AST 199 AST
gnifie donc point le Dieu de la guerre ou du carnage , comme quelques incrédules ont affecté de l’interpréter. Nous convenons cependant que le vrai Dieu est quelquefois nommé le Dieu des armées d’Israël , pour donner à entendre que c’est de lui seul que les Israélites atlendoient la victoire ; mais ce n’est point là le sens le plus ordinaire du titre de Dieu des armées. Mémoires de VAcad. des inscript., lom. 18, m-12 , p. 30 ; tom. 71 , p. 131.
II n’est pas étonnant que les Syriens et les Arabes aient été singulièrement attachés au culte des astres. Dans ces affreux déserts , où le jour n’offre que le tableau uniforme et triste de vastes plaines couvertes de sable aride , la nuit au contraire déploie à tous les yeux un spectacle magnifique. Presque toujours claire et sereine , elle présente à l’œil étonné Vannée des deux dans tout son éclat. A la vue d’un spectacle aussi merveilleux , le passage de l’admiration à l’idolûtrie étoit très-facile pour des hommes ignorants ; il est tout simple qu’un peuple dont le climat n’offre aucune beauté à contempler que celle du firmament, la choisissent par préférence pour objet de son culte. C’est la réflexion très-sensée d’un écrivain moderne.
Aussi , selon la remarque d’un autre savant, l’astronomie a fait la grande religion qui couvrit toute l’Asie sous des formes un peu différentes ; dans tout l’Orient s’éleva une multitude d’idoles astronomiques , dont chacune représentoit le soleil , la lune, leurs phases , leurs changements; ou les planètes, les constellations , les divers points du ciel; ou des figures allégoriques du jour , de la nuit, du matin, du soir, des points solstitiaux et équinoxiaux ; celles des ans , lies mois , des semaines , des jours , et de tout ce qui , figuré dans l’écriture primitive , put devenir un personnage ; de tout ce qui , ayant servi dans des siècles plus simples à indiquer les travaux de l’agriculture , put devenir un objet do vénération.
Au milieu de celte démence générale, il est digne de notre attention de considérer le peuple juif, seul adorateur du
vrai Dieu , auquel toute image est interdite ; et de trouver dans cette défense du législateur une preuve de cette vérité , que l’abus des images a causé la plupart des erreurs des peuples polythéistes.
Comme l’observation des astres servoit à fixer les fêtes rurales et les travaux de l’agriculture , elle se trouva liée à la religion ; d’où il arriva que les observateurs furent à la fois astronomes et prêtres. Ce fut une des raisons de l’exactitude et de la persévérance avec laquelle on observa ; mais ce fut aussi une cause des superstitions qui s’établirent, lorsque les rapports du ciel avec la terre furent regardés comme des influences, et que l’astronomie dégradée ne fut plus que l’astrologie.
L’histoire de la création , telle que Moïse l’a tracée, étoit le meilleur préservatif contre l’erreur des païens; elle nous apprend que Dieu a créé les astres pour l’utilité des hommes , et les conduit par sa volonté ; ce ne sont donc ni des dieux ni des génies tutélaires plus favorables à une nation qu’à une autre.
Moïse dit aux Juifs : « Lorsque vous J) élevez les yeux vers le ciel , que vous » voyez le soleil , la lune et les autres as- T> ires , gardez-vous de donner dans l’er- » reur et de les adorer ; le Seigneur votre » Dieu les a créés pour rendre service à » toutes les nations qui sont sous le I ciel. » Deut., c. 4, 19. Celle leçon
servoit encore à prémunir les hommes contre la terreur des éclipses , des météores , des phénomènes singuliers, dont les adorateurs des astres ont toujours été consternés : « Ne craignez point, dit j> Jérémie , les signes du ciel , comme ® font les nations , » c. 10, 2. Par là
enfin, les Juifs étoient préservés de la folle des pronostics , de la divination parles astres, des horoscopes , de l’astrologie judiciaire , etc. Ceux qui ne croient point à la révélation , devroient nous apprendre comment Moïse a été plus éclairé que les sages de toutes les nations dont il étoit environné.
ASTROLOGIE judiciaire, science fausse et absurde dont les partisans prt^ tendent qu’il y a une liaison nécessaire entre le cours des astres et les actions