‹ Dictionnaire de théologieChapitre 116 sur 170 · LAR · texte numérisé non relu

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cîence , l’incorruptibilité , et la vie éternelle ; que Barbeloth , un jour plus gai qu’à l’ordinaire, avoit engendré la lumière, qui , perfectionnée par Fonction de l’esprit, s’appela Christ ; que Christ désira l’intelligence, et l’obtint ; que l’intelligence , la raison , l’incorruptibilité , €t Christ s’unirent ; que la raison et l’intelligence engendrèrent Autogène ; qu’AutogèneengendraAdamas, l’homme parfait, et sa femme la connoissance parfaite ; qu’Adamas et sa femme engendrèrent le bois ; que le premier ange angendra le Saint-Esprit, la sagesse ou Prunic ; que Prunic ayant senti le besoin d’époux , engendra Protarchonte , ou premier prince , qui fut insolent et sot ; que Protarchonte engendra les créatures ; qu’il connut charnellement Arrogance , et qu’ils engendrèrent les vices et toutes leurs branches. Pour relever encore toutes ces merveilles , les gnostiques les débitoient en hébreu , et leurs cérémonies n’étoient pas moins abominables que leur doctrine étoit extravagante. Voyez Théodoret, Hœret. fabul.

BARDESANISTES , nom d’une secte d’hérétiques , ainsi appelés de Bardesanes , syrien , qui vivoit dans le second ■siècle et demeuroit à Edesse, ville de Mésopotamie. Si l’on croit saint Epiphane , Bardesanes fut d’abord catholique , et se distingua autant par son savoir que par sa piété. Eusèbe , au contraire , en parle comme d’un homme qui a toujours été dans l’erreur. Il fut d’abord engagé dans celle de Valentin , en rejeta iine partie , en retint une autre , et y en ajouta de nouvelles de son propre fonds.

Bcausobre, qui a fait l’histoire de Bar- ■/lesanes et de ses erreurs , Ilist. du Manich., t. 2, 1. 4, c. 9 , les réduit à trois principales. La première, d’admettre deux premiers principes de toutes clioses, l’un bon , l’autre mauvais ; de supposer que celui-ci existe de lui-incmc et s’est produit lui-méme, et qu’il est l’auteur de tout le mal qu’il y a dans le monde. La seconde , de nier que le Verbe éternel ou le Fils de Dieu ait pris une chair humaine ; selon cet hérétique , le Verbe s’étoit seulement revêtu d’un corps céleste et aérien , comme les anges qui ont

apparu plus d’une fois aux hommes ; ainsi la chair du Fils de Dieu n’étoit qu’apparente, il n’a pu souffrir, mourir et ressusciter qu’en apparence. C’étoit l’erreur commune à la plupart des sectes des gnostiques. La troisième , de nier la résurrection future de la chair, de soutenir que les bienheureux auront des corps célestes semblables à ceux des anges et à celui de Jésus-Christ.

Après cet exposé , nous ne concevons pas comment Beausobre peut soutenir que Bardesanes , comme tous les autres sectaires qui ont admis deux principes , ne reconnoissoit cependant qu’un seul Dieu, bon, tout-puissant, qui a l’empire de l’univers , sans qu’aucun être puisse se soustraire à son pouvoir, ibidem, §10. 1° C’est une absurdité de supposer qu’un être incréé, qui existe de soimême, par conséquent de toute éternité, est essentiellement mauvais, et qu’il n’est pas Dieu ; la notion la plus claire que nous ayons de la Divinité, est d’exister de soi-même et nécessairement.

Lorsque Bardesanes dJsoit que le mauvais principe s’ étoit produit lui-même, il déraisonnoit; ce qui n’existe point encore peut-il se donner l’existence ? 2° En quel sens le Dieu bon est-il tout-puissant et maître absolu de l’univers , s’il y a un être mauvais duquel il ne peut pas empêcher l’action , et qui ne dépend pas de lui , puisqu’il n’a pas reçu l’être de lui ? 5° S’il est vrai que le mauvais esprit est contenu et conservé par le Dieu bon , si rien n’arrive sans la volonté ou sans la permission de celui-ci , il est clair , ou que le Dieu bon laisse volontairement exister le mal , ou qu’il en ignore l’existence , ou qu’il n’a pas le pouvoir de l’empêcher. 4“ Il n’est pas question de savoir si ces mêmes conséquences résultent du système orthodoxe, comme le prétend Beausobre, ou si elles n’en résultent pas, mais de savoir en quoi l’existence supposée d’un mauvais principe peut servir à expliquer l’origine du mal; dès qu’il est évident qu’elle ne sert à rien , que dans cette hypothèse Dieu est toujours responsable du mal qui arrive dans le monde, il est ridicule de la soutenir. 5® Il ne s’agit pas seulement d’ex-

pliquer d’où vient le mal moral , et de savoir pourquoi Dieu le permet, mais -de dire quelle est la cause du mal physique, des souffrances des créatures sensibles et de leur imperfection naturelle , -qui est dans le fond la première racine du mal moral. Or l’opinion de Bardesanes ne satisfait point à cette difficulté. 6° Quand même on supposeroit dans le système orthodoxe que Dieu a créé les hommes tels qu’ils sont , imparfaits , sujets à la douleur, enclins au mal moral , et capables de le commettre , il ne s’ensuivroit encore rien contre la toute-puissance , la sagesse et la bonté infinie de Dieu , nous le démontrerons à l’article Mal. L’hypothèse de Bardesanes et des autres anciens sectaires est donc inutile et absurde à tous égards ; mais la fureur de vouloir les excuser et les disculper , a rendu Beausobre aussi mauvais logicien qu’eux. Nous le verrons raisonner de même dans les articles Cerdomexs, Ma- KiciiÉENS , Marcioxites , etc.

Il ne servoità rien de dire que le Dieu bon avoit créé d’abord les âmes des hommes pures et d’une nature céleste , mais que le mauvais principe les séduisit et les entraîna dans le péché ; que pour les punir Dieu permit au mauvais principe de les enfermer dans des corps .grossiers et corruptibles qu’il avoit formés. Il s’ensuit toujours que ces âmes , par leur nature , étoient capables de se laisser séduire et de pécher , par conséquent foibles et très -imparfaites ; le Dieu bon n’auroit-il pas pu les créer meilleures et les préserver de la séduction? La difficulté tirée de la permission du mal subsiste donc toujours , et l’hypothèse de Bardesanes n’y satisfait en aucune manière. Nous ne voyons pas sur quoi est fondé le titre d'habile homme que Beausobre lui prodigue. On dit qu’il écrivit un Traité contre les marcionilcs ; mais son système ne valoit guère mieux que le leur.

L’erreur de ceux qui n’admettoient -dans le Fils de Dieu qu’une chair fantastique et apparente , étoit née dès le temps des apôtres, puisque saint Jean la réfute, Épist. 2. jf. 7. Elle fut embrassée par la plupart des hérétiques du

second siècle; et c’est une preuve de la réalité et de la certitude des faits publiés par les apôtres. Si leur témoignage n’avoit pas été irrécusable , tous ces hérétiques, philosophes mal convertis, l’auroient attaqué. Comme ils ne pouvoient concilier les humiliations du Fils de Dieu avec l’idée qu’ils s’étoient formée de la Divinité, ils auroient nié absolument qu’il fût né , mort et ressuscité, comme le disoient les apôtres, s’ils avoient pu opposer à ce témoignage celui des Juifs ou de quelques témoins oculaires. Mais ils se retranchèrent à dire que tout cela s’étoit fait seulement en apparence ; que Dieu avoit fasciné les yeux des apôtres et des autres spectateurs , et les avoit trompés par des illusions. Or , avouer l’apparence des faits, récuser la certitude du témoignage des sens , c’étoit rendre justice à la sincérité et à la probité des apôtres. C’est tout ce que nous demandons. Les incrédules, qui osent aujourd’hui les accuser de mensonge, traiter de fables leurs narrations, ne peuvent récuser des témoins qui n’étoient point liés d’intérêts avec les apôtres , et qui cependant confirment leur récit par la manière même dont ils le combattent. La Providence divine a donc eu ses raisons en permettant la multitude d’bérésies que l’on a vu éclore dans le second siècle.

BARNABE ( saint ) est appelé apôtre par les Pères de l’Eglise , et par saint Luc lui-même , ^ci., c. 1-i, 13 , quoi-

qu’il ne fût pas du nombre des douze que Jésus-Christ avoit choisis , mais l’un des soixante-douze disciples que le Sauveur avoit instruits lui-même et envoyés pour prêcher l’Evangile, Luc, c. 10, ÿ. 1 et 17. Saint Bamabé fut le compagnon des voyages et des travaux de saint Paul; il eut beaucoup de part à tout ce que firent les apôtres pour établir le christianisme.

Il reste de lui une épître qui a été mise à la tête des écrits des Pères apostoliques , de l’édition de Cotelier , mais dont le commencement est perdu. Elle étoit adressée aux Juifs convertis, qui prétendoient que les observances légales étoieilt encore nécessaires au salut pour

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