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ne seroit détruite ni par ces deux rois , ni par les ravages des Assyriens , c. 8 , $. 10. Or , ni le fils d'Isaïe , ni celui d'Ezéchias, ne pouvoient être le gage de la protection du Seigneur contre ces ennemis de la Judée ; mais la venue du Messie , qui devoit naître du sang de David ,
c'est lui-même qui se contredit à cet égard , puisqu'il ne leur attribue que par la voie de conséquence la plupart des erreurs dont il les charge. Voyez Pères de l'Eglise , Platonisme.
Quand on dit que nos actes spirituels, nos pensées, nos vouloirs émanent de notre âme, c'est une métaphore; ces étoitune preuve que cesangsubsisteroit, actes ne sont ni des substances , ni des du moins , jusqu'à ce grand événement, corps , ni des personnes. En parlant de 4° Isaïe offroit de la part du Seigneur la sainte Trinité , il n'est pas à propos un prodige, un miracle, pour rassurer d'appeler émanation la génération du { Achaz et les princes du sang de David ; Verbe et la procession du Saint-Esprit, i la naissance du fils d'Isaïe, ni du fils à cause de l'erreur des hérétiques et des d'Ezéchias , qui n'étoit plus un enfant , philosophes dont nous avons parlé; il n'avoit rien de miraculeux, faut s'en tenir scrupuleusement aux | 5° Ce qui est dit dans le ch. M , f. 1 et termes dont se sert l'Eglise , si l'on veut ] suiv. : « Il sortira un rejeton du tronc de éviter tout danger d'erreur. » Jessé, l'Esprit de Dieu se reposera sur
EMBAUMEMENT. Voy. Funérailles. ! » lui, etc., » est appliqué au Messie par EMMANUEL, terme hébreu qui si- | les Juifs mômes. Or, il est évident que
gnifie Dieu avec nous. Il se trouve dans la célèbre prophétie d'Isaïe, chap. 7, f. 14. « Une Vierge concevra et enfan- » tera un Fils , et il sera nommé Emma- » nuel, Dieu avec nous. » Nous soutenons , contre les juifs modernes et contre les incrédules , que cette prophétie re-
depuis le chap. 7 jusqu'au chap. 12, Isaïe ne perd point de vue son objet, et que ces six chapitres se rapportent au même personnage ; il ne peut donc pas y êtix; question d'un autre que du Messie.
Puisque la race de David ne subsiste
plus , il est évident que les juifs se llat-
garde le Messie, et ne peut être appli- i tent d'une vaine espérance , lorsqu'ils
quée à un autre personnage. ( pensent que le Messie n'est pas encore
1° Il n'est pas possible de l'attribuer
i fils d'Isaïe. Emmanuel devoit naître 3
au
d'une Vierge : ainsi l'a entendu Jonathan, dans sa Paraphrase chaldaïque, et les anciens Juifs ont conclu de là que le Messie devoit avoir une vierge pour mère. Voyez Galatin, 1. 7, c. do. Le fils d'Isaïe devoit être nommé Maher Schalal, et non Emmanuel.
2° Chap. 8 , jh 8 , Emmanuel est désigné comme un personnage auquel la Judée appartient; cela ne peut convenir au fils d'Isaïe. Dans le chap. 9 , f. 6 , ce même enfant est nommé le Dieu fort , le Père du siècle futur ; le paraphraste chaldaïque applique encore ces titres au Messie. Vainement quelques rabbins ont voulu les entendre du fils d'Ezéchias; ils ne lui conviennent pas mieux qu'au fils d'Isaïe.
5° Le dessein du prophète n'étoit pas seulement de tranquilliser Achaz sur l'entreprise des rois d'Israël et de Syrie, mais d'assurer la famille de David qu'elle
arrivé, mais qu'il viendra un jour accomplir les promesses que Dieu a faites à David, Voyez la Dissert, sur ce sujet, Bible d'Avignon, tom. 9, p. 455.
EMPÊCHEMENTS de mariage. Voyez Mariage. (Ne XXXVI , p. 617. )
EMPEREURS. Au mot Apothéose, nous avons remarqué que l'usage des Romains de placer au rang des dieux des empereurs très-vicieux , a été une injure faite à la Divinité, et une leçon très-pernicieuse pour les mœurs. De là même il résulte que les premiers chrétiens avoient raison de ne vouloir pas jurer par le génie des empereurs ; c'étoit un acte de polythéisme , et l'on avoit tort d'en conclure que les chrétiens étoient des sujets rebelles : Tertullien a fait sur ce point leur apologie complète, Jpol., c. 35 , 55. En effet , dans aucun des édits qui ont été portés contre eux par les empereurs païens , ils ne sont accusés de sédition , de rébellion, de résistance aux lois ; le seul crime qu'on
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leur reproche est de ne pas adorer les dieux de l'empire ; Celse et Julien n'ont point formé d'autre reproche contre eux. Si les incrédules modernes ont été moins retenus , cet excès de malignité ne leur fera jamais honneur.
D'autres n'ont pas été mieux fondés à soutenir que le christianisme a été redevable de son établissement à la protection des empereurs, à la violence et à la persécution qu'ils ont exercée contre les païens. Les éditsde Constantin n'établissoient que la tolérance et le libre exercice du christianisme : aucun ne portoit des peines afllictives contre le paganisme, excepté contre les sacrifices accompagnés de magie et de maléfices, déjà défendus par les anciennes lois.
Dans un Mémoire de \ Académie des Inscriptions , t. 45 , in-4° p. 94, t. 22, t'fi-12, p. 550 , l'on a prouvé qu'il est faux que Constantin ait défendu l'exercice de l'idolâtrie, qu'il ail dépouillé et démoli les temples, qu'il ait interdit les cérémonies païennes. Quelques lois attribuées à ses enfants sont encore ou supposées, ou mal entendues, ou n'ont point été exécutées à la rigueur. Aucun auteur ancien n'a pu citer un seul exemple d'un païen mis à mort pour cause de religion , sous Constantin ni sous le règne de ses successeurs. Déjà , au cinquième siècle , Théodoret a soutenu que la puissance des empereurs n'a contribué en rien aux progrès du christianisme.
Thérapeute 9e Disc, p. 615 et suiv.
Pour nous en convaincre , il ne sera pas inutile de considérer en détail la conduite des empereurs païens à l'égard <]e notre religion , et de la comparer à celle des empereurs chrétiens qui leur ont succédé.
On sait que Jésus-Christ est mort la dix-huitième année du règne de Tibère.
Sous ce prince et sous Caligula , qui ne régna que quatre ans , le christianisme ne put être fort connu à Home. Suétone dit que Claude en chassa les Juifs , qui excitoient du tumulte par l'instigation de Christ , qu'il nomme Chreslus. Les savants pensent que , sous le nom des Juifs, il comprend les chrétiens, à cause de leurs disputes avec les Juifs. En eiïet,
Tacite , parlant de la persécution que Néron suscita contre eux , l'an 6 i , dit que cette superstition des chrétiens , déjà réprimée auparavant, reparoissoit de nouveau ; il est à présumer qu'il veut parler de leur expulsion de Rome sous le règne de Claude. Il peint la cruauté des supplices que Néron mit en usage contre eux ; saint Pierre et saint Paul y souffrirent la mort. Nous voyons, par les E pitres de saint Paul, Philip., c. 1 , f. 42, et c. 4 , f, 22, qu'il y avoit déjà des chrétiens dans le palais de Néron.
Pendant les vingt-huit ans qui s'écoulèrent sous Galba , Olhon, Vitellius, Vespasien , Tite , Domitien , nous ne voyons point de sang répandu pour cause de religion ; mais comme Flavius Clément et sa femme Domililla, tous deux parents de Domitien, le consul Acilius Glabrio et d'autres romains illustres, paroissent avoir été chrétiens, Domitien sévit contre eux et fit la guerre au christianisme; c'est la seconde persécution, pendant laquelle saint Jean fut relégué dans l'île de Patmos. Elle cessa sous Nerva, prince très-doux, mais qui ne régna c*ue deux ans.
Elle se renouvela sous Trajan , l'an 40i; la lettre que Pline lui écrivit , et dans laquelle il déclare qu'en mettant les chrétiens à la torture , il n'a découvert aucun crime duquel ils fussent coupables , ne lui fit point changer d'avis : il répondit qu'il ne falloit pas rechercher les chrétiens , mais que , quand ils seroient dénoncés et convaincus , il falloit les punir.
On continua donc de tourmenter les chrétiens sous son règne et sous celui d'Adrien , pendant plus de vingt ans; ce fut par cette raison que Quadralus et Aristide présentèrent leurs apologies du christianisme, que nous n'avons plus.
Elles firent impression , sans doute , puisqu'Eusèbe nous a conservé un rescrit de l'an 429 , par lequel Adrien déclare à Minulius Fundanus , proconsul d'Asie , qu'il ne veut pas que l'on ait égard aux clameurs publiques ni aux calomnies intentées contre les chrétiens, à moins qu'on ne les prouve; qu'il faut même punir leurs calomniateurs.
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Sous Marc-An tonin et Marc-Aurèle, princes d'ailleurs très - équitables , le désordre et la persécution ne laissèrent pas de continuer dans les provinces :
Méliton , Apollinaire, Milliade, présentèrent des apologies ; elles sont malheureusement perdues : mais nous avons celles d'Athénagore et de saint Justin.
Ils se plaignent avec raison de l'inexécution des ordres donnés par Adrien , et de ce que l'on met à mort des hommes que l'on ne peut convaincre d'aucun crime. Marc-Antonin sentit la justice de ces plaintes; vers l'an 452, il adressa aux magistrats de l'Asie une nouvelle ordonnance conforme à celle qu'avoit donnée son père , et défendit de punir les chrétiens pour la seule cause de leur religion.
Plusieurs critiques ont révoqué en doute le miracle de la légion fulminante, arrivé sous Marc-Aurèle, et le rescrit que ce prince adressa au sénat et au peuple romain pour les en informer, et leur défendre d'inquiéter les chrétiens au sujet de leur religion. Si ce fait étoit moins favorable au christianisme, on ne l'auroit pas attaqué. Voyez Légion fulminante , et YHist. de VAcad. des Inscript., tome 9, î'n-42 , page 570.
Les règnes de Commode, de Pertinax, de Didius Julianus , de Niger et d'Albin, furent un temps de désordres et de sédition , pendant lequel le peuple et les magistrats de province purent impunément donner carrière à leur haine contre les chrétiens.
Septime Sévère, si nous en croyons Tertullien , ad Scapul., c. 4, donna son estime et sa confiance à plusieurs chrétiens, et résista plus d'une fois à la fureur du peuple animé contre eux ; mais il n'en défendit pas moins l'exercice du judaïsme et du christianisme, selon son historien. Sparlian., in vitâ Severi, c. 17.
On ne sait comment en agirent Caracaîla , Géta , Mac* in et Héliogabale ; mais Alexandre Sévère , pendant un règne de treize ans, fut plus favorable à notre religion. Eusèbe et saint Jérôme disent que Mammée, sa mère, étoit chrétienne, et qu'elle eut une estime singulière pour
Origène. Lampride prétend qu'Alexandre Sévère honoroit Jésus-Christ en particulier, et qu'il voulut lui faire bâtir un temple ; il est certain du moins qu'il ne persécuta point les chrétiens pendant
tout son règne.
L'an 235 , Maximin , son successeur et son ennemi, fit éclore la septième persécution , qui fut sanglante , mais qui , heureusement, ne dura que deux ans.
Pupien, Balbin et les trois Gordiens n'eurent qu'un règne fort court ; Philippe , qui les suivit, passe pour avoir été chrétien ; mais il étoit trop vicieux pour professer sincèrement une religion aussi sainte qu'est la nôtre : l'an 249 , il fut vaincu et tué par Dèce , l'un des plus ardents persécuteurs du christianisme.
Valérien , qui parvint à l'empire en 257 , ne fut pas plus humain : Gallien , moins injuste, fit rendre aux chrétiens, trois ou quatre ans après , les églises qu'on leur avoit enlevées.
Mais la plus cruelle de toutes les persécutions est celle qu'ils souffrirent sous Dioclétien , Maximien et leurs collègues ; elle commença l'an 503 , après un intervalle de paix de quarante ans ; elle dura près de dix ans , et fut générale dans tout l'empire. On ne doit pas être étonné de la quantité de martyrs , dont les Actes se rapportent à cette époque. L'orage ne cessa qu'en 511 ou 515, lorsque Constantin et Licinius donnèrent un édit qui ordonnoit la tolérance du christianisme. On peutjuger,par la conduite de Licinius et parcelle de Maximien, qu'ils portèrent cet édit malgré eux : la paix no fut solidement rendue à l'Eglise que q îand Constantin fut seul maître de l'empire, et professa notre religion.
Jusqu'à cette époque , la tolérance de quelques empereurs n'avoit pu contribuer en rien au progrès du christianisme; il étoit toujours regardé comme une religion proscrite par les lois, contre j laquelle le peuple et les magistrats se croyoient toujours en droit de sévir. Les rescrits des empereurs, qui défendoient de punir les chrétiens, à moins qu'ils ne fussent coupables de quelque crime, furent très -mal exécutés, puisque nos apologistes le leur représentent ; les gou-