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saint Cyprien. Eyist. 73, ad Juiaian.
Voyez Eusèbe , Hist. ecclés., 1. 7 , c. 9, €t la note de Lowth; Bingham, Orig.
ecclés., 1. 1 0 , c. 2 , § 23. Enfin , les Pères , à l’exception de saint Augustin , ont tous cté d’avis que saint Jean-Baptiste a été sanctifié par Jésus-Christ dans le sein de sa mère; c’est pour cela que l’Eglise célèbre sa nativité. Conséquemment les théologiens distinguent trois espèces de baptême, savoir: celui de désir, baptismtis flaminis ; celui de sang ou le martyre, baptismus sanguinis; et le baptême d’eau.
Le passage de saint Paul , duquel Calvin et ses sectateurs abusent , ne prouve pas ce qu’ils veulent. L’apôtre dit, /. Cor., c.l H, qu’un mari païen est sanctifié par une femme chrétienne, et qu’une épouse païenne est sanctifiée par un mari chrétien ; « autrement , ajoute- » t-il, vos enfants seroient impurs : or, B ils sont saints. » Cela ne prouve pas que ces enfants naissent exempts de péché , mais qu’ordinairement un père ou une mère, qui fait profession du christianisme , procure le baptême à ses enfants; ou qu’il y a lieu d’espérer qu’ils seront élevés dans cette religion. Voyez la Synopse des critiques sur ce passage.
VI. Quel est le sort étemel des enfants moids sans baptême? Cette question paroît déjà sufrisamment résolue par ce que nous venons de dire touchant la nécessité absolue de ce sacrement pour obtenir le salut, et par les raisons dont on s’est servi au cinquième siècle pour réfuter les erreurs de Pélage. Dans les commencements , cet hérésiarque n’osa rien décider touchant le sort de ces enfants. ^e sais bien , disoit-il , où ils ne vont pas ; mais j’ignore où ils vont : Quô non eant, scio; quô eanl, nescio. Dans la suite , pour ne pas contredire formellernent les paroles de Jésus-Christ, Joan.,c.7>, jt. .*5, il dit qu’à la vérité ces enfants n’entroient pas dans le royaume des deux , mais qu’ils n’étoient pas non plus condamnés à l’enfer ; qu’ils avoient la vie éternelle par le mérite de leur innocence. Saint August., 1. 1, de Pecc. meritis et remiss., c. 28, n. 54; Serm. 294 , c. I , n. 2 ; Epist. 156, etc.
Il îmaginoit ainsi un lieu ou un état mitoyen entre la gloire du ciel et la damnation , dans lequel il plaçoit ces enfants ; d’où il s’ensuivoit qu’ils étoient sauvés de l’enfer sans avoir participé en rien aux mérites ni à la rédemption de Jésus- Christ.
Saint Augustin et les autres défenseurs de la foi catholique réfutèrent toutes ces vaines opinions ; ils prouvèrent par l’Ecriture sainte , par la tradition des quatre premiers siècles, par les exorcismes du baptême, que tous les enfants d’Adam naissent souillés du péché originel, par conséquent privés de tout droit à la vie éternelle ; qu’ils ne peuvent être purifiés de ce péché que par l’application des mérites de Jésus-Christ et par le baptême; que s’ils meurent sans l’avoir reçu , ils sont damnés. Conséquemment ils rejetèrent le lieu ou l’état mitoyen que Pélage avoit imaginé entre le royaume de Dieu et la damnation , état qu’il nommoit la vie étemelle, et dans lequel il plaçoit les enfants morts sans baptême.
Depuis cette époque, le sentiment commun des théologiens est que non-seulement ces enfants sont exclus du bonheur éternel , mais qu’ils sont condamnés aux tourments de l’enfer ; que cependant ils les souffrent dans un degré beaucoup moindre que les autres réprouvés.
Malgré le nombre et l’autorité de ceux qui soutiennent ce sentiment, saint Thomas , saint Bonaventure , le pape Innocent III, et d’autres théologiens scolastiques , très-instruits de ce qui a été décidé contre les pélagiens , ont jugé qu’à la vérité il est de foi que les enfants morts sans baptême ne peuvent entrer dans le royaume des deux , ni jouir de la vie éternelle ; qu’ainsi ils éprouvent ce que l’on nomme la peine du dam; mais qu’il n’est pas de foi qu’ils souffrent aussi la peine du sens, ou les supplices de l’enfer ; que c’est seulement une opinion théologique , fondée sur de fortes preuves, de laquelle cependant il est très-permis de s’écarter. Quelques-uns même sont allés jusqu’à dire que ces enfants jouissent d’une félicité naturelle qui les dédommage de la perle qu’ils ont faite du bonheur éternel acquis par les
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radrites de Jésus-Christ. Ç’a été l’opinion du cardinal Sfondrate, dans le livre intitulé : Nodus prcBdestinationis dissoluiuSj dont plusieurs évêques de France demandèrent au souverain pontife la condamnation en 1696.
Personne ne s’est élevé avec plus de chaleur contre le sentiment mitigé des scolastiques que les partisans de Jansénius. Comme il étoit de l’intérêt de leur système de persuader qu’un adulte même peut être coupable et punissable pour un péché qu’il ne lui étoit pas libre d’éviter, ils ont fait tout leur possible pour prouver que la condamnation des enfants morts sans baptême aux supplices de l’enfer est un article de foi , et que l’on ne peut pas soutenir le contraire sans être hérétique. Nous ne prétendons pas favoriser leur entêtement, en rapportant fidèlement les preuves qui établissent le sentiment rigoureux des autres théologiens. La plupart ont été employées par saint Augustin contre les pélagiens , et son autorité y ajoute un nouveau poids.
1® Les paroles de Jésus-Christ, Joan., c. 3 , ^. 5 , sont claires : t Si quelqu’un » n’est pas régénéré par l’eau et par le » Saint-Esprit , il ne peut entrer dans le » royaume de Dieu, k L’expédient imaginé par Pélage, de distinguer le royaume de Dieu d’avec la vie étemelle, étoit absurde, puisque ces deux termes, dans l’Ecriture sainte, désignent également le bonheur éternel. Les sociniens et les protestants ne s’en tirent pas mieux en disant que, dans plusieurs autres endroits , le royaume de Dieu , le royaume des deux, signilient le règne de Jésus- Christ sur son Eglise : ce n’est point ainsi qu’on l’enlcndoit du temps de Pélage, ni avant lui ; les Pères ont donné constamment cl ces paroles le même sens qu’a suivi le concile de Trente, et ont c::tcndu par là le bonheur éternel.
2° Saint Paul , Jiphes., c. 2 , y. 5 , dit :
« Nous étions par naissance enfants de » colère. (N' XI, p. 609.) » Donc, dit saint Augustin, nous étions enfants de vengeance et de châtiment, masse de perdition et de damnation , cà cause du péché originel, liom., c. 3, jl. 18,1’a-
pôtre dit que le péché d’un seul est pour la condamnation de tous, et que la justice d’un seul est pour la justiiication de tous. S’il n’est pas question là d’une condamnation à l’enfer, on ne peut plus dire , comme l’Ecriture sainte, que Jésus-Christ nous a sauvés de l’enfer, de la puissance des ténèbres , de la puissance du démon, etc. ; il faut prendre le terme de rédemption dans un sens métaphorique, comme font les sociniens après les pélagiens.
3® Ce même apôtre dit, comme saint Pierre , que le baptême nous sauve. De quoi nous sauve-t-il , sinon de l’enfer et du supplice éternel? Donc, quiconque n’a pas reçu ce sacrement n’est pas sauvé.
4® Jésus-Christ, parlant du jugement dernier , ne fait mention que de deux places ; savoir , de la droite , où sont les justes qui sont envoyés à la vie éternelle , et de la gauche , où sont les méchants condamnés au feu éternel. Matth., c. 23 ,
33. Les enfants morts sans baptême ne peuvent être placés à la droite ; donc ils seront à la gauche , et subiront le sort des réprouvés : point de milieu. /
5® Les conciles d’Afrique , les papes Innocent P'' , Zozime , Célestin , Sixte III , saint Léon et Gélase, qui ont condamné les pélagiens, le concile général d’Ephèse , qui a confirmé celte condanvnation , sont censés avoir approuvé la doctrine de saint Augustin : or , ce saint docteur a toujours enseigné que les enfants morts sans baptême sont damnés.
6® Ç’a été aussi le sentiment de tous les Pères latins des siècles suivants et des théologiens , jusqu’à la naissance des scolastiques. Dans le second concile de Lyon , qui est le quatorzième général , tenu l’an 1274, il est expressément décidé que les âmes de ceux qui meurent en péché mortel, ou avec le seul pêché originel, descendent incontinent en enfer, pour y subir néanmoins des peines différentes ou inégales. Cette même décision est répétée mot pour mot dans le concile de Florence , tenu l’an 1439; canon 4. C’est une condamnation formelle du sentiment des scolastiques.
7® Le concile de Trente , sess. 5 , dans
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son décret touchant le péché originel , déclare , canon i", qu’Adam , par son péché , a non-seulement perdu la sainteté et la justice originelle, mais qu’il a encouru la colère et l’indignation de Dieu , la moFt et la captivité sous la puissance du démon; can. 2, qu’il a transmis à tout le genre humain, non-seulement la mort et les peines du corps, mais le péché qui est la mort de l’âme ; can. 5 , que ce péché ne peut être ôté que par les mérites de Jésus-Christ, et qu’ils nous sont appliqués par le baptême. Or , la mort de l’âme et la captivité sous la puissance du démon entraînent la damnation comme une conséquence nécessaire ; et il n’y a d’autre moyen que le baptême par lequel les mérites de Jésus-Christ puissent être appliqués aux enfants.
On ne peut pas nier que ces arguments ne soient très-forts ; ils prouvent invinciblement que les enfants morts sans baptême sont exclus du bonheur éternel, et souffrent la peine du dam ; mais ils ne démontrent pas aussi certainement que ces enfants souffrent encore la peine du sens. En voulant trop presser ces raisonnements , l’on s’expose à des inconvénients fâcheux , et l’on pourroit y en opposer d’autres qui ne paroîtroient pas moins concluants. Il n’y a donc aucune nécessité d’embrasser sur cette question le parti le plus rigoureux :
aussi , la faculté de théologie de Paris , dans la censure d'Emile, prop. 24 et suiv., édit. in-I2, pag. 90, a fait remarquer que l’Eglise catholique laisse la liberté de penser, avec saint Thomas, qu’on n’est point sujet à la peine du sens à cause du seul péché originel, mais que l’on est seulement privé de la vision intuitive de Dieu , qui est un don gratuit, surnaturel, auquel les créatures intelligentes n’ont, de leur nature , aucun droit.
Ajoutons que saint Augustin a éprouvé les mômes embarras que nous au sujet du sort des enfants , sans pouvoir se satisfaire lui-même. ( N" XII, pag. 609. ) Epist. 28 ad Hieron. Et s’il n’ose les exempter de toute peine , il ne les assujettit qu’à la plus légère de toutes. Une se hasarde pas même à décider quelle sera
la nature de cette peine , ni quel en sera le caractère et l’étendue. L. 6, contra Jul. c. 5. Il n’ose assurer qu’elle sera pire que l’anéantissement, et qu’il eût mieux valu pour ces enfants n’avoir jamais été. Ibid. Aussi quelques théologiens estiment, et Gonet entre autres , que la privation de la vision béatilique ne causera aucune douleur ni aucune tristesse à ces enfants infortunés. Cet état sera, en quelque sorte , un état mitoyen entre la récompense et le châtiment ; ce qui ne paroissoit point impossible à saint Augustin lui-même. De lib.
arb., 1. 3 , c. 23. Gonet s’appuie encore de l’autorité de saint Grégoire de Nazianze , de saint Grégoire de Nysse et de saint Ambroise. Saint Thomas, in 2, dist. 39, q. 2, art. 2, semble insinuer cette façon de penser , et admettre un ordre de providence bienfaisante de la part de Dieu sur ceux même qu’il ne peut récompenser.
Si l’on trouve mauvais que des théologiens qualifient trop rigoureusement les sentiments rigides de l’école, lors même qu’ils ressemblent assez dans l’expression aux erreurs condamnées, ne devroit-on pas avoir le même ménagement pour certaines opinions plus douces , soutenues par des théologiens respectables, et qui sont très-propres à arrêter les incrédules qui se scandalisent de la prétendue dureté du sentiment contraire ? L’on ne doit néanmoins donner à ces opinions que la valeur qu’elles ont d’avoir des partisans estimables , et se contenter de prouver par là que le sentiment contraire ne fait pas partie du dogme décidé, très-indépendant de ces discussions d’école. Foy. les conférences d'Angers, sur les Péchés,'!^ question, article 3.
BAPTISTÈRE, est le lieu ou l’édifice dans lequel on conserve l’eau pour baptiser.
Les premiers chrétiens , suivant saint Justin martyr , et Tertullieu, n’avoient d’autres baptistères que les fontaines, les rivières, les lacs ou la mer, qui se trouvoient plus à portée de leur habitation ; et, comme souvent la persécution ne leur permettoit pas de baptiser ca
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plein jour , ils y alloient de nuit , ou donnoient le baptême dans leurs maisons.
Dès que la religion chrétienne fut devenue celle des empereurs , outre les églises, on bâtit des édifices particuliers uniquement destinés à l’administration du baptême , et que par cette raison on nomma baptistères.
Quelques auteurs ont prétendu que ces baptistères étoient anciennement placés dans le vestibule intérieur des églises, comme le sont aujourd’hui nos fonts baptismaux. C’est une erreur. Les baptistères étoient des édifices entièrement séparés des basiliques , et placés à quelque distance des murs extérieurs de celles-ci. Les témoignages de saint Paulin, de saint Cyrille de Jérusalem, de saint Augustin , ne permettent pas d’en douter.
Ces baptistères, ainsi séparés, ont subsisté jusqu’à la fin du sixième siecle, quoique dès lors on en voie déjà quelques-uns placés dans le vestibule intérieur de l’église , tel que celui où Clovis reçut le baptême des mains de saint Remi. Cet usage est ensuite devenu général, si l’on on excepte un petit nombre d’églises qui ont retenu l’ancien, comme celle de Florence et toutes les villes épiscopales de Toscane, la métropole de Ravenne et l’église de Saint-Jean-de- Latran à Rome.
Ces édifices, pour la plupart, étoient d’une grandeur considérable, eu égard à la discipline des premiers siècles , le baptême ne se donnant alors que par immersion, et (hors les cas de nécessité) seulement aux deux fêtes les plus solennelles de l’année , Pâques et la Pentecôte. Le concours prodigieux de ceux qui se présenloient au baptême , la bienséance qui exigeoit que les hommes fussent baptisés séparément des femmes , demandoient un emplacement d’autant plus vaste, qu’il falloit encore y ménager des autels où les néophytes reçussent la confirmation et rcucharistie immédiatemeul après leur baptême. Aussi le baptistère de l’église de Sainte-Sophie à Constantinople éloitil si si)acieux, qu’il servit d’asile à l’empereur Hasilisque, et de salle d’assemblée h uQ concile fort nombreux.
Les baptistères avoient plusieurs noms différents , tels que ceux de piscine, lieu d’illumination , etc., tous relatifs aux différentes grâces qu’on y recevoil par le sacrement.
On trouve peu de chose dans les anciens auteurs sur la forme et les ornements des baptistères ; ou du moins ce qu’on y en lit est fort incertain. Voici ce qu’en dit M. Fleury , sur la foi d’Anastase, de Grégoire de Tours, et de Durand, dans ses notes sur le pontifical attribué au pape Damase : « Le baptistère étoit » d’ordinaire bâti en rond , ayant un » enfoncement où l’on descendoit par » quelques marches pour entrer dans s l’eau ; c’étoit proprement un bain. Dell puis on se contenta d’une grande cuve » de marbre ou de porphyre, comme » une baignoire , et enfin on se réduisit « à un bassin , comme sont aujourd’hui » les fonts. Le baptistère étoit orné de » peintures convenables à ce sacrement » et meublé de plusieurs vases d’or et ® d’argent pour garder les saintes huiles » et pour verser l’eau. Ceux - ci étoient « souvent en forme d’agneaux ou de * cerfs , pour représenter l’agneau dont » le sang nous purifie , et pour marquer » le désir des âmes qui cherchent Dieu , » comme un cerf altéré cherche une » fontaine , suivant l’expression du » Ps. 41 . On y voyoit l’image de saint » Jean-Baptiste et une colombe d’or ou ï d’argent suspendue , pour mieux reï présenter toute l’histoire du baptême » de Jésus -Christ et la vertu du Saint- » Esprit qui descend sur l’eau baptis- » male. Quelques-uns même disoient » le Jourdain , pour dire les fonts. »
Mœurs des Chrétiens, lit. 56. Ce qu’ajoute Durand , que les riches ornements dont l’empereur Constantin avoit décoré le baptistère de l’Eglise de Rome, étoient comme un mémorial de la grâce qu’il avoit reçue-parles mains du pape saint .Sylvestre, est visiblement faux, puisqu’il est aujourd’hui démontré que ce prince fut baptisé à Nicomédie peu de temps avant sa mort.
11 n’y eut d’abord de baptistères que dans les villes épiscopales : d’où vient qu'cncore aujourd’hui le rit ambrosien
ne permet pas qu’on fasse la bénédiction des fonts baptismaux les veilles de Pâques et delà Pentecôte , ailleurs que dans l’église métropolitaine : d’où les églises paroissiales prennent l’eau qui a été bénite, pour la mêler avec d’autre, depuis qu’on leur a permis d’avoir des baptistères ou fonts particuliers. Dans l’Eglise de Meaux , les curés de la ville viennent baptiser les enfants , depuis le samedi saint jusqu’au samedi suivant, sur les fonts de l’église cathédrale. C’est un droit attaché à chaque paroisse en titre et à quelques succursales , mais non pas à toutes , non plus qu’aux chapelles et aux monastères , qui , s’ils en ont , ne les possèdent que par privilèges et par concession des évêques.
On confond aujourd’hui le baptistère avec les fonts baptismaux. Anciennement on distinguoit exactement ces deux choses , comme le tout et la partie. Par baptistère, on entendoit tout l’édifice où l’on adminislroit le baptême; et les fonts n’éloient autre chose que la fontaine ou le réservoir qui conlcnoit les eaux dont on se servoit pour le baptême. Voyez l'ancien Sacram., seconde partie, pag. S5. Nous avons parlé de la bénédiction des fonts baptismaux dahs l’article Baptême.
BARALLOTS , nom qu’on donna à certains hérétiques qui parurenl à Bologne en Italie , et qui inetloient tous leurs biens en commun, même les femmes et les enfants. Leur extrême facilité à se livrer aux plus honteux excès de la débauche, leur fit encore donner, selon Ferdinand de Cordoue, dans son Traité De exignis Ànnonis, le nom d’obéissants, oùedîentes.
BARBARES. L’irruption des peuples du Nord qui , dans le cinquième siècle et les suivants , se sont jetés sur l’empire romain , et l’ont détruit dans l’Occident, est une époque célèbre dans l’histoire , mais fatale à la religion et aux mœurs, ün théologien se trouve intéressé à en rechercher les causes et les effets ; parce que plusieurs incrédules ont eu l’injustice de les attribuer au christianisme.
M. 1 leury les a très-bien exposés Moeurs des Chrèt,, n. 56 et suiv.
Au commencement du dnquième siècle , l’empire romain étoit affoibU de toutes manières; il n’y avoit plus ni discipline dans les troupes, ni autorité dans les chefs , ni conseils suivis , ni seience des affaires, ni vigueur dans la jeunesse, ni prudence dans les vieillards , ni amour de la patrie et du bien public.
Chacun ne cherchoit que son plaisir et son intérêt particulier , ce n’étoient qu’infidélités et que trahisons ; les Romains, amollis par le luxe et l’oisiveté, ne se défendoient contre les Barbares que par d’autres Barbares qu’ils soudoyoient. La mesure de leurs crimes étant comblée. Dieu en fit la justice exemplaire qu’il avoit prédite par saint Jean, Apoc., c. 13, ji. 18. Rome fut prise et saccagée plusieurs fois ; le sang des martyrs dont elle s’étoit enivrée fut vengé; l’empire d’Occident demeura en proie aux peuples du Nord , qui y fondèrent de nouveaux royaumes. Voilà les vraies causes de la chute de l’empire romain , et non l’établissement du christianisme , comme les païens le disoient alors , et comme Machiavel , et après lui d’autres politiques impies ou ignorants , ont osé le répéter.
On dira sans doute que le christianisme établi pour lors dans l’empire auroit dû corriger les mœurs, et empêcher les Romains de contracter d’aussi grands vices ; mais cette religion n’avoit commencé à être tolérée publiquement par les empereurs qu’en 511 ; bientôt après elle fut défigurée par les ariens , et les Barbares sont venus en -i06 ; alors un grand nombre de Romains luttaient encore contre les lumières de l’Evangile.
Il a semblé que Dieu avoit fait venir les farouches habitants du Nord , pour démontrer qu’il étoit plus aisé de convertir des hommes à demi sauvages , que des épicuriens.
Les chrétiens ne pouvoient vivre au milieu d’une génération aussi corrompue , sans participer à ses vices ; il n’est pas étonnant que les Pères de l’Eglise leur en aient reproché de très-grossiers. Saint Augustin , de Catechiz. rudib., n. 3 , 7 , 1 7 , 28 ; de Morib. Eccl., c. 31, etc. Les ravages des Barbares ne nuisirent pas moins aux mœurs de l’Egliso
que la corruption des derniers Romains.
L’Evangile , qui est la souveraine raison, condamne également tous les vices ; la stupidité, la fourberie, la férocité, la cruauté, sont aussi incompatibles avec la vraie religion que le luxe et la mollesse. Les guerres , les hostilités , le brigandage, sont aussi contraires à la piété qu’à la justice et à la probité naturelle. Quand on est occupé des moyens de conserver sa vie et son bien dans une ville prise d'assaut, ou dans un pays livré au pillage ; d’éviter l’esclavage , de sauver l’honneur des femmes , il est très-difficile de penser au spirituel ; et il faut des vertus bien héroïques pour se soutenir au milieu du carnage et des horreurs d’une victoire brutale.
Possldius , dans la vie de saint Augustin , peint l’état de l’Afrique désolée par les Vandales. On voyoit, dit-il , les églises destituées de prêtres , les vierges et les religieux dispersés; les uns avoient succombé aux tourments , les autres avoient péri par le glaive , les autres avoient perdu dans une dure captivité l’intégrité du corps , de l’esprit et de la foi ; ils étoient réduits à servir des ennemis farouches et brutaux.
Non -seulement les hymnes et les louanges de Dieu avoient cessé dans les églises , mais en plusieurs lieux ces édifices étoient détruits. Les sacrifices et les sacrements n’étoient plus recherchés; il étoit difficile de trouver quelqu’un qui pût les administrer. Les évêques et les clercs qui avoient échappé au fer des ennemis, étoient dépouillés, réduits à la misère , incapables de donner aucun secours au peuple. Salvien a tracé le même tableau de la désolation des Gaules ; elle n’étoit pas moindre en Espagne et dans l’Illyrie.
A la vérité les Francs se firent chrétiens ; les Goths, les Bourguignons, les Ixtmbards , d’ariens devinrent catholiques ; mais ils demeurèrent longtemps liarhares , attachés à leurs anciennes habitudes; ils embrassèrent l’extérieur de la religion sans en prendre l’esprit. C’est ce qui arrive encore aujouid’hui à l’égard des Sauvages de l’Amérique, lorsqu’on parvient à les convertir. Les
princes mêmes ne perdirent qu’une partie de leur férocité. Clovis et ses enfants font paroitre d’un côté beaucoup de respect et de zèle pour la religion ; mais d’ailleurs ils commettent des injustices et des cruautés. Le bon roi Contran, que l’Eglise a mis au nombre des saints, entre une infinité d’actions de piété , a fait de grandes fautes ; et Dagobert , cet illustre fondateur de monastères , a été très -vicieux. Ce n’est pas que les évêques de ce temps-là manquassent absolument de vertu et de vigueur aposto lique ; mais de deux maux inévitables , ils choisissoient le moindre ; ils aimoient encore mieux obéir à des princes demichrétiens, qu’à des païens persécuteurs de l’Eglise. Une marque qu’ils ne se fioient pas beaucoup à des Barbares convertis , c’est que pendant deux cents ans on ne voit guère de clercs qui ne fussent romains ; cela se connoit par leurs noms.
Ainsi, par le mélange des Romains avec les Barbares , ces derniers s’adoucirent et se civilisèrent : mais les premiers devinrent ignorants et grossiers. On cessa d’étudier l’histoire et la physique, de consulter l’antiquité sacrée et profane ; les peuples devinrent superstitieux et crédules ; on crut voir partout des miracles , des pronostics , des signes de la bienveillance ou de la colère de Dieu ; les légendes des saints ne renfermèrent plus que des fables et des puérilités.
D’autre part, l’autorité des évêques alloit toujours croissant; outre la dignité du sacerdoce et la sainteté de la vie de plusieurs , ils étoient plus instruits que les laïques ; les rois les firent entrer dans leurs conseils , et leur laissèrent le soin de gouverner : la plupart s’en acquittèrent avec la plus grande fidélité , et contribuèrent , autant qu’ils le purent , à diminuer la misère des peuples. On ne connoit aucun siècle dans lequel il ne se soit trouvé parmi eux des saints et des hommes d’un mérite distingué.
Mais leur crédit se trouva insensiblement mêlé de puissance et de juridiction temporelle ; ils devinrent seigneurs , avec les mêmes droits que les laïques, par conséquent avec les mêmes charges
de fournir des gens de guerre pour le service de l’état , et souvent de les conduire en personne. Ce fut là une des principales sources du relâchement de la discipline.
Au neuvième siècle , Charlemagne travailla beaucoup à la rétablir , de même que l’étude des lettres ; mais les guerres civiles , dont sa mort fut suivie , ramenèrent partout l’ignorance et le désordre. Pour comble de maux , les Normands, encore païens, pillèrent et désolèrent la France de tous côtés; les Hongrois coururent l’Italie ; les Sarrasins en infestèrent les côtes , occupèrent la Pouille et la Sicile ; déjà ils étoient les maîtres de l’Espagne depuis un siècle.
L’ignorance s’accrut au point que les seigneurs dédaignèrent d’apprendre à lire, et regardèrent la culture des lettres comme une marque de roture. Cantonnés chacun dans son château , toujours en guerre les uns contre les autres , et souvent contre leur évêque , ils ne fréquentoient plus l’église épiscopale; ils se contentèrent des messes de leurs chapelains , ou de l’office des monastères voisins. Mais les moines n’avoient pas de mission pour enseigner, ni d’autorité pour corriger; les évêques prêchoient si peu , qu’il y a des conciles qui leur recommandent d’enseigner , au moins en langue vulgaire , à leurs diocésains , le symbole et l’oraison dominicale.
Dans ces temps de ténèbres et de désordres, les papes se trouvèrent obligés de veiller de plus près sur toute l’Eglise , de se mêler de toutes les aflaires , de suppléer à ce que les évêques ne faisoient plus. Le pouvoir illimité qu’ils s’attribuèrent, et que des critiques mal instruits ont regardécomme l’effet d’une ambition démesurée, fut dans le fond l’ouvrage des circonstances et de la nécessité.
Les prêtres et les clercs étoient contraints de défendre à main armée les biens de l’Eglise dont ils subsistoient ; plusieurs , pressés par la pauvreté , étoient réduits à exercer des métiers sordides , ou à passer de province en province pour trouver à vivre auprès de quelques évêques ou de quelques seigneurs. Quelles études pouvoient-ils
faire , quelle régularité pouvoient-ils observer dans leurs mœurs? A peine les études et la piété purent-elles se conserver dans quelques églises cathédrales et dans quelques monastères ; mais les monastères furent pillés, ruinés et brûlés par les Normands ; les moines et les chanoines massacrés ou dispersés, et réduits à vivre au milieu des séculiers.
On peut juger combien les pauvres étoient abandonnés dans ces temps de misère publique : où auroit-on pris des aumônes , lorsqu’il y eut des famines si horribles que l’on mangeoit de la chair humaine? Le commerce n’étoit pas libre pour suppléer à la disette d’un pays par l’abondance d’un autre, ou plutôt il n’y avoit point de commerce , et la terre n’étoit plus cultivée que par des esclaves. Il restoit, à la vérité , de grands patrimoines aux églises; mais ces biens étoient une tentation continuelle pour les seigneurs , qui avoient toujours les armes à la main. Souvent les évêchés furent usurpés par des hommes tout à fait indignes , qui s’en emparèrent par force ; souvent un seigneur y établissoit à main armée son fils en bas âge , afin de jouir des revenus de l’Eglise sous son nom.
Rome même fut exposée à ces désordres ; les petits tyrans du voisinage y furent les plus forts, et disposèrent despotiquement de la papauté. Pendant le dixième siècle , ce ne furent qu’intrusions et expulsions violentes dans ce premier siège, où jusqu’alors la discipline s’étoit conservée pure. Aujourd’hui les protestants et les incrédules triomphent de la mauvaise conduite de ces papes indignes de leurs places ; ils font un crime à l’Eglise romaine de ce que les pontifes du siècle suivant ont cherché à mettre leur siège à couvert de ce scandale et de ces vexations.
Les conciles devinrent très-rares, à cause de la difficulté de s’assembler au milieu des hostilités universelles , qui ne permettoient pas que l’on pût aller en sûreté d’une ville à l’autre ; et quand ils auroient été plus fréquents , qui auroit eu assez d’autorité pour en faire observer les canons par des brigands toujours armés ?
Desprédicants profUùrentde ces temps malheureux pour semer des erreurs. Il leur fut aisé de décrier le clergé , qui étoit absolument déchu de son état; de défigurer la doctrine chrétienne , que l’on ne connoissoit presque plus ; de tromper les peuples par de fausses apparences de régularité et de piété. C’est ce qui fit éclore les différentes sectes de manichéens , sous plusieurs noms divers , ensuite les vaudois et d’autres fanatiques. Les protestants ont eu grand soin d’exposer au grand jour les sçanriales du clergé, l’ignorance et la misère des peuples , les plaies de l’Eglise ; mais ils ne se sont pas donné la peine de remonter à la cause première de tous ces maux ; ils ont affecté même de la dissimuler, afin d’en faire retomber tout l’odieux sur les ministres de la religion.
Si le christianisme n’avoit pas été l’œuvre de Dieu , il auroit certainement succombé sous des attaques aussi violentes; mais Jésus-Christ a fait voir qu’il n’a jamais oublié ses promesses , qu’il est toujours avec son Eglise , et que nulle révolution humaine n’est capable de l’ébranler.
Nous n’avons fait qu’abréger le récit et les réflexions de M. Fleury ; quiconque voudra les lire sans prévention , demeurera convaincu que non -seulement la religion chrétienne n’a contribué en rien aux malheurs de l’Europe , mais que sans elle ces maux auroient été beaucoup plus grands ; que c’est elle qui a fourni des ressources pour les adoucir, et des moyens pour les réparer ; nous prouverons ailleurs ce fait important.
Foyez Lettues , Sciences, etc.
Les protestants ont encore fait tous leurs eiforts pour donner une idée trèsdésavantageuse des missions qui onl été faites pour convertir les Barbares du Nord dans les différents siècles.
Quand ce qu’ils en ont dit scroit vrai , il faudroit encore bénir Dieu des heureux effets qui en ont résulté ; mais nous réfuterons leurs calomnies, f^oyez Missions, Nord.
Un des plus fougueux denos incrédules modernes a poussé la démence jusqu’à vouloir insinuer que ce furent les chré-
tiens persécutés par les empereurs païens, qui invitèrent les Barbares du Nord à fondre sur l’empire romain; sa nanation est curieuse. <i Quand les Barbares » du Nord, dit-il, fondirent sur les » terres de la domination romaine, les » chrétiens, persécutés par les empe- » reurs païens, ne manquèrent pas d’im- I plorer le secours des ennemis du deï hors contre l’état qui les opprimoit.
» Ils prêchèrent à ces vainqueurs une ï religion nouvelle , qui leur imposoit le I devoir de détruire l’ancienne. Ils deï mandèrent jes décombres des temples I pour bâtir des églises. Les sauvages ï donnèrent sans peine ce qui ne leur j> appartenoit pas ; ils exterminèrent , ? ils prosternèrent aux pieds du chriss tianisme tous leurs ennemis et les siens ; » ils prirent des terres et des hommes , » et en cédèrent à l’Eglise ; ils exigèrent ï des tributs, et en exemptèrent le clergé, ï qui préconisoit leurs usurpations : des » seigneurs se firent prêtres, des nrêtres » devinrent seigneurs , etc. d Cette narration est un chef-d’œuvre d’étourderie. 1° Ce savant historien oublie que les irruptions des Barbares sur les terres de l’empire ont commencé au moins 107 ans avant la naissance de Jésus-Christ , et ont continué sans interruption jusqu’à leur établissement dans les Gaules en 406. On dit que Marius, dans l’espace de deux ans , en tua trois cent mille , et fit cent quarante mille prisonniers ; que Jules César en extermina pour le moins autant. Sous le règne d’Auguste, Drusus les battit de nouveau ; mais ils taillèrent en pièces les légions romaines , commandées par Quintilius Varus. Sous Tibère, Germanicus les vainquit encore; mais il ne put empêcher leurs irruptions. Sous Vespasien , Pline l’Ancien trouva assez de matériaux pour composer en vingt livres une histoire des guerres de Rome contre les Germains.
Tacite observe que depuis le consulat de Céciliiis Métcllus, jusqu’au second de Trajan, c'est-à-dire, pendant près de 1 10 ans , les Romains n’avoient été occupés qu’à dompter ces terribles ennemis, mais (jiic , malgré toutes les défaites de ces Barbares t ils étoient toujours agrès-
leurs ; qu’ils avoient délogé plusieurs fois les légions , et qu’ils n’étoient rien moins que subjugués. Jusqu’alors, ou les chrétiens n’existoient pas , ou ils étoient trop foibles pour oser implorer le secours des Barbares.
2“ Marc-Aurèle , Commode son fils , Maximin , Yalérien , Claude le Gothique, Aurélien , Probus , Dioclétien , Constance et Julien , eurent contre eux de grands avantages ; mais ils y perdirent souvent des armées entières. Trouve-t-on dans l’histoire quelque sujet de soupçonner que, dans ces différentes circonstances, les Barbares avoient été appelés par les chrétiens? Ceux-ci se trouvaient en si grand nombre dans l’armée de Marc- Aurèle , qu’ils s’attribuèrent la victoire sur les Quades et les Marcomans , et prétendirent en être redevables à un miracle. Foyez Légion fulminante. Ils continuèrent à servir de même sous les empereurs suivants , et nos apologistes ont soutenu aux persécuteurs même qu’ils n’avoient dans leurs armées point de meilleurs soldats que les chrétiens.
Les historiens qui ont calculé le nombre des hommes qui avoient péri dans l’empire depuis le règne d’Auguste , par les guerres contre les Barbares, par les batailles entre les divers prétendants à l’empire, par les massacres des Juifs, par la contagion , par les persécutions exercées contre les chrétiens, ont conclu qu’au commencement du cinquième siècle , l’espèce humaine , en Europe et en Asie , étoit diminuée au moins de moitié. Les Barbares , placés sur les bords du Rhin , n’avoient donc pas besoin d’être avertis, pour comprendre qu’alors la conquête de l’empire étoit très-facile , et ils ne se trompèrent pas ; comment les forces romaines auroienlelles résisté à des armées de deux ou trois cent mille hommes ?
3" Déjà, l’an 39.’i, les Iluns, peuple Scythe ou tartare , s’étoient jetés sur la partie orientale de l’empire romain , et l’an 4a7 ils pénétrèrent dans la Perse ; étoient-ce encore les chrétiens qui les avoient appelés ?
^ 4» A cette époque, Arcadius et Ilonorius, qui régnoient, l’un en Orient,
l’autre en Occident , étoient chrétiens , aussi bien que Théodose leur père; ils n’ont jamais persécuté le christianisme non plus que leurs successeurs ; quels motifs auroient pu avoir les chrétiens d’appeler les Barbares , surtout dans les Gaules, où il n’y avoit plus de païens? Les Goths , les Bourguignons , les Vandales, les Lombards, qui inondèrent l’empire , étoient chrétiens , puisqu’ils étoient ariens : les Francs étoient païens; si les Gaulois avoient eu l’imprudence de les appeler , ils en auroient été mal récompensés par les ravages que ces Bar^ bares commirent d’abord.
A la vérité ils se convertirent soui Clovis ; mais alors ce n’étoit plus le temps de leur demander les décombres des temples pour bâtir des églises, puisqu’il n’y avoit plus de temples , et que les Francs pilloient les églises avant d’être convertis. Clovis, devenu chrétien , donna des terres aux églises ; mais il ne fut obligé de les enlever à personne, puisqu’alors la moitié des Gaules étoit en friche, faute de cultivateurs. Ce n’étoit pas une mauvaise politique d’engager le clergé à mettre les terre.« en valeur, en se procurant des colons , et de les affranchir des impôts. Le roi Louis XVI a trouvé bon d’accorder une franchise de vingt ans à ceux qui mettront des terrains stériles en culture ; personne n’est assez insensé pour l’en blâmer. Mais où sont les ennemis du christianisme que Clovis et les Francs ont exterminés , ou qu’ils ont prosternés aux pieds de cette religion , comme le disent nos philosophes incrédules?
C’est ainsi que ces savants critiques arrangent l’histoire. Ils argumentent sur des faits qu’ils ont rêvés ; ils méconnoissent les motifs qui ont déterminé la conduite des souverains et celle du clergé ; ils blâment au hasard des procédés que dictoient les circonstances dans lesquelles l’Europe se trouvoit pour lors. Foyez Bénéfice , Clergé , etc.
BABBELIOTS ou BARBORIENS , secte des gnostiques, qui disoient qu’un éon immortel avoit eu commerce avec un esprit vierge appelé Barbcloth , à qui il avoit accordé successivement la près-