‹ Dictionnaire de théologieChapitre 129 sur 170 · BES 298 BET · texte numérisé non relu

BES 298 BET

CEliNARD (saint), abbé de Clalrvaux, mort l’anUbS, est, dans l’ordre des temps, le dernier des Pères de TEglise, La meilleure édition de ses ouvrages , est celle qu’a donnée dom Mabillon en •M)90, et qui a été réimprimée en 1719, en 2 vol. in-folio.

Les philosophes incrédules n’ont pu lui imputer aucune erreur ; mais ils lui reprochent d’avoir faussement prophétisé le succès de la seconde croisade.

Comme sur ce point saint Bernard a fait lui-même son apologie , ce reproche est réfuté d’avance. Nous ajouterons seulement que si les croisés avoient mieux suivi dans leur conduite les avis du saint abbé , la croisade auroit eu un succès plus heureux. Foy. Croisade.

On dit encore qu’il avoit une science très-médiocre, qu’il entasse pêle-mêle l’Ecriture sainte, les canons et les conciles , qu’il est fécond en allégories. Mais saint Bernard savoit beaucoup pour son siècle , puisqu’il possédoit l’Ecriture sainte et les canons ; ce n’est pas sa faute s’il est né dans un temps que l’on nomme siècle de brigandage , d’ignorance et de superstition ; il n’a été coupable d’aucun de ces trois vices. Quant aux allégories , il en fait moins d’usage que plusieurs des anciens Pères ; il ne les emploie que dans des ouvrages de morale et de piété, jamais dans les écrits qui concernent le dogme ; ce n’est point là-dessus qu’il fonde la croyance catholique , lorsqu’il la défend contre les hérétiques.

En général, on ne peut refuser à ce Père un esprit vif et pénétrant, une belle imagination , un style doux et insinuant, une éloquence persuasive, une piété tendre, un zèle ardent, mais éclairé, pour la pureté de la foi et pour l’observation de la discipline , enfin des vertus fort supérieures à l’esprit de son siècle.

Il a été aussi accusé d’avoir persécuté Abailard par jalousie ; nous avons réfuté cette calomnie dans l’article Abailard.

Pour avoir une juste idée des talents et des vertus du saint abbé de Clairvaux , il faut consulter VUist. de l'Eglise gallicane , tom. 9 , 1. 2b et 20.

BE.SSAU1ÜN , moine grec de saint

Basile , patriarche titulaire de Constantinople , archevêque de Nicée , ensuite cardinal et légat en France sous Louis XI , mourut l’an 1472. Ce savant homme se rendit odieux aux Grecs schismatiques par le zèle avec lequel il travailla à les réunir avec l’Eglise romaine. 11 a composé plusieurs ouvrages à ce sujet, et une défense de la philosophie de Platon, que l’on a réunis dans le seizième tome de la Bibliothèque des Pères. Brucker , quoique protestant , a fait de ce célèbre cardinal un éloge complet. Ilist. philos., t. 4,p. 45.

BETHLÉEM, petite ville ou bourgade de la Judée , dans laquelle Jésus-Christ est né. Saint Justin, quiétoitde laSamarie , cite au juif Tryphon la caverne dans laquelle Jésus-Christ est venu au monde , n. 78. Origène dit à Celse que les ennemis mémos du christianisme la connoissent, 1. J , n. 51. Les prophètes avoient prédit que le Messie naitroit à Bethléem , les juifs le croient encore aujourd’hui. Voyez Munirpen fidei, 1™ partie , c. 53. Ccia étoit convenable , pour mieux démontrer qu’il étoit du sang de David , originaire de Bethléem.

Quelques incrédules ont prétendu que cette opinion n’étoit fondée que sur une fausse explication d’une prophétie de Michée , c. 5, ÿ. 2 , où on lit : « Et toi , » Bethléem d’Ephrata , tu n’es qu’une 3> des moindres villes de Juda ; mais il » sortira de toi un chef qui régnera sur s Israël , et dont la naissance est de

» toute éternité ; il sera loué jus-

» qu’aux extrémités de la terre , et il B sera l’auteur de la paix, b Cette prédiction , disent-ils , regarde Zorobabel , et non le Messie; le contraire nousparoit évident.

1° Le nom de Zorobabel témoigne que ce chef étoit né à Babylone , et non à Bethléem ; on ne peut pas dire de lui que sa naissance est de toute éternité , qu’il a réuni aux Israélites le reste de leurs frères, qu’il a été reconnu grand jusqu’aux extrémités de la terre , et l’auteur de la paix : ces caractères ne conviennent (}u’au .Messie et à Jésus- Christ. 2® Le paraphraste chaldaiquc l’a compris, et en a fait l’application au seul Messie;

c’étoit la tradition des Juifs, on le voit dans le Talmud et dans les écrits des anciens rabbins : plusieurs modernes l’ont encore entendu de même. Galatin, 1. 4 c. 5“ Le cinquième concile de Constantinople , art. 2 , un concile romain tenu sous le pape Vigile, Tliéodoret et d’autres Pères ont condamné ceux qui cherchoient à détourner le sens de cette prédiction. Grotius a vainement fait ses efforts pour faire valoir cette opinion ; il clierchoit à favoriser les juifs et les sociniens , qui voient avec peine un prophète attribuer au Messie une naissance de toute éternité. Voyez la Synapse des critiques.

BETHLÉÉMITES (les frères). C’est un ordre religieux qui a été fondé dans les îles Canaries par un gentilhomme français nommé Pierre de Bétencourt , pour servir les malades dans les hôpitaux. Le pape Innocent XI approuva cet institut en \ 687 , et lui ordonna de suivre la règle de saint Augustin. L’hgbit de ces hospitaliers est semblable à celui des capucins , hormis que leur ceinture est de cuir, qu’ils portent des souliers et ont au cou une médaille qui représente la naissance de Jésus -Christ à Bethléem.

BIBLE. Du grec BiGJos , papier , l’on a fait BiêAtov,/û're, et l’on a nommé hihlia l’Ecriture sainte , pour désigner les livres par excellence , et qui sont les plus dignes de respect. Celte collection de livres sacrés ou écrits par l’inspiration du Saint-Esprit , se divise en deux parties , savoir , l’ancien et le nouveau Testament. Les premiers sont ceux qui ont été écrits avant la venue de Jésus-Christ; ils contiennent , outre la loi de Moïse, l’histoire de la création du monde , celle des patriarches et des Juifs, les prédictions des prophètes et différents traités de morale. Le nouveau Testament renferme les livres qui ont été écrits depuis la mort de Jésus-Christ par ses apôtres ou par ses disciples.

Au mot Testament, nous ferons l’énumération des livres de l’ancien et du nouveau Testament, conformément au catalogue qu’en a dressé le concile de Trente , sess, 4.

Dans l’article Ecritcre sainte , nous parlerons de l’inspiration des livres sacrés, de leur autorité en matière de foi , des règles que l’on doit suivre pour en acquérir l’intelligence , de l’usage que doivent en faire les théologiens , etc.

Au mot Livres saints , nous en ferons la comparaison avec les écrits que les Chinois , les Indiens, les Parsis, les mahométans , nomment livres sacrés, et nous montrerons le ridicule de laméthode que les incrédules ont suivie pour attaquer les nôtres. Ici nous n’envisageons la bible que comme un objet d’histoire littéraire et de critique.

La plus grande partie des livres de l’ancien Testament ont été reçus comme sacrés et canoniques par les juifs , aussi bien que par les premiers chrétiens. Il y en a cependant quelques-uns que les juifs n’ont pas reconnus comme tels, et que les chrétiens des premiers siècles ne paroissent pas avoir reçus non plus comme canoniques : mais ils ont été ensuite placés dans le canon par l’Eglise. Tels sont les livres de Tobie , et de Judith, la Sagesse, l’Ecclésiastique , et les deux livres des Machabées. Quelques anciens même ont douté de l’authenticité des livres de Baruch et d’Esther. Il seroit singulier que l’Eglise chrétienne n’eût pas , à l’égard des livres sacrés , la même autorité que l’on accorde à la synagogue. Ceux qui ne veulent s’en rapporter qu’au témoignage de celle-ci, ne sont pas seulement instruits des motifs qui ont déterminé les juifs à recevoir comme sacrés tels livres , et à ne pas faire le même honneur aux autres.

P'oyez Canon.

Tous les livres qui ont été anciennement reconnus pour sacrés , ont été écrits en hébreu ; nous n’avons les autres qu’en grec ; mais il n’a pas été essentiel à l’inspiration d’un auteur qu’il écrivit dans une langue plutôt que dans une autre : une traduction fidèle tient lieu de l’original lorsqu’il est perdu.

Les anciens caractères hébreux , dont les écrivains juifs se sont servis , étoient les samaritains ; mais après la captivité de Babylonc , les juifs trouvèrent les caractères chaldéens plus commoiles,

et les adoptèrent. La date de ce changement n’est pas certainement connue ; mais il n’a pas pu introduire plus d’altération dans le texte , que la substitution que nous, avons faite de nos caractères modernes aux lettres gothiques.

Les livres écrits en hébreu ont été plusieurs fois traduits en grec; la version la plus ancienne et la plus célèbre est celle des Septante , qui a été faite avant Jésus-Christ , et de laquelle on pense que les apôtres se sont servis ; nous en parlerons en son lieu.

Quoique la plupart des livres du nouveau Testament aient été aussi reçus pour canoniques dès les premiers temps de l’Eglise , il y en a cependant desquels on a douté d’abord ; tels sont l’épUre de saint Paul aux hébreux , celle de saint Jude , la seconde de saint Pierre , la seconde et la troisième de saint Jean, l’Apocalypse.

Tous ont été écrits en grec , excepté l’évangile de saint Matthieu, que l’on croit avoir été originairement composé en hébreu , mais dont le texte ne subsiste plus; c’est le sentiment de saint Jérôme. Quelques critiques modernes ont voulu soutenir que tout le nouveau Testament avoit d’abord été écrit en syriaque; mais leur opinion est absolument destituée de preuves et de vraisemblance. Le père Hardouin , qui a voulu prouver que les apôtres ont écrit en latin , et que le grec n’est qu’une version , n’a persuadé personne.

On conçoit que les exemplaires de la bible ont dû se multiplier beaucoup ; non-seulement les textes originaux ont été copiés à l’infini , mais il s’en est fait des versions dans la plupart des langues mortes ou vivantes. Sous ce double rapport, on distingue les bibles hébraïques, grecques, latines, chaldaïques, syriaques, arabes, cophtes , arméniennes, Persiennes, moscovites, etc., et celles qui sont en langue vulgaire. Nous donnerons une courte notice des unes et des autres.

Bibles hébbaïques. Elles sont manuscrites ou imprimées. Entre les manuscrites , les meilleures et les plus estimées sont celles qui ont été copiées par les

juifs d’Espagne; les juifs d’Allemagne en ont fait un plus grand nombre , mais elles sont moins exactes. Il est même facile de les distinguer au coup d'œil ; les premières sont on beaux caractères carrés , comme les bibles hébraïques de Bomberg, d’Etienne et de Plantin ; celles d’Allemagne ont des caractères semblables ceux de Munster et de Gryphe.

Richard Simon observe que les plus anciennes bibles hébraïques manuscrites ont tout au plus six ï sept cents ans d’antiquité ; cependant le rabbin Menahem , dont on a imprimé quelques ouvrages à Venise, en 1618, sur les bibles hébraïques, en citeun grand nombre qui, dans ce temps-là , datoient déjà de plus de six cents ans.

Morin ne donne que cinq cents ans d’antiquité au fameux manuscrit d’Hillel, qui est à Hambourg. Le père Iloubigant n’en a point connu qui remontât au delà de six à sept siècles ; il a pensé que celui de la bibliothèque des Pères de l’oratoire, de la rue Saint-Honoré à Paris , pouvoit avoir près de sept cents ans. Ceux de la bibliothèque du roi ont paru moins anciens à l’abbé Sallier. Les dominicains de Bologne»en Italie en ont un du pentateuque, dont le père de Montfaucon a parlé , et dont l’antiquité peut être d’environ neuf cents ans. Dans la bibliothèque bodléïenne en Angleterre , il y en a un du pentateuque , et un autre qui contient le reste de l’ancien Testament, auxquels on attribue sept cents ans d’antiquité. Le plus fameux manuscrit du pentateuque samaritain que gardent les samaritains de Naplouse, qui est l’ancienne Sichem, n’a , dit-on, que cinq cents ans. Celui de la bibliothèque ambrosicnne à Milan peut être plus ancien. Il y a un manuscrit hébreu à la bibliothèque du Vatican , que l’on dit avoir été copié en 973.

Les plus anciennes bibles hébraïques imprimées ont été publiées par les juifs (l’Italie , en particulier celles de Pesaro ('t <le Bresce. Ceux de Portugal avoient commencé d’imprimer quelques parties de la bible h Lisbonne , avant qu’on les chassât de ce royaume. On peut remarquer en général que les meilleures

bibles en hébreu sont celles qui ont été imprimées sous les yeux des juifs; ils sont si attentifs à observer jusqu’aux points et aux virgules , que personne ne peut pousser l’exactitude plus loin.

Au commencement du seizième siècle, Daniel Boinberg imprima plusieurs bibles hébraïques , in-folio et in-i°, à Venise , dont quelques-unes sont également estimées par les juifs et par les chrétiens. La première parut en 1517; elle porte le nom de son éditeur , Félix Præenni ; c’est la moins exacte. La seconde fut publiée en 1526. On y joignit les points des massorètes , les commentaires de divers rabbins , et une préface de R. Jacob ben Cbajim. En 1548, le même Bomberg imprima la bible infolio de ce dernier rabbin ; c’est la meilleure et la plus parfaite de toutes. Elle est distinguée de la première bible du même éditeur , en ce qu’elle contient le commentaire de R. David Kimchi sur les chroniques ou Paralipomènes , qui n’est pas dans l’autre.

Ce fut sur cette édition que Buxtorf le père imprima à Bâle, en 1618, sa bible hébraïque des rabbins ; mais il se gbssa , surtout dans le commentaire de ceux-ci, plusieurs fautes; Buxtorf altéra un assez grand nombre de leurs passages peu favorables aux chrétiens.

La même année parut à Venise une nouvelle édition de la bible rabbinique de Léon de Modèhe , rabbin de cette ville; il prétendit avoir corrigé un grand nombre de fautes répandues dans la première édition ; mais outre que celte bible est fort inférieure , pour le papier et pour le caractère, aux autres bibles de Venise, elle passa par les mains des inquisiteurs , qui ne laissèrent pas les commentaires des rabbins dans leur entier. Au reste , on ne voit point en quoi les traits lancés contre le christianisme par les rabbins , et retranchés par Buxtorf et par les inquisiteurs , pouvoient contribuer à la perfection d’une bible hébraïque.

Celle de Robert Etienne est estimée pour la beauté des caractères, mais elle est infidèle. Plantin en a fait aussi imprimer à Anvers de fort belles ; la meil-

leure est celle de 4566, tn-4®. Manassé ben Israël , savant juif portugais, donna à Amsterdam deux éditions de la bible en hébreu , l’une in-¥ , l’autre in-8®. La première est en deux colonnes , et par là plus commode pour le lecteur. En 1634, Rabbi- Joseph Lombroso en publia une nouvelle édition in-¥ à Venise, avec de petites notes au bas des pages , où les mots hébreux sont expliqués par des mots espagnols. Celle bible est estimée des juifs de Constantinople ; on y a distingué dans le texte , par une petite étoile, les endroits où il faut lire le point carnets par un o, et non par un a.

De toutes les éditions des bibles hébraïques in-8° , les plus belles et les plus correctes sont les deux de Joseph Athias, juif d’Amsterdam ; la première de 4661, préférable pour le papier ; la seconde de 4667, plus lidèlc. Cependant Vander- Hoogt en a publié une en 4 705, qui l’emporte encore sur ces deux-là.

Après Athias, trois protestants qui savoient l’hébreu s’engagèrent à avoir et à donner une bible hébraïque , savoir , Claudius, Jablonski et Opilius. L’édition de Claudius fut publiée à Francfort, en 4677, in-i°. On trouve au bas des pages les différentes leçons des premières éditions ; mais l’auteur n’est pas toujours exact dans la manière d’accentuer, surtout à l’égard des li^Tes poétiques de l’Ecriture ; d’ailleurs, comme cette édition n’a pas été faite sous ses yeux , elle fourmille de fautes. Celle de Jablonski parut à Berlin en 4699 , in-i°. L’impression en est fort nette et les caractères très-beaux. Quoique l’auteur prétende s’être servi de l’édition d’Athias et de celle de Claudius , il paroît n’avoir fait autre chose que de suivre servilement l’édition iîi-4® de Bomberg, Celle d’Opitius fut aussi imprimée tn-4® à Keil, en 4709 ; c’est dommage que la beauté du papier n’ait pas répondu à celle des caractères. D’ailleurs l’auteur n’a fait usage que des manuscrits d’Allemagne, et a négligé ceux qui sont en France ; défaut qui lui est commun avec Claudius cl Jablonski. Ces bibles ont cependant cet avantage, qu’outre les divisions, soit générales, soit particulières, en parac/te«

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et en 'penkim, selon la manière des juifs, elles sont encore divisées en chapitres et en versets selon la méthode des chrétiens ; elles renferment les keri kéiih, ou différentes façons de lire , et les sommaires en latin; ce qui les rend d’un usage très-commode pour les éditions latines et les concordances.

La petite bible in-16 de Robert Etienne est estimée pour la beauté du caractère. On doit observer qu’il y en a une autre édition à Genève qui lui ressemble beaucoup , mais dont l’impression est mauvaise et le texte moins correct.

On peut ajouter à ce catalogue quelques autres bibles hébraïques sans points, zn-8° et in-24 , fort estimées des juifs, uniquement parce que la petitesse du volume les leur rend plus commodes dans leurs synagogues et dans leurs écoles. Il y en a deux éditions de cette forme, l’une de Plan tin, tn-8® à deux colonnes ; l’autre î'n-24 , imprimée par Raphelingius , à Leyde , en 1610. On en trouve aussi une édition d’Amsterdam en grands caractères , par Laurent , en 1651 , et une autre in-12 de Francfort , en 1694, avec une préface de Leusden ; mais elle est pleine de fautes.

Le texte hébreu sans points , que le père Iloubigant de l’oratoire a fait imprimer en quatre volumes in-fol. à Paris , en 1 753 , avec un commentaire , est d’une grande beauté ; cependant on reproche à l’auteur d’avoir hasardé trop légèrement des corrections , et de s’être exposé souvent à corrompre le texte, au lieu de le corriger.

On sera désormais plus à couvert de ce danger , avec le secours de la Bible hébraïque que le docteur Kennicot vient de faire imprimer à Londres en deux vol. in-folio. 11 a suivi l’édition de Vender-lloogt, qui passe pour la plus correcte , et a rassemblé au bas des pages toutes les variantes recueillies d’après les meilleurs manuscrits qui se trouvent dans toute l’Europe. Rien ne nous manque donc plus pour avoir le texte hébreu dans la plus grande correction.

Voyez Tkxte.

Riiti.ES GUECQtES. Lc grand nombre des bibles que l’on a publiées en grec.

peut être réduit à trois ou quatre classes principales; savoir, celle de Complule, ou d’Alcalade Ilénarès, celle de Venise, celle de Rome et celle d’Oxford.

La première parut en 151 5, par les ordres du cardinal Ximénès , et fut mise dans la bible polyglotte , que l’on appelle ordinairement la bible de Complute. Cette édition n’est pas exacte, parce que dans plusieurs endroits l’on y a changé la version des Septante, pour se conformer au texte hébreu. On l’a cependant réimprimée dans la polyglotte d’Anvers , dans celle de Paris , et dans la bible î‘n-4® connue sous le nom de Valable, sans y rien corriger.

La seconde bible grecque est celle de Venise, qui parut en 1518, où le texte grec des Septante a été imprimé conformément au manuscrit sur lequel on a travaillé. Cette édition est pleine de fautes de copistes , mais aisées à co''riger. On l’a réimprimée à Strasbourg, à Bâle , à Francfort et ailleurs , en l’altérant dans quelques endroits pour la rendre conforme au texte hébreu. La plus commode de ces bibles est celle de Francfort, à laquelle on a joint de courtes scholies dont l’auteur n’est pas nommé, mais que l’on attribue à Junius : elles servent à marquer les différentes interprétations des anciens traducteurs grecs.

La troisième est celle de Rome , en 1587, que l’on appelle V édition Sixtine, dans laquelle on a inséré des scholies tirées des manuscrits grecs des bibliothèques de Rome, et recueillies par Pierre Morin. Elle passe pour la plus exacte. Celte belle édition fut réimprimée à Paris en 1628 par le père .Morin, de l’oratoire , qui y joignit l’ancienne version latine de Nobilius ; celle-ci , dans l’édition de Rome , étoit imprimée séparément avec les commentaires. L’édition grecque de Rome se trouve dans la polyglotte de Londres , et porte en marge les différentes leçons tirées du manuscrit d’Alexandrie. On l’a aussi donnée en Angleterre in-l» et 171-12, avec quelques changements. Lambert Ros l’a encore publiée en 1709 à Franékcr, avec toutes les différentes leçons qu’il a pu recouvrer.

Enfin , la quatrième Hile grecque est celle qu’on a faite en Angleterre d’après un exemplaire très-ancien , connu sous le nom de manuscrit d' Alexandrie , parce qu’il a été envoyé de cette ville. Elle fut commencée à Oxford par le docteur Crabe, en 1707. Dans celte Hile, le manuscrit d’Alexandrie n’est pas imprimé tel qu’il étoit , mais tel qu’on a cru qu’il devoit être. On y a changé les endroits qui ont paru être des fautes de copistes , et les mots qui étoient de différents dialectes. Quelques-uns ont applaudi à celle liberté , d’autres l’ont blâmée ; ils ont prétendu que le manuscrit étoit exact, que les conjectures ou les diverses leçons avoient été rejetées dans les notes dont il étoit accompagné. Voyez Septante; et pour les autres versions grecques , voyez Version.

Bibles latines. Quoique leur nombre soit encore plus grand que celui des iiiles grecques , on peut le réduire à trois classes; savoir, l’ancienne vulgate, nommée versio itala, traduite du grec des Septante; la vulgate moderne , dont la plus grande partie est traduite du texte hébreu , et les nouvelles versions latines faites sur l’hébreu dans le seizième siècle.

De l’ancienne vulgate , dont on s’est servi en Occident jusqu’après le temps de saint Grégoire- le Grand, il ne reste point de livres entiers que les Psaumes , le livre de la Sagesse , et l’Ecclésiaste , et des fragments épars dans les écrits des Pères, d’où Nobilius a tâché delà tirer toute entière : projet qui a été exécuté de nos jours par dom Sabatier , bénédictin.

On connoît un grand nombre d’éditions de la vulgate moderne, qui est la version de saint Jérôme faite sur l’hébreu. Le cardinal Ximénès en fit insérer dans sa polyglotte une qui est altérée ou corrigée en plusieurs endroits. La meilleure édition de la vulgate de Robert Etienne est celle de 1 340, réimpri mée en 1 54S, où l’on trouve en marge les diflcrenles leçons des manuscrits dont il avoil pu avoir connoissance. Les docteurs de Louvain l’ont revue , y ont ajouté de nouvelles leçons inconnues à Robert Etienne ; leur

meilleure édition est celle qui contient à la tin les notes critiques de François Lucas de Bruges. Toutes ces corrections de la Hile latine furent faites avant le temps de Sixte Y et de Clément VIII, depuis lesquels personne n’a osé faire aucun changement dans le texte de la vulgate , si ce n’est dans des commentaires , ou dans des notes séparées. Les corrections ordonnées par Clément VIII en IS92, sont celles que l’on suit dans toute l’Eglise catholique; de deux réformes qu’a faites ce pontife , on s’est toujours tenu à la première. Ce fut d’après elle que Planlin donna son édition , et toutes les autres furent faites d’après celle de Planlin ; de sorte que les Hiles communes sont d’après la correction de Clément Vlil. Foy. Vulgate.

Il y a un très-grand n:'mbre de Hiles latines de la troisième classe , ou de versions latines des livres sacrés faites sur les originaux depuis deux siècles. La première est celle de Sanclès Pagninus , dominicain; elle fut imprimée à Lyon în-4°, en 1528; elle est fort estimée des juifs. L’auteur la perfectionna , et l’on en fit à Lyon une belle édition in-folio, en 1542 , avec des scholies sous le nom de Michael Fillanov anus. On croit que c’est Michel Servet, brûlé depuis à Genève. Servet prit ce nom , parce qu’il étoit né à Villanueva en Aragon. Ceux, de Zurich donnèrent aussi une édition în-4® de la Hile de Pagninus. Robert Etienne la réimprima in-folio avec la vulgate, en 1586, en quatre colonnes sous le nom de Valable , et on l’a insérée dans la Hile en quatre langues de l’édition de Hambourg.

Cette même version de Pagninus a été retouchée et rendue littérale par Arias- Montanus , avec l’approbation des docteurs de Louvain , insérée ensuite , par l’ordre de Philippe II, dans la polyglotte de Complote, et enfin dans celle de Londres, où elle est placée entre les lignes du texte hébreu. Il y en a eudiflérentes éditions in-folio, iii-k° et tn-8°, auxquelles on a joint le texte hébreu de l’ancien Testament et le grec du nouveau. La meilleure est celle de 1-471 , in-folio.

Depuis la réformation , les protestants

ont aussi donné plusieurs versions latines de la bible. Les plus estimées sont celles de Munster, de Léon Juda, de, Castalion et de Tremellius ; les trois dernières ont été souvent réimprimées. Celle de Castalion l’emporte pour la beauté du latin ; mais les critiques sensés jugent que cette affectation d’élégance est déplacée dans les livres saints. La version de Léon Juda, ministre de Zurich, corrigée par les théologiens de Salamanque, a été jointe à l’ancienne édition publiée par Robert Etienne, avec lés notes de Vatable. Celles deJunius et de Tremillius sont préférées par les calvinistes, et il y en a un grand nombre d’éditions.

Mais c’est mal à propos que les protestants donnent à ces différentes éditions la préférence sur la vulgate ; leurs plus habiles critiques, comme Louis de Dieu, Drusius, Milles, Walson, Capel , ont rendu justice à la fidélité de celle-ci.

L’on pourroit ajouter pour quatrième classe des bibles latines, celle d’Isidor Clarius ou Clair, écrivain catholique, et évêque de Fuligno dans l’Ombrie. Cet auteur , peu content des corrections faites à la vulgate, voulut la corriger de nouveau sur les originaux. Son ouvrage, imprimé à Venise en 1S42, fut d’abord mis à Vindex , ensuite permis et réimprimé à Venise en 1564 , à l’exception de la préface et des prolégomènes , dans lesquels Clarius avoit paru ne pas respecter assez la vulgate. Plusieurs protestants ont suivi cette méthode ; André et Luc Osiandcr ont publié chacun une nouvelle édition de la vulgate corrigée sur les originaux; mais ont-ils toujours été assez sûrs du sens des originaux , pour juger avec certitude que l’interprète latin s’étoit trompé?

Bibles obiextales. On peut mettre à la tète de ces bibles la version samaritaine , qui , de tous les livres de l’Ecriture, ne renferme que le pentatcuquc.

Cette version est faite en samaritain moderne , peu différent du chaldaïquc , sur le texte hébreu écrit en caractères samaritains, et qui est différent en quelque chose du texte hébreu des Juifs. Le père Morin de l’oratoire est le premier qui ait fait imprimer le pentateuque hébreu

des samaritains avec la version. L’un et l’autre se trouvent dans les polyglottes de Londres et de Paris. Les samaritains ont encore une version arabe du pentaleuque , qui n’a point été imprimée et qui est fort rare ; il y en a deux exemplaires dans la bibliothèque du roi. L’auteur de celte version se nomme Abusaïd, et a mis en marge quelques notes littérales. Ils ont aussi l’histoire de Josué, qu’ils ne regardent point comme canonique , et qui est différente du livre de Josué renfermé dans nos bibles.

Bibles cualdéennes. Ce ne sont point de pures versions du texte hébreu , mais des gloses ou paraphrases de ce texte, que les Juifs ont faites en langue chaldaïque , lorsqu’ils la parlaient. Ils les nomment targumim , interprétations.

Les plus estimées sont celle d’Oiikélos , qui ne comprend que le pentateuque, et celle de Jonathan, sur les livres que les juifs nomment prophètes , tels que Josué , les Juges , les livres des Rois , les grands et les petits prophètes. Les autres paraphrases chaldaïques sont la plupart remplies de fables. On les a mises dans la grande bible hébraïque de Venise et de Bâle , mais elles se lisent plus aisément dans les polyglottes où la traduction latine se trouve à côté. Voyez Taucüm.

Bibles sybiaqces. Les Syriens ont deux versions de l’ancien Testament dans la langue de leurs ancêtres ; l’une faite sur le grec des septante , qui ii’a point été imprimée , l’autre faite sur le texte bébreii , qui se trouve dans la polyglotte de Paris et dans celle d’Angleterre. Parmi les versions orientales de l’Ecritiire, celle-ci est l’une des plus précieuses.

Elle paroit avoir été faite ou du temps même des apôtres , ou immédiatement après , pour les Eglises de Syrie où elle est encore en usage.

Les maronites , et les autres chrétiens qui suivent le rit syrien, attribuent à cette version une antiquité fabuleuse. Ils prétendent qu’une partie a été faite par ordre de Salomon , pour Hiram, roi de Tyr, et le reste par ordre d’Abgare, roi d’Edessc, contemporain de Notre-Sci-

BID àOo CID

gneur. La seule preuve qu’ils en donnent , est que saint Paul , dans son épître aux Ephèsiens , c. 4, 8, a

cité un passage du psaume 68 , '18,

selon la version syriaque. Il dit de Jésus-Christ, qu’il a mené captive une multitude de captifs , et a donné des dons aux hommes ; l’hébreu et les Septante portent seulement : Il a reçu des dons pour les hommes. Cette preuve est trop légère pour établir un fait aussi important.

La vérité est que cette version est fort ancienne , qu’elle a précédé toutes les autres , excepté celle des Septante , les targums d’Onkélos et de Jonathan. C’est le sentiment de Pocock , dans sa Préface de Michée; de l’abbé Renaudot , dans sa Collection des liturgies orientales , de Walton, Prolég., 13, etc. Il paroît que son auteur est un chrétien, juif de nation , qui savoit très-bien les deux langues ; elle est fort exacte , et rend avec plus de justesse qu’aucune autre le sens de l’original. Le génie de la langue y contribue beaucoup ; comme c’étoit la langue maternelle de ceux qui ont écrit le nouveau Testament, et un dialecte de l’hébreu, il y a plusieurs choses qui sont plus heureusement exprimées dans cette version que dans aucune autre. Elle n’est pas moins fidèle sur le nouveau Testament que sur l’ancien ; il n’en est donc aucune de laquelle on puisse tirer plus de secours pour l’intelligence des livres sacrés. Gabriel Sionite a publié à Paris, en 1323, une très-belle édition des psaumes en syriaque , avec une traduction latine.

La première édition du nouveau Testament syriaque est celle que Widmanstadius fit paroître à Vienne en Autriche , l’an 1333, aux frais de l’empereur Ferdinand. Dans le manuscrit apporté d’Orient , et dont on se servit , il manquoit la seconde épître de saint Pierre , la seconde et la troisième de saint Jean , celle de saint Jude et l’Apocalypse. On en conclut assez légèrement que ces livres n’étoient point admis dans le canon des Ecritures par les jacobites, quoiqu’ils fussent entre leurs mains. Mais Louis de Dieu , aidé de Daniel lleinsius ,

fit imprimer en syriaque l’Apocalypse en 1627, sur un manuscrit que Joseph Scaliger avoit légué à l’université de Leyde. En 1630, le savant Pocock , âgé seulement de vingt-quatre ans, trouva dans la bibliothèque bodléienne un trèsbeau manuscrit syriaque, qui contenoit plusieurs écrits du nouveau Testament , et en particulier les quatre épitres qui manquoientdanslemanuscrit de Vienne.

Il joignit aux caractères syriaques les points selon les règles données par Gabriel Sionite , le texte grec , une version latine comparée avec celle d’Etzélius, des notes savantes et utiles, et fit imprimer cet ouvrage à Leyde ; ainsi , l’on est parvenu à nous donner une version très-complète de l’Ecriture sainte dans une langue qui a été celle de notre Sauveur et des apôtres. Elle est dans la polyglotte d’Angleterre , tom. 3.

Comme on ne peut pas prouver que cette version des différentes parties de l’Ecriture sainte ait été faite en divers temps et par des auteurs différents , il en résulte que , quand elle a été faite , les églises de Syrie regardoient comme canoniques les livres que les protestants ont trouvé bon de rejeter, et dont ils s’obstinent encore à méconnoitre la canonicité.

Assémani, Biblioth. orient., t. 2, chap. 13, attribue cette version à Thomas d’Iléraclée, évêque de Germanicie, qui écrivoiten 616.

C’est donc très-mal à propos que Beausobre a triomphé de ce que l’Apocalypse ne se trouvoit pas dans le manuscrit mis au jour par Widmanstadius , et qu’il en a conclu que les églises orientales ne reconnoissoient pas ce livre pour canonique. Les autres preuves négatives qu’il allègue de ce même fait ne concluent rien. Eoyez Apocalypse.

Bibles arabes. Elles sont en trèsgrand nombre ; les unes à l’usage des juifs, les autres à l’usage des chrétiens, dans les pays où les uns et les autres parlent cette langue. Les premières ont toutes été faites sur l’hébreu, les secondes sur d’autres versions. Ainsi , la version arabe des Syriens a été prise du syriaque , depuis que cette dcrnicrc

langue n’a plus été entendue du peuple : celle des cophtes a pris pour original la version cophtique , dont nous parlerons ci-après.

En 1 516 , Augustin Justiniani , évéque de Nébio , donna à Gênes une version arabe du psautier, avec le texte hébreu et la paraphrase chaldaïque , et y joignit l’interprétation latine. On trouve dans les polyglottes de Londres et de Paris une version arabe de toute l’Ecriture sainte ; mais l’abbé Renaudot a observé que cette version n’est qu’une compilation de plusieurs autres , qui n’ont rien de commun avec celles dont se servent les chrétiens orientaux, soit syriens, soit cophtes ; qu’ainsi, elle n’auroit chez eux aucune autorité. Lilurg.

orient, colleclio, tom. 1, p. 208.

Il y a une édition complète de l’ancien Testament en arabe, qui fut imprimée à Rome , en 1671 , par ordre de la congrégation de propagandâ fide; mais on a voulu la faire cadrer avec la vulgate , et par conséquent elle n’est pas toujours conforme au texte hébreu.

Plusieurs savants pensent que celle qui est dans les polyglottes a été faite par Saadias Gaon, rabbin , qui vivoit au commencement du dixième siècle; en effet , Aben-Ezra , grand antagoniste de Saadias , cite quelques passages de sa version qui se trouvent dans celle des polyglottes; mais d’autres pensent que la version de Saadias ne subsiste plus.

En 1622, Erpénius fit imprimer un pentateuque arabe qui fut appelé le pentaleuque de Mauritanie, parce qu’il étoit à l’usage des juifs de Barbarie; la version en est très-littérale et passe pour exacte. Déjà en 1716, il avoit publié à Leyde un nouveau Testament complet en arabe, tel qu’il l’avoit trouvé dans un manuscrit. Avant lui , en 1591 , l’on avoit imprimé à Rome les quatre Evangiles en arabe, avec une version latine in-folio. Cette version a été réimprimée dans les j)olyglottcs de Paris et de Londres , avec (luclqiies changements faits par Gabriel Sionitc.

Bibles cophtes. Ce sont les bible.<i des chrétiens d’Egypte que l’on appelle cophtoi ou coptes; elles sont écrites dans

l’ancien langage de ce pays-là , qui est un mélange de grec et d’égyptien. Il n’y a aucune partie de la bible imprimée en cophte ; mais il y en a plusieurs en manuscrit dans les grandes bibliothèques , surtout dans celle du roi. Comme la langue cophte n’est plus entendue par les chrétiens d’Egypte , depuis qu’ils sont sous la domination des mahométans , ils lisent l’Ecriture dans une version arabe. Quant aux leçons tirées de l’Ecriture qu’ils lisent dans leur liturgie, ils les prennent dans une version cophte qui a été faite sur celle des septante.

L’abbé Renaudot juge que leur version cophte du nouveau Testament est très-ancienne; il lui paroît certain que les anciens solitaires de la Thébaïde n’entendoient que le cophte , et ne pouvoient lire l’Evangile que dans cette langue. Il seroit bon d’avoir plus de cennoissance que nous n’en avons de cette version , de savoir si elle renferme tous les livres que nous recevons comme canoniques : ce seroit un argument de plus contre les prétentions des protestants.

Nous pouvons le présumer ainsi, puisque les Abissins ou Ethiopiens qui ont reçu des patriarches d’Alexandrie leur croyance et leurs usages , ont dans leur bible le même nombre de livres que nous ; c’est du moins ce que rapporte le père Lobo. Voyez Lebrun, Expi. des Cérém., tom. 4, p. 535.

Bibles éthiopiennes. Les chrétiens d’Ethiopie, que l’on appelle abissins, ont traduit quelques parties de la bible dans leur langue , comme les jisaumes , les cantiques , quelques chapitres de la Genèse, Ruth, Joël , Jouas, Malachie et le nouveau Testament. Ces divers morceaux ont été d’abord imprimés séparément , et ensuite recueillis dans la polyglotte d’Angleterre. Celte version peut avoir été faite ou sur le grec des Septante , ou sur le cophte qui a lui-même été tiré des Septante. Le nouveau Testament éthiopien, imprimé d’abord à Rome en 1518 , est Irès-inexucl ; on n’a pas laissé de le faire passer avec toutes scs fautes dans la polyglotte de Londres. Walton, Prolêg. 15, pense que cette version du nouveau Testament a été

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faite sur le texte grec, et non sur aucune autre version; il est persuadé , avec raison , que les Ethiopiens ont une version complète de la bible dans leur langue , qui ressemble beaucoup au chaldéen , par conséquent à l’hébreu ; mais il n’avoit pas pu parvenir à en avoir un exemplaire complet. Leur nouveau Testament renferme l’Apocalypse et les quatre épîtres dont certains critiques modernes ont voulu contester l’authenticité. Nous parlerons ailleurs de leur croyance et de leur liturgie. Foy. Ethiopiens.

Bibles .arméniennes. Il y a une trèsancienne version arménienne de toute la bible^ qui a été faite d’après le grec des Septante par quelques docteurs de cette nation, dès le temps de saint Jean Chrysostome, vers l’an 410, et longtemps avant que les Arméniens fussent engagés dans le schisme. Comme les exemplaires manuscrits étoient rares et chers , Oscham ou Uscham , évêque d’Uschoüanch , l’un de leurs docteurs, lit imprimer la bible arménienne entière , în-4“, à Amsterdam , en 1664, et le nouveau Testament in-S°. Le psautier arménien avoit déjà été imprimé longtemps auparavant. Il ne paroît pas que les Arméniens aient rejeté aucun des livres que nous appelons deutéro-canoniques.

Bibles persanes. Comme le christianisme a été florissant dans la Perse dès le premier siècle de l’Eglise, on présume que l’Ecriture sainte fut traduite de bonne heure en langue persane , et quelques-uns des Pères semblent l’insinuer; mais il ne reste rien de cette ancienne version que l’on suppose avoir été faite sur le grec des septante. Le pentateuque persan , que l’on a imprimé dans la polyglotte d’.Vngleterre , est l’ouvrage de B. Jacob , juif persan. Les quatre Evangiles que l’on y a mis dans la môme langue , avec une traduction latine , ont été traduits plus récemment ; plusieurs critiques ont jugé que cette version étoit très-inexacte , et ne valoit pas la peine d’étre publiée.

Bible gotiiiql’e. On eroit généralement que Uphilas ou Culphilas , évêque

des Goths qui habitoient dans fa Mœsie , fit dans le quatrième siècle une version de la bible entière pour ses compatriotes , qu’il en retrancha cependant les livres des Rois ; il craignit que la lecture de cette histoire ne fût dangereuse pour une nation déjà trop belliqueuse, que les guerres et les combats dont il y est fait mention ne fussent pour elle un prétexte d’avoir toujours les armes à la main.

Quoi qu’il en soit, on n’a plus rien de cette ancienne version que les quatre Evangiles qui furent imprimés à Dordrecht en 1665 , d’après un très-ancien manuscrit.

Bible moscovite. C’est une traduction de la bible entière en langue esclavonne, de laquelle la langue des Russes ou 3Ioscovites est un dialecte. Elle a été faite sur le grec , et imprimée à Ostravie ou Ostrogen Volhinie, province de Pologne, aux dépens de Constantin Basile, duc d’Ostrasie, à l’usage des chrétiens qui parlent la langue esclavonne. On ne sait pas précisément par quel auteur , ni en quel temps cette version a été faite ; mais elle ne peut pas être fort ancienne.

Bibles en langues vulgaires. Le nombre en est prodigieux , et ces traductions sont trop connues pour qu’il soit nécessaire d’en traiter en particulier. Au mot Version, nous dirons quelque chose de celles qui ont été faites par les protestants.

Sur les différentes bibles dont nous venons de parler, voyez Kortholt, de variis Biblior. edit.; Jl. Elias, levita; le père Morin, ExercUaliones biblicæ; Simon , Hist. Crit. du vieux et du nouveau Testament; Dupin, Bibliot. des Auteurs ecclés., tom. \ ; Bibliothèque sacrée du père Lelong , et celle que dom Calmet a jointe à son Dictionnaire de la bible.

Il nous reste deux mots à dire de la division de la bible en livres , en chapitres et en versets. Dans l’origine, le texte étoit écrit de suite sans aucune division; l’an 396, un auteur dont on ne sait pas le nom partagea en chapitres les Epitres de saint Paul , et y mit des titres (jui indiquent le sujet en abrégé, comme i on fait encore. L’an 458, Euthalius,

diacre d’Alexandrie , fit la môme chose sur les Actes des apôtres et sur les Epîtres canoniques ; il distingua même ces différents ouvrages en versets. D’autres ont introduit les mêmes divisions dans le texte des Evangiles, avant et après Eutlialius, mais on n’en sait rien de certain. Voyez Zacagni, Collect. veter.

Monum. Ecclesiœ grœcœ et latinœ ^ in4® , Jiomœ, 1698.

Quant à la division des livres de l’ancien Testament en chapitres et en versets, elle est beaucoup plus moderne; elle n’a été faite qu’au treizième siècle , lorsque l’on a dressé les concordances de la bible. Voyez Concordance.

Par conséquent cette division ne fait pas loi; si, pour trouver le vrai sens d’un passage il faut réunir deux versets séparés , ou diviser par une nouvelle ponctuation une phrase réunie dans un seul verset , cela est très-permis, à moins que le sens différent ne soit fixé par la tradition. L’Eglise , en déclarant la vulgate authentique , n’a pas décidé que la ponctuation et l’arrangement des versets sont une chose sacrée , à laquelle il n’est pas permis de toucher.

BIBLIOTHÈQUE. On a ainsi nommé , non-seulement les lieux dans lesquels on a rassemblé des livres , mais les recueils ou catalogues d’auteurs et d’ouvrages d’un certain genre. Il en est deux ou trois dont un théologien doit avoir connoissance ; telle est la Bibliothèque sacrée du père Lelong de l’oratoire, dans laquelle ce savant donne la notice de tous les auteurs qui ont travaillé ou sur l’Ecriture sainte en général ou sur quelqu’une de ses parties. Le père Dcsmolels l’a publiée en 1723, en deux volumes in-folio. En second lieu, la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques ; le docteur Dupin en a fait une très-ample eu cinquante-huit vol. ôi-S», et dom llemi Cellier, bénédictin, une plus exacte en vingt- quatre volumes in- i° sous le titre d'Hisloire des tuteurs ecclésiastiques. Il y en a une de Cuillaume Cave, savant Anglois, en deux ic\uines in-folio ; cl une très-ahrégée de Crandcolas , en deux vol. ni-12.

La Bibliothèque de Bholius , com-

posée au neuvième siècle, est précieuse; parce qu’il y a donné un extrait d’un grand nombre d’ouvrages d’anciens auteurs, soit ecclésiastiques, soit profanes, qui sont perdus.

BIBLIQUE, terme que les théologiens emploient pour désigner un genre de méthode et de style conforme à celui de l’Ecriture sainte.

A la naissance de la théologie scolastiques au douzième siècle , les docteurs chrétiens se partagèrent en deux classes; ceux qui continuèrent à prouver les dogmes de la foi par l’Ecriture sainte et par la tradition , furent nommés doclores biblici, positivi, veteres; les autres furent appelés doclores sententiarii , et nom, parce qu’ils s’attachoient principalement à expliquer les sentences de Pierre Lombard , et à prouver leurs opinions par des raisonnements philosophiques.

Ceux-ci se croyaient fort supérieurs aux premiers, et s’attiraient toute la considération ; mais ils furent vivement attaqués par leurs adversaires. Guibert, abbé de Nogent , Pierre , abbé de Moutier-la-Celle , Pierre le Chantre, docteur de Paris , Gauthier et Richard de Saint- Victor, écrivirent avec chaleur contre les scolastiques , et les accusèrent d’altérer la foi chrétienne; cette dispute fit grand bruit, surtout dans les universités de Paris et d’Oxford , et continua pendant le treizième siècle. Grégoire IX, pour arrêter ce désordre, écrivit aux docteurs de Paris : « Nous vous ordonj> nous et vous enjoignons rigoureuse- » ment d’enseigner la pure théologie » sans aucun mélange de science mon- » daine , de ne point altérer la parole de ® Dieu par les vaines imaginations des » philosophes , de vous tenir dans les s bornes posées par les Pères , de rem- » plir les esprits de vos auditeurs de la » connoissance des vérités célestes , et ï de les faire puiser à la source du Sau- » veur. ï Du Boulay, Ilist. Acad. Paris., loin. 5 , p. 129.

A la renaissance des lettres , les théologiens sont revenus à la méthode des Pères , niais sans ahandoimcr entièremeiit celle des scolastiques, qui met plus d’ordre et de uelleté dans les dis-

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