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et qu'il leur a rendu lui-même cette justice, à la réserve de deux ou trois qu'il a exceptés très-mal à propos , il se seroit épargné toutes ces absurdités. Meilleurs logiciens que lui, ces saints docteurs ont non-seulement admis le dogme , mais ils en ont très-bien senti toutes les conséquences. Ils ont compris que Dieu n'avoit pas un corps avant d'avoir créé les corps ; que l'Etre souverain , qui opère par le seul vouloir , n'a pas besoin de corps pour faire ce qu'il veut; que tout corps étant essentiellemert borné, seroit plutôt un obstacle qu'un secours à l'exercice de la puissance divine. Ils ont vu dans l'Ecriture : Dieu dit, que la lumière soit, et la lumière fut; ils n'ont pas eu besoin d'y lire encore : Dieu dit, que les esprits soient, et les esprits furent, pour concevoir que Dieu a créé les esprits aussi bien que la matière, que l'un ne lui a pas été plus difficile que l'autre, et que Vémanalion des esprits est aussi absurde que Vémanalion de la matière. Ils ont dit que Dieu n'a jamais été sans son Verbe , qui est sa raison ou sa sagesse ; que le Verbe éternel n'est point émané du silence , qu'il est coéternel et parfaitement égal au Père, etc. ; ils n'ont donc pas été assez insensés pour imaginer que le Verbe n'a commencé d'être une Personne qu'immédiatement avant la création du monde.
S'ils se sont servis des termes parabole, émanation, génération , prolation , émission, production , etc., c'est que le langage humain n'en fournissoit point d'autres ; il est injuste d'en conclure qu'ils ont conçu la naissance des esprits comme celle des corps, ou la génération et la procession des Personnes divines comme celles des esprits créés , puisqu'ils ont déclaré que estte généralion et cette procession sont des mystères ineffables, incompréhensibles, dont nous ne pouvons avoir aucune notion par ce qui se fait à regard des créatures.
Nous n'ignorons pas que, suivant l'avis de Beausobre et de ses pareils, les Pères ne se sont pas toujours accordés avec eux-mêmes , qu'il y a une inlinité ('finconséquences dans leurs écrits, qu'ils tombent souvent en contradiction ; mais