve plus que dans les écrits des premiers prédicants et des incrédules. Si , dans les premiers moments de fougue , les réformateurs lui ont reproché l'idolâtrie , et ont soutenuqu'ilétoitimpossible de se sauver dans son sein, leurs successeurs, plus modérés , se sont désistés de cette prétention ; ils se bornent à dire que nous ne sommes pas plus saints qu'eux. Mais il y a une différence ; ceux qui sont vicieux parmi nous contredisent la doctrine qu'ils professent, négligent les sacrements ou les profanent , violent les lois que VEglise leur impose. Pour être vicieux parmi les protestants , il n*est besoin que de suivre à la lettre la doctrine des prétendus réformateurs ; ce qu'ils ont enseigné sur la foi justifiante , sur l'inamissibilité de la justice, sur le mérite des bonnes œuvres , sur l'effet des sacrements, sur l'inutilité des mortifications , etc., .est plus propre à fomenter les vices qu'à les réprimer. Ils ont retranché du culte les pratiques les plus capables d'inspirer la piété, le respect pour la Majesté divine , la reconnoissance, la confiance en Dieu . l'esprit d'humilité et de pénitence ; eux-mêmes, loin d'avoir été des modèles de vertu, ont donné l'exemple de vices très-grossiers.

Quelques-uns ont été assez raisonnables pour convenir qu'il y a eu des saints dans VEglise romaine, non-seulement pendant les premiers siècles, mais dans les derniers temps; la plupart néanmoins n'ont pas cessé de décrier la doctrine, la conduite, les intentions, les vertus des saints mêmes pour lesquels VEglise a le plus de respect ; ils ont ainsi fourni des armes aux incrédules, pour attaquer la sainteté des apôtres et celle de Jésus-Christ même. Vog. Plues de l'Eglise , Saints, elc.

Les schismatiques orientaux ont mis au nombre de leurs saints plusieurs de leurs évèques et de leurs docteurs; mais quand ces personnages auroient eu les vertus qu'on leur attribue, leur opiniâtreté dans le schisme, leur haine et leurs déclamations cou Ire VEglise romaine sont des vices plus que suffisants pour

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les priver de la couronne des saints.

Lorsque les donatistcs vantoient les verdis de leurs pasteurs ou la constance de leurs martyrs, les Pères de YEglise ont soutenu que , hors de l'unité de Y Eglise, il nepouvoit y avoir de vraie sainteté.

Le troisième signe pour discerner la véritable Eglise , et le plus visible de tous, est la catholicité , c'est-à-dire l'universalité. Jésus -Christ a envoyé ses apôtres enseigner toutes les nations, Matth., c. 28, f. 19, et prêcher l'Evangile à toute créature, Marc, cap. 16, f. 15; d'autre côté, il a voulu que ses brebis fussent dans un bercail, sous un même pasteur, Joan., c. 10, f. 16. Il faut donc que la doctrine , les sacrements, le culte soient partout les mêmes : c'est en cela que consiste l'unité, comme nous l'avons fait voir. Or , cette uniformité dans l'universalité même , est ce que nous appelons la catholicité. Aussi saint Paul faisoit profession d'enseigner la même chose partout et dans toutes les Eglises. I. Cor.,c. 4, f. 17; c. 7,

Telle est la notion que nous ont donnée de r Eglise les Pères les plus anciens. « Semblables , dit saint Irénée , à » une seule famille qui n'a qu'un cœur , » qu'une âme, qu'une même voix , elle » croit, enseigne et prêche partout de » même, d'un consentement unanime. »

Adv. Hœr., 1. 1, c. 10, n. 1 et 2. Tertullien , dans son livre des Prescriptions contre les hérétiques , leur opposoit le témoignage des Eglises apostoliques , auquel toutes lès autres hglises s'en rapportoient. Saint Cyrille raisonnoit de même contre les schismatiques , dans son Traité sur Vunité de V Eglise catholique, et saint Augustin dans ses divers ouvrages contre les donatistes. Tous ont regardé la croyance uniforme des différentes Eglises du monde comme une règle inviolable de foi et de conduite. Tel est le sens que donne M. Bossuet au mot Catholique , 7re Instruction pastorale sur les promesses de l'Eglise, n. 29.

C'est aussi selon cette tradition constante et universelle de toutes les Eglises .chrétiennes , que les conciles de tous les

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siècles ont décidé les dogmes contestés par les hérétiques ; le concile de Nicée opposa cette règle aux ariens, tout comme le concile de Trente s'en est servi contre les protestants. On leur a dit : Toutes les Eglises chrétiennes ont cru et croient encore de cette mrmère : donc c'est la véritable foi.

Loin de disputer à Y Eglise romaine la catholicité ainsi entendue , les autres secles la lui reprochent comme une erreur : elles ne veulent point d'autre règle de leur foi que l'Ecriture sainte ; elles accusent les catholiques d'opposer à la parole de Dieu la parole et l'autorité des hommes. Parmi nous , le fidèle le plus ignorant ne peut donc pas ignorer que le titre de catholique appartient exclusivement à Y Eglise romaine ; il entend parfaitement le sens de ce terme , lorsqu'en récitant le symbole il dit : Je crois la sainte Eglise catholique ; il veut dire, je reconnois pour la véritable Eglise de Jésus-Christ, celle qui prend la croyance universelle pour règle de la sienne.

Nous n'en soutenons pas moins que la catholicité ou l'universalité convient aussi à Y Eglise romaine dans ce sens qu'elle a des membres dans tous les pays du monde , et qu'à tout prendre , elle est la plus universelle ou la plus étendue de toutes les Eglises ; mais un simple fidèle n'a pas besoin de vérifier ce fait pour former sa foi ; il lui suffit de comprendre et de .«'en tir que la règle de toi que YEglise lui propose , est la seule qui soit à sa ryortée , et qui convienne à sa foible capacité.

A la vérité , les sectes des chrétiens orientaux font profession, aussi bien que nous , de s'en tenir à la tradition, quoique les protestants aient voulu contester ce fait : mais elles n'ignorent pas que sur plusieurs points celte tradition ne s'étend pas plus loin que leur secte particulière, et elles savent bien en quel temps elle a commencé. Elles en ont coupé le fil en se séparant de YEglise universelle au cinquième , au sixième et au neuvième siècle. Alors elles ont diminué l'étendue de YEglise, mais elles ne lui ont pas ôté sa catholicité. Dès ce moment elle a été dispensée de les consulter , puisqu'elles

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ont cesse de faire corps avec elle. Si aujourd'hui nous opposons aux protestants ia croyance de ces sectes sur les articles de foi qu'ils rejettent , c'est qu'ils ont prétendu faussement que ces anciennes Eglises étoient d'accord avec eux, et qu'ils ont ainsi cherché, fort inutilement, à se donner des ancêtres et des frères. t'oyez Catholique , Catholicisme , Catholicité.

Une quatrième marque de la véritable Eglise est d'être apostolique. Ainsi le prétend saint Paul , lorsqu'il compare F Eglise à un édifice bâti sur le fondement des apôtres et des prophètes , et duquel Jésus-Christ est la pierre angulaire. Ephes., c. 2, f. 20. C'est en effet aux apôtres que Jésus-Christ a donné mission pour établir sa doctrine : « Je » vous envoie, leur dit-il , comme mon » Père m'a envoyé, » Joan., c. 20, f. 21 ; et il leur promet d'être avec eux jusqu'à la consommation des siècles. Il a donc voulu que cette mission fût perpétuelle et durât autant que son Eglise, qu'elle fût transmise à d'autres par les apôtres , telle qu'ils l'avoient reçue. Aussi les apôtres ont établi des pasteurs à leur place, et saint Paul regarde ces derniers comme venant de Dieu , aussi bien que les apôtres. Ephes., c. 4, f.ii. Leur succession continue dans VEglise par l'ordination; c'est donc toujours le corps apostolique qui persévère , c'est la doctrine et la tradition des apôtres qui continue sans interruption, et qui se perpétue ; de même que la tradition historique passe dans la société d'une génération à l'autre. Elle ne peut pas changer, puisque tous ceux qui sont chargés d'enseigner la doctrine des apôtres , font serment d'y demeurer inviolablemenl attachés, et de la prêcher telle qu'ils l'ont reçue ; quand plusieurs voudroient l'altérer , ils seroient contredits par les autres ; et quand tous les pasteurs l'entreprcndroient, le corps entier des fidèles se croiroit en droit de leur résister. Jamais un novateur n'a paru, sans exciter du scandale et des réclamations.

En vain les hétérodoxes soutiennent que leur doctrine est véritablement apostolique, puisqu'ils la puisent dans les

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écrits des apôtres; quclla .'prtitude ont ces docteurs si nouveaux , qu'ils entendent ces écrits dans leur vrai sens, pendant que le corps entier des successeurs des apôtres leur soutient qu'ils les interprètent mal ; que ces écrits ont toujours été entendus autrement , et l'on donne pour preuve de ce fait le témoignage actuel de toutes les Eglises du monde ? Il ne reste aux hérétiques que de démontrer qu'ils ont reçu de Dieu une inspiration particulière et une mission extraordinaire , indubitable, pour mieux prendre le sens de l'Ecriture sainte que VEglise universelle à laquelle Dieu a confié ce dépôt. C'est ce que l'on a vainement demandé aux prétendus réformateurs du seizième siècle ; ils ne tenoient pas plus aux apôtres qu'aux prophètes de l'ancien Testament.

Nous ne contestons point aux pasteurs des Eglises orientales leur ordination, ni leur succession continuée depuis les apôtres; mais ils l'ont de fait et non de droit; au moment de leur schisme, ils ont perdu leur mission légitime , puisqu'ils ont levé l'étendard contre le corps apostolique ; jamais ce corps n'a prétendu donner mission à personne pour agir contre lui , et pour diviser VEglise ; dès ce moment leur mission n'est plus qu'une usurpation. Une doctrine ne peut plus être apostolique , dès qu'elle est contraire à celle qui est enseignée par le corps entier des successeurs des apôtres ; c'est l'argument que Tertullien opposoit déjà aux hérétiques, il y a quinze cents ans. De prœscript., etc.

Au lieu de ces caractères évidents et sensibles que le concile de Constantinople donne à la véritable Eglise , et qui sont fondés sur l'Ecriture sainte, les protestants ont été forcés à en imaginer d'autres ; ils ont dit que leur société est la seule Eglise véritable , parce qu'elle enseigne la vraie doctrine de Jésus- Christ , et l'usage légitime des sacrements. Mais toutes les sectes protestantes se flattent de posséder ces deux avantages ; elles ne sont pas cependant une seule et même Eglise , elles n'enseignent point la même doctrine , et ne pensent pas de même sur les sacre-

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