‹ Dictionnaire de théologieChapitre 121 sur 170 · DE SOI-MÊME · texte numérisé non relu

DE SOI-MÊME

Ils avoient conçu une haute idée de la sainteté du mariage; il falloit inspirer le même sentiment aux chrétiens , parce que les lois des empereurs y avoient très-mal pourvu , et que la licence du paganisme avoit été poussée au dernier excès sur ce point; nous ne voyons pas en quoi la morale de saint Basile pouvoit être dangereuse.

Il vouloit que les moines portassent à l’extérieur les marques de la pauvreté et de la mortification de leur état; en quoi contredisoit-il l’Evangile? Lorsque Jésus-Christ défendoit d’affecter par hypocrisie un ex térieur triste et un visage exténué par le jeûne , il ne parloit pas à des moines. On est aujourd’hui scandalisé de ce qu’ils n’observent pas assez rigoureusement les leçons de saint Basile.

On sait avec quelle fermeté il répondit à l’empereur Julien, qui avoit d’abord voulu le séduire , et qui ensuite menaça de raser la ville de Césarée , s’il ne faisoit pas porter au fisc mille livres d’or. Il n’en montra pas moins à l’égard de l’empereur Valens , qui le faisoit menacer de l’exil et dé la mort s’il ne livroit pas les églises aux ariens. « Celui qui n’a rien , » dit-il, que des haillons et quelques » livres, ne craint pas d’être dépouillé. » Je regarde comme ma patrie , non le I sol sur lequel je suis né, mais le ciel.

» Un corps exténué tel que le mien ne » peut souffrir longtemps; la mort, en I terminant mes peines , me réunira plus n tôt à mon Créateur. »

Plusieurs incrédules modernes lui ont fait un crime de cette résistance aux ordres de l’empereur; s’il y avoit obéi , ces mêmes censeurs l’accuseroicnt de lâcheté. lls|lui ont reproché de n’avoir donné qu’un petit évêché à saint Grégoire de Nazianze son ami. Ils ignorent sans doute que saint Grégoire avoit renoncé volontairement au siège de Constantinople, qu’il n’anibitionnoit comme saint Basile que la retraite , le repos , la

liberté de servir Dieu, loin du tumulte dp monde. Il est heureux pour nous de n’avoir à justifier les Pères que de l’héroïsme de leurs vertus; elles ont été trop pures pour plaire à des esprits pervers et à des cœurs corrompus.

Basile ( Ordre de saint ). C’est le plus ancien des ordres religieux. Selon l’opinion commune , il a tiré son nom du saint évêque de Césarée , dont nous venons de parler , qui donna des règles aux cénobites d’Orient, quoiqu’il ne fût pas l’instituteur de la vie monastique.

En effet, l’histoire de l’Eglise atteste qu’il y avoit eu des anachorètes et des cénobites ,surtouten Egypte , longtemps avant saint Basile. Il est très-probable que ce saint docteur ne fit que mettre par écrit ce qui avoit été observé dans les communautés de moines de la Thébaïde qu’il étoit allé visiter.

Cet ordre a constamment fleuri en Orient, et s’y est maintenu depuis le quatrième siècle. Presque tous les religieux qui y sont aujourd’hui sous le nom de caloyer, suivent la règle de saint Basile, même ceux qui ont pris le nom de saint Antoine. Treize siècles de durée nous paroissent prouver que cette règle n’est pas d’une rigueur aussi outrée que certains critiques ont voulu le persuader.

On prétend que saint Basile, s’étant retiré vers l’an 557 dans une solitude de la province de Pont , y resta jusqu’en 562 avec des solitaires, auxquels ils prescrivit la manière de vivre qu’ils dévoient observer en faisant profession de la vie religieuse. Rufin traduisit ces règles en latin, ce qui les fit connoître en Occident; mais elles n’ont commencé à y être suivies que dans l’onzième siècle. Ce fut vers l’an 1057 que les moines de saint Basile vinrent s’y établir. Grégoire Xlll les réforma eu 1579, et mit les religieux d’Italie, d’Espagne et de Sicile sous une même congrégation. Dans ce même temps le cardinal Bessarion , Grec de nation cl religieux de cet ordre, réduisit en abrégé les règles de saint Basile, et les distribua en 25 articles. Le monastère de Saint-Sauveur de Messine en Sicile est chef de l’ordre en Occident , et il passe pour constant que

BÀS

l’on y faitl’ollice en grec. V oy. Le Mire, de Orig. ordin. relig.

On sera moins surpris de l’austérité des règles de saint Basile, si on fait attention qu’en général la vie des Orientaux est beaucoup plus sobre que la nôtre , et que le climat exige beaucoup moins de nourriture. On y mange trèspeu de viande ; les légumes , les herbes potagères , les fruits , y.sont plus succulents et plus nourrissants que les nôtres ; une exacte sobriété est absolument nécessaire pour y conserver la santé : le peuple y vit en plein air , presque sans aucune couverture , sans aucun besoin des précautions que l’on observe dans les pays septentrionaux.

La manière de vivre des moines de la Thébaide étoit, à proprement parler, la vie des pauvres en Égypte et des personnes peu accoutumées aux superfluités.

BASILIDE, BASILIDIENS. Au commencement du second ûkde, Basilide d’Alexandrie, entêté de la philosophie de Pythagore et de Platon , voulut en allier les principes avec les dogmes du christianisme , et forma la secte des hasilidiens.

La grande question qui occupoit alors les philosophes , étoit de savoir d’où vient le mal dans le monde. Platon , pour la résoudre, avoit imaginé que l’Etre suprême, infiniment bon par nature, n’avoit pas créé le monde irnhiédiatemenl par lui-même , mais qu’il avoit laissé ce soin à des intelligences inférieures auxquelles il avoit donné l’être; que le mal qui s’y trouve étoit venu de l’impuissance et de la maladresse de ces esprits secondaires. Cette supposition ne faisoil que reculer la difficulté. Pourquoi l’Etre infinimenthon , maître de créer 1e monde par lui-même, en a-t-il donné la commission à des ouvriers dont il devoil prévoir l’impuissance et la maladresse?

Cependant les premiers hérésiarques, Simon , Ménandre , Saturnin , Basüide, et leurs sectateurs, qui prirent le nom de gnosliques , intelligents ou philosophes, embrassèrent cette hypothèse; ils eurent la témérité de faire la généalogie et l’histoire de ces prétendus cs-

prits subalternes, de leur donner des noms, etc.

Ils supposèrent encore que les âmes humaines avoient existé et avoient péché avant d’être unies à des corps , que pour les punir Dieu les avoit soumises ici-bas à l’empire des esprits inférieurs, que chacun de ces esprits présidait au gouvernement d’une nation. C’étoit aussi l’idée de Celse, de Julien, et de la plupart des philosophes éclectiques ; c’est làdessus qu’ils fondoient la nécessité de rendre un culte à ces esprits , par le moyen desquels ils prétendoient opérer des prodiges.

Selon Basüide , l’esprit ou l’ange qui avoit gouverné la nation juive , étoit l’un des plus puissants ; c’est pour cela qu’il avoit fait tant de miracles en leur faveur ; mais comme il avoit voulu par ambition soumettre les autre-s esprits à son empire , ceux-ci avoient inspiré aux peuples qu’ils gouvernoient de la haine contre les Juifs. Ainsi les guerres, les malheurs, les revers des nations, étoient l’effet de la jalousie et des passions des esprits qui gouvernoient le monde.

Enfin , Dieu , touché de compassion , avoit envoyé son Fils ou Y intelligence, sous le nom de Jésus-Christ , pour délivrer de cette tyrannie les hommes qui croiroient en lui. Pour fonder leur foi, Jésus, selon Basüide, avoit réellement fait les miracles que les chrétiens lui attribuoient; mais il n’avoit qu’un corps fantastique et les apparences d’un homme : pendant sa passion il avoit pris la figure de Simon le Cyrénéen , et lui avoit donné la sienne ; ainsi les Juifs avoient crucifié Simon au lieu du Christ qui se moquoit d’eux, et qui étoit remonté au ciel sans avoir été connu de personne.

Basüide en concluoifque les martyrs qui souffroient pour leur religion ne mouroient pas pour Jésus - Christ , mais pour Simon, qui seul avoit été crucifié. 11 concluoit encore que ce n’étoit pa^n crime de se livrer aux désirs déréglés de la chair, puisqu’ils étoient inspirés à l’âme de l’homme par les esprits au pouvoir desquels Dieu l’avoit soumise »

et que ces désirs étoient involontaires-

Saint Clém. d’Alex., sirom. lib. 3, p. 5i0, etc.

Cet hérésiarqae , entêté du pythagorisme et des prétendues propriétés que Pythagore atlribuoit aux nombres , imagina que l’unité , symbole du soleil , le nombre septénaire , relatif aux sept planètes, le nombre 36S, qui exprimoit celui des jours de l’année ou des révolutions du soleil, dévoient avoir des propriétés merveilleuses , déterminer l'esprit gouverneur du monde à opérer des prodiges. Là-dessus il fonda sa confiance à la théurgie , à la magie , aux talismans. Il soutint que le nom Abracsas ou Abraxas, dont les lettres forment en grec le nombre 565 , imprimé sur une médaille avec la figure du soleil et avec quelques autres signes, étoit un talisman très-puissant, que ce devoit même être le nom de Dieu. Conséquemment les lasilidiens remplirent le monde d’abraxas de toute espèce; le père de Monfaucon en a fait graver plusieurs.

Quelques chrétiens peu instruits se laissèrent séduire par ces visions, et firent aussi des abraxas à l’honneur de Jésus-Christ ; les Pères de l’Eglise s’élevèrent contre cette superstition.

Basilide enseignoit aussi la métempsycose comme Pythagore, et nioit la résurrection de la chair. Il avoit composé un faux évangile , ou plutôt un long commentaire sur les évangiles; puisqu’Eusèbenous apprend qu’il avoit écrit vingt-quatre livres sur les évangiles , et qu’il avoit forgé des prophéties sous le nom de barcabas et de barcoph;i\ supposoit dans l’homme deux ûmes différentes.

Sur cet exposé, que nous abrégeons autant qu’il est possible , il y a des réflexions importantes à faire. 1“ Les anciennes hérésies ont été l’ouvrage des philosophes , et l’effet de leur opiniâtreté à vouloir concilier les dogmes du christianisme avec leurs vains systèmes ; c’est au contraire la philosophie qu’il auroit fallu éclairer et corriger par les lumières de la révélation. 2" La source de la plupart des erreurs anciennes a été la célèbre question de l’origine du mal ; clic est encore aujourd’hui le fon-

dement des divers systèmes d’incrédulité : il est impossible d’y donner une solution satisfaisante, à moins que l’on n’adopte les principes de la théologie chrétienne. 5° Les plus anciens hérésiarques n’ont pas osé contester la vérité de l’histoire évangélique , des actions et des miracles de Jésus-Christ, puisqu’ils ont tâché de les accorder avec leur système ; ils touchoient cependant d’assez près à la date de ces faits , pour avoir pu en constater certainement la vérité ou la fausseté. 4° Quelques incrédules modernes ont accusé saint Clément d’Alexandrie et les autres Pères anciens , d’avoir faussement attribué aux gnostiques une morale et une conduite détestables ; mais cette morale découloit évidemment de leurs principes, et il est impossible que ces raisonneurs ne s’en soient pas aperçus. Elle a été renouvelée par les sectes fanatiques du quatorzième siècle , et l’on a vu renaître parmi elles les mêmes désordres.

Beausobre , qui s’est fait un point capital de justifier tous les héréliques, et de contredire les Pères de l’Eglise, a disserté fort au long sur les basilidiens. Jlist. du Munich., tom. 2,1. 4. 11 prétend qu’en général on ne doit pas trop SC fier aux Pères touchant les anciennes hérésies , que la plupart n’en ont parlé que sur des ouï-dire; qu’ils ne s’accordent point dans leurs récits ; qu’ils ont exagéré les erreurs des sectaires , etc.

Pour donner un air de justice à ce reproche, il auroit fallu commencer par prouver que tous les sectateurs deBasilidc ont enseigné constamment la même doctrine que lui, et qu’aucun d’eux n’est allé plus loin. Or , dans quelle secte hérétique cela est-il arrivé? 11 se peut très-bien faire que les basilidiens, qui ont été connus de saint Irénée dans l’Asie Mineure , et de Tcrtullien en Afrique , n’aient pas suivi absolument les mêmes opinions que ceux dont saiivi Clément d’Alexandrie a 1 u les ouvrages en Egypte; il peut donc y avoir de la variété et même de l’opposition entre les récits de CCS Pères , sans qu’il y ait lieu de les accuser d’ignorance, de préoccupation ou d’infidélité. Voilà ce qu’un historien

judicieux n'auroit pas manqué de remarquer. Mosheim est coupable de la même injustice. Ilist. Christian. , sœc.

2, § 46 et suiv.

C’est encore une fort mauvaise méthode, pour justifier un hérétique , de prétendre qu’il n’a pas pu enseigner telle erreur, puisqu’il a soutenu telle autre opinion qui ne s’y accorde point; il est assez prouvé que la doctrine des anciens hérétiques , aussi-bien que celle des modernes , est un tissu de contradictions, et qu’ordinairement tous raisonnent fort mal.

Il n’est donc pas fort certain que , selon la croyance commune des basilidiens , l’ange ou l’esprit qui avoit créé le monde, étoit un être bon, qui aA'oit eu dessein de plaire au Dieu suprême , et de faire du bien; puisque, de l’aveu même de Beausobre, d’autres hérétiques soutenaient que le Créateur ou plutôt le formateur du monde, étoit un être méchant. Dès que l’on suppose la matière étemelle , il n’est plus question de créalion proprement dite. Nous avons le malheur de ne pas voir, comme Beausobre, un grand effort d'imagination dans le système de .ffasj'h'de, pour rendre raison des maux de ce monde , sans intéresser les perfections du Dieu suprême; les ignorants, qui attribuent au démon tout le mal qui leur arrive , ne font pas un grand effort d’imagination. Pour peu qu’on réfléchisse , on comprend que Dieu , quoiqu’infiniment puissant et bon, n’a pu rien faire qui ne fût borné , par conséquent imparfait et sujet à des défauts; et que la supposition de deux principes ne résout point du tout la difficulté.

Nous n’accuserons pas non plus les Pères d’avoir imaginé une fable , en disant que , suivant l’idée des basilidiens, Jésus, avant d’être crucifié, avoit changé sa ligure en celle de Simon le Cyrénécn, et avoit substitué cet homme à sa place; plusieurs d’entre eux ont été assez ridicules d’ailleurs pour imaginer cette absurdité, quoique peut-être Basilide ne l’ait jamais dite, et qu’il ait pensé tout autrement.

Il n’est pas mieux prouvé que jamais

les basilidiens n’ont déprimé le martyre; Beausobre ne les en disculpe que par des conjectures et par voie de conséquence , espèce d’apologie qui ne peut prévaloir à des témoignages formels. Il ne réussit pas mieux à les absoudre du crime de magie, puisque ces hérétiques avoient confiance au pouvoir des prétendus génies ou esprits répandus dans la nature; il n’est pas fort aisé de prouver qu’ils n’ont jamais eu recours à ceux qu’ils supposoient mauvais et malfaisants, mais seulement à ceux qu’ils croyaient incapables de faire du mal.

L’une de cesmauvaises pratiques conduit infailliblement à l’autre.

Par lamême raison, nous n’avouerons pas que les Pères ont calomnié les basilidiens, quand ils les ont accusés d’une morale détestable louchant l’impureté, et d’une conduite qui y étoit conforme ; si dans toutes les sectes il y a eu quelques hommes qui ont conservé de la honte naturelle et de la vertu, il y en a eu aussi d’autres qui ont poussé les conséquences de leurs erreurs jusqu’où elles pouvoient aller , et qui n’ont pas rougi de les mettre en pratique, fl est donc tout simple que l’on ait pris pour l’esprit général de la secte une conduite qui étoit commune parmi ses membres.

Mosheim, moins entêté que Beausobre, avoue qu’une bonne partie des gnostiques tiroient de leurs principes une morale pratique très - licencieuse. Hist.

christ., proleg., c. 1 , § 56.

Nous serons obligés de répéter plus d’une fois ces mêmes réflexions à l’égard des hérésies anciennes ou modernes; parce que plusieurs des protestants qui en ont parlé l’ont fait avec les mêmes préventions que Beausobre. Ce qu’il y a de singulier , c’est que ces critiques veulent nous faire envisager leur entêtement comme une preuve d’impartialité.

B.\SILIQUE. Ce nom grec signifie maison royale; on l’a donné aux églises des chrétiens , parce qu’on les a regardées comme les palais du Roi des rois , dans lesquels ses adorateurs vont lui rendre leurs hommages : c’est ainsi qu’elles sont nommées par les écrivains du quatrième et du cinquième siècle.

Selon Bellarmin, les chrdlicns mettoient une différence entre les basiliques et les temples. Les premiers étoient des édifices destinés aux assemblées chrétiennes et à la célébration des saints mystères ; par les temples , on entendoit les temples des païens destinés à offrir des sacrifices sanglants , et à immoler des animaux. Conséquemment quelques anciens, comme Minulius Félix, Origène, Arnobe, Lactance, ont dit que les chrétiens n’avoient pas de temples; et lorsque les païens leur en faisoient un crime, les mêmes écrivains ont répondu que le sanctuaire le plus digne de Dieu, étoit l’âme d’un homme de bien. Il ne faut pas en conclure que pour lors les chrétiens n’avoient point d’édifices consacrés au culte du Seigneur ; nous prouverons le contraire au mot Eglise; mais on évitoit de leur donner le même nom qu’aux édifices destinés à l’idolâtrie ; on préféra de les nommer basiliques.

Dans l’Occident, au quatrième et au cinquième siècle , l’on entendoit par l’eglise la cathédrale , et l’on nommoit basiliques les églises dédiées aux martyrs et aux saints. Jlist. de VAcad. des inscript., 1. 13, in-12, pag. 311.

Il paroît que la forme et le plan des éghses chrétiennes avaient été tracés sur ce qui est dit dans Y Apocalypse, c. 4, 6, 7. Saint Jean y fait une description de la gloire éternelle exactement semblable à celle qu’a faite saint Justin des assemblées des chrétiens , Apol. 1 , n“ 65 et suiv., et de la manière dont ils célébraient l’office divin. Saint Jean parle d’un trône sur lequel est assis le président de l’assemblée ou l’évêque, de sièges rangés des deux côtés pour vingt-quatre vieillards ou prêtres ; c’est le chœur. Au milieu et devant le trône, il y a un autel sur lequel est un agneau en état de victime; sous l’autel sont les reliques des martyrs. Devant l’autel un ange offre à Dieu , sous le symbole de l’encens, les prières des saints ou dos fidèles. Il parle d’une source d’eau qui donne la vie; c’est le baptistère ou les fonts baptismaux.

Par cette forme que les premiers chrétiens ont donnée à leurs églises, il est

aisé déjuger si ce sont les catholiques qui ont abandonné la croyance de l’Eglise primitive, ou si ce sont les protestants. Ces derniers n’ont dans leurs temples ni chaire pontificale, ni autel, ni reliques, ni encens , ni fonts baptismaux ; ils semblent les avoir construits sur le modèle des synagogues des Juifs. Mais tout ce qu’ils ont supprimé parle et réclame contre l’innovation qu’ils ont faite; ce sont des témoins dont ils n’étoufferont jamais la voix.

BAYANISME. Ployez Baiaxisme.

BÉATIFICATION. Acte par lequel le souverain pontife déclare, au sujet d’une personne dont la vie a été sainte, accompagnée de quelques miracles, etc., qu’il y a eu lieu de penser que son âme jouit du bonheur éternel, et en conséquence permet aux fidèles de .lui rendre un culte religieux.

La béatification diffère de la canonisation , en ce que dans la première le pape n’agit pas comme juge, en déterminant l’état du béatifié, mais seulement en ce qu’il accorde à certaines personnes , comme à un ordre religieux , à une communauté, etc., le privilège de rendre au béatifié un culte particulier , qu’on ne peut regarder comme superstitieux , dès qu’il est muni du sceau de l’autorité pontificale , au lieu que dans la canonisation , le pape parle comme juge, et détermine ex cathedra l’état du nouveau saint.

La cérémonie de la béatification a été introduite lorsqu’on a pensé qu’il étoit ù propos de permettre à un ordre ou aune communauté de rendre un culte particulier au sujet proposé pour être canonisé , avant que d’avoir une pleine connoissance de la vérité des faits , et à cause de la longueur des procédures qu’on observe dans la canonisation.

Foyez Caxoxisatiox.

BÉATITUDE, état de félicité des saints dans le ciel. Ployez Boniieuiv éteunel.

Il n’est pas fort nécessaire de savoir ce que les théologiens de l’école nomment béatitude objective et béatitude formelle.

BEatituoes EvangEliqi'es. On nomme ainsi les huit maximes que Jésus-Christ

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