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colère qu’ils inspirèrent à Charles IX. La proscription regardoit seulement Paris et les chefs du parti huguenot , et non les autres villes du royaume; mais la fureur du peuple une fois allumée se porta beaucoup plus loin que le gouvernement n’auroit voulu. Dans les autres villes, où le peuple fit de même malgré les ordres du roi , ce ne fut pas le même jour, mais dans des temps très-différents , puisqu’à Toulouse et à Bordeaux ce fut plus d’un mois après le massacre fuit à Paris. Les calvinistes et leurs partisans ont eu la mauvaise foi de dire que le roi dépêcha des courriers dans les différentes villes du royaume pour y faire massacrer les huguenots , pendant qu’il les envoyait réellement pour empêcher que cela n’arrivàt.
4° Il est certain que le nombre de ceux qui périrent est beaucoup moindre qu’on ne l’a supposé. Si quelques écrivains l’ont porté jusqu’à cent mille hommes , d’autres ont soutenu qu'il n’a pas passé dix mille hommes, et c’est encore trop. Le martyrologe des protestants, qui en comptoit mille à Paris, n’a pu en assigner dans le détail que quatre cent soixante-huit, et pour tout le royaume sept cent quatre-vingt-six , au lieu de quinze mille qu’il supposoit en bloc.
Si l’on y veut faire attention , ce n’étoit pas au bas peuple calviniste que l’on en vouloit, c’étoit aux chefs, à ceux auxquels on attribuoit les révoltes , les séditions, les meurtres, qui s’éloient commis dans les différentes villes ; il est donc impossible que le nombre des morts ait été aussi grand que nos déclamateurs modernes l’ont supposé.
Ce que nous venons de dire est tiré d’un ouvrage dont on a indignement calomnié l’auteur , en prétendant qu'il avoit fait l’apologie de la Saint- Jiarlhèlemi, taudis qu’il ne s’est proposé autre chose que de montrer que les protestants cl leurs copistes ont déguisé le ' rai motif de celle exécution sanglante? en ont exagéré l’atrocité , et en ont chargé des hommes qui n’y eurent aucune part.
Un auteur qui commence par dire :
f Quand on enlèveroit à la journée de
» la Saint-ffarthélemi les trois quarts » des horribles excès qui l’ont accom- » pagnée , elle seroit encore assez af- » freuse pour être détestée de ceux en » qui tout sentiment d’humanité n’est s pas éteint; » et qui finit par les vers du président de Thou : Excidat ilia dies , etc., peut-il être désigné de bonne foi comme l’apologiste de ce massacre?
L’auteurd’un écrit intitulé, YEsj)rit de Jésus-Christ sur la tolérance^ pour excuser les calvinistes d’avoir pris les armes, dit qu’ils y furent obligés, parce qu’ils savoient qu’on en vouloit à leurs privilèges; qu’ils agissoient de concert avec Catherine de Médicis , et pour empêcher que les Guises ne devinssent maîtres du royaume.
Mais, parce qu’il plaisoit aux huguenots de penser qu’on en vouloit aux privilèges qu’ils avoient obtenus par force , étoit-ce une raison légitime de prendre les armes contre leur souverain? Catherine de Médicis étoit-elle en droit de les y autoriser, et la crainte de voir les Guises devenir trop puissants étoit-elle un juste sujet de se révolter? Voilà d’étranges principes de droit public.
Il prétend que le meurtre des calvinistes fut une affaire de religion et de proscription tout ensemble. La proscrip tion est certaine , il vient lui-même d’en indiquer les motifs ; mais où sont les preuves de l’influence de la religion? 11 n’en donne aucune. Il n’est pas sûr , dit-il, que Barague et de Retz ne soient pas entrés au conseil. S’ils y étoient entrés, les huguenots ne se seroient pas tus , et ne leur auroient jamais pardonné. Cet écrivain prétend que l’humanité de plusieurs catholiques , en cette rencontre, ne prouve rien; mais l’humanité des évêques , des prêtres , des moines , prouve-t-elle en eux un fanatisme de religion ?
11 justifie très-mal la conduite et les desseins de l’amiral de Coligny , par les éloges que les historiens ont faits de lui. Ces éloges sont partis de la plume des protestants, ou d’écrivains qui les ont copiés par prévention. Le comble du ridicule est de soutenir que le sac de Mérindol et de Cabrières, arrivé vingt-
sept ans auparavant, avoit été le prélude du massacre des huguenots. '
Il assure que , pendant que Charles IX envoyoit des courriers pour prévenir ce désordre dans les provinces, il dépêchoit des émissaires secrets pour y exciter les catholiques : c’est une pure calomnie.
Pour prouver le grand nombre de ceux qui furent mis à mort, il n’allègue que des écrits qui ont été plusieurs fois réfutés.
Nous ne voyons pas quel avantage les incrédules peuvent tirer de ce fait odieux pour calomnier la religion.
BARTHÉLÉMITES, clercs réguliers fondés par Barthélemi Hobzauzer à Salzbourg, le premier août 1640, et répandus dans plusieurs provinces d’Allemagne, en Pologne et en Catalogne.
Ils vivent en commun , sont dirigés par un président général et par des présidents diocésains ; ils s’occupent à former des ecclésiastiques. Les présidents sont soumis aux ordinaires , et ont sous eux des doyens ruraux. Ces degrés de subordination et d’autres usages qu’ils observent, répondent avec succès au but de leur institution. Un curé harthélémite a ordinairement un aide ; et si le revenu de sa cure ne suffit pas pour deux, il y est pourvu aux dépens des curés plus riches de la même congrégation.
Tous sont engagés par vœu à se secourir mutuellement de leur superflu , sans être privés de la liberté d’en disposer par legs, ou pour assister leurs parents pauvres.
Ce fonds, augmenté de quelques donations , suffit à l’entretien de plusieurs maisons dans quelques diocèses. Quand il y en a trois , la première est un séminaire commun pour les jeunes clercs, où ils étudient les humanités , la philosophie, la théologie et le droit etmonique. On n’exige aucun engagement de ceux qui font leurs humanités; les philosophes promettent de vivre et de persévérer dans l’institut; les théologiens en font serment. Ils peuvent cependant rentrer dans le monde avec la permission des supérieurs , pourvu qu’ils n’aient pas reçu les ordres sacrés. Les curés et les bénéficiers de l’institut habitent 1a
seconde maison; la troisième est la retraite des invalides de la congrégation.
Innocent XI approuva leurs constitutions en 1G80. La même année l’empereur Léopold ordonna que dans ses pays héditaires ils fussent promus par préférence aux bénéfices vacants ; et le même pape Innocent XI approuva, en 1684, les articles surajoutés à leur règle pour le bien de l’institut.
BARUCII , prophète, fils de Néri ou Nérias, et secrétaire du prophète Jérémie. Ses prophéties sont contenues en six chapitres; nous ne les avons plus en hébreu , mais on ne peut pas douter qu’il n’ait écrit en cette langue ; les fréquents hébraïsmes que l’on y trouve le font assez connoître. On en a deux versions syriaques ; mais le texte grec paroît plus ancien.
Josèphe l’historien remarque, Antîq., 1. 10 , c. 11 , que ce prophète étoit d’une naissance illustre , et très-habile dans la langue de son pays. Dans le second livre des Machabées, c. 2 , 1 et suiv., les
Juifs de Jérusalem écrivent à ceux d’Egypte que Jérémie recommanda expressément à ceux qui alloient de Judée dans un pays étranger, de ne pas oublier la loi du Seigneur , et de ne pas tomber dans l’idolâtrie ; c’est en effet l’objet de la lettre de Jérémie aux Juifs de Babylone , qui fait le sixième chapitre de Baruch .
Mais comme les Juifs n’ont voulu reconnoître pour livres sacrés que ceux qu’ils avoient en hébreu , ils n’ont point compris dans leur canon la prophétie de Baruch; par la même raison elle ne se trouve point dans les catalogues des livres sacrés donnés par Origène, par Méliton , par saint Hilaire, par saint Grégoirede Nazianze , par saint Jérome , par Hulin ; mais il est à présumer que la plupart l’ont comprise sous le nom de Jérémie , comme ont fait tes Pères latins. Le concile de Laodicéc, saint Cyrille de Jérusalem, saint Athanase et saint Epiphanc, nomment dans leurs catalogues Jérémie et Baruch. Saint Augustin et plusieurs autres Pères citent les |)iophélics de Baruch sous le nom de Jérémie, et dans l’Eglise latine , ce qu’on lisoit de
Baruch dans l’oflice divin , étoit lu sous le nom de Jérémie.
C’est donc assez mal à propos que les protestants se prévalent de l’opinion des Juifs, du silence des Pères, et du préjugé dans lequel plusieurs ont été au sujet de la prophétie de Baruch; elle ne contient rien que d’édifiant, qui ne convienne très-bien au caractère d’un vrai prophète et aux circonstances dans lesquelles Baruch se trouvoit.
Saint Irénée , Tertullien , saint Cyprien, Eusèbe, saint Ambroise, saint Hilaire , saint Grégoire de Nazianze , saint Basile , saint Cyrille d’Alexandrie, saint Jean Chrysostome , saint Augustin, saint Bernard et la foule des commentateurs, ont regardé comme une prophétie de l’incarnation du Verbe , ces paroles de Baruch, c. 3, ji'. 56 : a C’est lui qui ï est notre Dieu , qui a donné la science » à Jacob son serviteur, et à Israël son ï bien-aimé. Après cela il a été vu sur la » terre et a conversé avec les hommes.»
Celte pensée leur a paru la même que celle de saint Jean : Le Verhe s’est fait chair, et il a habité parmi nous. On ne conçoit pas en quel sens le prophète a pu dire, que sous l’ancien Testament Dieu a été vu sur la terre. Lorsqu’il parloit aux patriarches, à Moïse, aux prophètes , il ne se rendoit pas visible. Foyez la Préface sur Baruch , Bible d’Avignon, t. X, p. 421.
BARULES , hérétiques dont parle Sandérus, qui soutenoient que le Fils de Dieu avoit pris un corps fantastique ; que les âmes avoient été créées avant la naissance du monde, et avoient péché toutes à la fois. Ces deux erreurs ont été communes à la plupart des sectes qui sont nées au second siècle de l’Eglise. Les philosophes qui eurent connoissance du christianisme, ne purent se résoudre 5 croire ni la chute du genre humain , par le péché d’Adam, ni les humiliations auxquelles le Fils de Dieu s’est réduit pour la réparer. Foyez Baudesaxistes, ÎUsiLiDE , etc.
BASILE (saint), évêque de Césaréc en Cappadoce, et docteur de l’Eglise, qui mourut l’an 379. Dom Garnier et doin Prudent Marand, bénédictins, ont
donné une belle édition de ses œuvres en grec et en latin, en 3 volumes infolio, et 1750.
Le premier tome contient YHexatnéron , qui est une explication de l’ouvrage des six jours de la création , treize Homélies sur les psaumes, un Commentaire sur Isaïe , cinq livres contre Eunomius, qui sont une réfutation de l’arianisme. Le second renferme vingt-quatre Homélies sur différents sujets de morale et sur les fêtes des martyrs ; divers Traités de morale nommés ascétiques, les grandes et les petites règles pour les moines. On convient que les Constitutions monastiques qui ont été attribuées à saint Basile ne sont pas de lui. On trouve dans le troisième volume le livre du Saint-Esprit , où la divinité de cette troisième Personne de la sainte Trinité est prouvée par l’Ecriture sainte et par la tradition; trois cent trente-six lettres sur divers sujets. Le livre de la Virginité lui a été faussement attribué ; mais il paroît avoir été écrit dans le même siècle.
Il y a chez les Orientaux une liturgie qui porte le nom de saint Basile, qui étoit en usage dans les Eglises du Pont , de laquelle se servent encore les jacobites, les Grecs melchites, les eophtes d’Egypte et d’Abyssinie. L’abbé Renaudot, dans le tome 1" de sa Collection des liturgies orientales, l’a donnée traduite du cophte , ensuite en grec et en latin. Mais, comme il le remarque trèsbien , il ne faut pas imaginer que saint Basile l’ait composée et faite en entier; il n’a fait que retoucher la liturgie qui étoit déjà en usage dans son Eglise , y ajouter quelques prières , en corriger quelques-unes, etc., sans en altérer le fond. La conformité de cette liturgie avec la multitude des autres liturgies anciennes démontre que toutes ont été faites sur un modèle primitif, suivi depuis les temps apostoliques, et auquel on n’a jamais touché. Le père Le brun en a aussi donné une notice , Explic.
des cérém. de la messe, tom. 4 , pag.