‹ Dictionnaire de théologieChapitre 112 sur 170 · BAI · texte numérisé non relu

BAI

i!u monde par Jésus-Christ est absolument nulle. Le genre humain avoit tout perdu par le péché d’Adam : que lui a rendu Jésus-Christ ? De quoi l’a-t-il racheté ou déhvré? Nous n’en savons rien.

Les expressions pompeuses , par lesquelles l’Ecriture sainte nous vante le bienfait de la rédemption , les actions de grâces que l’Eglise chrétienne en rend à Dieu, le titre de Sauveur du monde, etc., sont des mots vides de sens : le dogme fondamental du christianisme n’est qu’un rêve de l’imagination.

Si au moins ce système étoit consolant, capable de nous inspirer l’amour de Dieu et le goût des bonnes œuvres, on ne seroit plus surpris de l’opiniâtreté avec laquelle il a été soutenu ; mais il n’en est aucun qui soit plus propre à désoler et à décourager les âmes vertueuses , à faire envisager Dieu comme un tyran, et notre existence comme un malheur. Il est trèsfaux que saint Augustin en soit l’auteur; s’il l’étoit , comme on ose le prétendre , il s’ensuivroit seulement , qu’après avoir mal raisonne contre les manichéens, il a encore plus mal argumenté contre les pélagiens , et qu’entraîné per la chaleur de la dispute, il est tombé dans des excès répréhensibles ; mais il n’en est rien. Foyez Saint Augustin.

Nous ne sommes pas surpris de voir un luthérien , tel que Mosheim , confondre ensemble les opinions de Luther, de Baïue, de Jansénius, des augustiniens , des thomistes ; supposer que c’est le sentiment de saint Augustin, et prétendre que l’on n’en a jamais montré la différence. Ilist. ecclés. du seizième siècle, sect. 5, part., c. 1 , § 58. On peut le croire , quand on n’a pas lu les ouvrages de ce saint docteur , et que l’on ne s’est pas donné la peine de confron- .cr les divers systèmes ; mais un théo- •ogienbien instruit sait aisément les-distinguer.

L’apologie que Baïus a faite de ses propositions condamnées n’est ni sincère ni solide; il ne les justifie qu’en abusant des passages de saint Paul et de saint Augustin , comme a fait Luther, et comme font encore tous les faux augustiniens.

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