‹ Dictionnaire de théologie (volume 2)Chapitre 84 sur 114 · ENF 433 ENF · texte numérisé non relu

ENF 433 ENF

l'expression, tôlière , ou suscipere H- Dieu, puisqu'il est le créateur et père beros ; s'il tournoit le dos , Yenfant étoit de tous; mais parmi ceux qui ont vécu mis à mort ou exposé. Un jurisconsulte j dans le premier âge du monde , l'Ecridu dernier siècle a fait un traité, de Jure j ture dislingue les enfants de Dieu d'avec "xponendi liberos. Parmi ces enfants j les enfants des hommes. Il paroît que exposés, la plupart périssoient par le i par les premiers elle entend les adorafroid et par la faim; s'ils étoient re- j tours de Dieu , ceux qui se distinguoient cueillis et élevés par quelqu'un, les gar- j par leur piété et par leur vertu, en partiçons étoient destinés à l'esclavage, et j culierlesdescendantsd'Enos.Lcsseconds les tilles à la prostitution.

Constantin , devenu chrétien , porta deux lois qui sont encore dans le code théodosien : l'une ordonne de fournir des fonds du trésor nublic

aux pères

sont ceux qui joignoient à l'irréligion des mœurs très - corrompues. Les alliances qui se firent entre les uns et les autres rendirent celte corruption générale , et furent la cause du déluge universel.

surchargés d'enfants 3 afin de leur ôter Gen., c. G. la tentation de les tuer , de les exposer j Bans les écrits de l'ancien Testament, ou de les vendre ; la seconde accorde tout j le nom tf enfants de Dieu est donné aux droit de propriété, sur les enfants expo- j Israélites , parce que Dieu les avoit ses, à ceux qui ont eu la charité de les ] adoptés pour son peuple, Veut., c. 14, recueillir et de les élever : triste monu- I f. i ; Isaï., c. 1 , f. 2; et saint Paul le ment de la barbarie qui régnoit chez les fait remarquer , Rom., c. 9, f. 4. Il est

donné en particulier aux prêtres et aux

païens.

La religion chrétienne rétablit les droits de l'humanité ; les canons des anciens conciles portent la peine d'excommunication contre ceux qui auroient la cruauté d'exposer les enfants , de leur «ter la vie, ou de les empêcher de naître. Bientôt la charité éleva des hôpitaux pour les recueillir; ces maisons furent nommées brephotrophia , lieux destinés à nourrir les enfants. Il n'est donc pas nécessaire, chez les nations chrétiennes,

lévites, Ps. 28, f. 1. Les juges du peuple sont appelés les enfants du Très- Haut, Ps. 81 , f. 6. Ce titre paroît désigner les anges ; Ps. 88 , f. 7; Dan., c. 5, y. 92; Job, c. 1, f. 6, etc.

Dans le nouveau, il a une signification plus sublime ; il désigne une adoption plus étroite , et des bienfaits plus précieux que ceux que Dieu avoit daigné accorder aux Juifs : saint Paul se sert de cette réflexion pour exciter les fidèles

que tous les enfants soient déclarés en- j à la reconnoissance envers Dieu, et à la fards de l'état, comme l'ont désiré cer- j pureté de mœurs, Rom., c. 8, f. 14 tains philosophes; tous sont enfants de ] et suiv.; Gai., cap. 4, v. 22, etc.

la religion, leur sort est encore meilleur, Les états , les gouvernements , ont souvent méconnu le prix des hommes ; notre religion ne l'a jamais oublié. Sur la nécessité de baptiser les enfants, "voyez Baptême , § 3.

En assurant le sort des enfants, les lois ecclésiastiques confirmèrent aussi l'autorité légitime des pères ; elles ôtèrent aux enfants la liberté de disposer d'eux-mêmes , de contracter mariage , ou d'entrer dans l'état monastique sans le consentement de leurs parents. F oyez Bingham,!. 1G, c. 9 et 10, tome 7, p. 380,397, 405.

Enfants de Dieu. A proprement parier, tous les hommes sont enfants de

Enfants punis du péché de leur père. Plusieurs philosophes modernes ont décidé que, quand on met en question si Dieu peut , sans injustice , punir les enfants du péché de leur père , et en quel sens, on fait une demande honteuse et absurde ; ils ont voulu le prouver par une maxime tirée de Y Esprit des lois : nous appelons de cette décision.

Un souverain, pour crime de rébellion , est en droit de dégrader un gentilhomme, de confisquer ses biens , de l'envoyer au supplice ; ses enfants nés et à naître se trouvent déchus de la noblesse , de l'héritage et de la fortune dont ils auroient joui sans le crime de leur père ; ils en portent donc la peine,

Page 1