‹ Dictionnaire de théologieChapitre 125 sur 170 · DEH 288 13EX · texte numérisé non relu

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religieux du tiers-ordre n’étoient nullement l’objet des anathèmes lancés contre les beggards et les béguins répandus en Allemagne. Mosheim dérive les noms beggard, béguin, bégatte, bigot, du vieux mot allemand beggen, demander avec importunité , ou prier avec ferveur.

BÉGUINE, BÉGUINAGE. C’est le nom qu’on donne dans les Pays-Bas à des tilles ou veuves qui , sans faire de vœux, se rassemblent pour mener une vie dévote et réglée. Pour être agrégé au nombre des béguines, il ne faut qu’apporter suIBsammer^ de quoi vivre. Le lieu où vivent les béguines s’appelle béguinage-, celles qui l’habitent peuvent y tenir leur ménage en particulier , ou ■elles peuvent s’associer plusieurs ensemble. Elles portent un habillement noir, assez semblable à celui des religieuses. Elles suivent de certaines règles générales , et font leurs prières en commun aux heures marquées ; le reste du temps est employé à travailler à des ouvrages d’aiguille , à faire de la dentelle, de la broderie , etc., et à soigner les malades. Il leur est libre de se retirer du béguinage. Elis ont aussi une supérieure, qui a droit de commander , et à qui elles sont tenues d’obéir tant qu’elles demeureront dans l’état de béguines.

Il y a dans plusieurs villes des Pays- Bas desbéguinages si vastes et si grands, qu’on les prendrait pour de petites villes. A Garni , en Flandre , il y en a deux , le grand et le petit , dont le premier peut contenir jusqu’à huit cents béguines.

Il ne faut pas confondre ces béguines avec certaines femmes qui étoient tombées dans les excès des béguins et des beggards, qui furentcondainnées comme hérétiques par le pape Jean Xll , et dont il ne reste aucun vestige. F oyez Beg-

CAKDS.

BÉIIÉMOTII. Ce mot signifie en général bête de somme , et toute espèce de grands animaux. Selon les rabbins, il désigne dans le livre de Job un bœuf d’unegrandeur extraordinaire, que Dieu a créé pour en faire un grand festin aux Juifs à la fn: du monde ou à la venue du îlessie.

Les J ui fs sensés savent bien à quoi s'en

tenir sur ce conte ; ils disent que c’est une allégorie qui désigne la joie des justes , figurée par ce festin. Cette Ihéo logie symbolique tient quelque chose du style des anciens prophètes : nous en voyons même des exemples dans le nouveau Testament. Mais les rabbins proposent crûment leurs allégories ; ils y ajoutent des circonstances qui les rendent le plus souvent ridicules , et le commun des Juifs les croit sans examen. Samuel Bochard a montré dans la seconde partie de son Ilieroz., I. V, c. 15, que le béhémoth de Job est l’hippopotame ou cheval marin.

BÉLIAL. L’Ecriture nomme enfant de Bélial les méchants , les impies , les hommes sans religion et sans mœurs.

Quelle que soit l’étymologie de ce mot en hébreu , il est synonyme au nequam des Latins , et au terme injurieux de vaurien. Quelques-uns prétendent que Bélial (îtoit le nom d’une idole des Sidoniens, mais il n’en est point question dans les livres saints ; et il n’est pas sûr que quand saint Paul dit : « Quelle so- » ciété y a-t-il entre Jésus-Christ et Bé- » liai ? » II. Cor., c. 6 , ^. 15 , il entend par là le démon : cela peut signifier , quelle société y a-t-il entre Jésus-Christ et les impies ou l’impiété ?

Voyez les Concordances hébraïques.

BÉNÉDICTINS , BÉNÉDICTINES , ordre célèbre , fondé par saint Benoit.

Mosheim , qui n’a rien négligé pour décrier les ordres monastiques , est forcé d’avouer que le dessein de saint Benoît fut que scs religieux vécussent pieusement et paisiblement, et partageassent leur temps entre la prière , l’étude, l’éducation de la jeunesse , et les autres occupations pieuses et savantes. Ilist.

ecclés. du sixième siècle, 2' part.,c. 2, g 6. Tel est en effet l’esprit et le plan de sa règle. Mais de quel front ce critique a-t-il pu avancer que déjà, dans ce tcmps-là, l’Irlande, la Gaule, l'Allemagne et la .Suisse , étoient couvertes de couvents remplis de moines oisifs et paresseux , fanatiques et perdus de débauches? Il est prouvé par tous les monuments du sixième siècle, que les moines d’Irlande observoient la même

règle que ceux de l’Orient , partageoient leur temps entre la prière , l’étude , les missions , le travail des mains , ou la culture de la terre ; que les monastères étoient autant d’écoles où l’on accouroit pour s’instruire; qu’un grand nombre des abbés qui les ont gouvernés , et des évêques qui en sont sortis, ont été placés par les peuples au nombre des saints.

C’est de là que saint Colomban apporta dans les Gaules , dans l’illlemagnc et dans la Suisse la vie monastique. 11 est prouvé par les ouvrages de ce saint moine, qu’il avoit l’esprit très-cultivé, et qu’il établit dans les couvents qu’il fonda la même discipline qui régnoit dans ceux d’Irlande. Ce sont ses disciples qui ont défriché les solitudes dans lesquelles saint Colomban les établit , pendant que des conquérants farouches ravageoient les Gaules, et portoicnt la désolation partout. En quel sens ces pieux solitaires peuvent-ils être appelés des hommes oisifs , paresseux , fanatiques ou perdus de débauches?

Saint Benoît et saint Colomban étoient donc animés du même esprit , ont travaillé sur le même plan , et ont produit les mêmes effets ; ils n’auroient pas eu des succès si prodigieux , s’ils avoient été tels que Mosheim veut peindre les moines : de quoi auroicnl vécu les troupes de solitaires qu’ils ont rassemblés , si ceux-ci n’avoienl pas été très-laborieux? On ne leur donnoit alors ni des terres cultivées , ni des colons pour les faire valoir, puisqu’ils se plaçoient tous dans les déserts. Mais les censeurs de la vie monastique demandent, pourquoi renoncer aux affaires de la société, aux devoirs et aux obligatioiis de la vie civile, pour aller passer sa vie dans la sdlitude? Pourquoi? Pour se sous-

traire au brigandage des tyrans et des guerriers qui ravageoient tout, qui eependant respectoient encore les moines dont la vie les étonnoit, et dont les vertus leur en imposoienf. Pour vivre dans la société civile , si cependant il y avoit encore une société, il falloit ou faire violence du la souffrir ; des ûmes paisibles et vertueuses ne pouvoientse résoudre ni à l’uu ni à l’autre, elles fuyoient au loin.

Mosheim prétend que dans îa suite des temps les disciples de saint Benoît dégénérèrent honteusement de la piété de leur fondateur ; que , devenus riches par la libéralité des personnes opulentes, ils se livrèrent au luxe, à l’intempérance et à l’oisiveté; ils se mêlèrent des affaires séculières, se glissèrent dans les cours, multiplièrent les superstitions, travaillèrent avec ardeur à augmenter l’arrogance et l’autorité du pontife romain. Mais il avoue que saint Benoît ne pouvoit pas prévoir que l’on pervertiroit à ce point le but de son institution, et qu’il n’autorisa jamais cet abus.

Voilà donc déjà le saint fondateur à couvert de tous reproches; scs disciples sont-ils aussi coupables qu’on le prétend ? On leur fait d’abord le procès par une contradiction ; on les blâme d’avoir quitté le monde, et ensuite d’y être rentrés ; on les accuse de fanatisme, pour avoir embrassé une vie pauvre et laborieuse ; deluxe, d’intempérance, et de toutes sortes de vices , pour avoir rendu leurs services aux princes qui les appelaient auprès d'eux. Que deyoient faire les moines ?

Ils dégénérèrent dans la suite des temps, nous le savons; mais en quel temps , et pourquoi ? Lorsque les seigneurs, après avoir pillé tous les biens profanes , voulurent encore envahir les biens sacrés , dépouillèrent les monastères, vendirent les abbayes, y placèrent leurs enfants et leurs créatures, dispersèrent les moines , leur ôtèrent la liberté de servir Dieu , d’observer leur règle et de vivre selon l’esprit de leur état. Nous voudrions savoir si les vertus sublimes de leurs accusateurs se seroient longtemps soutenues dans une pareille confusion. Avant de décider si les moines multiplièrent les superstitions , il faudrait savoir si toutes les pratiques qu’il plaît aux protestants d’appeler superstitieuses , le sont en effet. Nous ne doutons pas que, réduits à la misère, h l’ignorance, à l’impossibilité de s’instruire comme autrefois, les moines n’aient quelquefois employé quelques fraudes pieuses pour en imposer aux brutaux dont ils redoutaient la rapacité

et la violence; ils ont mal fait, sans doute ; mais leur crime est du moins diminué par les tristes circonstances dans lesquelles ils se trouvoienl. Ils travaillèrent à augmenter l’autorité des souverains pontifes dans un temps où cette autorité étoit devenue absolument nécessaire pour réprimer les attentats de la multitude des tyrans qui désoloient l’Eglise aussi bien que la société civile. Si c’est un crime aux yeux des protestants , ce n’en est pas un selon l’avis des hommes sensés.

Nous traiterons plus amplement cette matière à l’article Moine.

BÉNÉDICTION. Bénir , c’est souhaiter ou prédire quelque chose d’heureux à une personne à laquelle on veut du bien ; ainsi nous voyons ,dans l’histoire sainte, des patriarches au lit de la mort bénir leurs enfants , leur souhaiter et leur prédire les bienfaits de Dieu.

Sous la loi de Moïse , il y avoit des bénédictions solennelles que les prêtres donnoient au peuple dans certaines cérémonies. Moïse dit au grand prêtre Aaron : « Quand vous bénirez les enfants » d’Israël , vous direz : Que le Seigneur

* fasse briller sur vous la lumière de B son visage, qu’il ait pitié de vous , » qu’il tourne sa facevers vous, et qu’il

• vous donne sa paix. » Num., c. 6 , i. 24. Le pontife prononçoit ces paroles debout, à voix haute, les mains étendues et les yeux élevés vers le ciel. Les prophètes et les hommes inspirés donnoient aussi des bénédictions aux serviteurs de Dieu et au peuple du Seigneur. Les psaumes sont remplis de bénédictions ou souhaits heureux en faveur des Israélites.

Dieu ordonna que quand ce peuple seroit arrivé dans la Terre promise , on le rassemblât entre les montagnes d’ilébal et de Garizim ; que sur celle-ci l’on prononçât des bénédictions pour ceux qui observeroient la loi , et sur l’autre des malédictions contre les prévaricateurs : c’est ce qui fut exécuté par Josué , c. 8 , 53.

Dansle christianisme , les bénédictions se donnent par le signe de la croix , pour faire souvenir les lidèles que les bien-

faits de Dieu leur sont accordés par les mérites de la mort de Jésus-Christ, comme l’enseigne saint Paul, Eph., c. I , jt. 3.

Bénédiction, dans l’Ecriture sainte, signifie souvent bienfaits, les présents que se font les amis ; parce qu’ils sont ordinairement accompagnés de souhaits heureux de la part de ceux qui les donnent et de ceux qui les reçoivent.

Gen., c. 23, f. 2; Josue, c. IS, 19; I. Reg., c. 2d , 27 , etc. Dans ce sens les bienfaits de Dieu sont appelés bénédictions, lorsqu’on dit: Que le Seigneur vous bénisse, c’est-à-dire, qu’il vous fasse du bien.

Bénédiction signifie encore abondance. a Celui, dit saint Paul , qui sème » avec épargne , moissonnera peu ; et » celui qui sème en bénédiction ou en

* abondance , moissonnera en bénédic-

* tion... Que la bénédiction ou l’aumône

» que vous avez promise soit toute ï prête , et qu’elle soit , comme elle est «véritablement, une bénédiction, et » non un don de l’avarice. » II. Cor., c. 9, 5 et 6. Jacob souhaite à son fils

Joseph les bénédictions du ciel , c’est-àdire, la pluie et la rosée en abondance, les bénédictions des entrailles et des mamelles , ou la fécondité des femmes et des animaux. Gen., c. 49, jl. IS. Le psalmiste dit au Seigneur : Vous remplissez toute créature vivante de bénédiction, ou de l’abondance de vos biens. Ps. 144, jt.16.

Bénir est quelquefois employé par antiphrase pour maudire. Les faux témoins apostés contre Nabolh , l’accusèrent d’avoir béni Dieu et le Roi, d’avoir mal parlé de l’un et de l’autre.

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