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ii fut cité trois fois, et refusa de compa- ami déclare de Ncstorius, donne un sens
roître. Il se fit garder par des soldats, et ne voulut point voir les députés du concile. On lut exactement ses écrits , ceux de saint Cyrille , ceux du pape Célestin : on les confronta avec ceux des Pères de l'Eglise. On écouta deux évêques , amis de Nestorius , qui auroient voulu pouvoir le justifier, mais qui avouèrent qu'il persistoit dans ses erreurs. Les lettres artificieuses qu'il avoit écrites au pape Célestin et à l'empereur , démontroient sa mauvaise foi ; le pape le jugea condamnable. Lorsque ses légats furent arrivés, ils souscrivirent à la condamnation de Nestorius et à tout ce qu'avoit fait le concile ; le peuple même applaudit à l'anathème prononcé contre Nestorius, et il fut confirmé par le concile général de Chalcédoine , l'an 451 . Jamais doctrine n'a été examinée avec plus de soin , ni condamnée avec une plus parfaite connoissance.
Il n'étoit pas question d'une simple dispute de mots , comme Nestorius affectoit de le publier, mais de la substance même du mystère de l'incarnation. Nestorius ne vouloit pas que l'on dît que le Fils de Dieu , ou le Verbe divin , est né d'une vierge, a souffert, est mort , etc. îl disoit , Jésus est mo*rt, a souffert, et non le Verbe : il distinguoit donc la personne de Jésus d'avec la personne du Verbe; c'est pour cela même qu'il ne vouloit pas que l'on appelât Marie Mère de Dieu , mais Mère du Christ. Selon son système , il ne pouvoit pas y avoir une union substantielle entre l'humanité de Jésus -Christ et la Divinité; d'où il résultoit enfin que Jésus-Christ n'étoit pas Dieu dans la rigueur du terme. On peutse convaincre que telle étoitsa doctrine, en lisant les douze anathèmes qu'il avoit dressés, et auxquels saint Cyrille en opposa douze contraires. Voy. Petau , Dogm. Théol, t. 4,1. 6, c. 17.
5° Les partisans de Nestorius récriminoient vainement contre la doctrine de saint Cyrille , et l'accusoient lui-même ■d'erreur. Nous avons encore l'ouvrage que Théodoret écrivit contre les douze anathèmes de saint Cyrille; on voit que cet évêque , très-savant d'ailleurs, mais
détourné aux expressions de saint Cyrille, pour y trouver des erreurs; la passion perce de toutes parts dans cet ouvrage. Dans la suite, Théodoret le reconnut lui-même, se réconcilia avec saint Cyrille , avoua que son amitié pour Nestorius l'avoit trompé ; Jean d'Àntioche fit de même. Quel prétexte peut-on trouver encore pour renouveler les accusations contre l'orthodoxie de saint Cyrille, hautement reconnue par le concile général de Chalcédoine?
On s'est récrié beaucoup sur les termes dans lesquels étoit conçue la sentence du concile ; elle portoit en tête : A Nestorius , nouveau Judas : c'est une fausseté ; selon le témoignage d'Evagre, qui fait profession de la copier mot à mot, elle portoit : Comme le très-révérend Nestorius n'a pas voulu se rendre à noire invitation, etc. Hist. ecclés., 1. 1 ,c. 4.
Enfin, malgré les amis puissants que Nestorius avoit à la cour ; malgré les artifices dont on s'étoit servi pour prévenir l'empereur en sa faveur , ce prince reconnut la justice de sa condamnation , l'exila, et le relégua dans un monastère. Une preuve que le concile (TEphèse n'a pas eu tort de redouter les suites de i'hérésie de Nestorius, c'est qu'il y a persévéré jusqu'à la mort, malgré les souffrances d'un exil rigoureux, et malgré l'exemple de ses meilleurs amis , et que depuis treize cents ans sa secte subsiste encore dans l'Orient. Voyez Nes-
TORIANISME.
ÉPHÉSIENS. On ne sait pas précisément en quelle année saint Paul écrivit sa lettre aux Ephésiens ; quelques-uns pensent que ce fut l'an 59, d'autres l'an 62 ou 65 , lorsque l'apôtre étoit à Rome dans les chaînes; d'autres en renvoient la date à l'an 66, lorsque saint Paul fut de nouveau emprisonné à Rome , et peu de temps avant son martyre. Le premier sentiment paroît le mieux fondé. L'apôtre s'attache à faire sentir aux Ephésiens l'étendue et le prix de la grâce de la rédemption opérée par Jésus-Christ, et de leur vocation à la foi ; il les exhorte à y correspondre par la pureté de leurs mœurs, et il entre dans le détail des
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devoirs particuliers des différents états de la vie.
Il est difficile d'approuver l'opinion du père Hardouin, qui pense qu'alors les Ephésiens n'étoient que catéchumènes, et n'avoient pas encore reçu le baptême. Cette supposition ne paroît pas pouvoir s'accorder avec ce qui est dit des anciens de cette Eglise, Act., cap. 20 , f. 17 : a Veillez sur vous et sur le troupeau dont » le Saint-Esprit vous a établis évoques » ou surveillants , pour gouverner l'E- » glise de Dieu, etc. » Il n'est pas probable que ces évêques aient demeuré si longtemps sans baptiser la plus grande partie de leur troupeau. Le père Hardouin reconnoît lui-même que saint Paul avoit demeuré trois ans à Ephèse ; il avoit donc eu assez de temps pour instruire ces nouveaux fidèles et les rendre capables de recevoir le baptême. Parmi les leçons que leur donne l'apôtre, il n'y en a aucune qui nous oblige à penser qu'ils n'étoient encore que catéchumènes, et cette supposition ne paroît servir de rien pour l'intelligence de la lettre.
ËPIÏOD, ornement sacerdotal, en usage chez les Juifs. Ce nom est dérivé de l'hébreu aphad, habiller. Celui du grand prêtre étoit une espèce de tunique ou de camail fort riche ; mais il y en avoit de plus simples pour les ministres inférieurs.
Les commentateurs sont partagés sur la forme du premier; voici ce qu'en dit Josèphe. « Uéphod étoit une espèce de » tunique raccourcie, et il avoit des r> manches; il étoit tissu, teint de di- » verses couleurs et mélangé d'or ; il » laissoit sur l'estomac une ouverture de » quatre doigts en carré, qui étoit cou- » verte du rational. Deux sardoines en- » chassées dans de l'or , et attachées sur i> les deux épaules, servoient comme s d'agraffes pour fermer Yéphod ; les » noms des douze fils de Jacob étoient » gravés sur ces sardoines en lettres hé- » braïques ; savoir , sur celle de l'épaule » droite, le nom des six plus âgés, et » ceux des six puînés sur celle de l'é- * paule gauche. » Philon le compare à une cuirasse, et saint Jérôme dit que
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c'étoit une espèce de tunique semblable? aux hebits appelés caracalle; d'autres prétendent qu'il n'avoit point de manches, et que par derrière il descendoit jusqu'aux talons.
Uéphod commun à tous ceux qui servoient au temple étoit seulement de lin ; il en est fait mention au premier livre des Bois, c. 2, f, 18. Celui du grand prêtre étoit fait d'or, d'hyacinthe, de pourpre , de cramoisi et de fin lin retors ; le pontife ne pouvoit faire aucune des fonctions attachées à sa dignité sans être revêtu de cet ornement. Il est dit, II. Reg., c. G, % 14, que David marchoit devant l'arche revêtu d'un éphod de lin ; d'où quelques auteurs ont conclu que Yépliod étoit aussi un habillement des rois dans les cérémonies solennelles.
On voit dans le livre des Juges, c. 8, f. 20, 27, que Gédéon, des dépouilles des Madianites , fit faire un éphod magnifique, et le déposa à Ephra , lieu de sa résidence; que les Israélites en abusèrent dans la suite , et le firent servir d'ornement aux prêtres des idoles; que ce fut la cause de la ruine de Gédéon et de toute sa maison. Sur ce fait , les uns pensent que Gédéon l'avoit fait faire pour être toujours en état de consulter Dieu par l'organe du grand prêtre, ce qui n'étoit pas défendu par la loi; d'autres prétendent que c'étoit seulement on habit de distinction, duquel Gédéon, juge et premier magistrat de la nation , vouloil se servir dans les assemblées et dans les fonctions de sa charge, mais duquel ses descendants firent un mauvais usage. Les païens pouvoient avoir aussi des habits semblables; il paroît, par Isaïe, que l'on revétoit les faux dieux d'un éphod, peut-être lorsqu'on vouloit en obtenir des oracles.
Il y a, dans le premier livre des Rois, c. 30 , f. 7 , un passage quia exercé les commentateurs. 11 est dit que David, voulant consulter le Seigneur pour savoir s'il devoit poursuivre les Amalécites , dit au grand prêtre Abiathar, ;ppliquez-moi V éphod , ce qui fut fait , on demande si David se revêtit lui-même de cet ornement pour interroger le Seigneur. Cela n'est pas probable, puisqu'il
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îi'étoit permis qu'au grand prêtre de
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Les critiques protestants , surtout
porter cet habit , qui étoit la marque de Beausobre et Mosheim ,ont dit beaucoup sa dignité. Ce passage signifie donc seu- de mal de cet ouvrage; suivant leur avis, /emcnt,ou que David demanda au grand j il est rempli de négligences et d'erreurs, prêtre un éphod de lin ordinaire, afin j et l'on trouve presque à chaque page des d'être en habit décent pour consulter le | preuves de la légèreté et de l'ignorance de Seigneur, ou qu'il pria ce pontife revêtu j son auteur. Mais ces censeurs téméraires de son éphod, de s'approcher de lui, ) prennent pour des erreurs les dogmes afin qu'il pût distinguer plus aisément j contraires à leurs opinions , et pour des ia réponse de l'oracle. j traits d'ignorance, les faits qu'il leur plaît
ÉPHREM ( saint ), diacre d'Edesse en j de nier ou de révoquer en doute. Les an- Mésopotamie , né d'une famille de mar- j tiens, plus voisins que nous de l'origine tyrs , a été célèbre au quatrième siècle , ; deschoses, ont rendu justice à l'érudition et très-estimé de saint Basile et de saint et aux connoissances très -étendues de Grégoire de Nysse; il a beaucoup écrit. ■ saint Epiphane .-une critique, unique- Comme il n'avoit pas l'usage du grec ment fondée sur l'intérêt de secte et de
quoiqu'il l'entendît aussi bien que l'hébreu , ses ouvrages sont en syriaque , mais une partie a été traduite en grec. L'édition la plus complète est celle qui a paru à Rome en 4752 et 1745, par les soins du cardinal Quérini et du savant Joseph Assémani , en 6 vol. in-fol. Elle renferme le texte syriaque et une traduction latine.
Les protestants mêmes ont donné les plus grands éloges à saint Ephrem et à ses ouvrages; quelques-uns ont pré-
système, n'est pas capable de ternir une réputation de treize à quatorze cents ans. Dom Gervaise a écrit la vie et a fait l'apologie de ce savant Père de l'Eglise, en 1 758 , «i-4°.
EPIPHANIE , fête de l'Eglise , dont le nom signifie apparition , parce que c'est le jour auquel Jésus-Christ a commencé de se faire connoître aux gentils ; les Grecs la nomment Théophanie , apparition de Dieu , pour la même raison. On l'appelle encore la fêle des Rois , à cause
tendu y trouver leurs sentiments tou- : delà prévention dans laquelle on est que
chant la grâce et l'eucharistie ; mais ils ont évidemment fait violence à ses paroles , et en ont tiré des conséquences forcées ; le texte original réclame contre leurs interprétations.
les mages qui ont adoré Jésus -Christ éloient rois. Foy. Mages.
Dans les premiers siècles de l'Eglise , la fête de Noël et celle de V Epiphanie se célébroient la même jour, savoir le 6
ÉPIPHANE ( saint ) , évêque de Sala- ; de janvier , surtout dans l'Orient ; mais mine, dans l'île de Cypre, est un des \ au commencement du cinquième siècle, Pères du quatrième siècle. Le père Petau l'Eglise d'Alexandrie sépara ces deux a donné, en 1622, une édition de ses ■ fêtes , et fixa celle de Noël au 25 de déouvrages en grec et en latin, en 2 vol. ! cembre.Dans le même temps, les Eglises in-fol. Depuis ce temps-là, on a trouvé, j de Syrie suivirent l'exemple des Occidans les manuscrits de la bibliothèque ; dentaux , qui paroissent les avoir distindu Vatican , le Commentaire de saint \ guées de tout temps. Voyez Bingham ,
Epiphane sur le Cantique, et il a été imprimé à Rome en 1750. Ce Père avoit appris l'hébreu, l'égyptien, le syriaque, le grec , et le latin ; il avoit beaucoup d'érudition , mais son style n'est pas «légant. Le détail qu'il a fait des hérésies dans son Panarium, démontre que la doctrine chrétienne s'est établie au milieu des combats , et qu'il n'a pas été possible de l'altérer sans que l'on s'en soit aperçu.
liv. 20, chap. 4, § 2 , tome 9, p. 67.
Nous ne pouvons pas approuver les | conjectures que Beausobre a faites sur les raisons qui déterminèrent l'Eglise chrétienne à solenniser la naissance du Sauveur le même jour que son baptême et son adoration par les mages. A la vérité, les ébianites disoient que Jésus- Christ étoit devenu Fils de Dieu par son baptême, qu'ainsi il étoit né ce jour-ià en qualité de Christ et de Fils de Dieu ;
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mais c'étoit une erreur que l'Eglise a toujours condamnée; elle auroit paru l'autoriser en quelque manière, en réunissant la fête de sa naissance à celle de son baptême. JJist. du Manich., t. 2, p. 092. Autrefois Y Epiphanie ne se célébroit qu'après une veille et un jeûne rigoureux ; on y a substitué , très-mal à pro-
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par le prêtre ou chantée par le sousdiacre avant l'Evangile, et qui est tirée de l'Ecriture sainte. Cette leçon est quelquefois prise dans un des livres de l'ancien Testament, mais plus souvent dans les Epitres de saint Paul, ou des autres apôtres ; c'est ce qui lui a donné son nom. Pour trouver l'origine de ces lectures,
pos, des réjouissances fort opposées à j qui se font dans la liturgie chrétienne, l'abstinence et à la mortification. j il n'est pas nécessaire de remonter à
La conformité que l'on a trouvée entre \ l'usage de la synagogue. Les apôtres, la fête du roi boit et les saturnales, a j sans doute, n'ont pas eu besoin de cet fait penser à quelques auteurs que ia exemple pour exhorter les fidèles à lire première est une imitation de la seconde. \ les livres saints dans leurs assemblées. Les saturnales, disent-ils , commen- ] Saint Justin nous atteste que la célébraçoient en décembre, et duroient pen- , lion de l'eucharistie étoit toujours prédant les premiers jours de janvier, dans ■; cédée par cette lecture; mais il ajoute lesquels tombe la fêle des rois. Les pères j que le président de l'assemblée, ou l'éde famille, à rentrée des saturnales, \ vêque , y ajoutoit une exhortation , par envoyoient des gâteaux et des fruits à j conséquent une explication de ce qui leurs amis, et mangeoient avec eux; j pouvoit être difficile à entendre. Apol., i'usage des gâteaux subsiste encore, n. 67. On ne supposoit donc pas que tout Dans ces repas, on élisoit un roi de la ; chrétien pouvoit expliquer l'Ecriture fêle par le sort des dès ; chez nous, on ; sainte par lui-même , et y puiser sa élit encore un roi de la fève. Le plaisir I croyance, sans avoir besoin d'aucun des anciens consistoit , selon Lucien, à \ guide, comme le prétendent les protesboire , à s'enivrer , à crier , c'est encore , tants.
à peu près de même. Conséquemment j Pour faire ces lectures , on établit Jean Deslions de Senlis , âgé de quatre- ; Tordre des lecteurs, et l'on choisissoit vingt-cinq ans, a fait, au commence-- sans doute ceux dont l'organe étoit le ment de ce siècle, un livre intitulé : Ois- j plus propre à se faire entendre de toute cours ecclésiastique contre le paga- \ l'assemblée. Quoique ce soit aujourd'hui nis me du roi boit, le sous- diacre qui chante Yepitre , ]•&
Cependant toutes ces applications gé- , fonction des lecteurs n'a pas absolument nérales ne prouvent rien; les hommes j cessé. Ils sont encore destinés à chanter n'ont pas besoin de se copier les uns les ] les leçons des matines, et les prophéties autres pour faire des folies et pour in- \ qui se lisent quelquefois à la messe avant venter des amusements. Il est beaucoup \ Yépitre.
plus probable que le souper de la veille Bingham , Orig. ecclés., 1. 14 , c. 3 , des rois est une suite du jeûne que les \ g 2 et d 7, fait à ce sujet deux remarques
chrétiens célébrèrent d'abord avec beaucoup de respect et de religion , mais qui dans la suite dégénéra en abus, que plusieurs conciles ont cru devoir réprimer par des lois.
EP1SCOPAT. Voyez Éyèque.
ÉPISCOPAUX. Voyez Anglican.
ÉPISTOL1E11, livre d'église, qui renferme toutes les épitres que l'on doit dire à la messe pendant le cours de l'année , selon l'ordre du calendrier ; il est nommé par les Grecs Jpostolos.
dignes d'attention. 1° Il dit que dans toutes les Eglises l'usage étoit de lire à la messe une leçon tirée de l'ancien Testament , et une autre tirée du nouveau; que L'Eglise romaine seule omettoit ordinairement la première. Mais il faut se souvenir que dans l'Eglise romaine, comme partout ailleurs, les livres de l'ancien Testament ont été lus constamment dans L'office de la nuit, et que cet usage dure encore. 11 n'est donc pas étonnant que l'on ait spécialement ré-
ÉPITRE , partie de la messe, récitée I serve les épitres de saint Paul et les au-
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très pour la messe. Une preuve que cet jsage étoit général , c'est que l'on disoit indifféremment Yépître et Y apôtre.
2° Que Yépître étoit lue en langue vulgaire , et que c'est pour cela que l'Ecriture sainte fut d'abord traduite dans toutes les langues. En premier lieu, ce fait , toujours supposé par les protestants, n'est pas prouvé : on ignore la date précise de la plupart des traductions de l'Ecriture sainte, il est certain que plusieurs Eglises , fondées par les apôtres , ont subsisté assez longtemps sans avoir une version de l'Ecriture en langue vulgaire, et il y a plusieurs langues dans lesquelles l'Ecriture n'a jamais été traduite. En second lieu, lorsque le grec, le syriaque, le cophte, ont cessé d'être langues vulgaires , les Eglises qui avoient coutume de s'en servir n'ont pas pour cela changé la lecture de l'Ecriture sainte dans l'office divin ; elles ont continué de la lire dans l'ancienne langue, qui n'étoit plus entendue du peuple, tout comme l'Eglise romaine a continué de les lire en latin , quoique cette langue ait cessé d'être vulgaire. Von. Langue, Leçon.
Epitres de saint Paul. On compte quatorze lettres ou Epitres de saint Paul, une aux Romains, deux aux Corinthiens , une aux Galates , une aux Ephésiens, une aux Philippiens , une aux Colossiens , deux aux Thessaloniciens , deux à Timothée , une à Tile , une à Philémon , et une aux Hébreux ; nous parlerons de chacune sous son titre particulier.
Par la lecture de ces lettres, on voit qu'elles ont été écrites à l'occasion de quelque événement, de quelque question qu'il falloit éclaircir , de quelque abus que l'apôtre vouloit corriger, de quelques devoirs particuliers qu'il vouloit détailler ; que son dessein n'a été dans aucune de donner aux fidèles un symbole ou une explication de tous les dogmes de la foi chrétienne , ni de tous les devoirs de la morale ; qu'en écrivant à une Eglise , il n'a jamais ordonné que sa lettre fût communiquée à toutes les autres. Il y a donc de l'entêtement, de la part des prolestants , de penser que
quand saint Paul a enseigné de vive voix , il n'a jamais donné aux fidèles aucune autre instruction que celles qui étoient renfermées dans quelqu'une de ses lettres ; que toute vérité qui n'est pas écrite ne peut pas faire partie de la doctrine chrétienne.
Les incrédules anciens et modernes ont fait plusieurs reproches contre la manière d'enseigner de cet apôtre , contre certaines vérités qui semblent se contredire, contre les réprimandes sévères qu'il fait à quelques Eglises ; nous y répondrons au mot saint Paul.
Quelques anciens ont cru que saint Paul avoit écrit aux fidèles de Laodicée, et que cette lettre étoit perdue ; mais cette opinion n'étoit fondée que sur un mot équivoque de la lettre aux Colossiens, c. 4-, f. 16 ; saint Paul leur dit : « Lorsque vous aurez lu cette lettre r » ayez soin de la faire lire à l'Eglise de » Laodicée , et de lire vous-mêmes celle » des Laodicéens. » Le grec porte, celle qui est de Laodicée; ce pou voit donc être une lettre des Laodicéens à saint Paul, et non au contraire. ïillemont, note 69 sur saint Paul.
Les Actes de sainte Thècle, les prétendues lettres de saint Paul à Scnèque, un Evangile , et une Apocalypse , qui lui ont été attribués, sont des pièces fausses, et les trois dernières n'ont pas été connues avant le cinquième siècle.
Nous parlerons des Epitres des autres apôtres sous leur nom particulier.
ÉPREUVE, c'est ce que l'Ecriture sainte nomme tentation. Il est dit, dans plusieurs endroits, que Dieu met à IVpreuve la foi , la constance, l'obéissance des hommes ; qu'il mit Abraham à IVpreuve, etc. Dieu n'a pas besoin de nous éprouver, il sait d'avance ce que nous ferons dans toutes les circonstances où il lui plaira de nous placer ; mais nous avons besoin d'être éprouvés , pour savoir ce dont nous sommes capables avec la grâce, et combien nous sommes foibles par nous-mêmes. Si Dieu n'avoit pas mis à de fortes épreuves Abraham, Joseph, Job, Tobie , etc., le monde auroit été privé des grands exemples de vertu qu'ils ont donnés , et ils n'auroient
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^>as mérité la récompense qu'ils ont ttçue.
Ce qui est à notre égard une épreuve, un moyen d'acquérir de nouvelles connoissances expérimentales, n'en est pas un à l'égard de Dieu ; mais en parlant de cette majesté souveraine, nous sommes forcés de nous servir des mêmes expressions que quand nous parlons des hommes. Fuyez Tentation.
Epreuves superstitieuses , nommées ordalies ou ordéals, et jugement de Dieu. Cet article appartient à l'histoire moderne; mais un théologien doit savoir ce que l'Eglise a toujours pensé de cet abus, introduit dans presque toute l'Europe par les Barbares du Nord , et auquel la religion se trouva mêlée fort mal à propos.
Pour acquérir en justice la vérité d'un /ait < u d'un droit douteux, en employa des épreuves de plusieurs espèces. 1° Le combat. Lorsqu'un homme étoit accusé d'un crime, et que les preuves pour ou contre n'étoient pas suffisantes , il étoit ordonné, par les lois des barbares, que l'accusateur et l'accusé décideroient la question par un duel. Ces peuples féroces s'étoient persuadés que la force et le courage faisoient preuve de toutes les vertus; que la lâcheté et la foiblesse étaient un effet du vice ; que Dieu ne pouvoit manquer de faire triompher l'innocence et de confondre l'imposture, comme si Dieu s'étoit obligé à faire intervenir sa puissance pour terminer toutes les contestations excitées par les passions des hommes. L'aveuglement fut poussé jusqu'à décider, par celle voie, des questions de jurisprudence et des droits litigieux. Lorsque les parties étaient incapables de se battre , comme les femmes , les malades , les ecclésiastiques, les vieillards, ils substituoient à leur place des champions, toujours prêts à soutenir toute espèce de cause par les armes.
2° Les épr\ydves du feu. Un accusateur ou un accusé, pour prouver ce qu'il avançoit, étoit condamné ou s'obligeoit volontairement à marcher pieds nus sur un brasier ardent, entre deux bûchers allumés , ousur plusieurs socs de charrue
rougis au feu , ou à les relever de terre et à les tenir entre ses mains pendant quelques moments. Si nous en croyons l'histoire , plusieurs princesses accusées d'adultère furent réduites à se justifier ainsi, et y réussirent par le secours de Dieu. Un des exemples les plus célèbres que l'on cite en ce genre , est celui de Pierre igné, ou Pierre de feu, religieux de Valombreuse , de la famille des Aldobrandins. En 1063, suivant les relations, cet homme, revêtu des habits sacerdotaux, passa sain et sauf sur un brasier ardent, au milieu de deux bûchers allumés, et y retourna chercher son manipule qu'il avoit laissé tomber.
Il avoit été député par les moines de son couvent, pour prouver, par cette épreuve, que Pierre de Pavie , archevêque de Florence, étoit coupable de simonie ou d'hérésie. Ce fait est attesté, dit-on, par la lettre que le clergé et le peuple de Florence, témoins oculaires , en écrivirent au pape Alexandre II. Cependant il paroît que le pape n'y eut point d'égard , puisque l'archevêque conserva sa dignité. Lorsqu'il fallut décider en Espagne si l'on y conserveroit la liturgie mozarabique , ou si l'on suivroit le rit romain , on résolut d'abord de terminer celte difficulté par un combat ; ensuite on jugea qu'il étoit plus convenable de jeter au feu les deux liturgies, et de retenir celle que le feu ne consumeroit pas ; ce prodige fut opéré , dit-on, en faveur de la liturgie mozarabique.
5° Les épreuves de l'eau. On obligeoit un accusé de plonger dans l'eau bouillante sa main jusqu'au poignet, et quelquefois jusqu'au coude , et d'en tirer un anneau qui étoit au fond de la cuve. On lui enveloppoit ensuite la main dans un sachet cacheté, et si au bout de trois jours elle n'avoit aucune marque de brûlure , il étoit censé innocent.
\?é preuve de l'eau froide étoit princi» paiement destinéeàdécouvrirsi une personne accusée de sorcellerie, de magie, ou de maléfice , en étoit réellement coupable. Après l'avoir dépouillée de ses habits, on lui attachoit la main droite au pied gauche , et la main gauche au
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pied droit, dans cette posture on la jetoit soit en recevant la communion. Ainsi à i'eau : si elle enfonçoit, elle étoit absoute; si elle surnageoit, elle étoit déclarée sorcière et punie de mort. Mais les naturalistes ont observé 'que les femmes attaquées de passions hystériques , et les personnes vaporeuses,
Lothaire , roi de Provence et de Lorraine, jura, en recevant la communion de la main du pape Adrien II , qu'il avoit renvoyé Valdrade sa concubine, ce qui étoit faux. Comme Lothaire mourut un mois après , en 868 , sa mort fut altri-
n'enfoncent pas dans l'eau; d'où l'on buée à ce parjure sacrilège. Cette épreuve
conclut que la plupart de celles qui ont été réputées sorcières , étoient seulement sujettes aux vapeurs , maladie de laquelle on ne connoissoit autrefois ni les symptômes, ni les effets. Voyez les Mémoires de V Académie des Inscriptions, tom. C9, mi-12, p. 57.
4° Celles de la deux contendants ou à soutenir pendant longtemps , sur leurs bras , une croix
croix. On obligeoit
fut défendue par le pape Alexandre II.
Toutes les autres , dont nous avons parlé , étoient accompagnées de cérémonies religieuses; on s'y préparoit par le jeûne, par la prière , par la réception des sacrements. On bénissoit les armes, le feu , l'eau , le fer , destinés à faire IVpreuve. Ce privilège étoit réservé à certaines églises, à quelques monastères, et on leur payoit un droit pour cette
fort pesante, ou à demeurer les bras cérémonie. Histoire de V Eglise gai.,
t. 4, Disc, prélim.
Les usages absurdes sont plus anciens que les mœurs des barbares ; il est fait mention de répreuve du fer chaud dans V Electre de Sophocle , et les autres sont encore pratiquées chez les Nègres. Il n'a donc pas été besoin qu'un peuple les empruntât d'un autre ; les nations ignorantes et grossières se ressemblent partout, et sont sujettes aux mêmes folies. Jamais l'Eglise n'a autorisé ni approuvé ces superstitions ; mais elle a été souvent forcée de les tolérer, parce qu'elles étoient ordonnées par les lois des barbares ; les préjugés de ces peuples ont été plus forts que les défenses et les censures, puisque plusieurs se sont perpétués jusqu'à nous.
Dès le commencement du neuvième siècle , Agobard , archevêque de Lyon, écrivit avec force contre la damnable opinion de ceux qui prétendent que Dieu fait connoîlre sa volonté et son jugement par les épreuves de l'eau, du feu, et autres semblables. Il se récrie contre le nom de jugement de Dieu que l'on osoit donner à ces pratiques , comme si Dieu les avoit ordonnées, comme s'il devoit
étendus devant une croix ; celui qui y tenoit le plus longtemps remportoit la victoire.
5° Le pain conjuré. C'étoit un pain fait de farine d'orge, bénit, ou plutôt maudit par les imprécations d'un prêtre. Les Anglo-Saxons le faisoient manger à un criminel non convaincu , persuadés que, s'il étoit innocent, ce pain ne lui feroit point de mal , que s'il étoit coupable, il ne pourroit l'avaler, ou que s'il l'avaloit, il étoufferoit. Le prêtre qui faisoit cette cérémonie demandoit à Dieu , par une prière faite exprès , que les mâchoires du criminel restassent roides , que son gosier se rétrécît , qu'il ne pût avaler , et qu'il rejetât le pain de sa bouche ; c'étoit une profanation des prières de l'Eglise. Ces prières ne sont instituées ni pour opérer des miracles , ni pour faire du mal à personne. La seule chose qu'il y eût de réel , c'est que , de toutes les espèces de pain , celui d'orge moulu un peu gros, est le plus difficile à avaler. Cette épreuve ressembloiten quelquechoseàl'eau de jalousie; mais les Anglo-Saxons n'avoient aucune connoissance de celte eau , lorsqu'ils établirent V épreuve du pain conjuré. Un incrédule de nos jours a écrit, sans aucun fondement, que l'usage de ce peuple étoit une imitation de la loi juive. Voyez Jalousie.
6° Uépreuve par l'eucharistie se fai-
se soumettre a nos préjuges et a nos sentiments particuliers , pour nous révéler tout ce que nousdésirons de savoir. Dans le onzième siècle , Yves de Chartres a parlé de même, et cite à ce suje une lettre du pape Etienne V à Lumbei Ht