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tvêque de Mayencc, qui est aussi rap- j Quant aux autres faits , plusieurs raiportée dans le décret de Gratien. Les | sons nous autorisent à y donner très-peu papes Célestin III , Innocent III, Ilono- de croyance. 1° Ces faits ne sont point rius III, réitérèrent la défense d'user de j rapportés par des témoins oculaires , ces épreuves. Quatre conciles provin- j mais sur des ouï-dire et des bruits po-
ciaux, assemblés en 829 par Louis le Débonnaire , et le quatrième concile général de Latran,les défendirent encore.
Les théologiens scolastiques ont enseigné, après saint Thomas, que ces épreuves étoient injurieuses à Dieu et favorables au mensonge , parce que Ton y tentoit Dieu , parce qu'il ne les a point ordonnées, parce qu'on vouloit connoitre par là des choses cachées qu'il appartient à Dieu seul de connoître.
Si, malgré des raisons aussi solides
pulaires. Celui de Pierre igné , qui semble le mieux attesté, a été imité l'an 1103 par Luitprand , prêtre de Pilan, qui accusa de simonie Grosulan/son archevêque, et qui eut le même succès. Il est impossible que deux faits aussi semblables dans toutes les circonstances soient tous deux vrais. Le pape n'eut pas plus d'égard à l'un qu'à l'autre ; il y vit sans doute de l'exagération ou de l'imposture. Ce ne sont pas là les deux seuls cas où l'on a vu un peuple révolté
et des lois aussi formelles, on n'a pas j contre son pasleur, forger des faits, des laissé d'y recourir encore pendant longtemps, surtout dans les pays du Nord, c'est que l'opiniâtreté des ignorants est souvent plus forte que toutes les lois ; par conséquent l'on a tort d'attribuer j ventées par l'ignorance , et souvent les abus à la négligence ou à l'intérêt des j mises en usage par la fourberie et la
circonstances et de prétendus prodiges pour le perdre. Les papes et les conciles n'en ont pas moins proscrit les épreuves comme des pratiques pernicieuses, in-
pasteurs de l'Eglise.
C'est une question de savoir s'il y a eu quelquefois du surnaturel dans le succès des épreuves superstitieuses , et si l'on doit ajouter foi à ce que les historiens des bas siècles en ont écrit. Il y a sur ce sujet une bonne dissertation dans les Mémoires de V Académie des Inscriptions, tome 24, i'n-12, page 1 ; nous en extrairons quelques réflexions.
Il est d'abord évident qu'il n'y avoit rien de surnaturel dans le succès des duels, ni dans celui des épreuves delà croix ; qu'un homme soit plus fort et plus robuste qu'un autre, et soit vainqueur dans un combat , ce n'est pas un miracle. Mais rien n'empêche de croire que Dieu peut en avoir fait un en faveur des personnes vertueuses qui ne s'offroient point d'elles-mêmes aux épreuves et qui étoient forcées de les subir par la loi et par l'injustice des accusateurs.
Dieu a pu faire éclater leur innocence par un événement surnaturel, sans autoriser par là le préjugé dominant, ni la témérité de ceux qui exigeoient ces épreuves. Au reste, ce cas est assez rare, puisque l'on n'en trouve que deux ou trois exemples dans riiistoirc.
malice.
2° Plusieurs criminels justifiés et mis à couvert du châtiment par les épreuves, ont ensuite avoué leur turpitude et Tindigne victoire qu'ils avoient remportée sur l'innocence , et par suite de l'aveuglement général , on ne se croyoit plus en droit de les punir, ni même de leur reprocher le crime, parce qu'ils avoient satisfait à la loi. S'il y avoit eu du surnaturel dans leur succès, on ne pourroit l'attribuer qu'au démon, liais est-il croyable que Dieu ait permis à l'ennemi du salut d'exercer son pouvoir pour autoriser une superstition , souvent accompagnée de profanation et de sacrilège? On a déjà de la peine à concevoir que Dieu l'a permis chez les païens, pour les punir de leur aveuglement ; c'est pousser trop loin la crédulité , que de supposer que la même chose s'est faite au milieu du christianisme, pour aveugler des hommes qui avoient renoncé , par le baptême , au démon et à son culte.
On a donc eu raison de soutenir, dans tous les temps, que les épreuve? super* stitieuses étoient un crime. C'étoil tenter Dieu, mettre l'innocence en danger.
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donner lieu à l'imposture de triompher, et profaner les cérémonies religieuses dont ces absurdités étoient accompagnées.
L'incrédule dont nous avons déjà parlé , n'a pas montré beaucoup de justesse d'esprit , lorsqu'il a comparé les épreuves superstitieuses aux miracles de la verge d'Aaron, qui fleurit dans le tabernacle , et aux punitions surnaturelles que Dieu a tirées de quelques rebelles , dans l'ancien Testament; il n'y a aucune ressemblance entre ce qui s'est fait par l'ordre exprès de Dieu, et ce qui a été imaginé par le caprice des hommes. Il n'y en a pas davantage entre ces mêmes épreuves et les élections par le sort ; celles-ci n'ont rien de répréhensible , puisque les apôtres mêmes y ont eu recours pour agréger saint Mathias au
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collège apostolique. S'il y a eu dans la suite de bonnes raisons pour ne plus en user de même, cela ne prouve rien contre l'innocence de cette pratique. Voy. Sort. ÉQUIVOQUE , terme à double sens. Il
fête des Tabernacles, il leur répondit, Joan., c. 7 , j. 8 : « Allez vous-mêmes » à cette fête, pour moi je n'y vais point, * parce que mon temps n'est pas encore » arrivé. » Il ne leur dit pas , je nuirai point; mais je n'y vais point encore, parce que le moment auquel je veux y aller n'est pas encore venu. Il n'y avoit point là d'équivoque. Les autres passages cités par les incrédules ne font pas plus de difliculté.
Mais nous soutenons, contre les protestants, que le Sauveur auroit usé d'une équivoque trompeuse , et qu'il auroit tendu un piège d'erreur à tous ses disciples , si , lorsqu'il leur dit : « Prenez » et mangez, ceci est mon corps, etc., » il avoit seulement voulu dire , ceci est la figure démon corps. Nous convenons que , même avec la plus grande attention , il est impossible d'éviter toute espèce d'équivoque dans le discours , qu'aucun langage humain ne peut être assez clair pour ne donner lieu à aucune méprise ; mais ici rien n'étoit plus
n'est plus nécessaire de mettre en ques- aisé que de prévenir toute erreur et de tionsiune équivoque, de laquelle on se ! parler très-clairement. D'où nous con-
sert de propos délibéré, pour tromper celui à qui l'on parle , est un mensonge; aucun théologien n'est plus tenté d'en disconvenir. Cette manière d'en imposer au prochain ne peut pas s'accorder avec
la sincérité , la candeur , la simplicité science dans laquelle les équivoques
dans le discours, que Jésus-Christ nous commande; les vaines subtilités auxquelles on a quelquefois recours pour en excuser l'usage , ne prouvent rien.
Vainement quelques incrédules ont
voulu soutenir que Jésus-Christ lui-même j susceptibles d'un double sens. Tousceux
a usé quelquefois d'équivoques avec ses ennemis, et avec ceux dont il ne vouloit pas satisfaire la curiosité; ils n'en ont cité aucun exemple démonstratif. Lorsqu'il dit aux Juifs , Joan., c. 2 , f. 49 : « Détruisez ce temple, et je le rétablirai » dans trois jours, » il parloit de son propre corps , et l'évangéliste nous le fait remarquer; il est donc à présumer qu'il le montroit par un geste qui ôtoit l'équivoque , et ce fut malicieusement que les Juifs l'accusèrent d'avoir parlé du temple de Jérusalem. Lorsque ses parents Fexnorlèrent }-> se montrer à la
cluons que Jésus-Christ a voulu que ses paroles fussent prises à la lettre, et non dans un sens figuré. Voy. Eucharistie.
Par cet exemple, et par une infinité d'autres, il est évident qu'il n'est aucune
soient plus dangereuses et entraînent de plus funestes conséquences que dans la théologie. Les hérétiques et les incrédules n'ont presque jamais argumenté que sur des expressions et des termes
qui ont nié la divinité de Jésus-Christ, se sont fondés sur ce que le mot Dieu est équivoque dans l'Ecriture sainte , et ne signifie pas toujours l'Etre suprême. Les ariens disputoient sur le double sens du mot consubstantiel ; les hérésies de Nestorius et d'Eutychès n'ont été bâties que sur les divers sens des termes nature, personnes, substance, hypostase ; les pélagiens jouoient sur le mot de grâce. Combien de sophismes les protestants n'ont-ils pas faits sur les mots foi, mérite , sacrement, justice, justification , etc. ? Ils ne les ont jamais pris
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dans le même sens que les théologiens i l'éloge de la vie solitaire et mortifié:! catholiques, et la plupart des reproches ' de saint Jean -Baptiste, et saint Paul aqu'ils font à l'Eglise romaine ne sont loué celle des prophètes. En elVet, nous dans le fond que des difficultés de gram- j voyons que Dieu retint pendant quarante maire. j jours Moïse sur le mont Sinaï , et qu'Elie
De là inême nous concluons que si ; passa une partie de sa vie dans les dé- Jésus-Christ n'a voit pas donné aux pas- i sert s. Voilà donc un des principes de la leurs de l'Eglise, chargés d'enseigner, ! théologie mystique consacré dar^I'Ecri- Fautorité de fixer le sens du langage ■ turc sainte.
théologique, il auroit très-mal pourvu à ! Mais la vie érémitique n'a jamais prol'inlégrité et à la perpétuité de sa doc- : duit des effets plus salutaires que dans trine. [ le temps des malheurs de l'Europe , et
ÉRAST1ENS, secte qui s'éleva en An- i après les ravages faits par les Barbares, gleterre , pendant les guerres civiles , \ Lorsque les habitants de cette partie du en 1647; on l'appeloit ainsi, du nom de ! monde furent partagés en deux classes , son chef Erastus. C'éloit un parti de se- ; l'une de militaires oppresseurs et qui se ditieux, qui soutcnoientque l'Eglise n'a \ faisoient honneur du brigandage, l'autre point d'autorité quant à la discipline, j de serfs opprimés et misérables, piuqu'elle n'a aucun pouvoir de faire des ! sieurs des premiers honteux et repenioisni des décrets, encore moins d'infii- ; tants de leurs crimes, convaincus qu'ils ger des peines, de porter des censures et ; ne pourroient pas y renoncer tant qu'ils d'en absoudre, d'excommunier, etc. vivroient parmi leurs semblables, se
ÉRIÉNS. Voy. Aériens. | retirèrent dans des lieux écartés pour y
ERMITE, solitaire. Au mot Anaciio- \ faire pénitence, et pour s'éloigner de
rète , nous avons fait l'apologie de la
vie solitaire ou érémitique contre la folle
censure des philosophes incrédules ;
nous avons fait voir que ce genre de vie ■ vertu. On alla chercher auprès d'eux de
n'est ni un effet de misanthropie, ni une ; la consolation dans les peines , leur de-
toutes les occasions de désordre. Leur courage inspira du respect ; malgré la férocité des mœurs , on admira leur
violation des devoirs de société et d'humanité, ni un exemple inutile au inonde, et nous avons réfuté les traits de satire lancés par les protestants contre les ermites. Aussi ces censeurs téméraires n'ont pu se satisfaire eux-mêmes, en recherchant les causes qui ont donné la naissance à la vie solitaire. Moshcim , après avoir donné carrière à ses conjectures sur ce point, a imaginé que saint Paul , premier ermite, put en puiser le goût dans les principes de la théologie mystique, qui apprenoit aux hommes que, pour unir l'âme à Dieu, il faut l'éloigner de toute idée des choses sensibles et corporelles. Ilist. christ., saec. 5, §29. Il nousparoît plus naturel de penser que ce saint solitaire avoit contracté ce goût dans l'Evangile, dans l'exemple de Jésus -Christ, qui se rcliroit dans îles lieux déserts pour prier, qui ypassoit les nuits entières, et qui y demeura quarante jours avant de commencer à prêcher l'Evangile. Ce divin Sauveur a lait
mander de sages conseils , implorer secours de leurs prières. Nos vieux historiens , même nos romanciers, parlent des ermites avec vénération ; l'on comprenoit que si leur piété n'avoit pas été sincère , ils n'auroient pas persévéré longtemps dans le genre e vie qu'ils avoient embrassé.
Quelques-uns peut-être l'ont choisi par amour de l'indépendance, d'autres, pour cacher leur libertinage sous le voile de la piété : mais ces abus n'ont jamais été communs ; et c'est très-mal à propos que les incrédules en accusent les solitaires en général. Il n'a jamais été fort difficile de distinguer ceux dont la vertu n'était pas sincère, leur conduite ne s'est jamais soutenue longtemps ; les yeux du peuple, toujours ouverts, principalement sur ceux qu'il regarde comme des serviteurs de Dieu, ont bientôt découvert ce qu'il peut y avoir de répréheusible dans leurs mœurs.
On a encore dit que la plupart éloient
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des fainéants qui affectoient un extérieur singulier pour s'attirer des aumônes , parce qu'ils savoient que le peuple imbécile ne manqueroit pas de les leur prodiguer. C'est une nouvelle injustice.
Les vrais ermites ont toujours été laborieux ; et comme leur vie étoit très-frugale , leur travail leur a toujours fourni non -seulement leur subsistance, mais encore de quoi soulager les misérables.
Les protestants ont eu beau déclamer contre le goût de la vie monastique et crémitique, ils n'ont pas pu l'étouffer entièrement ; il s'est formé parmi eux des sociétés qui, à l'exception du célibat, ont beaucoup de ressemblance avec la vie des anciens cénobites. Voyez 11erntiutes.
Ermites de saint Augustin. Voyez Augustin.
Ermites de Camaldoli. Voy. Camaldules.
Ermites de saint Jérôme. Voyez Jékokimites.
Ermites de saint Jean -Baptiste de la pénitence, ordre religieux établi dans .la Navarre , dont le principal couvent ou ermitage étoit à sept lieues de Pampelune.
Jusqu'à Grégoire XIII, ils avoient vécu sous l'obéissance de l'évêque de cette ville; mais le pape approuva leurs constitutions, confirma leur ordre et leur permit de faire des vœux solennels. Leur vie étoit très- austère; ils marchoient pieds nus sans sandales , ne portoient point de linge , couchoient sur des planches, n'avoient qu'une pierre pour chevet, portoient jour et nuit une grande croix de bois sur la poitrine. Ils habitoient une espèce de laure qui ressembloit plus à une étable qu'à un couvent, et demeuroient seuls dans des cellules séparées au milieu d'une forêt.
Ces austérités nous causent une espèce de frayeur; il y a cependant des ordres entiers de religieux qui ont ainsi persévéré pendant longtemps ; quand leur ferveur n'auroit été que passagère , c'a toujours été un grand spectacle pour ceux qui en ont été témoins, capable de confondre l'épicuréisme des philosophes et la mollesse des gens du monde : il est
bon que ce phénomène se renouvelle de temps en temps.
Ermites de saint Paul, ordre religieux qui se forma dans le treizième siècle , par la réunion de deux congrégations d'ermites, savoir, de ceux de saint Jacques de Patache, et de ceux de Pisilie près deZante. Après cette réunion, ils choisirent pour patron saint Paul, premier ermite, et en prirent le nom. Cet ordre s'étendit en Hongrie, en Allemagne, en Pologne et ailleurs; il y en avoit soixante et dix monastères dans le seul royaume de Hongrie ; mais les révolulions dont ce pays fut affligé firent tomber la plupart de ces couvents.
11 y a encore en Portugal une congrégation (Termites de saint Paul; il y en avoit autrefois une en France. Ces religieux s'étoient principalement dévoués à secourir les malades et les mourants , et à donner la sépulture aux morts. On les appeloit vulgairement les frères de la mort; ils portoient sur leur scapulaire la figure d'une tête de mort. Voyez l'hist. des ordres relig., tome 5, pag. 541. Ils ont été remplacés dans plusieurs villes par les pénitents séculiers, ou confrères de la croix.
ERREURS. Nous n'avons à parler que des erreurs en fait de religion.
Comme le système de la religion révélée est très-bien lié et forme une chaîne indissoluble, il est impossible qu'une première erreur, contre un de ses dogmes , n'en entraîne bientôt plusieurs autres; c'est un point démontré par l'histoire de toutes les hérésies. Ceux qui ont commencé à dogmatiser ne voyoient pas d'abord où les conduiroit leur témérité; mais de conséquence en conséquence, ils sont tous aliés plus loin qu'ils n'auroient voulu. Si Luther avoit prévu les effets qui dévoient résulter de ses sermons contre les indulgences, probablement il auroit reculé à la vue de l'abîme dans lequel il alloit se plonger.
Pour détruire l'usage des indulgences, il fallut attaquer l'autorité de l'Eglise , par conséquent la tradition sur laquelle elle se fonde , ne plus admettre d'autre règle de foi que l'Ecriture sainte, entendue selon le degré de capacité et de
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rend caduque en matière de faits. De savoir si un dogme est révélé ou s'il ne l'est pas , c'est un fait ; si ce fait ne peut pas être certainement prouvé par des témoignages , aucun fait quelconque ne peut l'être. Dans le fond, l'Ecriture sainte est-elle autre chose qu'un témoignage couché par écrit? Vou. Doctrine