Ils étoient aussi coupables quo
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s’ils avoient envoyé la peslc dans le camp des Hébreux.
1® Que les Israélites , les Moabites , les Madianilcs et tous les coupables aient été punis par un supplice , par le fléau de la guerre , par une contagion , etc., cela est fort égal pour la justice divine ; on ne peut pas l’accuser plutôt de cruauté dans un de ces cas que dans l’autre. Vo]j. Justice de Dieu.
BÉELZÉBÜB, dieu des mouches; il étoit adoré par les Accaronites. Comme dans l’Orient les insectes sont souvent un» fléau terrible , il n’est pas surprenant que les peuples de ces climats aient souvent chargé les dieux du soin de les chasser. Ainsi les Grecs ont adoré Hercule Mwa-/po5 et Kop^unioi , Hercule qui chasse les mouches et les sauterelles , Apollon ’S.ixcjBshç. , qui tue les rats , etc. Foyez Pline, liv. iO, c. 28; et liv. 29, c. 6. Ochozias, roi d’Israël, étant malade, envoya consulter Béelzébub, et en fut puni par la mort,//^. Beg., c. 1.
Il est dit dans l’Evangile que les Juifs accusèrent Jésus-Christ de chasser les démons par le pouvoir de Béelzébub , prince des démons. Maith., c. 12. f. 2i. Le Sauveur leur fit aisément sentir qu’il ne pouvait avoir de collusion avec l’ennemi du salut; qu’au contraire il étoit venu pour le vaincre et lui enlever scs dépouilles. La plupart des exemplaires grecs du nouveau Testament portent BatiÇeêoùJ , h dieu des ordures ; ce peut être une faute des copistes grecs.
BEGGARDS ou BEGHARDS , secte de faux spirituels ou de faux dévots , qui parut en Italie , en France et en Allemagne, sur la fin du treizième et au commencement du quatorzième siècle.
Avant cette époque, les albigeois et les vaudois s’étoient fait remariiuer par un extérieur simple, mortifié, dévot; plusieurs renonçoient à leurs biens , vaquoient à la prière et à la lecture de l’Ecriture sainte, faisoient profession de pratiquer les conseils évangéliques. Cette régularité vraie ou feinte , com|)aréc à la vie licencieuse de la plupart des catholiques, et d’une partie du clergé, avoit contribué beaucoup aux progrès de l'hérésie et au discrédit de la foi catholique.
Plusieurs personnes , touchées de ce malheur , sentirent la nécessité de réformer les mœurs et de tenir une conduite plus conforme aux maximes de l’Evangile. C’est ce qui fit naitre la multitude d’ordres religieux et de congrégations que l’on vit éclore dans le temps dont nous parlons. Les esprits une fois tournés de ce côté-là, seroient encore allés plus loin , si le concile de Latran , tenu l’an 1216, n’avoit défendu d’établir de nouveaux ordres religieux , de peur que leur trop grande diversité ne mit de la confusion dans l’Eglise.
Plusieurs séculiers , sans prendre l’habit religieux , formèrent aussi des associations de piété , et s’unirent entre eux pour vaquer à des pratiques de dévotion ; mais par le défaut d’instruction et de lumière, plusieurs donnèrent bientôt dans l’illusion , et d’un excès de piété tombèrent dans un excès de libertinage.
Tels furent ceux que l’on nomma beggards, frérots ou fratricelles, dulcinistes, apostoliques, etc. Ces différentes sectes n’avoient entre elles aucune liaison ; elles ne se rcssembloient que par la manière dont chacune s’étoit égarée de son côté.
Il faut distinguer des beggards de plusieurs espèces. Les premiers furent des franciscains austères que l’on appeloit les spirituels, qui se piquoient d’observer la règle de saint François dans toute la rigueur , de ne rien posséder en propre ni en commun , de vivre d’aumônes , d’être couverts de haillons , etc. Comme ils se séparèrent de leur ordre , et refusèrent d’obéir à leurs supérieurs, Boniface VIH condamna ce schisme vers l’an 1500. Alors ces révoltés se mirent à déclamer contre le pape et contre les évêques ; ils annoncèrent la réformation prochaine de l’Eglise par les vrais disciples de saint François , ils adoptèrent les rêveries de l’abbé Joachim , etc. Ils attirèrent dans leur parti un bon nombre de frères lais du tiers-ordre de saint François , que l'on nommoit fratricelles ou |)ctils frères , en Italie bizochi ou besaciers , en France béguins, dans les Pays-Bas et on Allemagne beggards ; de là tous CCS noms furent donnés à la secte en général : comme tous les prédicants.