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IV. Des effets du baptême. Nous avons

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déjà observé plusieurs conséquences de l’erreur des protestants , qui enseignent que toute l’efficacité des sacrements consiste dans la vertu qu’ils ont d’exciter en nous la foi justifiante; mais elle a encore donné lieu à d’autres excès. Plusieurs sectaires en ont conclu que le baptême de Jésus-Christ n’opère rien de plus que celui de saint Jean-Baptiste, puisque celui-ci avoit aussi la vertu d’exciter la foi et les sentiments de pénitence. Ils ont soutenu, ou qu’il n’y a point de péché originel dans les enfants, ou qu’il n’est pas efi'acé par le sacrement ; que la tache de ce péché demeure encore dans le baptisé , et que celui-ci peut encore être réprouvé à cause du péché originel ; ils ont dit que le baptême ne donne point la grâce sanctifiante, n’imprime à l’âme du chrétien aucun caractère , qu’ainsi rien n’empêche de le réitérer, si on le trouve bon : ils ont enseigné que ce sacrement impose tout au plus au chrétien l’obligation de croire , mais non celle d’observer les commandements de Dieu et de l’Eglise ; d’où il s’ensuit, en dernière analyse, que le baptême n’est ni fort utile , ni absolument nécessaire , et que l’on peut le négliger, sans courir aucun risque de son salut; aussi les quakers d’Angleterre s’abstiennent-ils de donner et de recevoir ce sacrement, et un assez grand nombre de protestants ne se pressent point de le faire donner à leurs enfants.

Le concile de Trente a condamné toutes ces erreurs dans les sessions 5, 6 et 7, où il a établi la croyance catholique touchant le péché originel , la justification , les effets des sacrements , et ceux du baptême en particulier; et les théologiens n’ont pas de peine à faire voir que toutes les conséquences du système des protestants sont formellement contraires à l’Ecriture sainte. Si les prétendus réformateurs avoientété aussi grands théologiens qu’on les suppose, ils les auroient prévues , et il est à présumer qu’ils auroient reculé à la vue de l’abîme dans lequel ils alloient se précipiter.

Saint Jean-Baptiste dit lui-même aux Juifs ; c Je vous baptise par l’eau, mais » celui qui vient après moi vous bapti-

* sera par le Saint-Esprit et par le feu. » Matth., c. 3, i.W. Saint Paul fit baptiser au nom de Jésus-Christ des fidèles qui avoient déjà reçu le baptême de saint Jean, Acl., c. 19, S. Il est donc faux que ces deux baptêmes aient eu la même vertu. Au mot Origikel , nous prouverons que tous les enfants , sans exception , naissent souillés du péché : qu’il soit pleinement effacé par le baptême, c'est la doctrine formelle de saint Paul , qui dit aux Galates , c. 5 , y. 17 : « Vous tous qui êtes baptisés en Jésus-

* Christ, avez été revêtus de Jésusp Christ. P Et aux Romains , c. 8, jl. 1 : « Il n’y a donc plus aucun sujet de conp damnation dans ceux qui sont en Jép sus-Christ , et ne marchent plus selon P la chair, p .4nanie lui avoit dit quand il fut converti : « Recevez le baptême , P et lavez vos péchés, après avoir invop qué le nom de Jésus - Christ, p ^ct., c. 22, f. 16. Saint Pierre écrit aux fidèles , I.-Petr., c. 3, y. 21 : « Le bapp tême vous sauve, non en purifiant les p souillures de la chair, mais en vous p donnant le témoignage d’une bonne p conscience devant Dieu , par une rép surrection semblable à celle de Jésusp Christ, p De quoi vous sauve-t-il , sinon du péché et du châtiment? Saint Pierre n’attribue point cet effet à la foi , mais au baptême, quoique la foi soit une disposition nécessaire.

Dans le paragraphe suivant, nous démontrerons par l’Ecriture la nécessité absolue de ce sacrement , et l’obligation rigoureuse imposée à tout chrétien de le recevoir. Saint Paul parle du caractère qu’il imprime, en disant aux Ephésiens, c. 4, jl. 50 : « Ne contristez pas le Saintp Esprit de Dieu, dans lequel vous avez p été marqués d’un sceau pour le jour p de la rédemption, p Et ces paroles sont analogues à ce qu’il a dit d’Abraham , qu’il a reçu la circoncision comme un sceau de la justice qui vient de la foi. Jiom., c. 4 , jl. II. Or, le sceau ou le caractère de la circoncision étoit ineffaçable. C’est sur ce fondement que saint Augustin a soutenu, contre les donatistes, que c’étoit un crime de réitérer le baptême» et dans toute l’auliquilé ec-

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clésiaslique on ne peut citer aucun exemple de cet attentat , si ce n’est chez les hérétiques.

Ceux qui ont soutenu que le baptême n’impose au chrétien point d’autre obligation que d’avoir la foi, n’ont pas moins contredit la doctrine de saint Paul , puisqu’il exige des chrétiens une foi qui opère par la charité, et qu’il ne cesse de les exhorter à faire de bonnes œuvres. Galat., c. 5, ÿ. 6; c. 6, y. 9, etc. Voyez Œuvres, Justification, etc.

V. De la nécessité du baptême. Jésus- Christ a institué ce sacrement comme un moyen de salut absolument nécessaire, lorsqu’il a dit : « Si quelqu’un n’est pas ï régénéré par l’eau et par le Saint-Ess prit, il ne peut pas entrer dans le I royaume de Dieu. » Joan., c. 3, f. S. « Prêchez l’Evangile à toute créature ; » celui qui croira et sera baptisé sera > sauvé, celui qui ne croira pas sera con- » damné. » Marc., c. 16 , 16. Saint

Pierre a répété celte même vérité , en disant que le baptême nous sauve, /. Petr., c. 3 , ÿ. 21 ; et saint Paul qui nous enseigne que Dieu nous a sauvés par le bain de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit. Tit.,c. 3, 5. Nous n’ignorons pas les subterfuges par lesquels les calvinistes et les sociniens ont tordu le sens de ces passages, et de plusieurs autres qui établissent ce dogme ; mais l’Eglise, en condamnant leurs erreurs, a frappé du même anathème les interprétations fausses qu’ils ont données à l’Ecriture sainte.

Le concile de Trente , après avoir décidé qu’Adam a transmis à tout le genre humain, non -seulement la nécessité de souffrir et de mourir , mais encore le péché , qui est la mort de l’ûmc , enseigne que ce péché ne peut être effacé que par les mérites de Jésus - Christ, et qu’ils nous sont appliqués jiar le baptême, sess. S, can. 2 et 3 ; que depuis la promulgation de l’Evangile , l’homme ne peut passer de l’état du péché à l’étal de grâce sans le baptême , ou sans le désir de le recevoir, sess. 6, can. T. Conséquemment il dit anathème à ipiiconque soutient (pie ce sacrement n’est pas nécessaire au salut , sess. 7, can. 5.

Celte doctrine a été déjà soutenue au cinquième siècle contre les pélagiens.

Pélage prétendoit que le péché d’Adam n’avoit nui qu’a lui seul , et non à ses descendants ; que le baptême étoit donné aux enfants , non pour effacer en eux aucun péché , mais pour leur donner la grâce d’adoption ; que quand ils mouroient sans l’avoir reçu, ils obtenoient la vie éternelle par le mérite de leur innocence. Saint Augustin combattit de toutes ses forces contre ces erreurs; elles furent condamnées par plusieurs papes et par plusieurs conciles d’Afrique , et cette condamnation fut confirmée par le concile général d’Ephèse , l’an 431 . Calvin n’a pas été moins téméraire que Pélage , en enseignant que les enfants des fidèles sont sanctifiés dès le sein de leur mère ; la croyance commune des calvinistes est que les enfants des infidèles qui meurent sans baptême sont damnés; mais qu’il n’en est pas de même des enfants des chrétiens, parce qu’ils ont part à l'alliance que Dieu a faite avec les hommes par Jésus-Christ. Dans celte supposition , l’on ne voit pas pourquoi il est encore nécessaire de baptiser les enfants des fidèles.

Il faut remarquer que le concile de Trente déclare que l’homme ne peut passer de l’état du péché a l’état de grâce sans le baptême, ou sans le désir de le recevoir. En effet, l’on a toujours cru dans l’Eglise que la foi, jointe au désir du baptême, peut tenir lieu de ce sacrement, lorsqu’il y a impossibilité de le recevoir; on n’a jamais douté du salut des catéchumènes morts sans avoir pu obtenir celte grâce. On a jugé encore que le martyre opéroit le même effet à l’égard de ceux qui mouroienl pour Jésus-Christ; c’est (lans cette croyance que l’Eglise rend un culte aux saints Innocents. De respectables évêques du troisième siècle ont même pensé que les fidèles (jui avoient reçu chez les héréli<iucs un baptême nul , mais qui étoient revenus de bonne foi à l’Eglise , et qui avoient participé aux saints mystères, n’avoient pas absolument besoin qu’on leur réitérât le baptême. C’éloit le sentiment de saint Denvs d’Alexandrie et do

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