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Voyez Liturgie

11 n’est point de critiques anciens ou niodernes qui n’aient rendu justice à l’éloquence, à l’érudition, à la pureté du

style de saint Basile. Photius , Erasme , Rollin , n’ont pas hésité de le proposer comme un parfait modèle de l’art oratoire. Mais les protestants ont attaqué sa morale, et les iucrédules n’ont pas respecté ses vertus : leurs reproches sont aussi mal fondés les uns que les autres.

Barbeyrac , dans son Traité de la morale des Pères , ch. 1 1 , accuse saint Basile d’avoir enseigné que celui qui blesse à mort un ennemi , meme en se défendant , est coupable de meurtre ; qu’il n’est jamais permis de tuer, même à la guerre ; qu’un chrétien ne peut sans péché avoir des procès , ou faire un serment; il ne permet le mariage de deux personnes qui vivent dans la fornication, que pour éviter un plus grand mal ; il recommande aux moines un extérieur triste , sale et négligé , malgré la leçon contraire que Jésus-Christ donne dans l’Evangile.

Si, au lieu d’enseigner une morale très-sévère , les Pères de l’Eglise avoient eu des maximes relâchées , on déclameroit contre eux avec encore plus d’amertume. Déjà quelques incrédules de nos jours les ont accusés d’avoir eu plus à cœur la doctrine spéculative que la morale , et d’avoir fait plus de cas de l’orthodoxie que des mœurs. Mais quelque austères que fussent leurs leçons , elles étoient cependant pratiquées , du moins par un bon nombre de chrétiens fervents : cela nous paroît démontrer que la morale des Pères n’étoit pas aussi outrée qu’on le prétend.

On dit qu’ils ont poussé trop loin les règles de la patience qu’ils prêchoient aux fidèles ; et tous les jours on accuse les chrétiens de n’avoir pas été assez patients, soit envers les païens dans le temps des persécutions, soit envers les hérétiques , lorsque ceux-ci abusoient de la protection des empereurs. Comment contenter des censeurs aussi bizarres?

Souvenons-nous que saint Basile écrivoit dans le temps que les ariens , soutenus par l’empereur Valens , exerçoient le brigandage dans tout l’empire; on ne pouvoit leur résister saus paroître se révolter contre l’empereur : les Pères

de ce Icmps-là n’avoient donc pas tort de prêcher la patience aux catholiques , et de prendre à la rigueur pour ce temps-là les paroles de l’Evangile. Foyez Défense

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