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a placées à la tête du discours qui renferme l’abrégé de sa morale. La montagne sur laquelle on croit qu’il le fit , a conservé le nom de Monta (jne des béatitudes ^ parce que ces maximes commencent par le mot beati. » Heureux , » dit - il , les pauvres d’esprit ; parce » que le royaume des deux est à eux. » L’on comprend que Jésus-Christ, par la pauvreté d’esprit, entend le détachement des richesses. « Heureux lescarac- » tères doux , parce qu’ils posséderont » tous les cœurs ; heureux ceux qui pleu- » rent , parce qu’ils seront consolés ; » heureux ceux qui ont faim et soif de » la justice, parce qu’ils seront rassasiés; » heureux les hommes miséricordieux , » parce qu’ils obtiendront miséricorde ; ^ heureux les cœurs purs , parce qu’ils » verront Dieu ; heureux les pacifiques, » parce qu’ils seront appelés enfants de » Dieu; heureux ceux qui souffrent per- » sécution pour la justice , parce que le » royaume des deux leur appartient. * Matth., c. 5, jf. 3 et suiv.
Ces maximes, vérifiées par l’expérience des saints de tous les siècles , n’ont pas besoin d’apologie ; mais si l’on veut en avoir un commentaire très-éloquent , on n’a qu’à lire l’exorde du sermon de Massillon sur le bonheur des saints. Voyez Conseils évangéliques.
BËDE , moine et prêtre anglais, mort en 73S , se fit admirer dans son siècle par sa science et sa piété. Il écrivit l'hlstoire ecclésiastique d’Angleterre , des commentaires sur l’Ecriture sainte, des sermons et d’autres ouvrages. Ils se sentent de la dégradation où étoient tombées les lettres au huitième siècle ; mais ce vénérable auteur est un témoin non suspect de la doctrine crue et professée pour lors dans l’Eglise ; des écrivains , même protestants , lui ont rendu justice. Voyez Vie des Pères et des Martyrs, etc. t. -i, p. 621 , 632 et suiv.
BÉELPHÉGOR , dieu des Moabites et des Madianites. En rapprochant du texte sacré les conjectures des anciens et des modernes , il paroît que celte divinité étoit à peu près la même que le Priape des Latins , le dieu de la luxure, et qu’il étoit d’une figure très-obscène.
Il est dit dans le livre des Nombres , c. 25 , que les filles des Moabites invitèrent les Israélites à leurs sacrifices , qu’ils y allèrent , qu’ils adorèrent les dieux de ces filles , se firent initier au culte de Béelphégor , et se livrèrent à la débauche avec elles. Dieu , irrité de ce crime, ordonna à Moïse de faire pendre les principaux du peuple. Moïse commanda aux juges de mettre à mort tous ceux qui étoient coupables d’idolâtrie. Phinées, petit-fils d’Aaron , tua publiquement un Israélite avec une prostituée Madianite ; il périt vingtquatre mille hommes à celte occasion.
Dieu ordonna encore à Moïse de traiter les Madianites en ennemis déclarés , et de les exterminer. Cet ordre fut exécuté quelque temps après. Num., ch. 31.
Cet exemple de sévérité n’a pas trouvé grâce aux yeux des incrédules; ils ont accusé Moïse de cruauté, d’ingratitude envers les Madianites, chez lesquels il avoit trouvé un asile et avoit pris une épouse; de barbarie en mettant leur pays à feu et à sang.
Le législateur des Hébreux sera aisément justifié , si l’on veut faire quelques réflexions. 1“ Dans la république juive, et en vertu de la loi que Dieu avoit portée, l’idolâtrie étoit un crime de lèse-majesté divine : vu le penchant invincible des Israélites à imiter leurs voisins , et les désordres dont l’idolâtrie étoit toujours accompagnée , il n’y avoit point d’autre moyen de la prévenir et de l’extirper que de mettre à mort tous les coupables.
2° Les tribus des Madianites voisines des Moabites n’étoient point les mêmes que celles qui étoient près de l’Egypte , et où Moïse s’étoit retiré : on voit, par l’exemple de Jéthro son beau-père , que celles-ci adoroient le vrai Dieu; les premières s’étoient corrompues avec les Moabites, et honoroient Béelphégor.
3“ La conduite de ces peuples étoit une perfidie; ils avoient suivi le conseil détestable que Balaam leur avoit donné de séduire les Israélites , et de les porter au crime, afin d’exciter contre eux la celère de Dieu. Num., c. 3i ,