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de légat, au concile de Tours , l’an 1034, où Bérenger avoit rétracté ses erreurs.

En 1039, sous Victor II, dans un concile de Rome , composé de cent treize évêques, Bérenger lit profession de croire que le pain et le vin offerts à l’autel sont, après la consécration, non-seulement un sacrement , mais le vrai corps et le vrai sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ; que ce corps est touché par les mains des prêtres , non - seulement en forme de sacrement , mais réellement et en vérité. Mosheim dit que cette doctrine étoit absurde et insensée. En 1063 , un concile de Rouen déclara , contre ce même hérétique , que dans la consécration le pain, par la puissance divine, est changé en la substance de la chair née de la sainte Vierge, et que le vin est changé véritablement et substantiellement au sang répandu pour la rédemption du monde.

L’an 1078, sous Grégoire VII, dans un concile de Rome, Bérenger signa, sous la foi da serment, que le pain posé sur r autel devenait, par la consécration, le vrai corps de Jésus-Christ , et que le vin devenait levrai sang qui avoit coulé de son côté. De là Mosheim conclut que Grégoire VII renonçoit à la confession de foi de l’an 1039 , et qu’il la révoquoit, quoiqu’elle eût été solennellement approuvée par un pape dans un concile. Il est cependant évident que cette seconde formule n’est différente de la première qu’en ce qu’elle exprime la transsubstantiation beaucoup plus clairement.

L’année suivante , dans un autre concile , Bérenger protesta de croire que le pain et le vin , par la prière et par les paroles de notre Rédempteur , étaient substantiellement changés dans le vrai et propre corps et sang de Jésus-Christ; ce sont les mêmes expressions que celles du concile de Rouen. Mais Bérenger ne fut pas plus fidèle à cette protestation qu’aux deux précédentes.

Comme Grégoire VH ne fit point de nouvelles poursuites contre Bérenger, Mosheim en conclut qu’il ne lui sut point mauvais gré de sa perfidie, et que probablement il pensoit comme lui. Par la même raison, il devoit conclure que les

évêques de Fiance embrassèrent aussi le parti de Bérenger, puisque, malgré sa troisième rechute , ils ne prononcèrent point de nouvelles condamnations contre lui ; on se contenta de réfuter ses erreurs d’une manière qui le réduisit au silence.

Suivant un écrit de Bérenger, Grégoire VII lui dit : Je ne doute point que vous n’ayez de bons sentiments touchant le sacrifice de Jésus-Christ, conformément aux Ecritures : de là Mosheim conclut encore que ce pape penchoit vers l’opinion de cet hérétique.

Mais cette opinion étoit -elle véritablement conforme à l’Ecriture sainte, et selon cette opinion, l’eucharistie pouvoit-elle être appelée un sacrifice P Voilà comme on s’aveugle par intérêt de système.

Mosheim tourne en ridicule les écrivains catholiques qui ont voulu persuader que Bérenger s’étoit converti ; mais lui-même en fournit les preuves. Il dit que ce personnage laissa en mourant une haute opinion de sa sainteté : en auroiton jugé ainsi , si on l’avoiV encore cru hérétique ? Il dit que les chanoines de Tours honorent encore sa mémoire par un service qu’ils font tous les ans sur son tombeau ; certainement ils ne le feroientpas,si l’on n’avoit pas été persuadé dès lors que Bérenger étoit mort dans la communion de l’Eglise. Il dit que Bérenger, dans son ouvrage, demande pardon à Dieu du sacrilège qu’il a commis à Rome, en se parjurant: cela ne prouve pas qu'il persévérait encore dans ses erreurs. Le moine Clarius , Richard de Poitiers , l’auteur de la Chronique de saint Martin de Tours, Guillaume de Malmesbury, attestent que Bérenger mourut repentant et converti.

Ce témoignage des contemporains doit prévaloir aux Vaines conjectures des protestants.

Mosheim paroit avoir pris ce qu’il a dit de Bérenger dans l’IIist. de l’Eglise par Rasnage, 1. 21, c. 2. L’on y trouve les mêmes faits et les mêmes réflexions. Le tout n’est fondé que sur les assertions de cet hérésiarque, cent fois convaincu d’imposture et de perfidie.

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