‹ Dictionnaire de théologieChapitre 107 sur 170 · ATH 205 ATH · texte numérisé non relu

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raalheur éternel. Que les hommes con- ; cadre bien mal avec l’orgueil philosonoissentle crime ou neleconnoissent pas, | phique.

cela est égal ; Dieu le connoît , le cou- j 2» Des plaintes amères sur les misères pable n’échappera point à sa vengeance : ' les remords sont les premiers supplices par lesquels il leur fait sentir sa justice.

Que la société , que la patrie , soient justes ou injustes, reconnoissantes ou ingrates à mon égard , Dieu m’ordonne de m’y attacher et de les servir , comme il leur ordonne de me protéger. Si elles

j de l’humanité, sur les rigueurs d’une sur les passions qui

nature marâtre .

manquent à leur devoir , cela ne me donne pas droit de violer le mien : Dieu est témoin de ma conduite<, c’est à lui seul de me récompenser.

Par la loi générale de la charité , Dieu commande à tousles hommes de s’aimer, de s’aider, de se rendre des services mutuels : amis ou ennemis , concitoyens ou étrangers, bienfaiteurs ou rivaux, caractères aimables ou fâcheux, personne n’est excepté. Quand ils nous refuseroient leur amitié, nous serions encore obligés de nous rendre aimables, afin de ne pas les blesser.

Tel est le langage de la religion , de nos livres saints , des justes de tous les siècles ; c’est celui de la raison et de la saine philosophie. Lorsque les athées s’obstinent à le méconnoître , nous n’avons pas tort de leur reprocher qu’ils sapent la morale par les fondements.

Sans la croyance d’un Dieu , souverain législateur , rémunérateur et vengeur , il n’est plus de lois , plus de devoirs ou d’obligations morales proprement dites , plus de vices ni de vertus ( N® X,

II. L’Ecriture nous assure que les athées n’ont jamais goûté la paix , qu’il n’est point pour eux de consolation ni de bonheur en ce monde; ils ont pris euxmêmes la peine de nous en convaincre.

Que voyons-nous dans leurs livres?

1» Une affectation singulière de dégrader l’homme, de le réduire au niveau des brutes , afin de prouver qu’il n’est pas l’ouvrage d’un Dieu sage et bon. Ce n’est pas là le moyen de nous inspirer du courage , des sentiments nobles , l’héroïsme de la vertu , la satisfaction secrète que goûte une âme élevée à sentir ce qu’elle est. Cet avilissement volontaire

nous tourmentent, sur les crimes qui nous déshonorent, sur les fléaux qui couvrent la terre. Ils en concluenlqu’une Providence bienfai:#nte ne se mêle point du gouvernement de ce monde. Ces sombres réflexions ne sont pas fort propres à nous rendre contents de notre sort. Lorsque les athées peignent le geme humain , ils le représentent comme une société de malfaiteurs aveuglés , corrompus , forcenés par religion. Peut-on se féliciter de vivre dans une pareille compagnie , ou espérer d’y trouver jamais le bonheur ?

3“ Des blasphèmes contre la justice d’un Dieu vengeur, contre la sévérité avec laquelle on prétend qu’il. punit le crime. Cette idée , disent - ils , inspire l’elTroi , fait envisager Dieu comme un être odieux. A ce signe , il est difficile de reconnoitre le calme d’une conscience pure, exempte de trouble et de remords. Ils se plaignent de ce que la vertu n’est pas heureuse sur la terre, et ils ne veulent point du bonheur d’une autre vie. Mais si la vertu n’a rien à espérer , ni dans ce monde ni dans l’autre , où sera le motif de l’embrasser?

4» Des doutes jetés sur la perpétuité de l’ordre physique du monde. Nous ne savons pas , disent-ils , si une révolution subite ne replongera pasbientôll’univers dans le chaos. Jamais la superstition la plus aveugle n’inspira une crainte aussi puérile et aussi absurde. Epicure pensoit qu’il valoit encore mieux être sous l’empire d’un Dieu le plus capricieux , que sous le joug d’une nécessité impitoyable que rien ne peut fléchir. Aujourd’hui ses disciples , moins sensés que lui , préfèrent l’empire de la nécessité à celui de la Divinité.

3° Des éloges pre ligués à la fureur du suicide. Si c’est à ce terme que doit aboutir la suprême félicité des athées, un homme raisonnable ne sera pas tenté de la leur envier. Il est bien absurde de nous promettre le bonheur ici-bas, si

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nous voulons abjurer l’idée d’un Dieu vengeur , et de vouloir prouver ensuite •que si nous sommes dégoûtés de la vie , rien n’est mieux que de se détruire.

G° Des sophismes sans fin , pour démontrer qu’il n’y a aucune certitude dans nos connoissances ; qu’un scepticisme général est la seule philosophie du sage. Mais si toutes^os opinions sont incertaines , V athéisme n’est donc pas un système invinciblement prouvé , et auquel on puisse se livrer avec une pleine sécurité. Douter s’il y a un Dieu, une religion vraie , une autre vie , ce n’est pas être convaincu qu’il n’y en a point ; l’incertitude sur un objet aussi important ne peut pas être une situation douce et agréable. Les mécontentements du présent, l’incertitude sur l’avenir, des fureurs contre Dieu , des invectives contre les hommes , ne furent jamais les symptômes de la paix et du bonheur. Nous sommes donc forcés d’acquiescer à la sentence que Dieu a prononcée lui-même par un prophète : « Point de paix pour » les impies. » Jsaï., c. 48, 22; c. 57,

III. Le psalmiste nous avertit que les athées sont des hommes d’un mauvais caractère, dangereux , malfaisants , pernicieux à la société, est-ce une accusation fausse ?

Puisqu’il est démontré que la situation des athées n’est ni tranquille , ni heureuse, c’est un trait de cruauté de leur part de vouloir communiquer aux autres le doute , l’inquiétude , le mécontentement, l’humeur, qui les tourmentent.

Qu’ils s’obstinent à y demeurer , c’est leur affaire ; mais pourquoi vouloir arracher à leurs semblables l’idée d’un Dieu qui les console , une religion qui les porte à la vertu , une espérance qui adoucit leurs peines? A considérer la «nanièrc dont la plupart des hommes <iont constitués, les athées sont -ils sûrs que leurs principes , répandus dans le monde, n’augmenteront pas la quantité des crimes et le nombre des malfaiteurs ? Le moindre danger à cet égard devroit arrêter la main et fermer la bouche à tout homme sensé.

Quand la vérité de la religion ne seroil

pas invinciblement démontrée , elle est du moins autorisée par les lois ; chez toutes les nations policées , on a sévi contre ceux qui violent les lois en attaquant la religion. Parce qu’il plaît aux athées de trouver ces lois injustes , il ne s’ensuit pas qu’elles le sont en effet , et que l’on ne doit pas punir ceux qui s’élèvent contre elles. Exiger dans ce cas une tolérance absolue , c’est autoriser tous les malfaiteurs à enfreindre toutes les lois qui les gênent.

Accuser les vivants et les morts , noircir les rnotifs de toutes les vertus qui ont brillé dans le monde , fouiller dans tous les coins de l’histoire pour trouver des reproches contre les personnages pour lesquels le genre humain a eu le plus de respect , sonner le tocsin contre ceux qui prêchent la religion ou qui la défendent , les peindre comme autantde fourbes ou de fanatiques ennemis de la société , attaquer les souverains et les gouvernements comme complices du même crime : voilà ce que les athées ont fait de tout temps et font encore. Si tous ces excès ne sont pas punissables , quel a donc été l’objet de la police et de la législation ?

C’est une imposture de leur part de prétendre (piel' athéisme n’intlue en rien sur les mœurs , et qu’un athée peut être aussi vertueux qu’un homme qui croit en Dieu ; le contraire est démontré par leur propre conduite. Un athée n’évite le crime qu’autant qu’il y est forcé par les lois; il ne peut être homme de bien sans contredire continuellement tous ses principes.

L’influence terrible que Vathéisme peut avoir sur les mœurs du peuple , n’est que trop prouvée par un fait arrivé de nos jours. 11 y a environ dix ans qu'il s’étoit formé dans la Lorraine allemande et dans l’électorat de Trêves, une association de gens de la campagne qui avoient secoué tout principe de religion et de morale. Ils s’étoient persuadés qii’cn se metlaût à l’abri des lois ils pouvoient satisfaire sans scrupule toutes leurs passions. Pour se soustraire aux [)Oursuites de la justice , ils se comportoient dans leurs villages avec la plus

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grande circonspection ; l’on n’y voyoit aucun désordre : mais ils s’assembloient la nuit en grandes bandes , alloient à force ouverte dépouiller les habitations écartées , commettoient d’abominables excès , et employaient les menaces les plus terribles pour forcer au silence les victimes de leur brutalité. Un de leurs complices ayant été saisi par hasard pour quelque autre délit, l’on découvrit la trame de cette confédération détestable, et l’on compte par centaine les scélérats qu’il a fallu faire périr sur l’échafaud. Lettres sur V Histoire de la terre et de l’homme, par M. Duluc , 1779, tom. 4, Lettre 91 , p. 140.

Ce fait fut annoncé dans le temps par les nouvelles publiques, mais il ne fut pas assez remarqué. S’il avoit été question d’un événement peu favorable à la religion, nos philosophes en auroient fait retentir le bruit dans l’Europe entière. Le sage écrivain qui le rapporte , et qui en avoit presque été témoin , observe avec raison que si Vathéisme ne produit pas le même effet sur les hommes laborieux , timides , dont les passions sont douces , la société auroit tout à craindre des paresseux hardis , entreprenants , et dont les passions sont violentes ; l’irréligion en feroit de vrais tigres.

11 ne restoit plus aux athées qu’à vouloir cacher leurs turpitudes sous le masque de l’hypocrisie , à se prétendre animés par un zèle ardent pour le bien de l’humanité, à exiger des éloges et des récompenses pour le courage qu’ils ont montré : c’est par là que les athées ont couronné leurs travaux.

Ils diront sans doute que par ces réflexions nous cherchons à les rendre odieux , à exciter contre eux la sévérité des magistrats. Non. L’Ecriture les déclare insensés : nous souscrivons à cet arrêt. On ne punit point les hommes tombés en démence , mais on les met hors d’état de nuire. Le roi prophète remet à Dieu la vengeance de leurs fureurs . » Levez-vous , Seigneur , jugez » vous - même votre cause ; voyez les » blasphèmes que Vinsensé ne cesse de » vomir contre vous ; remarquez et n’ou-

» bliez pas l’orgueil de ceux qui se dé- » clarent vos ennemis , et cette audace » qui s’augmente de jour en jour. »

Ps. 75 , 22. Instruits parles leçons de

Jésus-Christ, encore plus parfaites que eelles des anciens justes , nous ne demandons à Dieu que la conversion des incrédules.

Nous ignorons pourquoi l’on a pris de nos jours tant de peine pour justifier Vanini , athée célèbre, ou du moins pour l’excuser et pour faire paroître ses juges coupables de cruauté. Plusieurs de nos philosophes ont trouvé bon de faire son apologie ; mais l’intérêt personnel et la conformité de sentiment n’auroient-ils pas influé beaucoup dans cette charité singulière?

Il nous suffit d’observer que Vanini ne fut point livré au supplice précisément parce qu’il étoit athée, mais parce qu’il prêchoit V athéisme, et séduisoit la jeunesse. Ces deux crimes sont très-différents. Si les athées gardoient pour eux seuls leur impiété , personne ne s’informeroit de ce qu’ils pensent; mais ces insensés veulent dogmatiser , communiquer aux autres le poison dont ils sont infectés, et c’est ce qu’on a droit de punir.

ATHÉNAGORE , philosophe athénien, converti au christianisme, présenta, l’an 177, aux empereurs Marc- ; Aurèle-Antonin et Lucius-Aurèle-Comj mode , une apologie pour les chrétiens ,

; par laquelle il justifie leur croyance et I leurs mœurs contre les calomnies des païens. Il a aussi fait un traité de la résurrection des morts.

Il demande d’abord pourquoi , sous le règne de deux princes philosophes et naturellement équitables, on n’accorde point aux chrétiens , qui font profession d’honorer la Divinité , la même liberté dont jouissent les superstitions les plus absurdes ; pourquoi l’on ne procède point contre des hommes dont les mœurs sont innocentes , dans la même forme juridique que contre des malfaiteurs coupables des plus grands crimes.

Les païens accusoient les chrétiens de trois crimes principaux , d’athéisme, de tuer et de manger un enfant dans leurs

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assemblées , de s’y livrer ''nsuite à l’impudicilé.

Athénagore demande comment l’on peut reprocher l’athéisme aux chrétiens qui adorent un seul Dieu en trois personnes. Il fait voir que plusieurs philosophes ont enseigné l’unité de Dieu ; que le polythéisme est absurde ; que les chrétiens reconnoissent même des anges dont Dieu se sert pour exécuter ses ordres; que la pureté de leur vie démontre.assez qu’ils ne sont point athées.

Le principal fondement de cette accusation éloit l’aversion que témoignoient les chrétiens pour les sacrifices et pour l’idolâtrie des païens; Athénagore s’attache à prouver que l’on ne doit point honorer Dieu par des sacrifices sanglants ; que dans les différentes villes de l’empire l’on n’adore pas les mêmes dieux; qu’il est absurde de prendre les créatures, la matière, le monde, ses différentes parties , ou les idoles , pour des dieux : il fait voir que toutes ces superstitions sont d’une invention trèsrécente.

Vainement les païens prétendaient que le culte des idoles se rapportait aux dieux qu’elles représentaient, et qu’il étoit confirmé par la vertu miraculeuse de plusieurs de ces simulacres.

Athénagore démontre, par le témoignage des philosophes et des poêles, que ces prétendus dieux avoient été des hommes, qui ne méritoienl aucun culte religieux ; il insiste sur l’indécence de leurs figures , sur les passions et sur les crimes qu’on leur altribuoit; il montre que l’on justilioit mal ces fables, en leur donnant un sens physique, et en les appliquant aux phénomènes de la nature.

Il expose la doctrine de Thalès et de Platon sur les démons, et celle des chrétiens touchant les anges , bons ou mauvais ; il soutient que les esprits malfaisants sont les vrais auteurs de l’idolâtrie, et de tous les prestiges qui avoient servi ù l’établir parmi les hommes.

Quant aux deux autres crimes dont on chargeoil les chrétiens, Athénagore soutient qu’ils sont assez réfutés par la pureté des mœurs qui règne parmi eux , par la tempérance cl la fidélité qu’ils

gardent dans le mariage , par la modestie avec laquelle ils se saluent, par leur amour pour la virginité , par l’éloignement qu’ils ont pour les secondes noces. Il représente combien il leur est triste d’être accusés des crimes contraires par des hommes qui sont coupables eux-mêmes de toutes les espèces d’impudicité et de forfaits.

Loin de pouvoir être convaincus d’aucun homicide , ils ont horreur de voir répandre le sang humain , soit dans les supplices des criminels, soit dans les combats des gladiateurs; ils regardent les avortements volontaires comme un meurtre , et la coutume d’exposer les enfants comme un vrai parricide.

Athénagore finit par exposer la croyance des chrétiens sur la résurrection générale, sur les récompenses et les peines de l’autre vie ; il observe que, quand ce seraient là des erreurs , ce ne seroienl pas encore des crimes pour lesquels il fût juste de haïr , de persécuter , de mettre à mort ceux qui sont dans ces sentiments.

Cette apologie fut présentée vingt-six ou vingt -sept ans après celle de saint Justin.

Les critiques protestants, Jurieu , Leclerc , Barbeyrac , et leurs copistes , font plusieurs reproches contre la doctrine à' Athénagore. 1° 11 a eu, disent -ils, trop d’idées platoniciennes. Mais il faut faire attention que cet écrivain parlait à des empereurs qui faisaient profession de philosophie , et qui , sans doute , respectoient Platon ; c’étoit un trait de prudence de se conformer à leur goût , et de leur alléguer en plusieurs choses raulorité de ce philosophe. Quand même Athénagore auroit conservé, après sa conversion, les opinions platoniciennes qui lui paroissoient conciliables avec les dogmes du christianisme, nous ne voyons pas où serait le crime. De la même il s’ensuit que noire religion , des sa naissance, n’a pas redouté l’examen des philosophes.

2" L’on prétend qw' Athénagore n’at- (ribuc à Dieu qu’une providence générale, qu'il a supposé que les anges éloicnl chargés en détail du gouverne-

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ment du monde. Selon Barbeyrac , celte idée empruntée de Platon , présentée à deux empereurs païens , a dû leur faire conclure que les chrétiens étoient des polythéistes.

N’oublions pas que ces deux princes étoient philosophes , capables , par conséquent, de mettre de la distinction entre des êtres créés, tels que les anges , et un Dieu incréé; que selon la doctrine formelle d'Jthénagore , aucun être créé n’est Dieu. Dans son Apologie et dans son Traité de la résurrection, il attribue expressément à Dieu le gouvernement et la destinée de l’homme; il suppose que les anges n’agissent que par les ordres et selon les desseins de Dieu ; ce n’est pas là du platonisme.

D’un côté, plusieurs de nos philosophes ont soutenu que Platon , qui admettoit un Dieu suprême et des dieux secondaires , ou des génies inférieurs à Dieu , n’étoit pas polythéiste ; de l’autre, nos critiques soutiennent que celte doctrine , présentée à deux empereurs instruits , . a dû leur paroîlre un polythéisme. Barbeyrac prétend qu'Athénagore n’enseigne point le culte des anges; comment donc les empereurs ont-ils pu conclure de sa doctrine , que les chrétiens adoroient plusieurs dieux ? Avant de blâmer les Pères , leurs censeurs devroient commencer par s’accorder avec euxmêmes.

3° Ils accusent Athénagore de n’avoir pas été orthodoxe sur le dogme de la Trinité, et jusqu’à présent, dit Barbeyrac, il n’a pas été justifié. Probablement ce critique n’a lu ni la défense de la foi de Nicée par Bullus , ni le sixième avertissement de M. Bossuet aux protestants , c. 10, n. 69 et suiv., où Athénagore est justifié pleinement et sans réplique. Cet auteur dit : t Nous reconnoissons Dieu » le Père , Dieu le Fils et le Saint-Esprit ;

» nous montrons et leur puissance dans * l’unité, elleur distinction dans l’ordre. » Légat., n. 10. Pour trouver là du polythéisme, Barbeyrac lui fait dire : « Nous » avons Dieu le Père, Dieu le Fils et le » Saint-Esprit unis , cl la vérité, d’une » certaine manière, mais néanmoins dis- » tincls, et ayant leur ordre entr’eux.

» Nous avons aussi des divinités infé- » rieures à celles-là, etc. * Est-il permis d’altérer ainsi la doctrine d’un auteur, pour avoir droit de lui imputer des erreurs?

4° Le grand crime à' Athénagore , aux yeux de nos critiques licencieux, est d’avoir fait trop de cas de la virginité , et d’avoir dit que les secondes noces sont un honnête adultère. Malheureusement presque tous les anciens Pères ont parlé de même , et c’a été le sentiment général des premiers chrétiens. Quand on se rappelle à quels excès la licence du divorce étoit portée chez les païens , on n’est plus surpris des expressions et de la morale sévère de nos apologistes. Foy. Bigamie.

5“ L’on a dit , au hasard, qu' Athénagore n’avoit été cité que par saint Epiphane; c’est encore une erreur: il l’a été par Photius , Cod. 22 i, d’après saint Méthode, évêque et martyr, mort vers l’an 51 1 , et par PhilippeSidétas, Serm. 24.

Nous ne sommes pas étonné de l’affectation des incrédules à déprimer les anciens défenseurs du christianisme ; mais il n’est pas fort honorable aux protestants de leur avoir fourni le canevas de tant de fausses accusations.

Les deux ouvrages d’ Athénagore se trouvent à la suite de ceux de saint Justin , dans l’édition des bénédictins.

ATTRIBUTS, qualités ou perfections de Dieu. Quoique l’essence divine , parfaitement simple en elle-même, exclue toute composition et toute distinction , notre entendement borné est forcé de distinguer en Dieu divers attributs ou perfections. Les uns sont nommés attributs métaphysiques ; tels sont l’aséité ou nécessité d’être , l’éternité , l’infinité , l’immensité , la spiritualité , l’immutabilité, la simplicité , l’entendement, la volonté , la toute-puissance , la science , la sagesse, etc. Les autres sont nommés perfections morales ; ce sont celles qui établissent des relations morales entre Dieu et les créatures intelligentes , et qui nous imposent des devoirs moraux envers Dieu : telles sont la providence , la bonté, la sainteté, la justice, etc. Feyez chacun de ces attributs sous son nom particulier.

Dans le mystère de la sainte Trinité,

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